Les hommes et techniciens du rock.

Ciao Giorgio.

Le 16/01/2016

 

 

Giorgio Gomelsky

 

Gomelsky 1

 

L’homme qui a inventé les Stones.

 

En ce 15 janvier 2016 et 5 jours après le décès de David Bowie, le rock vient d’essuyer un nouveau coup dur avec la disparition à 82 ans et terrassé par un cancer, de Giorgio Gomelsky, imprésario et producteur. Si elle est moins médiatisée que la mort de Ziggy ou étouffée par le décès simultané d’un autre manager, René Angelil, elle n’en constitue pas moins, pour le rock et ses clients, surtout ceux des années 60 et 70, une lourde perte. Il faut avoir retenu le pédigrée de cet idéaliste, de ce visionnaire doublé d’un homme de grande culture, pour s’en apercevoir et comprendre pourquoi le rock le pleure depuis l’annonce de cette triste nouvelle.Ciao Giorgio.

 

Du jazz au R & B.

Giorgio Gomelsky voit le jour sur un bateau venant d’Odessa et navigant vers Gênes. Il grandit entre la Suisse, l’Italie et la France, né d’un père médecin et d’une mère créatrice de chapeau pour la maison parisienne Claude Saint-Cyr.

Fan de jazz (il jouait de la batterie dans un trio à Logano), une fois ses obligations militaires accomplies, il prend la direction de Londres pour réaliser un reportage sur la scène de jazz britannique. Jeune cinéaste, il s’y installe dès 1955, mais très vite, le blues supplantant le jazz, il réalise que l’avenir est aux boîtes de nuit privilégiant le R & B alors en vogue.

Le cœur, la conscience, l'âme et les tripes du rock.

Le 12/01/2016

 

Bill Graham

 

Bill graham 2

 

Le businessman le plus influent du rock.

 

Fameux organisateur de concerts dans les années 60 et 70, on lui en prête plus d’un millier, Bill Graham est une figure influente et incontournable de l’histoire du rock, qu’il soit américain ou international. Pour avoir réalisé l’essentiel de sa carrière à San Francisco, relancer, grâce à ses activités de promotion, un rock américain moribond, et mythifier, à l’échelle de la planète, des lieux de spectacle comme le Fillmore ou le Winterland, le berlinois a vu son nom être associé pour la postérité à la plus grande salle san franciscaine, le Civic Auditorium de 6.000 places, baptisé depuis 1992 Bill Graham Civic Auditorium. Juste retour des choses et bel hommage à ce professionnel brillant et charismatique mort dans le cadre de ses activités le 25 octobre 1991, quand son hélicoptère s’écrase contre un pylône au retour d’un concert.

 

Jeunesse new yorkaise.

Bill Graham, Wulf Wolodia Grajonca de son vrai nom, est l’un des enfants du couple Frieda Sass et Yankel Grajonca, venu tout droit de Russie pour l’Allemagne, avant que le nazisme ne s’installe. D’origine juive, et au regard de la menace qui pèse alors sur cette appartenance ethnique et religieuse, Madame Grajonca, veuve peu de temps après la naissance de Bill, met ses enfants à l’abri dans un orphelinat de Berlin qui les dirige, via la Croix Rouge, vers la France, avant qu’ils ne fuient vers les Etats-Unis.

Wulf a alors 11 ans quand il débarque dans une famille d’accueil résidant dans le quartier du Bronx new yorkais. Il est rachitique, souffre de malnutrition et n’a pour seuls liens avec son passé et ses origines qu’une kippa, un livre de prière et une photo de famille jaunie. Parallèlement, sa mère meurt dans le camp d’Auschwitz.

L'architecte du R & B.

Le 06/01/2016

 

Jerry Wexler 

 

Jerry wexler

 

Il a inventé le rhythm & blues.

 

Le Rhythm & Blues, c’est lui.

Jerry Wexler, avant d’être un des principaux producteurs de disques de l’histoire de la musique américaine, est d’abord un chroniqueur pour le compte du Billboard de la fin des années 40. Non content d’avoir préalablement mis un nom, Rhythm & Blues, sur la musique noire américaine, ce juif natif du Bronx, en qualité de producteur, contribue grandement à l’éclosion et au développement du genre.

C’est par l’entremise du petit label indépendant d’alors d’Ahmet Ertegun et qui va donner Atlantic Records, que Jerry Wexler fait ses premiers pas dans l’industrie discographique. Bien que n’étant pas musicien, il tisse des liens étroits avec ce milieu, entretenant d’excellents  rapports avec des artistes qui se nourrissent de ses conseils et qui se fient  à un pif hors du commun. Ray Charles, Aretha Franklin, LaVern Baker, Chuck Willis, Wilson Pickett, Big Joe Turner, les Drifters, Dusty Springfield entre autres, savent ce qu’ils doivent à Wexler dans l’explosion de leur carrière.

Bob Ezrin : l'exigence même.

Le 06/01/2016

 

Bob Ezrin

 

Bob ezrin

 

Le George Martin d’Alice Cooper.

 

D’Alice Cooper à Téléphone.

