J.J. Cale.

 

6 - J.J. CALE

NATURALLY – 1972  5/5

LP Studio 1

 

Jj cale naturally

 

Publié en 1972.

Produit par Audie Ashworth.

Durée:31:41.

Label:A&M au Royaume-Uni,Shelter pour les States.

Genre:rock,swamp rock,Tulsa Sound. 

Pour le plaisir.

Depuis 1972, date de la sortie de son premier album, Naturally (en écoute intégrale ici), J.J. Cale compte à son actif une quinzaine d’albums studio. C’est pas bézef. Celui qui passe pour le flemmard du rock et dont les galettes successives sont le reflet de ce tempérament « cool la vie », n’en a pas moins conservé un large public de fans depuis quarante ans. C’est un signe. Il est peut-être le seul dans ce cas, à travailler au ralenti. Mais il travaille.

Comme son travail n’en souffre pas ou peu, peut-on le lui reprocher ? John Weldon Cale, dit J.J., ne s’en offusque pas plus que ça, a appris à faire avec cette prétendue paresse que les journalistes se plaisent à remettre sur le tapis à chaque occasion et continue à pondre, au compte-goutte certes, des albums qui, n’ont pas pris une ride. Tout n’est pas de la meilleure veine, je vous le concède, mais l’essentiel de sa production a de la gueule et beaucoup d’artistes sont venus y piocher leur bonheur (Dire Straits et Lynyrd Skynyrd notamment).

Eric Clapton, en s’accaparant After Midnight pour les besoins de son premier album éponyme de 1970 et en le portant dans le top 20 US, va faire les affaires de J.J. Cale et lancer sa carrière. Son compteur discographique se débloque avec Naturally, l’album de tous les classiques.

Il lui aura quand même fallu quasiment neuf mois pour le boucler. Les mauvaises langues ressortent alors le traditionnel refrain sur le lézard de l’Oklahoma, sans qu’il soit pourtant responsable de ce rythme et de ce retard. Les raisons sont cette fois-ci financières et dues également  aux disponibilités fluctuantes du petit studio 4 pistes qu’Audie Ashworth, chanteur de country et vieille connaissance rencontrée à Nashville, ingénieur, producteur,  lui a dégoté.  

Ce dernier encourage Cale à sortir de l’ombre de Clapton et le soutient pour enregistrer Naturally. Faisant jouer son réseau, il atterrit chez Shelter Records, la nouvelle étiquette que le tulsan Leon Russell vient de créer avec Danny Cordell. Pour la petite histoire, ce label sortira le premier single américain de Bob Marley Duppy Conqueror, tandis qu’Ashworth couvrira toute la production discographique des années 70 de J.J. Cale.

D’entrée,  l’artiste de Tulsa installe son style somnolent et décontracté, sa cadence pépère et libre de toute pression commerciale. Ce premier opus, réalisé dans un esprit récréatif, fait pour prendre la température, a aussitôt l’adhésion de la presse et du public.

After Midnight, Call Me The Breeze, Magnolia, Crazy Mama, Call The Doctor, Crying Eyes, Nowhere…n’en jetez plus, la cour est pleine. En y arpentant les voies du blues, de la country, du R&B, J.J. Cale déroule paisiblement, sans se prendre le chou. Faussement apathique, l’énergumène Cale installe ce climat particulier, ce cadre très agréable et faussement nonchalant, ce son distinctif porté par une voix chaleureuse, qui ont été, et sont toujours sa marque de fabrique, marginalisant ce fils de l’Oklahoma qui, il est vrai, fait, pour beaucoup, tache dans le rock du moment.

Naturally s’installe dans le top 50 et sort Cale de son statut d’artisan, sans que rien n’ait été programmé. Presque malgré lui. Simplement, autour de son noyau de potes… Sont là notamment Carl Radle, un autre tulsan, Tim Drummond, qui a battu pour Neil Young entre autres, le steel guitariste texan Weldon Myrick, Norbert Putnam, le bassiste formé à l’école Muscle Shoals, David Briggs, Karl Himmel, que l’on retrouve aux fûts sur Self Portrait (Dylan), Chuck Browning, un fidèle des albums de Cale… Cette réunion de proches témoigne de l’intérêt porté par ses pairs à l’artiste.

Le disque est concis, certes, mais impeccable dans ses douze titres. On ne le boudera pas sous prétexte que… Conneries de petits journaleux fouille-merde. Cale est un grand personnage de la musique rock. Il faut faire avec. Aujourd’hui encore, son country-rock soft et qui n’appartient qu’à lui, n’a pas toujours la reconnaissance, qu’il mérite, du rock. Peu importe, il semble heureux.

Très grand guitariste, Cale a amassé des perles inestimables dont le rock profite pourtant  bien. J’en veux pour preuve le planétaire Cocaine dont il est l’auteur. Quand on a pondu des trucs indémodables comme ça, on peut rouler des mécaniques. Pas lui. Il préfère la discrétion et le bonheur simple. Et ça, ça emmerde grave les tabloïds avides de potins pour exister (RAZOR©).  

Infos sur le disque.

1. Call Me The Breeze.

2. Call The Doctor.

3. Don't Go To Strangers.

4. Woman I Love.

5. Magnolia.

6.  Clyde.

7. Crazy Mama.

8. Nowhere To Run.

9. After Midnight.

10. River Runs Deep.

11.  Bringing It Back.

12. Crying Eyes.

J.J. Cale:guitare,chant.

Karl Himmel,Chuck browning,Tim Drummond:batterie.

Carl Radle,Norbert Putnam:basse.

Bob Wilson,Jerry Whitehurst:piano.

David Briggs:piano,orgue.

Weldon Myrick:steel guitare.

Buddy Spicher,Shorty Lavender:violon.

Walter Hayness:dobro.

Mac Gayden:slide guitare.

Ed Colis:harmonica.

Diane Davidson:choeurs.

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