Tony Joe White.

 

9 - TONY JOE WHITE

TONY JOE – 1970  5/5

LP Studio 3

 

Tony joe

 

Publié en 1970.

Produit par Billy Swan.

Durée:27:51.

Label:Monument Records.

Genre:country,pop,blue-eyed soul,swamp rock.

Même les moustiques chantent le blues.

Troisième dans l’ordre d’apparition au catalogue de White, Tony Joe (en écoute intégrale ici), édité en 1970, pue la vase à des kilomètres à la ronde et exsude une moiteur verdâtre. Aucun doute, nous pataugeons dans le marais fangeux louisianais, glauque, fétide, enchevêtré et inhospitalier.

Sous une peau uniformément croûteuse qu’un museau rugueux déchire de temps à autre, comme pour mieux rappeler aux âmes environnantes, qui est le patron en ces lieux, l’alligator veille. Le bayou respire silencieusement à son rythme, à peine dérangé par la musique induite par les bourdonnements d’insectes.

Dans l’Amérique suintante des pauvres, des ploucs, des oubliés de Johnson, des blacks, dans ce sud peuplé de cimetières agités par les rituels vaudous, sous la lune rousse d’une nuit de Saint Jean, même les moustiques chantent le blues, la musique du Diable, de la pauvreté, de la détresse.

Cet univers, c’est le marais, le bayou, le milieu ambiant d’un Tony Joe White qui y a détrempé ses chaussures pendant plus d’un quart de siècle déjà. Vous pensez bien qu’il en connaît le moindre des recoins, la plus infime des musiques.

Son surnom de Renard des Marais n’a rien de galvaudé. Il en est l’incarnation même et Stud Spider rappelle d’entrée l'omniprésence du vaudou dans le registre de ces musiciens nés dans le bayou. A l’instar des Dr John, des bluesmen du Delta comme Muddy Waters ou d’Hendrix, Stud Spider est une introduction qui mène droit aux incantations de Marie Laveau, l’incontournable prêtresse de la culture vaudou. L’ambiance est pesante, ordonnée par le jeu de batterie lourd, efficace et régulier de Jerry Carrigan, déchirée par des éclairs vifs de wah-wah et portée par une voix exceptionnellement vigoureuse et aussi profonde que celle d’un bluesman black.

Conjure Woman et Save Your Sugar s’inscrivent dans un esprit similaire. Widow Wimberly rappelle qu’à une certaine époque du blues, une histoire, une gratte sèche, un harmonica et le pied pour battre la mesure, façon John Lee Hooker, suffisaient à enflammer le parterre.

High Sheriff Of Calhoun Parrish va dans le même sens, tandis que la référence à John Lee Hooker se concrétise ici avec une adaptation inouïe de Boom Boom (près de 8 minutes). Groupy Girl, la couverture d’Otis Redding, Hard To Handle, Stockholm Blues achèvent magnifiquement le travail.

Si ce truc ne vous donne pas des envies subites de chausser le galurin, d’enfiler le treillis et d’aller se mouiller les rangers dans les marécages de Louisiane, c’est que êtes viscéralement réfractaire à Tony Joe. Dans ce cas, je ne peux rien pour vous (RAZOR©).

Infos sur le disque.

1. Stud Spider.

2. High Sheriff Of Calhoun Parrish.

3. Widow Wimberly.

4. Groupy Girl.

5. Conjure Woman.

6. Save Your Sugar For Me.

7. Hard To Handle.

8. What Does It Take (To Win Your Love).

9. My Friend.

10. Stockholm Blues.

11. Boom Boom.

Tony Joe White:guitare,harmonica.

Norbert Putman:basse.

Mike Utley:orgue.

Jerry Carrigan:batterie.

David Briggs:orgue,piano.

Sammy Creason:batterie.


 

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