Le cœur et les oreilles du southern rock.

 

Capricorn Records

 

Capricorn records macon

 

la Mecque du rock sudiste.

 

Dans l’histoire du rock, si les artistes, les techniciens et tout le staff managérial les encadrant ont tenu une place prépondérante, les moyens et les lieux propices à leur épanouissement créatif ont au moins été aussi importants, voire plus. Parmi eux, les studios d’enregistrement.

Que ce soit Abbey Road à Londres, le Sun Studio à Memphis, le HansaTon berlinois, le Record Plant d’Hollywood, l’angelin Sun City, l’Electric Lady de Greenwich, l’alabamien Muscle Shoals, chacun a sa spécificité. Groupes et artistes y ont leurs repères et leurs habitudes, des ingénieurs qui leur sont familiers et incontournables, au point qu’il leur est inenvisageable, sauf contrainte technique ou géographique, d’aller enregistrer ailleurs.

Capricorn phil walden

Phil Walden.

Capricorn walden allman

Walden - Allman

Capricorn abb

1er LP Allman Brothers Band.

Capricorn Records : une belle histoire.

Label indépendant, Capricorn Records est une des maisons de disques les plus prestigieuses du rock américain. Lancée dès 1969 à Macon en Géorgie, elle est l’œuvre des frères Walden, Phil et Alan, associé à Frank Fenter.

Elle est construite après que Phil Walden, jusque-là dans le R & B à s’occuper d’Otis Redding, de Sam & Dave, de Percy Sledge et autres Clarence Carter, ait essuyé un refus du vice-président d’Atlantic, Jerry Wexler, à sa demande de monter un studio du côté de Greenville, sa région natale. Wexler ne ferme pas la porte mais suggère, en 1967, en retour la ville de Macon, plus au sud, en Géorgie.  

Lancée sous Atco, le biais commercial utilisé depuis 1955 par Atlantic Records, Capricorn a permis l’éclosion d’une grande partie des formations soul et de rock sudiste durant les années 70. Les premiers disques produits par Capricorn sont d’ailleurs publiés sous licence Atco, avec mention du nom Capricorn Records au verso.

Quand la distribution, au début des années 70, passe d’Atlantic à Warner, le label voit l’émergence d’artistes extérieurs comme Elvin Bishop (Chicago), Bonnie Bramlett de la scène de Los Angeles, d’Alex Taylor, un des premiers non sudistes à être signé, ainsi que le renforcement de la filière sud comme Cowboy, Wet Willie ou le Marshall Tucker Band.

Un seul être vous manque…

A la désintégration de son élément moteur, l’Allman Brothers Band, en 1977, Capricorn commence à tirer la langue financièrement, obligeant Walden à signer un accord de distribution avec Polygram. Le partenariat demeure sans effets, en dépit de l’arrivée de belles formations comme Sea Level, constituée sur les cendres de l’Allman Brothers Band, ou comme Black Oak Arkansas, mais dont le passé glorieux est déjà de l’histoire ancienne.

Arrivé dans les derniers, un groupe comme Two Guns n’a jamais pu susciter l’intérêt d’une étiquette alors démobilisée et contrainte de réduire ses coûts, au niveau de la promotion notamment. Il en est de même pour Cooder Browne en 1978. Acculé à la faillite, Capricorn Records dans ce qu’il représente de légendaire, cesse alors son activité.

Le gratin du southern rock.

Si la plus célèbre des formations fut l’Allman Brothers Band, elle a abrité des groupes et artistes qui appartiennent au haut du panier de la musique américaine de cette époque.

Cerise sur le gâteau, Capricorn a compté 4 des poulains qu’elle couvait dans le Billboard 200 de 1975. Vraisemblablement le Marshall Turcker Band avec Searchin’ For A Rainbow, l’Allman Brothers Band, alors en phase terminale, et son Win Lose Or Draw, la pièce rapportée du Chicago Blues, Elvin Bishop pour Juke Joint Jump et peut-être, mais sans certitude aucune, One Of A Kind de Bobby Whitlock. Qui dit mieux ?

Le Marshall Tucker Band, The Outlaws, The James Montgomery Band, le guitariste californien Elvin Bishop, Wet Willie, Jonathan Edwards, Captain Beyond, White Witch, Grinderswitch, le Cowboy de Scott Boyer et Tommy Talton, Hydra, Kitty Wells, Dobie Gray, Alex Taylor, Travis Wammack et Stillwater sont tous des produits maison.

Capricorn hornsby

« Capricorn était un label jeune. Avec le succès de l’Allman Brothers Band, la direction a pensé qu’il fallait continuer dans la même direction, alors que les influences country commençaient à se faire ressentir autour de nous.

