Hank Marvin, premier guitar-hero européen.

 

Hank Marvin

 

Hank marvin 2

 

Premier guitare-héros européen.

 

Avant Cliff et les Shadows, il n'y avait rien d'écoutable dans la musique anglaise, dixit John Lennon. Formation pionnière du rock britannique de la fin des 50's, les Shadows ont été une influence majeure pour de nombreux groupes et artistes anglo-saxons.

Particulièrement Hank Marvin, dont le jeu de guitare mélodique, scintillant, aérien et réverbéré sur l'instrumental Apache, leur titre le plus populaire, lui vaut d'être considéré comme le premier guitare-héros anglais.

Eric Clapton, David Gilmour, Gary Moore, Jeff Beck, Mike Oldfield, Steve Howe, Pete Townshend, George Harrison, Jimmy Page, Tony Iommi, Mark Knopfler, Ritchie Blackmore, Peter Green, Andy Summers, Peter Frampton ou Brian May ont tous été sustentés à Hank Marvin.

Même les américains, Jimi Hendrix, Carlos Santana, Neil Young et Frank Zappa, dont l'album Mothers Of Invention était, disait-il, influé par le guitariste anglais, se revendiquent fervent supporter du guitariste des Shadows. Il n'y a donc pas de fumée sans feu...

Les Shadows avant les Beatles.

Avant que les Beatles ne pointent le bout de leur nez, le rock grand-breton est dominé par Cliff Richard. Il est alors considéré comme la réponse britannique à Elvis Presley. De 1959 à 1963, Cliff Richard est une star majeure sur le Vieux-Continent. En France, ses chansons sont reprises par Johnny, Cloclo, les Chats Sauvages, Les Chaussettes Noires, les Pirates....

A ses côtés, les Drifters avec lesquels il signe coup sur coup, entre 1958 et 1959, deux titres gagnants : Move It, N°2 des charts UK (1958), puis Living Doll, N°1. Les Drifters, c'est Bruce Welch, Jet Harris, Tony Meehan et Hank Marvin. Pour des raisons de distribution de leurs disques sur le réseau américain où un Drifters existe déjà, le nom est changé en The Shadows.

Les Shadows ont un statut particulier pour le label avec lequel Cliff Richard est sous contrat. Ils sont rémunérés pour soutenir l'artiste, mais ne touchent pas de pourcentages sur les ventes de disques. Ils peuvent néanmoins s'émanciper de Richard et enregistrer parallèlement leurs propres compositions sous le nom des Shadows. Et ils ne vont pas s'en priver puisqu'eux aussi vont dominer les charts du Royaume-Uni avant l'éclosion des Fab Four...

Calife à la place du calife...

Hank marvin richard and driftersCliff Richard & The Drifters.

Hank marvin shadows richard 1960...devenus The Shadows...

Hank marvin shadows apache...et révélés par l'instrumental Apache.

Les Shadows émergent en tête des hits grâce à l'universel Apache (1960), mais signent également dans la foulée Wonderful Land (1962), n°1 pendant 8 semaines du UK Singles Chart et FBI (19 semaines avec un pic à 6 entre février et mars 1961).

Ce doit être une première qu'un groupe de soutien décroche le jackpot en même temps que son leader et devienne, comme lui, un très gros vendeur.

Les Shadows se posent alors comme les califes lorgnant du coin de l’œil la place du calife...

Il faut dire que le groupe développe un son si particulier qui, sous les traits d'Apache, numéro 1 simultanément dans 7 charts internationaux (Afrique du Sud, Australie, Espagne, France, Irlande, Nouvelle-Zélande et Royaume-Uni) ou de Wonderful Land, devient sa signature.

Apache est écrit par un britannique du nom de Jerry Lordan et enregistré par un certain Bert Weedon.

La version qu'il enregistre ne plaît pas à son auteur, aussi la publication de la chanson est retardée par le label de Weedon, Top Rank.

Comme Weedon, chanteur et guitariste, tourne avec les Shadows, il en profite pour solliciter l'avis de Jet Harris (bassiste) sur le morceau en question.

Dans le bus de la tournée, Weedon se fend d'une version jouée au ukulélé, inspiré par le western Apache (avec Burt Lancaster), qui a l'adhésion de tout le groupe.

