Bob Ezrin : l'exigence même.

 

Bob Ezrin

 

Bob ezrin

 

Le George Martin d’Alice Cooper.

 

D’Alice Cooper à Téléphone.

Bob Ezrin peut se targuer d’avoir accompli un beau parcours professionnel. Pendant plus de quatre décennies, le canadien de l’Ontario a produit une belle brochette de groupes. Ainsi, il eut à s’occuper des projets discographiques d’Alice Cooper, de Pink Floyd, Lou Reed, Poco, Peter Gabriel, Dr. John, Kiss, Kansas, Rod Stewart, Flo & Eddie, Aerosmith…

Mais c’est principalement avec Alice Cooper qu’il traverse les années 70. Avec le leader déjanté du shock rock, puis avec sa formation l’Alice Cooper Group, il signe 12 albums dont 8 entre 1971 et 1977, autrement dit entre Love It To Death et The Alice Cooper Show.

Pour Pink Floyd, il produit le séminal The Wall (1979) avec Gilmour et Waters et intervient en qualité de directeur de création. La collaboration est reconduite pour A Momentary Lapse Of Reason en 1987 et The Division Bell en 1994. Pour Lou Reed, c’est Berlin (1973) qu’il suit et, plus près de nous, il est derrière Dure Limite pour Téléphone (1982). Sa remarquable carrière vient récemment de s’enrichir d’un énième LP, cette fois-ci pour le compte de Deep Purple, dont c’est le dix-neuvième studio, Now What ?! en 2013, réalisé à Nashville.

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« Berlin a été acclamé à sa publication. Rolling Stone l’a qualifié de Sgt. Pepper des 70’s. Je suis très satisfait de ce disque. Il est certainement un des meilleurs albums dans lequel j’ai été impliqué. Il a été un cauchemar à faire, à cause de l’environnement humain étrange qui gravitait autour de Lou Reed. Pour un gars simple comme moi, c’était parfois effrayant. Cet album a été pour moi une révélation, je l’avais dans la tête avant de m’apprêter à le faire. » (Bob Ezrin)

Le souci de l’excellence.

Dire donc que Bob Ezrin est une légende de la production est un euphémisme. Sa philosophie ? N’être motivé que par le souci de l’excellence et faire primer l’art avant le commercial. Comme le clame haut et fort le sage qui sommeille en lui, n’être animé que par la réussite et les ventes d’un disque est l’assurance de courir à l’échec.

Formé à l’école canadienne du producteur ontarien Jack Richardson, technicien et manager derrière les Guess Who de la grande période (These Eyes et American Woman), Ezrin, en un an, connaît tout des techniques d’enregistrement. Considérant que l’élève en sait assez sur le sujet, Richardson lâche son poulain dans la nature. A charge pour lui de s’y coller dans la foulée et de faire son apprentissage sur le tas sans tarder.

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Le George Martin de Furnier.Du haut de ses 19 ans, Bob Ezrin aborde la profession avec un Alice Cooper, alias Vincent Furnier, guère plus âgé que lui et qui évolue encore dans un rock théâtral en lequel le jeune producteur croit alors. Il croit surtout à l’énorme potentiel de cette troupe et de son leader grimé et excentrique. Ezrin voit juste, Alice Cooper brille et la majeure partie de la phase discographique des 70’s placée sous la houlette du canadien est exceptionnelle. 

Love It To Death, Killer, School’s Out, Billion Dollar Babies, Welcome To My Nightmare, Alice Cooper Goes To Hell sont tous passés entre les manettes du Maître. Que des classiques du rock ! Ezrin justifie ainsi le surnom de George Martin d’Alice Cooper dont Furnier l’a affublé.

Là-dessus viennent se greffer les Reed (et son génial Berlin), Gabriel, Dr. John, Pink Floyd, qui étoffent la prestigieuse liste des disques qu’Ezrin a eu en production. Son catalogue est l’un des plus beaux du rock.

Tirer le meilleur de l’artiste.

La clé de son succès professionnel tient dans sa faculté à être vigilant au moindre détail. Un spectacle, une démo, un album… il s’imprègne de tout ce qui amène au moment magique, celui qui déclenche les applaudissements, celui qui suscite les réactions favorables. Il exige beaucoup et respecte l’artiste. Il importe pour Ezrin de l’amener au plus haut niveau d’excellence et une fois parvenu, de ne jamais le laisser redescendre, de le titiller pour qu’il tire le meilleur de lui. Son crédo consiste à ne pas accepter de se contenter du minimum quand on est capable du meilleur, puisqu’on a déjà prouvé qu’on était capable de l’atteindre.

Objectif : faire de la bonne musique.

Pour cet expert, la technologie ne fait pas tout. Etre bon technicien n’est pas l’assurance de faire de la bonne musique. La technologie permet de doter le technicien de moyens supplémentaires, comme faire les choses plus rapidement, faire preuve de plus d’inventivité. Mais le revers, comme il le dit, c’est de s’abriter derrière cette technologie et perdre de vue ce pour quoi le producteur est déterminant : faire de la bonne musique. Et la bonne musique, s’il en est un qui sait faire, c’est bien Bob Ezrin (RAZOR©).

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