richie haevens

Que reste-t-il de Greenwich Village?

Greenwich Village est une étape incontournable d'une visite new yorkaise. Les nostalgiques de la beat generation  et de ce lieu mythique du folk inscrivent forcément cette halte à leur agenda. Mais Greenwich est-il encore Greenwich?

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Un nom qui fait encore rêver.

Un quartier touristique...

Greenwich Village vit encore très bien. J’entends par là que ce qui fut l’épicentre de la mythique scène folk des 60’s, celle qui a enfanté les Dylan, Baez ou Mitchell, reste un quartier animé et prisé de Manhattan. Les rues grouillent encore d’un monde de curieux qui, plan en main, refait l’histoire de la musique folklorique et des années 60, sous le regard complètement désintéressé d’autochtones habitués à voir débarquer, quotidiennement et 365 jours par an, entre McDougal Street et Bleeker Street, des flots de touristes.

... encore très apprécié.

Greenwich Village, quartier incontournable d’une visite dans les règles de Big Apple, place très connue et très appréciée de l’arrondissement de Manhattan, a gardé son apparence de petit village préservé, celle qu’on lui prêtait du temps de son apogée culturelle, enclavé entre les buildings du sud new yorkais. Le modernisme n’a pas complètement phagocyté ce lieu encore champêtre au dix-septième siècle, que l’intelligentsia internationale de gauche des années 50 et la bohème des 60’s se sont appropriées à des fins littéraires et artistiques pour l’une, musicale et de rébellion intellectuelle, politique et culturelle pour l’autre.

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La MacDougal Street.

Une ambiance particulière.

Il se dégage de Greenwich une atmosphère différente de celle des autres secteurs de ce borough (arrondissement) étendu sur 87,5 km2, ceinturé entre l’Hudson à l’ouest, et l’East River à l’est et étiré, au niveau de l’île à proprement parlé, sur 21,6 km dans sa longueur et 3,7 dans sa largeur.

Wall Street, dans la partie dite downtown, cœur historique de New York, traduit le gigantisme et la démesure de la finance, Times Square l’urbanisme new yorkais avec ses néons publicitaires, ses écrans géants, ses commerces et son animation permanente, Chinatown, Harlem et Little Italy les flux ethniques et migratoires qui ont façonné l’histoire de la mégalopole au cours de son développement, Broadway l’amusement.

Parcs, boutiques, cafés,r estaurants...

Greenwich Village, avec ses rues pavées et plus resserrées par rapport aux très larges artères traversées, ses résidences aux étages limités, ses parcs, ses petites boutiques, ses cafés et restaurants, ses clubs, diffère de l’idée que l’on se fait généralement de New York.

Enserré entre la 14th Street dans sa partie nord, par Broadway à l’est, par le fleuve Hudson à l’ouest et la Houston Street au sud, The Village comme on dit ici, ne vit malheureusement presque plus sur son passé glorieux de lieu éminent de la culture beat, de la musique folk, arguments principaux pour lesquels j’ai réussi à convaincre ma petite famille de faire un crochet par Greenwich. 

Loin de son glorieux passé.

De ce théâtre légendaire, que reste-t-il ? Pas grand-chose et une grosse déception de ne pas avoir obtenu ce pour quoi j’étais venu : le frisson de fouler des lieux cultes. Premières constatations : Le Cafe Wha ? de la rue MacDougal, endroit qui a vu défiler les Dylan, Hendrix, Fred Neil, Tim Rose et, plus tard, d’autres artistes comme Springsteen, est devenu un attrape-couillons avec ses prix prohibitifs. Si une bonne ambiance y reste de mise, elle n’est maintenue que par des excursions savamment organisées pour tenter de faire comme si rien n’avait changé.

Il faut se faire une raison, on ne trouve plus beaucoup de trace de folk ici et les seuls vestiges existants ne rappellent l’époque glorieuse de ce succulent théâtre folkeux que de très loin.

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