The Bonzo Dog Band.

BIOGRAPHIE.

 

THE BONZO DOG DOO-BAH BAND

 

Bonzo dog band intro 68

 

Connu aussi sous The Bonzo Dog Band.

Actif entre 1962 et 1970,1972,1988,depuis 2002.

Label:Parlophone,Liberty,Imperial,United Artists.

Genre:comédie-rock,pop psychédélique,jazz traditionnel,pop avant-gardiste,pop expérimentale.

 

Le plaisir avant tout.

Le Bonzo Dog Doo-Bah Band, devenu quelques années plus tard le Bonzo Dog Band, est à la musique ce que les Monty Python sont au petit et au grand écran : des génies du non-sens et de l'absurdité.

La différence entre les deux réside dans la notoriété planétaire qu'a acquise le second nommé, ce qui est loin dêtre le cas pour les Bonzos.

En dépit de cette élogieuse comparaison, ces derniers n'ont jamais véritablement eu la reconnaissance artistique auquel leur talent, leur inventivité, leur enthousiasme, leur côté burlesque auraient dû les porter ; encore moins celle commerciale, abstraction faite de I'm The Urban Spaceman que le groupe vaudeville londonien est parvenu à hisser à la cinquième place des charts britanniques (1968).

Vraisemblablement trop modernes, loufoques et sarcastiques pour l'époque et sa société encore coincée, les membres de ce combo, contemporain des Beatles, étaient tous d'excellents musiciens, des arrangeurs subtils et inspirés qui pouvaient allègrement passer du jazz traditionnel (leurs racines), aux reprises en tout genre, parodiques ou non, de music-hall, de chansons des années 20 à 50, de blues, de hard rock, psychédéliques...

Bonzodogband 68 sceneDans lee bons papiers de Paulo (©Alamy).Bonzodogband viv stanshallLe loufoque Vivian Stanshall.Bonzodog band neil innes 68L'extravagant Neil Innes.Bonzo dog bandLes Mothers Of Invention british.Bonzodogband i m the urban spaceman 68 Un single gagnant : N°5 en Angleterre.Bonzodogband the doughnut in granny s greenhouse 1968Un LP indispensable (1968).

Dans les bons papiers de Paulo.

A leur répertoire, ils rajoutaient l'humour, la satire du monde et la comédie décalée, poussant souvent leur excentricité à son paroxysme.

De quoi faire s'arracher leurs derniers cheveux aux censeurs old fashioned de l'époque, crier au remboursement les critiques d'alors et susciter la jalousie des artistes plus sérieux de l'endroit. Les Bonzos s'amusaient avant tout et ne se prenaient pas le chou ; ceci explique certainement cela.

Partant de là, s'il a été difficile pour le Bonzo Dog Do-Bah de se faire une place et un nom dans le contexte ambiant (mais le cherchait-il vraiment?), ce dernier n'en a pas moins titillé la curiosité de Paul McCartney.

Ce dernier, par l'entremise de son amitié avec Vivian Stanshall, un de ses membres fondateurs, a invité le groupe à prendre part au Magic Mystery Tour des Beatles, film de 1967.

Les Bonzos y interprètent Death Cab For Cutie, titre signé Neil Innes par lequel il parodie (Let Me Be Your) Teddy Bear d'Elvis Presley (1957), jusqu'à l'interpréter dans un style doo-wop en forçant un tantinet les traits du King.

McCartney, un peu contre la volonté de Viv et de ses acolytes, contents de leur sort, insiste pour produire un de leurs premiers singles, I'm The Urban Spaceman (1968).

Une véritable auberge espagnole.

Dans ce cadre, le légendaire bassiste intervient sous le pseudo d'Apollo C. Vermouth. Le lien avec Paulo et les Beatles font de la présente chanson, le fait le plus notable du catalogue des Bonzos, avec Death Cab For Cutie...

