Nico.

BIOGRAPHIE.

 

NICO/Cologne (Allemagne)

 

Nico 1

 

Née Christa Päffgen, le 16 octobre 1938 à Cologne (Allemagne), décédée le 18 juillet 1988 à Ibiza (Espagne).

Active entre 1954 et 1988.

Labels:Verve,Elektra,Reprise,Island,Beggars Banquet.

Genre:art rock,folk-rock,protopunk,expérimental,avant-garde.

 

Des podiums aux scènes et aux studios.

Christa Päffgen à la ville, elle est tour à tour Nico l'actrice, Nico le mannequin et Nico la chanteuse, passant allègrement des plateaux aux podiums, des podiums aux scènes et studios. L'allemande de naissance (16 octobre 1938) est surtout connue pour son passage furtif auprès de Lou Reed au sein du Velvet Underground après avoir précédemment joué dans les films de la Factory d'Andy Warhol, dont elle devient l'égérie.

Sa carrière solo, engagée à la suite de son départ du Velvet et encouragée par Jim Morrison et John Cale, mérite pourtant qu'on s'y arrête. Ses 4 albums studio des années 70, comme Chelsea Girl (1967), The Marble Index (1969), Desertshore (1970) et The End (1974) sont considérés par la critique comme de très bons travaux. Elle en signe six et se produit sur scène durant 20 ans. Surprenant de la part d'une jeune femme qui, à l'origine, ne se destinait pas à la musique, mais au mannequinat.

Nico 2Mannequin avant d'être chanteuse de rock.

Nico velvetAu sein du Velvet Underground...

Nico lou reed...où elle fait de l'ombre à Lou Reed.

Nico ari garrelAvec Ari et Philippe Garrel.

Nico velvet nico lpNico prend part à une oeuvre culte du rock.

Top modèle à 16 ans après avoir travaillé comme vendeuse de lingerie dans un magasin de vêtement de luxe berlinois, la jeune Christa tape dans l'oeil du photographe Herbert Tobias et pose pour les magazines de mode dont elle fait régulièrement les unes. Vivant à Paris, elle hérite de son surnom de Nico au milieu des années 50 en référence à son ancien partenaire, le réalisateur Nikos Papatakis.

De Coco à Nico.

Après être devenue mannequin pour Coco Chanel, la mode amène Nico à la publicité, puis au cinéma où, à la fin des 50's, elle interprète un rôle mineur dans un film italo-français (La Tempesta), avant de jouer le sien dans La Dolce Vita de Fellini.

Nico partage alors son temps entre la mode et le cinéma, entre Paris, Londres et New York où elle déménage pour prendre des cours de comédie auprès de Lee Strasberg.

Début 60's, elle a ses premiers contacts avec le rock en faisant la connaissance de Bob Dylan et de Brian Jones notamment. A cette époque, elle commence aussi à toucher aux drogues, le speed et le valium. Le guitariste des Rolling Stones produit son premier titre en 1965 : I'm Not Sayin', adaptation d'un morceau écrit par Gordon Lightfoot, sort chez Immediate, le label d'Andrew Loog Oldham. A la guitare 12 cordes, on retrouve un certain Jimmy Page.

La rencontre avec Bob Dylan se fait la même année. Ce dernier lui concède I'll Keep It With Mine dont Nico fera le premier des enregistrements pour l'album Chelsea Girl. Impliquée dans la production de la Factory de Warhol (Chelsea Girls, The Closet, Sunset, et Imitation of Christ), elle devient une des figures de la scène branchée underground new yorkaise.

Egérie de Warhol.

Andy Warhol est subjugué par cette blonde au regard hypnotique au point de l'imposer comme chanteuse du Velvet Underground, formation liée à l'aventure Factory. Pour le producteur, il manque au Velvet un élément apte à focaliser les regards sur le groupe ; l'actrice allemande est celui-ci, Warhol étant aussi le financier, sa décision est vite prise.

La voix gutturale, hachepaillée et étrange de Nico vient alors se poser sur quelques chansons de l'album légendaire à la pochette ornée d'une banane. Malgré la désapprobation de Lou Reed, elle chante 3 des 11 titres (Femme fatale, I'll Be Your Mirror, All Tomorrow's Parties) et gagne le droit de voir ce disque être nommé The Velvet Underground And Nico (Mars 1967). Ce disque est considéré comme une œuvre culte du rock.

Une carrière solo respectable.

Nico sort un premier album solo, Chelsea Girl (Verve/1967). La rupture d'avec le Velvet étant toute fraîche, l'influence de Lou Reed et de John Cale n'est pas très loin. D'une grande douceur, d'une profonde sensibilité, empreint de noirceur et de tristesse, Chelsea Girl, référence au film de Warhol dans lequel Nico a joué, est une entrée en matière personnelle très réussie.

Pour l'heure, son répertoire est entièrement assuré par des auteurs-compositeurs extérieurs, mais pas n'importe lesquels puisque pointent sur cet album Bob Dylan, Jackson Browne, Sterling Morrison, John Cale et Lou Reed ainsi que Tim Hardin. Si Chelsea Girl n'a pas l'adhésion du public, il convainc les critiques.

Jim Morrison, un de ses nombreux amants, entre alors en scène et la pousse à voler de ses propres ailes. Comme John Cale, il l'encourage au songwriting et lui apprend à écrire des chansons. Elle se met également à l'harmonium, dont elle aura une maîtrise assez limitée cependant. Elle fait alors ses premiers pas dans le LSD.

