Neil Young : Southern Man

 

Derrière les chansons, des messages...

Et si on grattait un peu ?

 

Cette rubrique est destinée à mettre en avant certaines chansons du rock. Ici priorité est donnée au sens et à la pertinence des paroles, à l'esprit de la chanson et de son auteur, ainsi qu'aux conditions ayant dicté la réalisation du titre, son enregistrement et sa publication. L'objectif est d'avoir une meilleure compréhension du songwriter et de son message du moment. Remettre les choses dans leur contexte en quelque sorte...

L'auteur et la chanson.

Neil young 1

Neil young after the gold rush 1

Southern man paroles blog

1) NEIL YOUNG

SOUTHERN MAN - 1970 (en écoute intégrale ici)

 

Enregistré en mars 1970 (Neil's Home Studio/Topanga - Californie).

Publié en septembre 1970.

Produit par David Briggs.

Auteur:Neil Young.

Durée:5:41.

Label:Reprise Records.

Genre:folk-rock.

Album:After The Gold Rush (août 1970).

 

Paroles.

Southern man, better keep your head
Don't forget what your good book said
Southern change's gonna come at last
Now your crosses are burning fast

Southern man

I saw cotton and I saw black
Tall white mansions and little shacks
Southern man, when will you pay them back?
I heard screamin' and bullwhips crackin'
How long? How long?

Southern man, better keep your head
Don't forget what your good book said
Southern change's gonna come at last
Now your crosses are burning fast

Southern man

Lily Belle, your hair is golden brown
I've seen your black man comin' round
Swear by God, I'm gonna cut him down
I heard screamin' and bullwhips crackin'
How long? How long?

Le contexte.

Southern Man, écrite par Neil Young (1970), évoque le racisme endémique contre les noirs dans les états du sud des USA, l'intolérance et l'esclavage. Avec Alabama, autre brûlot sorti 2 ans plus tard, le loner s'érige en pourfendeur du Ku Klux Klan et des rednecks.

Cette dernière chanson lui vaut une réplique immédiate de Lynyrd Skynyrd, via Sweet Home Alabama (1974) qui, bien que fan du canadien, le remet ironiquement à sa place, au regard de ses paroles hâtivement accusatrices et assez condescendantes. Faisant preuve d'un respect mutuel, les deux partis ont l'intelligence de ne pas faire enfler la polémique, Young considérant même comme plutôt agréable de figurer dans le couplet d'une chanson à la renommée mondiale. L'affaire en reste donc là.

Mais, à l'instar de la bande à Ronnie Van Zandt, Southern Man suscite alors bien des réactions épidermiques de la part des gens du sud considérant que Neil Young a durement forcé le trait sur cette population à dominante conservatrice et traditionnaliste.

L'allusion au sud américain comme étant un terreau pour les organisations nébuleuses racistes et xénophobes comme le KKK est claire. Les références aux croix en feu (now your crosses are burning fast) sont sans équivoque ; elles évoquent les cérémonies du Klan. Au travers de paroles incisives, Southern Man raconte l'histoire d'un homme blanc (qui représente le sud dans son ensemble) maltraitant et exploitant ses esclaves (southern man, when will you pay them back?).

L'artiste y délivre un message anti-raciste et anti-violent pas toujours perçu comme tel. On est confronté ici, pour une des toutes premières fois, au Neil Young précurseur du pré-grunge bashing, déjà très cru et direct dans son approche lyrique, encore brut . Quelques couvertures intéressantes à signaler : celle du Dave Clark Five en 1971, Merry Clayton la même année, David Allan Coe (1985) ou Rebecca Loebe, en 2016 (RAZOR©).

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