Crazy Horse.

 

34 - CRAZY HORSE

CRAZY HORSE – 1971  5/5

LP Studio 1

 

Crazy horse 71

 

Publié en février 1971.

Produit par Kirby Johnson,Bruce Botnick,Richard Heenan,Spellbound Kelly,Jack Nitzsche.

Durée:38:59.

Label:Reprise Records.

Genre:country-rock,rock.

Méga panard en perspective.

Rien n’est ici à jeter ! Aucune piste n’est à écarter de ce premier LP, l’éponyme Crazy Horse (Reprise Records - 1971) de la formation que l’on a l’habitude de retrouver derrière Neil Young depuis Everybody Knows This Is Nowhere, et qui l’accompagne encore aujourd’hui. On touche ici le haut niveau.

Le guitariste Whitten (Danny), le bassiste Talbot (Billy) et le batteur Molina (Ralph) constituent l’épine dorsale du groupe. Ce noyau dur est renforcé pour la circonstance par une belle brochette de musiciens qui combinent talent et expérience : le vétéran Jack Nitzsche, un proche de Neil Young depuis l’époque du Buffalo, le guitariste Nils Lofgren, Ry Cooder apparaissant à la slide sur trois titres et Gib Guilbeau, violoniste.

Whitten, Nitzsche, Lofgren se partagent l’écriture d’un répertoire, de ce fait très varié, dans lequel Neil Young concède Dance Dance Dance. Outre son excellent rock lourd et live, une musicalité superbe, Crazy Horse, l’album, tient en haleine par ses délicieuses ballades folk, accroche par ses phases psychédéliques ou ses intermèdes country.

Il faut en être impérativement car ces gars apportent le démenti que, sans le père Young, ils auraient pu vaquer à d’autres occupations. Ils vont même jusqu’à prouver à qui veut l’entendre qu’ils auraient pu voguer seuls.

Cet album est très bon, très cohérent et assurément un des meilleurs disques, malheureusement oublié, des années 70. Tous les ingrédients sont donc concentrés pour garantir la prise d’un méga panard. C’est du XXXL et pourtant…

Ce LP rivalise avec ce que font les cadors yant pignon sur rue de l’époque ; malgré ça, il persiste à en laisser beaucoup indifférents. Il déborde d’énergie, d’inspiration, d’intensité et, même si, pris individuellement, les musiciens n’ont alors pas un C.V extraordinaire, collectivement, il est difficile de faire mieux. Il n'est que le Band qui puisse faire mieux, c'est dire.

Mal payé avec une place de 84 dans les charts amerloques, l’album aurait mérité un meilleur sort. Coltinez-vous le sombre et extraordinaire I Don’t Want To Talk About It, signé du talentueux Danny Whitten, perturbé par les drogues, une des plus belles envolées (ballade) du rock, réactivée en 1975 par Rod Stewart et vous pourrez juger.

L’explosif bluesy Gone Dead Train du tandem Nitzsche/Titelman annonce la couleur, relayé par un air country enjoué dont Molina s’est approprié le chant et magnifié par le violon de Guilbeau. C’est le cadeau du boss Young (Dance Dance Dance) et ça sent bon la terre.

Vient alors la première des 5 contributions du moteur de Crazy Horse, Danny Whitten : l’hypnotique Look At All The Things, soutenu par des belles harmonies vocales, qui devance dans l’ordre d’apparition le dénommé Beggar’s Day, un rock simple, bien construit et efficace dont la paternité revient, cette fois-ci, à Nils Lofgren (repris par Nazareth) et dont les paroles sorties de la bouche de Whitten (victime un an plus tard de l’héroïne) sonnent comme prémonitoires.

Puis le taciturne Downtown arrive, dans son costume de truc sinistre et crasseux qui ferait danser un cul-de-jatte et qui, fort injustement, a loupé les lauriers ; on se demande pourquoi et comment, c’est possible d’autant plus qu’il resurgira plus tard sur Tonight’s The Night de Neil Young, un album clé du rock.

L’équipage Nitzsche/Titelman remet le couvert dans un probant Carolay, avant que la slide de Cooder n’occupe le terrain sur un rock à gros riff de Whitten, Dirty Dirty.

On retrouve avec plaisir ce dernier dans I’ll Get Back, un des temps forts du LP, coincé entre une deuxième contribution de Lofgren (Nobody), sorte de country-rock progressif avant l’heure et l’excellent Crow Jane Lady final, titre qui tabasse méchamment.

S’il est un Cheval Fou qu’il faut avoir, c’est celui-ci, qui révèle un groupe encore préservé des écarts de Whitten, rapidement emporté par la drogue.

La suite, sans lui, donnera Loose (1972) et At Crooked Lake (1972) deux opus dispensables, pâtissant incontestablement de l’absence de son leader et point focal (RAZOR ©).

INFOS SUR LE DISQUE.

1. Gone Dead Train.

2. Dance Dance Dance.

3. Look at All the Things.

4. Beggar's Day.

5. I Don't Want to Talk About It.

6. Downtown.

7. Carolay.

8. Dirty, Dirty.

9. Nobody.

10. I'll Get By.

11. Crow Jane Lady.

Danny Whitten:guitares,chant,choeurs.

Billy Talbot:basse,choeurs.

Ralph Molina:batterie,choeurs,chant sur 2.

Nils Lofgren:guitares,choeurs,chant sur 4.

Jack Nitzsche:piano,choeurs,chant sur 11.

Ry Cooder:slide guitare sur 5/8/11.

Gib Guilbeau:violon sur 2.

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