Les drames du rock.

Effroyable Toussaint 1970.

Le 09/11/2022

 

L'incendie du 5/7 de Saint-Laurent-du-Pont

 

The storm presse sud ouest 57

 

Les Storm parmi les 142 victimes.

 

Bête et méchant.

Dans son numéro 94 du 16 novembre 1970, le mensuel Hara Kiri fait montre d'un niveau d’imbécillité et de cynisme rarement égalé dans la presse, en titrant en couverture : Bal Tragique à Colombey, 1 mort.

Si l'accroche du journal satirique de Georget Bernier (le Professeur Choron) et François Cavanna illustre avec un humour douteux la mort du Général de Gaulle, elle n'en réfère pas moins, avec infiniment d'indécence et des tonnes de lourdeur, et c'est en cela que la cruauté et la bêtise sont ici montrées du doigt, à un événement dramatique surgi au début du mois en cours de la nouvelle décennie qui s'annonce : l'incendie du 5-7, un dancing moderne et fréquenté de Saint-Laurent du Pont, dans l'Isère (dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre 1970), à la suite duquel il sera dénombré 142 victimes.

En taclant la presse nationale du moment qu'il considère comme coupable de mettre le mouchoir sur les négligences et responsabilités des organisateurs et des pouvoirs publics pour se retrancher derrière la malchance et le destin frappant un bal régional, le mensuel soixante-huitard gagne définitivement ses galons de bête et méchant.

Il se verra, au lendemain de sa publication douteuse et au motif d'être subversif et dangereux pour les jeunes, censuré et interdit de vente et d'exposition aux mineurs par le ministère de l'Intérieur de l'époque, placé sous la direction de Raymond Marcellin. Hara Kiri changera de titre et Charlie Hebdo prendra la suite.