La trilogie Nico.

L'étrange The Marble Index (Elektra/1969) traduit son basculement dans le songwriting. Nico assume la totalité de l'écriture, paroles comme musique. Son deuxième album, très difficilement accessible, non conventionnel, ne ressemble à rien d'autre ; avant-gardiste, il démarre une trilogie pour laquelle certains fans vont fondre.

Nico john cale

« Quand nous sommes entrés en studio pour The Marble Index, j'ignorais tout des chansons à produire. Dès que Nico a entamé Evening Of Light, j'ai eu un flash sur les arrangements à réaliser. Heureusement pour nous, Frazier Mohawk les a fidèlement restitués. Aujourd'hui encore, c'est ma chanson préférée. » (John Cale)

Ses suivants, Desertshore (Reprise/1970) et The End (Island/1974), encore produits par John Cale, se situent dans une filière identique et suscitent le même engouement. Sans contrat à la suite de The End, elle s'éparpille un peu. On la retrouve aux côtés de Brian Eno, Kevin Ayers, Tangerine Dream.

Partenaire du cinéaste français Philippe Garrel, elle apparaît également dans 7 de ses films, avant de basculer lentement mais sûrement dans l'héroïne. Au générique de La Cicatrice avec Pierre Clémenti, Philippe Garrel et Ari, le fils qu'elle aurait eu avec Alain Delon, Nico signe aussi la bande originale du film et contribue à sa réalisation.

Une vie de plus en plus erratique.

L'ancienne covergirl enregistre en 1981 un 5ème LP, très différent de ce qu'elle fit sept ans auparavant auprès de John Cale. Mélange de rock et d'arrangements moyen-orientaux, Drama Of Exile précède de quatre années l'expérimental Camera Obscura, l'opus qui referme son catalogue studio. 

Décatie par la drogue, elle mène alors une vie de bohême mais n'est plus que l'ombre de la sublime femme qu'elle a été quand elle se produit en concert. Sa dernière prestation, elle la livre le 6 juin 1988 à Berlin, à peine plus d'un mois avant de mourir pendant ses vacances à Ibiza.

Peu de temps avant sa mort, Nico entreprend une cure de méthadone pour se libérer de son addiction à l'héroïne. Sa thérapie est doublée d'un régime sain autour de l'activité physique et de l'alimentation. Hélas, lors d'une journée particulièrement torride, elle est victime d'un malaise en bicyclette, chute et décède d'une hémorragie cérébrale.

L'icône Nico meurt le 18 juillet 1988. A 49 ans, elle est incinérée et ses cendres sont dispersées sur la tombe de sa mère, dans la forêt berlinoise de Grünewald (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio - 1967

 

Nico chelsea

 

NICO

CHELSEA GIRL – 1967  4,5/5

 

Publié en mai 1967.

Produit par Tom Wilson.

Durée:45:04.

Label:Verve.

Genre:folk-pop.

 

Du Velours sur toute la ligne.

 

Ils ont tous fait le déplacement pour elle. Ils, ce sont les membres du Velvet Underground avec lesquels elle a préalablement enregistré un premier album (la banane). Elle, c’est Nico, la belle Christa Päffgen, actrice et mannequin allemande, muse d’Andy Warhol, parolière, musicienne…

Leur point de ralliement ? Le premier LP de Nico, Chelsea Girl (en écoute intégrale ici) sorti en 1967, titre né d’un film en 16 mm du même nom (Warhol) dont elle est la vedette, est la triple superbe résultante d’un parterre de musiciens unique, emmené par Lou Reed, d’un songwriting exceptionnel alimenté par les Bob Dylan, John Cale, le même Reed, Jackson Brown et Tim Hardin, et d’une voix, riche en émotions.

Cette convergence d’éléments aussi féconds installe une atmosphère particulièrement délicate, douce, intime, sobre, apaisante, globalement optimiste, mais à laquelle une noirceur glaciale et pesante s’invite (Eulogy To Bruce).

La similitude avec le Velvet saute aux yeux et ne surprend pas dans la mesure où 5 titres impliquent Cale et Reed. Dans cet ordre d’idées, l’avant-gardiste It Was A Pleasure Then n’abusera personne. De là à en voir un copié-collé, non.

Plusieurs réussites sont rattachées à cette conjonction de talents : Chelsea Girls, subtile et succulente ballade, Winter Song souligné par le beau violon de Cale, le folk électrique I’ll Keep It With Mine de Dylan, Wrap Your Troubles In Dreams, la petite perle qu’est These Days et The Fairest Of The Seasons, amenées sur un plateau par Jackson Brown et qui, placées en tête du programme, annoncent l’émotivité qui sied à l’ambiance de cet album, fait de belles instrumentations (guitares, violon, flûte, orgue…), de mélodies raffinées. Tout cela cadre bien avec le style de Nico. Sa voix fait le reste et l’ensemble est très réussi (RAZOR©).

 

1. The Fairest of the Seasons.

2. These Days.

3. Little Sister.

4. Winter Song.

5. It Was a Pleasure Then.

6. Chelsea Girls.

7. I'll Keep It With Mine.

8. Somewhere There's a Feather.

9. Wrap Your Troubles in Dreams.

10. Eulogy to Lenny Bruce.

 

Nico:chant.

Jackson Browne:guitare électrique sur 1/7/8/10.

Lou Reed:guitare électrique sur 3/5/6/9.

John Cale:viola,orgue,guitare sur 3/5.

Sterling Morrison:guitare électrique sur 6/9.

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