Les Shadows se l'approprient et l'enregistrent aussitôt, coupant ainsi l'herbe sous le pied de Weedon et de sa maison de disques.

Leur adaptation s'avère gagnante, Apache, publié en juillet 1960, accrochant les charts dès le mois suivant et squattant la première place, 5 semaines durant. Apache est alors paré du titre de meilleur disque de l'année 1960 (NME).

L'adaptation qui est faite d'Apache par les Shadows doit sa particularité au son si particulier de la Fender Stratoscaster d'Hank Marvin, un des premiers modèles, si ce n'est le premier certainement, à être introduit en Grande-Bretagne. L'autre caractéristique de cette spécificité sonore tient dans l'emploi d'un amplificateur Vox et d'une chambre d'écho.

Hank marvin portrait

« J'avais des problèmes de myopie m'obligeant au port de lunettes. On m'a dissuadé de les porter sur scène, mais comme Buddy Holly en portait aussi et que personne ne semblait s'en soucier, ça m'a encouragé à faire comme lui. Je n'ai écouté personne et je me suis dit que si Buddy pouvait gérer le problème, je le pouvais aussi. Après coup, je ne regrette rien. Elles sont devenues ma marque de fabrique. » (Hank Marvin)

Le boom des Red Strats.

L'adaptation qui est faite d'Apache par les Shadows doit sa particularité au son si particulier de la Fender Stratoscaster d'Hank Marvin, un des premiers modèles, si ce n'est le premier certainement, à être introduit en Grande-Bretagne. L'autre caractéristique de cette spécificité sonore tient dans l'emploi d'un amplificateur Vox et d'une chambre d'écho.

Sa Fiesta Red Strat et l'utilisation heureuse qu'il en fait alors, propulsant les Shadows sur le devant de la scène européenne, a incontestablement joué un rôle essentiel dans le développement de la firme américaine Fender au Royaume-Uni, autant qu'elle a suscité les vocations pour la musique rock et la guitare.

La rumeur avance même que la Selmer Company (Londres), distributeur britannique de Fender à cette époque, n'a pas pu satisfaire toutes les demandes de Red Strats générées par la Marvinmania. Aux States, l'histoire est différente dans la mesure où ni Marvin, ni les Shadows n'ont joui d'une popularité identique.

Songez que cette guitare légendaire, au manche en érable et avec une quincaillerie plaquée or, est assurée 500.000 livres sterling quand les premiers succès des Shadows viennent inonder les ondes européennes. Son prix pour l'acquérir représente 5 semaines du salaire de musicien de Marvin. Elle échoit entre les doigts de Marvin car Cliff Richard n'aime pas le son de la guitare utilisée jusque là par son musicien. Il en fait l'acquisition. Elle va tout changer...

Hank Marvin, la signature des Shadows.

Hank marvin 5Des lunettes lourdes à porter...

Hank marvin 4Respecté par toute la planète rock.

Hank marvin et shadows 2009Les retrouvailles des Shadows en 2009.

Hank marvin 6Toujours actif, Hank vient de publier durant l'été 2017...

Hank marvin without a word...Without A Word.

Hank Marvin est un guitariste respecté par ses pairs de la planète rock en général, mais plus spécialement de la sphère guitare. En imprimant sa propre identité, son style expressif, riche, novateur, aux influences hawaïennes, a transformé le son de la musique instrumentale.

Sa Strato devient la voix des Shadows, sa clé sonore, sa signature ; assistée d'une chambre d'écho et nourrie d'effets de vibrato, elle chante, dit-on...

Marvin, autodidacte, sait tirer le meilleur de son instrument. Il ignore jusqu'à la moindre tabulation, méconnaît les gammes, ne connaît que quelques accords.

Il joue essentiellement à l'oreille mais, inlassablement, jour après jour, apprend à bouger ses doigts sur ces cordes un peu raides et épaisses.

Il y ajoute quelques idées et travaille ses riffs et soli en se servant des morceaux passant sur Radio-Luxembourg (Fats Domino, Elvis Presley, Chuck Berry...), ainsi que des disques achetés.

C'est à ce prix qu'il devient le premier guitar-hero du Vieux Continent, le leader des Shadows, un groupe que les Beatles avaient à leur répertoire avant de devenir des stars.

