Dennis Wilson.

 

35 - DENNIS WILSON

PACIFIC OCEAN BLUE – 1977  5/5

LP Studio unique

 

Dennis wilson pacific ocean blues lp

 

Publié en août 1977.

Produit par Dennis Wilson,Gregg Jakobson.

Durée:37:15.

Label:Caribou.

Genre:pop,rock,pop-rock.

L'heure de Dennis Wilson.

Cette belle gueule de queutard invétéré au physique de surfeur, c’est Dennis Wilson de la prestigieuse fratrie californienne du même nom qui a sévi sous la bannière des Beach Boys entre les années 60 et 70. Elle est la seule à avoir pu résister, de son temps, aux envahisseurs venus d’Angleterre et à rivaliser avec les Beatles et les Stones notamment.

Brian en est le génial compositeur, comme en atteste son fabuleux projet personnel Pet Sounds de 1966 publié sous étendard Beach Boys (deuxième album de tous les temps encore aujourd’hui).

Carl en est le guitariste et producteur mais surtout le ciment permettant au groupe de passer quelques grosses zones de turbulence à des moments-clé de leur carrière.

Dennis, le plus jeune, est un peu considéré comme le petit branleur de service que les frangins, à la demande de maman, collent à la batterie, pour les besoins de la cause, d’une part, mais surtout pour mettre sous contrôle un électron autodestructeur et irrécupérable, capable de tous les excès et des pires conneries.

Batteur moyen qu’on écarte des gros tubes du groupe et auquel on préfère la force de frappe d’Hal Blaine notamment, Dennis montre pourtant de belles dispositions au chant et des aptitudes avérées pour composer ; il va se montrer capable de suppléer le grand frère Brian, quand ce dernier explose en plein vol en essayant de refaire le coup de l’album mythique (Smiley Smile – 1967) dans la foulée du légendaire Pet Sounds.

Dennis devient progressivement, dès 1968 et l’album Friends, la force créatrice des Beach Boys, le temps que Brian récupère ses moyens et voit en lui un sérieux rival. En atteste le probant Sunflower de 1970.

Après, c’est pathétique, aussi Dennis se sent pousser des ailes, exhorté par les multiples encouragements qui l’encouragent à s’émanciper. Il se sent de plus en plus à l’étroit dans un groupe sur le déclin et devenu pitoyable en son sein.

Celui qui partageait un appart’ avec Manson le cinglé (commanditaire, entre autres, de l'assassinat de la femme de Polanski, Sharon Tate) franchit alors le pas qui le mène vers une carrière solo. Celle-ci, malheureusement, sera réduite à peau de chagrin, fauché qu'il est par une mort que sa vie dissolue rendait prévisible (par noyade après une nuit arrosée) et ce juste avant qu’il ne finalise son second projet qu’il envisageait plus ambitieux encore (Bambu).

A l’époque où le punk investit la place, la brebis galeuse des Wilson retrousse les manches et, en 1977, sort Pacific Ocean Blue, l’album d’un mec loin des harmonies de la surf music, des plages à coups de trique assurés, à l’existence déracinée, le disque d’un torturé au beau touché de piano, aux notes qui font mal, un LP aux compositions sensibles et sinueuses, aux ballades qui craquent aux jointures.

Une moderne et merveilleuse œuvre à fleur de peau suintant par tous les pores le vécu, les maux, les brimades, les expédients en tout genre et les mauvaises fréquentations. Dennis y est loin des Beach Boys de l’ère nunuche californienne, des numéros de cirque à la Surfin’ USA. Son album est une véritable offrande et en cloue plus d’un au siège.

Touchante, triste (Thoughts Of You, Farewell My Friend) malgré quelques répits (Dreamer, Rainbows, Pacific Ocean Blues, Friday Night, ou le boogie What’s Wrong), la prestation frise la perfection. 

Les arrangements sont merveilleux, les mélodies délicieuses, soutenues par des claviers qui mélancolisent l’ensemble (River Song, Moonshine You, End Of The Show), les chœurs s’invitent à profusion, la voix éraillée et détériorée du rebelle ne cesse d’émouvoir.

Un pur régal. Le mouton noir des Wilson, le supposé moins bon, l’éternel éclipsé, le Caliméro de Wilson père, le coureur de jupons reconnu, l’alcoolique de service, le glandeur jouisseur et désinvolte toujours à la limite de la rupture, tire une unique et ultime bordée en solitaire.

Elle est de haute volée : Pacific Ocean Blue, ce même Pacifique qui, fatalitas fatalitatis, le prendra le 28 décembre 1983, faisant de lui le premier de cette lignée familiale anthologique à disparaître. Et dire que s’annonçait Bambu… Merci l’artiste ! (RAZOR©).

INFOS SUR LE DISQUE.

1. River Song.

2. What's Wrong.

3. Moonshine.

4. Friday Night.

5. Dreamer.

6. Thoughts of You.

7. Time.

8. You and I.

9. Pacific Ocean Blues.

10. Farewell My Friend.

11. Rainbows.

12. End of the Show.

Dennis Wilson:cordes,batterie,claviers,chant.

Carli Munoz:piano,claviers,Moog,percussions.

Carl Wilson:guitare,chant.

Bruce Johnston,Dean Torrence:choeurs.

Hal Blaine,Ricky Fataar,Tommy Smith,Bobby Figueroa:batterie.

Chuck Domanico,James Jamerson,Dave Hessler,Wayne Tweed:basse.

John Hanlon,Earle Mankey:guitare.

Michael Andreas,Lance Buller,Janice Hubbard,Bill Lamb,Charles McCarthy:cuivres.

Sterling Smith:claviers.

Ed Carter:basse,guitare.

Manolo Badrena:percussions.

Eddie Tuleja:guitare,chant.

Sid Sharp:cordes.

Alexander Hamilton's Double Rock Baptist Choir:chorale.

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