Ciao Giorgio.

 

 

Giorgio Gomelsky

 

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L’homme qui a inventé les Stones.

 

En ce 15 janvier 2016 et 5 jours après le décès de David Bowie, le rock vient d’essuyer un nouveau coup dur avec la disparition à 82 ans et terrassé par un cancer, de Giorgio Gomelsky, imprésario et producteur. Si elle est moins médiatisée que la mort de Ziggy ou étouffée par le décès simultané d’un autre manager, René Angelil, elle n’en constitue pas moins, pour le rock et ses clients, surtout ceux des années 60 et 70, une lourde perte. Il faut avoir retenu le pédigrée de cet idéaliste, de ce visionnaire doublé d’un homme de grande culture, pour s’en apercevoir et comprendre pourquoi le rock le pleure depuis l’annonce de cette triste nouvelle.Ciao Giorgio.

 

Du jazz au R & B.

Giorgio Gomelsky voit le jour sur un bateau venant d’Odessa et navigant vers Gênes. Il grandit entre la Suisse, l’Italie et la France, né d’un père médecin et d’une mère créatrice de chapeau pour la maison parisienne Claude Saint-Cyr.

Fan de jazz (il jouait de la batterie dans un trio à Logano), une fois ses obligations militaires accomplies, il prend la direction de Londres pour réaliser un reportage sur la scène de jazz britannique. Jeune cinéaste, il s’y installe dès 1955, mais très vite, le blues supplantant le jazz, il réalise que l’avenir est aux boîtes de nuit privilégiant le R & B alors en vogue.

Un manager incontournable du rock.   

Au-delà d’avoir lancé les Stones dans un premier temps, les Yardbirds dans un second, puis une flopée d’artistes et de formations britanniques séminales du blues et du R & B, à l’instar de Julie Driscoll, de Brian Auger ou de Long John Baldry, Giorgio Gomelsky a tenu un rôle déterminant dans les carrières de Soft Machine, de Gong et plus près de nous, des Kobaïens de Magma.

Il devient le manager de ces derniers au début des 70’s, à un moment où il prend un peu de recul avec le Royaume-Uni et où il s’installe en France auprès de sa compagne d’alors et future épouse, Brigitte Guichard, héritière du groupe Casino et future coordinatrice du festival d’Amougies. Ne tenant pas en place, il va mettre en place, avec Crium Delirium Circus, un réseau de tournées dans les MJC de l’hexagone.

Le géorgien émigré, monteur le jour, promoteur de spectacles la nuit, démarre sur la scène jazz londonienne avant de tenir un club de blues dans le centre de Londres, le Piccadilly Club. Trop petit pour ses projets, il met la main, en 1963, sur une pièce située sur l’arrière de l’hôtel Station le Crawdaddy Club à Richmond (Surrey) et inoccupée depuis que les jazzmen l’ont déserté. L’endroit de musique devient le Crawdaddy Club, nom tiré d’une chanson de Bo Diddley. Les Stones vont y élire domicile dès 1963, de quoi alimenter la rumeur comme quoi Gomelsky est l’homme qui a inventé les Rolling Stones.

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« Sur ma guitare, j’avais l'habitude de monter des cordes assez fines ce qui facilitait leur manipulation dans le jeu. Lors de soli poussés et torrides, il m’arrivait souvent d’en casser une. Pendant que je la changeais, le public tapait dans les mains lentement pour meubler. Ces situations assez fréquentes ont inspiré à Giorgio mon surnom de Slowhand. » (Eric Clapton)

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Les heures chaudes du Crawdaddy Club.

Le premier résident du Crawdaddy Club est, en janvier-février 1963, le Dave Hunt Rhythm & Blues Band, par lequel passe Ray Davies, futur fondateur des Kinks. Retenu par de mauvaises conditions climatiques, le Dave Hunt Rhythm & Blues Band doit faire l’impasse sur un soir de ce mois de février ; les Stones (avec Watts et Wyman) sautent sur l’occasion et assurent l’intérim.