Bob Ezrin peut se targuer d’avoir accompli un beau parcours professionnel. Pendant plus de quatre décennies, le canadien de l’Ontario a produit une belle brochette de groupes. Ainsi, il eut à s’occuper des projets discographiques d’Alice Cooper, de Pink Floyd, Lou Reed, Poco, Peter Gabriel, Dr. John, Kiss, Kansas, Rod Stewart, Flo & Eddie, Aerosmith…

Mais c’est principalement avec Alice Cooper qu’il traverse les années 70. Avec le leader déjanté du shock rock, puis avec sa formation l’Alice Cooper Group, il signe 12 albums dont 8 entre 1971 et 1977, autrement dit entre Love It To Death et The Alice Cooper Show.

Pour Pink Floyd, il produit le séminal The Wall (1979) avec Gilmour et Waters et intervient en qualité de directeur de création. La collaboration est reconduite pour A Momentary Lapse Of Reason en 1987 et The Division Bell en 1994. Pour Lou Reed, c’est Berlin (1973) qu’il suit et, plus près de nous, il est derrière Dure Limite pour Téléphone (1982). Sa remarquable carrière vient récemment de s’enrichir d’un énième LP, cette fois-ci pour le compte de Deep Purple, dont c’est le dix-neuvième studio, Now What ?! en 2013, réalisé à Nashville.

D'Elvis Presley à la production.

Le 06/01/2016

 

Norbert Putnam 

 

Norbert putnam

 

L'équilibre permanent

entre le matériel et le talent.

 

D'Elvis à la prod'.

Norbert Putnam est plus musicien que producteur, mais comme il a officié à la prod’, il est normal de le recenser dans cette catégorie des personnages évoluant dans l’ombre des artistes et de leurs disques. Lui, c’est par la filière classique du musicien qu’il a débarqué parmi les techniciens de studios.

Ado, ce bassiste intègre la section rythmique originale de Muscle Shoals, puis, en qualité de musicien de sessions, prend part à un nombre incalculable d’enregistrements de ses confrères artistes comme les Beau Brummels, Tony Joe White, Linda Ronstadt, Elvis Presley, les Monkees...

Partout où le devoir l’appelle, Norbert ramène sa basse comme Kenny Buttrey ses fûts, feu Weldon Myrick (mort en juin 2014) sa pedal steel guitare ou David Briggs ses claviers.

Il a vulgarisé le 8 pistes.

Le 06/01/2016

 

Tom Dowd

 

Tom dowd

 

Le langage de la musique.

 

Du mono au stéréo.

Le new yorkais Tom Dowd est vu comme l’ingénieur ayant vulgarisé, dès 1957, le processus d’enregistrement huit pistes, le fameux multipistes d’Ampex qu’Atlantic Records, la maison qui l’emploie alors est la première à utiliser, mais il est aussi celui qui, le premier, a introduit le son stéréo dans un studio. Sous son ère, il a été isolé, pour la première fois, des sons musicaux, avant de les manipuler et de les mixer dans le procédé d’enregistrement.

Contributeur à la musique moderne.

Ingénieur qui a montré la voie à suivre pour transformer le son d’origine d’un enregistrement, il est un légendaire producteur de R & B, de jazz et de rock. Il a donc contribué dans ses grandes largeurs à la musique moderne.

Côté jazz et soul, Dowd a eu en portefeuille des artistes comme Ray Charles, Aretha Franklin, Otis Redding, Wilson Pickett, James Brown, The Drifters, The Coasters, Diana Ross, John Coltrane, Charles Mingus, Dizzy Gillespie, Ornette Coleman, Thelonius Monk, Charlie Parker.

Le prod' qui a fait voler les Aigles.

Le 05/01/2016

 

Bill Szymczyk

 

Szymczyk 2

 

Le producteur raffiné.

 

Plus de 40 ans dans le son.

Son temps passé derrière les pupitres et consoles, à capter le son pour définir la meilleure acoustique, à restituer les enregistrements, à traiter le son, à manipuler les boutons, pousser les potentiomètres, se compte en décennies. Bill Szymczyk a astiqué pendant plus de quarante ans les tabourets des studios de New York, Los Angeles, Miami, toujours le dernier à en sortir. Il est resté un nombre incalculable à bidouiller les projets des artistes pour lesquels il a travaillé.

Figure légendaire des pupitres.

Le 05/01/2016

 

Henry Lewy

 

Henry lewy

 

The Man Behind The Music.

 

La technique aussi a ses artistes.

A la fin des années 60, alors que l’Amérique est empêtrée dans le conflit viet, Los Angeles se dote d’un nouveau son qui illumine les collines et les canyons de la région. Le folk-rock californien y a posé ses valises. Ce que l’on ne sait pas alors, c’est que c’est pour une longue période et que dans celle-ci va s’inscrire une vague de talentueux auteurs-compositeur et de groupes qui vont apporter au rock des 60’s/70’s ses lettres de noblesse. Au centre de cette révolution musicale, la technique incarnée par son manipulateur discret, son magicien : Henry Lewy, celui qui est considéré aujourd’hui comme l’homme derrière la musique. Sous entendu, derrière le rock…