Gary Stewart.

 

19 - GARY STEWART

OUT OF HAND – 1975  5/5

LP Studio 2

 

Gary stewart out of hand 1

 

Publié en 1975.

Produit par Roy Dea.

Durée:27:25.

Label:RCA Records.

Genre:country,honky tonk,country outlaw.

Il pouvait faire pleurer les anges.

L’année 2003 a été terrible pour la country music. Elle a successivement laissé sur le carreau June Carter (en mai), puis celui qui fut son homme, Johnny Cash (septembre), et enfin le moins médiatique Gary Stewart (décembre).

Si, pour le couple  Carter/Cash, c’est la maladie qui eut finalement raison d’eux, en ce qui concerne la mort du roi de la Honky Tonk, elle relève apparemment d’un suicide par arme à feu. Un coup de fusil en pleine tronche. Stewart avait 58 ans. Un mois avant, sa femme disparaissait.

Non, restez. Je n’ai pas dans l’idée de faire dans la rubrique nécrologique mais plutôt de vous convier à découvrir un très grand acteur de la country, le fameux Gary Stewart en question, natif du Kentucky, mais floridien d’adoption, grand faiseur de hits country tant en qualité d’interprète que de compositeur.

Malgré cela, l’artiste accuse un sérieux déficit de popularité auprès des rockeux pour lesquels la country est marginalisée et aura, c’est dur à dire, été plus célèbre mort que vivant. Sauf pour le milieu champêtre et l’environnement sudiste.

Out Of Hand chez RCA en 1975 et ses deux grands hymnes à la picole (Drinkin’ Thing et She’s Actin’ Single) est ce qu’il a fait de mieux. Non content d’être prolixe dans l’écriture et l’interprétation du genre à boire, il a vécu la déchéance de l’alcoolique en s’impliquant plus que de raison dans la boutanche. Son penchant pour la dope et la chnique étaient connus du milieu.

Out Of Hand (en écoute intégrale ici) s’est positionné au sixième rang du Billboard catégorie Country. Insuffisant pour pouvoir gratter une once de notoriété à une époque où les clivages rock/country étaient très exacerbés.

Maintenant que les barrières sont levées entre ces deux genres qui ne faisaient alors pas bon ménage et que la country s’est refait une santé via les réseaux de la toile, Gary Stewart refait parler de lui et de son disque fétiche ; c’est aussi celui des fans du Monsieur.

Notez bien que pour moi, dans le cas présent, Monsieur s’écrit avec un grand M. Comme Monument. Comme Monstrueux, Mémorable ou tout simplement comme Magnifique : c’est ce qu’il ressort de l’écoute d’Out Of Hand, un disque de honky tonk qui fait aimer la country.

Pour rappel, le honky tonk est une variante du genre, dérivée du style de bars où il est pratiqué. Hank Williams, Merle Haggard, Joe Ely, Jimmie Rodgers et Tony Joe White en sont de merveilleuses figures.

C’est de la musique pour étancher une grande soif en s’accrochant au goulot d’une flopée de Budweiser et finir bourré le nez dans la sciure, pour danser comme un taré. Ca sent sacrément bon le lâcher de bourrins dans la cambrousse. C’est frais, récréatif et ça ne fait pas de mal au pourceau. Des fois même, ça vire en eau de boudin, c’est comme ça. C’est le folklore.

Outre les deux morceaux incitant à lever le coude cités précédemment, Out Of Hand, la chanson-titre, s’affirme être une des meilleures chansons que la country ait engendrée. Les inspirées I See The Want To In Your Eyes, Backslider’s Wine, Sweet Country Red situent bien le haut niveau d’ensemble de la deuxième prestation discographique solo de Stewart.

La voix est pure (avec un beau vibrato), lourde d’émotion et pouvait, il se dit, faire pleurer les anges ; le chant est brillant, le son superbe et l’artiste est soutenu par un parterre de musiciens chevronnés et rompus à la country. C’est donc tout bénef.

Au final, Gary Stewart gagne sur tous les fronts : les fans de country sont ravis, les non initiés surpris et séduits, et les critiques convaincus.

Stewart n’a pas pour autant vaincu ses démons, mais, une chose est sûre, il a fait de Out Of Hand une pièce maîtresse de toute la country confondue. Malheureusement il était tellement en vrac qu’il n’a pas su en profiter. Dommage car de l’avis général, l’après Out Of Hand a réservé quelques autres bons moments comme Your Place Of Mine en 77 et Gary en 79  (RAZOR©).

Infos sur le disque.

1. Drinkin' Thing.

2. Honky Tonkin.

3. I See the Want To in Your Eyes.

4. This Old Heart Won't Let Go.

5. Draggin' Shackles.

6. She's Actin' Single (I'm Drinkin' Doubles).

7. Backslider's Wine.

8. Sweet Country Red.

9. Out of Hand.

10. Williamson County.

Gary Stewart:chant,guitare.

Harold Bradley:guitare, basse.

David Briggs:piano.

Jerry Carrigan:batterie.

Pete Drake:steel guitare.

Ray Edenton:guitare.

Buddy Harman:batterie.

John Hughey:steel guitare.

Jim Isbell:batterie.

The Jordanaires:choeurs.

Charlie McCoy:harmonica.

Bob Moore:double basse.

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