Fifty Foot Hose.

BIOGRAPHIE.

 

FIFTY FOOT HOSE/San Francisco (Californie – USA)

 

Fifty foot hose 1

 

Actif entre 1967 et 1969, depuis 1995.

Labels:Limelight,Mercury,Big Beat,Weasel Disc.

Genre:rock expérimental,rock psychédélique,underground.

 

Vous avez dit marginal ?

Dans la deuxième moitié des années 60, la scène musicale san franciscaine a attiré à elle des brassées de musiciens et artistes dont l'implication a contribué à façonner le sémillant courant psychédélique que l'on connaît.

Indissociable de la contre-culture hippie et du Summer Of Love, des drogues comme le LSD qui l'a fortement influencé, le genre en question a concentré des musiciens venus de tous horizons, géographiques comme artistiques dont les idées novatrices et leur mise en œuvre ont alimenté ce son si particulier de Frisco.

Si l'histoire retient principalement les Charlatans, le 13Th Floor Elevators, le Grateful Dead, Jefferson Airplane, Frank Zappa et ses Mothers Of Invention, c'est aussi dans leur ombre que s'est fabriquée la place musicale de la Baie, devenue la référence du rock psychédélique.

Fifty foot hose acid testUn groupe taillé pour les acids tests.

Fifty foot hose 1967Des musiciens venus de tous horizons.

Fifty foot hose electonic experimentalElectronique, expérimental, underground...

Fifty foot hose cauldronCauldron (1967).

Si, pour certains d'entre eux, le blues, le jazz, la soul ont servi de point d'appui à ce nouveau concept, d'autres ont tenté de combiner les sons contemporains du rock avec l'instrumentation électronique et des compositions avant-gardistes.

Fifty Foot Hose notamment, qui, sur cet échiquier où les places étaient comptées et les perspectives obstruées par le nombre, sauf à se démarquer de la grande majorité des acteurs du moment, s'est positionné sur un espace fusionnant rock et musique expérimentale.

En basant son identité sonore sur une approche électro-psychédélique, Fifty Foot Hose a certes suscité les vocations d'autres formations telles Silver Apples, United States Of America ou Lothar & The Hand People, mais ne s'est pas facilité la tâche pour autant.

Un des premiers groupes électroniques au monde.

Si cette filière plutôt aventureuse et difficilement accessible avait du sens pour ces précurseurs audacieux, elle ne constituait pas pour autant le tremplin idéal pour s'assurer un avenir, encore moins pour espérer en vivre.

Malgré un album surprenant (Cauldron) mettant en exergue les bonnes idées de leurs auteurs, le groupe est resté très marginal.

Même la frange hippie la plus progressive est restée assez hermétique à cette musique qu'elle avait du mal à comprendre. Que dire alors des labels assez réticents à la démarche proposée par Fifty Foot Hose...

Cette marginalisation le confronte un peu plus aux dures réalités de la vie d'artistes et précipite, plus rapidement qu'envisagé, son retrait de la scène, après deux maigres années d'activité (1967/1969).

Maigre consolation : les californiens peuvent se targuer d'être vraisemblablement un des premiers groupes de rock électronique au monde, voire peut-être même le premier. C'est déjà ça...

Expérimental et un tantinet primitif...

Derrière ce projet expérimental un tantinet intrigant, différent de la majorité de leurs contemporains et difficile à assimiler même après avoir pensé en apprivoiser tous les contours, trois californiens, dont il est légitime de s'interroger s'ils étaient en avance sur leur temps ou s'ils étaient trop limités pour faire autre chose : Louis Cork Marcheschi, bassiste et initiateur de l'entreprise et le couple Blossom, David, le guitariste, et sa blonde Nancy, chanteuse. Autour de ce noyau, Kim Kimsey, Larry Evans et Terry Hansley s'invitent ponctuellement et respectivement à la batterie, à la guitare et à la basse.

Fils d'immigrés italiens débarqués à San Matteao (Californie), Louis Cork Marcheschi, aujourd'hui artiste reconnu comme sculpteur pour son utilisation de la lumière dans ses œuvres, voue une passion sans borne pour l'électronique.

Passé par The Ethix, groupe de R&B de la périphérie de Frisco avec lequel il a enregistré un single expérimental (Bad Trip/1966), ce dernier est très attiré par les travaux des compositeurs comme John Cage, Terry Riley, George Antheil et, référence en la matière, comme Edgar Varèse dont l'initiation au fameux Electric Poem (1962) a sur lui une influence majeure.

Fifty foot hose cork marcheschi

« Limelight, comme les maisons de disques de l'époque, ne comprenait pas cette musique. Comme ils ne comprenaient pas le punk, le R&B. Leur stratégie, comme celle de notre label, c'était : sortons un disque de ce groupe et voyons si ça marche. Nous avons publié Cauldron et avons espéré qu'il se passe quelque chose. Il ne s'est rien passé... » (Cork Marcheschi)

Bricoleur dans l'âme, cet ingénieur du son est la caution électronique du groupe, quand le couple Blossom s'annonce comme son assurance psychédélique et jazzy.