A ce moment précis, le terme de southern rock n’était pas encore inventé. A partir du moment où ces deux mots ont été rapprochés, il devenait tout à fait normal d’intégrer ces nouvelles influences dans la musique ici pratiquée. » (Paul Hornsby)  

L’esprit Capricorn.

Maison, le mot est lâché. Capricorn est une maison, une véritable famille pour la grande majorité des artistes qui s’y sont produits, recrutés généralement par le bouche-à-oreille, par affinités artistiques ou par envie de partager cet esprit communautaire.

Una atmosphère particulière y règne et il est alors commun que les musiciens et les techniciens s’invitent sur les projets des uns et des autres ; ils vivent et dorment quasiment sur place ; certains travaillent à l’extérieur, le jour.

Capricorn records 1

Capricorn 2

Capricorn records allman brothersLes studios Capricorn Records de Macon (Géorgie).

Scott Boyer et Tommy Talton notamment, plus connus pour leurs sublimes travaux et prestations menés en parallèle avec Cowboy, font partie de ces musiciens maison. Souvent pas très bien rémunérés, mais ça c’est une autre histoire. Crime de lèse-majesté, ils sont issus de l’école concurrente de Jacksonville, de laquelle est issu le rival historique de l’Allman Brothers Band, Lynyrd Skynyrd.

N’empêche, ils sont de tous les bons coups discographiques du rock sudiste et contribuent, sous la production de Johnny Sandlin et de Paul Hornsby, à donner ses lettres de noblesse au southern rock initié par l’Allman Brothers Band.

Jeunesse, détermination, ambition…

Il arrive parfois que le label déborde de son cadre rock sudiste et accueille des acteurs extérieurs comme ce fut le cas pour l’enregistrement de Forever Young de Kitty Wells, une artiste country beaucoup plus âgée que la jeune bande de hippies évoluant chez Capricorn. Qu’à cela ne tienne, les musiciens maison prêtent leur concours : poussés par leur instinct musical et leur fibre familiale, les Johnny Sandlin, Scott Boyer, Tommy Talton, Chuck Leavell, Paul Hornsby, Richard Betts, Toy Caldwell, John Hughey, David Brown, Bill Stewart, Donna Hall, Ella Avery, Mary Dorsey, Diane Pfeifer et Joyce Chevalier sont aussitôt opérationnels sans qu’il soit nécessaire de les y convier.

C’est ça l’esprit Capricorn, fait de jeunesse, d’ardeur, de détermination et d’ambition aussi, pour ces artistes en herbe, de faire de la musique leur métier ; la pratique est devenue courante pour quasiment tous les enregistrements passant par Macon. Les contributeurs de ces réunions de famille sont alors répertoriés comme invités comme pour mieux associer leurs implications généreuses.

Sandlin et Hornsby, les piliers.

La maison Capricorn fait immanquablement l’objet de critiques élogieuses ; elle est régulièrement citée en exemple pour avoir permis à ses locataires d’explorer au plus profond leurs racines sudistes et de pouvoir le faire in situ. Le terme de southern rock est né avec, et de par l’explosion, dans le sillage du succès d’Allman Brothers Band, des groupes arrivés des états limitrophes et récupérés par le label de Walden.

La production discographique huppée qui est rattachée à cette période appuie fortement ce constat et à ce niveau, on ne peut sous-estimer le rôle des producteurs cultes de Capricorn, Johnny Sandlin influencé par le rhythm & blues, et Paul Hornsby, élevé à la country, tous deux anciens musiciens proches des frères Allman de l’époque Hour Glass et issus de Muscle Shoals.

Après avoir débuté comme musiciens de sessions pour Capricorn, Phil Walden leur confie en quelque sorte les clés du studio ; ils en deviennent les grands manitous techniques, ceux qui sont à la base des grandes productions du catalogue Capricorn comme Live At Fillmore East de l’Allman Brothers Band. Malgré des relances, dès 1987, pour tenter de faire repartir cette machine à succès, Capricorn, passé dans le giron de Warner et déplacé de Macon à Nashville, puis de Nashville à Atlanta (Polygram/Mercury), s’éteint définitivement (RAZOR©).

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Commentaires (2)

plo54

Heureux de te retrouver aussi; j'ai fait circuler ton adresse sur Facebook.

les caphys

content de te retrouver ! Atco, je me souviens du premier album de Cactus sous ce label. Merci pour tout ce que tu fais pour cette musique qui est d'une importance capitale pour moi

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