Hank Marvin est né le 28 octobre 1941. Ado, alors qu'il a le blues et le jazz dans la peau, il a la surtout passion de la clarinette mais, pour des raisons financières, se tourne vers le banjo en rachetant d'occasion l'instrument d'un de ses profs, avant de dériver vers la guitare (une Höfner) offerte par son père pour son 15ème anniversaire.

Il joue aussi du piano, mais se fixe sur la 6 cordes quand il entend sur les ondes un morceau de Buddy Holly.

Comme il a quitté l'école prématurément, il occupe de petits jobs qui lui permettent de gagner quelques sous, travaillant notamment comme coursier pour une entreprise d'électricité.

Son avenir étant sérieusement bouché, il n'a que la voie de la musique pour s'en sortir. Il convainc alors ses parents que son futur passe par Londres, là où se situe toute l'activité musicale.

En avril 1958, il part pour la capitale avec son pote Bruce Welsh. Ils logent dans une pension pour laquelle ils ont du mal à payer le loyer et doivent à la bienveillance de la propriétaire à leur égard de ne pas être expulsés.

L'objectif de Marvin et de son copain est alors de trouver un engagement et en cela, le 2i's Coffee Bar de Soho est l'endroit rêvé pour se faire remarquer, son sous-sol étant un point de rendez-vous de la culture pop britannique de la fin des 50's.

Tommy Steele, Marty Wilde, Vince Taylor, Terry Dene et Cliff Richard y fourbissent alors leurs premières armes.

Marvin et Welsh passent par cette filière pour se lancer. Pendant 5/6 jours par semaine, ils se produisent au 2i's où, en septembre 1958, ils rencontrent Johnny Foster, le manager d'un chanteur à peine plus âgé qu'eux, Cliff Richard (18 ans), avec lequel ils partagent beaucoup de choses en commun.

Longtemps complexé par sa maigreur et par le port de lunettes en raison d'une forte myopie, Marvin reprend confiance en lui quand il découvre que son idole américaine en arbore également.

Bien que certains tentent de le dissuader de les porter en public, il passe outre ces recommandations et quand il intègre le groupe de Cliff Richard, son trouble est enfin digéré.

A la recherche de musiciens pour constituer un groupe de soutien afin d'honorer une tournée au Royaume-Uni, Cliff Richard recrute les deux guitaristes ainsi qu'un bassiste et un batteur. Ils se nomment les Drifters.

Pour Marvin et Welsh, c'est leur premier contrat ; ils entament ainsi leur carrière professionnelle. Et dire que leurs parents étaient persuadés les revoir rapidement...

Brian Robson Rankin à la ville, le natif de Newcastle prend le nom d'Hank Marvin pour la scène. Il écarte le prénom de Brian, trop fréquent dans son entourage proche, opte pour celui de Hank et y associe celui de Marvin, en raison de sa sympathie pour le chanteur de rockabilly kansan, Marvin Rainwater.

Les Drifters deviennent les Shadows ; Cliff Richard, avec lequel les relations ont toujours été excellentes, les encourage à enregistrer pour leur propre compte et favorise leur engagement comme tel pour le label auquel appartient l'artiste. Un statut spécial leur est aménagé. Quelques mois plus tard, les Shadows signent le planétaire Apache (1960).

Toujours actif en 2017.

13 autres top 10 vont suivre sur un créneau de 4 ans dont deux N°1, Kon Tiki (1961) et Wonderful Land (1962), titre le plus vendu de la décennie en Grande-Bretagne.

Partout où ils se produisent, les Shadows déclenchent des mouvements de foule incroyables, sauf aux Etats-Unis où tout est déjà calé pour que le groupe ne fasse pas d'ombre au lancement en cours des Beatles. Gros vendeurs, on estime leurs ventes de disques à 520 millions de pièces.

Hank Marvin, aujourd'hui retiré à Perth (Australie), en est leur maillon emblématique jusqu'à la dissolution du groupe en 1968 (il se reforme plusieurs fois et sans succès par la suite).

Cliff Richard et les Shadows donnent un ultime concert en 2008, dans le cadre de leur 50ème anniversaire ; c'est le dernier d'un groupe mythique emmené par un guitariste légendaire qui lui, poursuit toujours une solide carrière solo. Celle-ci vient de s'enrichir d'un nouveau LP à l'été 2017 (Without A Word). Il se sent toujours jeune, que voulez-vous (RAZOR©)

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