La tierce fondatrice enregistre une démo à laquelle le label de jazz Limelight Records (dont Quincy Jones fut le premier manager en 1962), filiale de Mercury et orienté vers la musique expérimentale et électronique, accorde un intérêt.

Engagé par Limelight, Fifty Foot Hose y cohabite avec quelques grands noms du jazz comme Dizzy Gillespie, Oscar Petterson, Art Blakley ou encore Milt Jackson.

Un produit pour pro-Merry Pranksters.

En décembre de l'année psychédélique de référence (1967), le groupe y va d'un album (11 titres), réalisé avec l'appui des trois musiciens complémentaires cités précédemment.

Celui-ci, nommé Cauldron, a pour lui l'étrangeté et un petit côté primitif dans sa fusion surprenante de folk psychédélique, d'éléments de jazz et de sonorités électroniques un peu grossières qui classent leurs auteurs parmi les précurseurs du rock électronique.

Pur produit de l'échiquier musical ambiant de la Baie, le disque, globalement captivant bien que parfois erratique, plus novateur qu'accrocheur, renvoie parfois aux expérimentations initiales de Pink Floyd ou aux premiers travaux travaux de l'Airplane influencés par les prises de LSD (After Bathing At Baxter's) ; Cauldron ravira essentiellement les amateurs de West Coast Psychedelia et les adeptes des Merry Pranksters ou de Sun-Ra.

Pas sûr que, sorti de cette élite, Fifty Feet Hose, dont on peut regretter quelquefois que les sons avant-gardistes (un peu gadgets par moments) de Marcheschi ne soient pas toujours une plus-value, fasse des émules ailleurs, à moins d'écoutes répétées. Et encore, ça n'est pas garanti.

Marcheschi ne lâche rien.

Peu vendeur, Cauldron ne permet pas à Fifty Feet Hose de prolonger son aventure chez Limelight. Celui-ci se retrouve rapidement confronté à l'impératif de gagner sa vie d'une autre manière. Les difficultés financières et le statut de jeunes mariés et parents des membres amènent la formation à reconsidérer leur avenir (1969).

Si Marcheschi rebondit du côté des Beaux-Arts avant devenir un artiste multimedia respecté, le couple Blossom intègre la troupe de la comédie musicale Hair.

Le groupe renaît de ses cendres dans les 90's quand Cauldron est réédité et qu'un intérêt nouveau pour les travaux sonores de Fifty Feet Hose voit le jour. Marcheschi active alors une nouvelle mouture (1995).

De cette réunion naît un album enregistré lors d'un spectacle à San Francisco, Live And Unreleased (1995) que suit Sing Like Scaffold (1997/Weasel Disc Records). Marcheschi est alors le seul membre survivant du Fifty Feet Hose d'origine (RAZOR©2022).

MON CHOIX DISCOGRAPHIQUE.

LP Studio 1 - 1968

 

Fifty foot hose cauldron

 

FIFTY FOOT HOSE

CAULDRON – 1968  3,5/5

 

Publié en 1968.

Produit par Dan Healy.

Durée:36:01.

Label:Limelight,Mercury.

Genre:rock psychédélique,rock expérimental,rock électronique.

 

Du rock, de l'électronique et de l'acide.

 

Expérimental avec une riche instrumentation électronique et psychédélique de surcroît, Cauldron apparaît aux yeux de certains comme l’œuvre du siècle. Je mettrai à bémol à cette effusion de louanges et inviterai plutôt ces fervents admirateurs à pondérer leur constat.

Si le disque, basé sur des superpositions de boucles, ne manque pas d'originalité, il reste globalement hasardeux malgré quelques passages accrocheurs, à condition toutefois de ne pas trop jouer sur le volume sonore de Cauldron.

Une écoute dans les décibels renforce cette sensation de désordre et son côté aventureux et foutraque et incite à répéter les auditions pour en saisir la subtilité.

Parcouru avec sagesse, il permet de se concentrer sur une matière rock un peu spécifique pour l'époque, mais non dénuée d'étapes intéressantes (Red The Sign Post, Fantasy ou Rose), sur laquelle Nancy Blossom pose une voix experte, puissante, sensible, un peu à la Grace Slick.

Tempérer le volume sonore donne plus de crédibilité à leurs auteurs et interprètes, d'autant que le disque est tissé autour de chansons, dont certaines sympas, qui ne manquent pas de référer aux Floyd et à l'Avion des premières heures.

Dans ce cas, il peut atteindre sa cible et mettre en transes les férus de la scène avant-gardiste san franciscaine. Pas sûr que le produit trouve chaussure à son pied dans tout ce qui se démarque de cet échiquier musical san franciscain (RAZOR©2022).

 

1. And After.
2. If Not This Time.
3. Opus 777.
4. The Things That Concern You.
5. Opus 11.
6. Red The Sign Post.
7. For Paula.
8. Rose.
9. Fantasy.
10. God Bless The Child.
11. Cauldron.


 

Cork Marcheschi:électronique.
David Blossom:guitare, piano.
Larry Evans:guitare,choeurs.
Kim Kimsey:batterie,percussion.
Terry Hansley:basse.
Nancy Blossom:chant.

  • 1 vote. Moyenne 5 sur 5.

Commentaires