Le spectacle offert ne reste pas dans les annales du club et Gomelsky doit user de toute sa ruse pour alimenter la rumeur que les Stones sont prévus pour être le prochain groupe maison. Dès avril 63, ils se produisent deux fois par semaine.

Le 14 avril 1963, Gomelsky invite les Beatles à assister à un spectacle des Stones. C’est la première fois qu’ils se rencontrent. Victime de sa réputation, le Crawdaddy, comme beaucoup de places londoniennes, s’avère trop petit pour des Stones.

Quand il part en tournée, la place est confiée aux Yardbirds dans lequel évolue alors un certain Eric Clapton qu’il affuble alors du surnom de Slowhand. Puis c’est au tour des Long John Baldry, des Rod Stewart, des Animals, des Moody Blues, des Procol Harum ou encore de Steampacket (Auger et Driscoll), ainsi que d’artistes américains (Sonny Boy Williamson) de squatter les lieux.

Pour les Yardbirds, il devient manager mais également producteur de leur premier LP, Five Live Yardbirds, enregistré au fameux Marquee Club de Soho, le 13 mars 1964. Five Live Yardbirds, publié en décembre 1964, est le premier disque de rock enregistré en public. En 1967, on retrouve le touche-à-tout derrière l’agence de publicité, de design et de relations publiques Paragon, puis fonde le label indépendant Marmalade Records, distribué par Polydor qui réalise les albums de Julie Driscoll, de Brian Auger et de leur collaboration, mais aussi des psychédéliques Blossom Toes.

Un temps derrière Magma.

Mentor de beaucoup de formations et artistes stars du rock pendant des décennies, Gomlesky n’a jamais eu l’argent pour motivation ; si tel avait été le cas, il serait un millionnaire en puissance. Il s’est contenté de jouer les organisateurs d’événements, les découvreurs de talents, laissant à d’autres, plus intéressés, le soin de les rentabiliser.Début 1970, après 15 ans passés dans la Perfide Albion, il rebondit en France, prend part au projet de Byg Records de publier des enregistrements britanniques des 60’s, fonde la filière Rock Pas Dégénéré élargie à des formations teutonnes comme Can, bricole avec Vangelis mais surtout s’occupe des intérêts de Gong et de Magma.

Quand Gomelsky quitte la France en 1977, Magma est alors la star des groupes français, effectue plus d’une centaine de dates par an, et joue devant des parterres fournis. Tout ça, grâce à Giorgio Gomelsky.

Retiré à Manhattan depuis 78.

Il quitte alors l’Europe pour New York où il occupe un loft en centre-ville dans un immeuble abritant un lieu de réunion de la scène underground et des punks new-yorkais (The Green Door, puis le Plugg Club). Il ouvre son endroit de vie à la création et aux musiciens.

Il lance, en parallèle, le premier festival de musique progressive aux States, le fameux Zu Manifestival. Dans les années 90’s, son intérêt se déplace vers l’informatique et l’électronique. Depuis, il vivait modestement du côté de Chelsea où sa porte était toujours ouverte aux artistes (RAZOR©).

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Commentaires (2)

plo54

Heureux de te retrouver chez moi, mon pépère. T'as trouvé la solution pour me causer ? J'en suis ravi. Meilleurs vœux. Tiens, j'ai chroniqué sur Amazon un très bon disque de country fait par Ringo Star : Beaucoups of blues de 1970. Tu dois pouvoir l'écouter sur You Tube ou Deezer ou Spotify. Dis m'en des nouvelles. Kenavo !

jean-pascal guillet
  • 2. jean-pascal guillet | 18/01/2016

Heureusement que tu es là! Personne n'en a parlé , of course! entre Delpech et Bowie........( que j'écoutais jamais, m'en fous!) quand la plaie Hallyday va casser sa pipe, on va nous faire chier pendant combien de temps?
En octobre 2015, l'excellent Smokin' Joe nous a aussi quitté, t'avais vu? Cordialement. JP

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