Townes Van Zandt.

 

13 - TOWNES VAN ZANDT

TOWNES VAN ZANDT – 1969  5/5

LP Studio 3

 

Townes van zandt 69

 

Publié en septembre 1969.

Produit par Kevin Eggers,Jim Mallory.

Durée:33:59.

Label:Poppy Records/Tomato.

Genre:blues,folk,country,country Outlaw.

Si le “six étoiles” existe, il est ici.

Townes Van Zandt, c’est culte, légendaire, mythique, anthologique. Vous pouvez retourner ces qualificatifs élogieux dans tous les sens, ça revient au même.

Sujet à fleur de peau, très complexe, mis à mal par une consommation abusive d’alcool et animé par une perpétuelle propension à s’autodétruire dans les règles de l’art pour cause de dépressions à répétition, le texan Townes Van Zandt était un personnage en fuite permanente, qui trouvait refuge dans les paradis artificiels, doublé d’un artiste incomparable dont beaucoup n’hésitent pas à avancer qu’il supplante même Dylan dans l’art qu’il pratique : de la belle folk mâtinée de country.

Etant épris des travaux de ces deux antagonistes, je ne m’inscris pas dans ces comparaisons fanatiques ou dictées par le cœur, mais je laisse une chose à Van Zandt, c’est qu’il a écrit une des pages les plus douloureuses de l’histoire de la musique de l’Oncle Sam.

Authentique poète, mais poète qui souffrait, Van Zandt figure sans discussions possibles, dans le top 5 des grands auteurs-compositeurs de tous les temps. Certains de ses travaux comptent parmi les standards du genre : Pancho And Lefty, To Live Is To Fly, Kathleen ou If I Needed You notamment.

En dépit d’un grand succès auprès des critiques, de la reconnaissance de ses confrères et du milieu folk et country, son œuvre ne trouvera que rarement preneurs. En cela, les troubles du comportement qui l’habitaient perpétuellement et les palliatifs pour les masquer ou les atténuer, ont constitué un sérieux frein à son épanouissement auprès de la masse.

Homme très attachant capable de donner jusqu’à son dernier sou au SDF qu’il croisait et de jouer devant un parterre réduit comme une peau de chagrin, ce fils de bonne famille texane avait pour modèle Hank Wiliams, père de la country contemporaine, artiste à l’existence aussi troublée que lui et sujet aux mêmes tendances à l’autodestruction.

Van Zandt  vécut une grande partie des années 70 isolé, voire reclus dans sa caravane rudimentaire de Clarksville, la hantise de la mort chevillée au corps, dormant parfois à même le sol.

Sa carrière discographique débute en 1968 avec For The Sake Of The Song. Jusqu’en 1973 et l’enregistrement du live At The Old Quarter Houston (qui sort en 1977), Townes Van Zandt, particulièrement inspiré et prolifique, est alors au sommet de son art.

Donc tout ce qui s’inscrit dans ce créneau est à considérer avec grand intérêt : Our Mother The Mountain/1969 (l’autre fleuron de TVZ), l’album éponyme qui nous réunit de 1969, Delta Momma Blues (71), High Low And In Between (72) et le sublime The Late Great Townes Van Zandt (72). Au-delà, le travail devient plus erratique pour les raisons que l’on sait.

L’album éponyme de 1969 (en écoute intégrale ici) est le disque sur lequel il trouve le son qui le caractérise le mieux aujourd’hui. Plus dépouillé que ses prédécesseurs, avec des arrangements a minima, le poids des mots utilisés et des sujets traités, souvent désespérés, prennent ici une valeur supplémentaire. Ca se fait à la gratte acoustique, en fingerpicking, à la voix, à la basse et aux percus.

Troisième LP du catalogue, l’œuvre en question vous plonge aussi bien dans la nostalgie la plus profonde qu’elle rebooste, transcende ou décanule la tête.

Trois morceaux de son album initial figurent sur ce disque auto-intitulé (For The Sake Of The Song, Waiting ‘Round To Die et I’ll Be Here In The Morning) dont tous les titres sans exception – je dis bien sans exception – valent leur pesant de larmes et d’émotions.

C’est triste et beau à la fois, angoissant parfois, mais au final, quand le bras de la platine reprend sa position initiale, on se sent tout chose, tout petit, con, remis à sa place, parcouru de délicieux frissons. Et dire que j’ai zappé ça de son temps, sous prétexte que la country, le folk… foutaises, peccadilles de manants, balivernes, sornettes et billevesées. C’est là qu’il fallait être, mille putois puants. S’il le six étoiles existe, ne cherchez pas plus loin, il est là, il vous tend les bras.

Cet album est plus qu’essentiel, il est vital. Alors si ce que l’on appelle la country-folk ou folk-country vous rebute, accordez-vous une pause ici avec un des meilleurs songwriters du monde et de tous les temps, vous allez vite réviser votre jugement, je vous en fiche mon billet (RAZOR©).  

Infos sur le disque.

1. For the Sake of the Song.

2. Columbine.

3. Waiting 'Round to Die.

4. Don't You Take It Too Bad.

5. Colorado Girl.

6. Lungs.

7. I'll Be Here in the Morning.

8. Fare Thee Well, Miss Carousel.

9. (Quicksilver Daydreams Of) Maria.

10. None But the Rain.

Townes Van Zandt:guitare acoustique,chant.

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