Ceux-ci se constituent à l'automne 1962 quand des étudiants en arts venus de diverses écoles londoniennes se regroupent sous une bannière commune, avec pour seul objectif celui de jouer pour le plaisir, sans se prendre au sérieux.

La réunion s'effectue sous l'identité du Bonzo Dog Doo-Dah Band, Doo-Dah faisant référence au mouvement Dada, né après la Première Guerre Mondiale.

A l'instar des adeptes de ce courant, les musiciens, issus pour l'essentiel du Royal College Of Art, renversent tous les codes de l'art et les conventions, rejettent les contraintes idéologiques, esthétiques et politiques et rompent avec la tradition et la bienséance. Tout est permis et cela attire la curiosité du public.

Keith Moon, Aynsley Dunbar, Tony Kaye, Jim Capaldi...

Outre le dadaïsme, le groupe, initié par Rodney Slater, Tom Parkinson et Chris Jennings, Roger Wilkes et Trevor Brown dans sa configuration initiale, a également construit son identité autour du personnage de Bonzo, un chiot de dessin animé imaginé par George Studdy (1922), populaire dans le monde entier.

Le line-up d'origine subit rapidement quelques modifications et se fixe autour d'un noyau constitué de Vivian Stanshall, de Rodney Slater, Roger Ruskin Spear, Larry Smith et Neil Innes (1963).

Sur scène, la formation londonienne était une véritable auberge espagnole et a vu défiler des palanquées de musiciens ; parmi ceux-ci les plus notoires sont Keith Moon, batteur mythique des Who ou Aynsley Dunbar (les Mothers), Tony Kaye (Yes), Andy Roberts (Plainsong) ou Jim Capaldi (Traffic). L'histoire dit que les Bonzos pouvaient parfois tourner sur un effectif d'un cinquantaine de musiciens...

Proches des Monty Python.

Deux faits marquants étayent le parcours de ce big band : l'arrivée de Neil Innes qui a doté le groupe d'un véritable songwriter, poste partagé avec Stanshall (même si tout le monde mettait, à des degrés divers, la main à la pâte à ce niveau), de même que l'intérêt que le label Parlophone lui portait, en le signant en 1966.

Si leurs premières sorties en single n'ont pas ému grand monde, My Brother Makes The Noises For The Talkies/I'm Gonna Going To Bring A Watermelon To My Girl Tonight et Alley Oop/Button Up Your Overcoat passant totalement inaperçus (1966), le groupe prend une autre dimension dès lors qu'il se rapproche d'une troupe de comédiens qui formera par la suite l'illustre Monty Python.

Impliqués dans les épisodes télévisés de la série Do Not Adjust Your Set (ils y sont musiciens et acteurs), les Bonzos franchissent, l'année suivante, un cap décisif en termes de popularité (Neil Innes devient quelques années plus tard le 7ème Monty Python) ; le partenariat avec McCartney et les Beatles la renforce un peu plus.

I'm The Urban Spaceman : coup gagnant.

Cette même année, en octobre, le groupe y va d'un premier album, Gorilla, réalisé pour le label américain Liberty Records qui va asseoir un peu plus sa notoriété. Dès lors, il est plus régulièrement programmé sur le petit écran et à la radio et est réclamé un peu partout dans les clubs et universités.

Après la publication, sans grande réussite, d'un 3ème single, The Equestrian Statue/The Intro And The Outro, il faut attendre son suivant, I'm The Urban Spaceman (Liberty/1968) pour que tous les efforts jusque là consentis, portent enfin leurs fruits. Le titre, réalisé dans les conditions que l'on sait, se classe dans le top 5 des charts anglais.

Bonzodogband mccartney portrait

« J'adorais les Bonzos ; j'étais allé voir leur show et ils avaient été dans Magical Mystery Tour, dans la scène de strip-tease du Raymond's Revuebar. Viv Stanshall avait l'habitude de fréquenter les mêmes clubs que moi. Nous nous rencontrions souvent. Un soir, autour d'un verre, il m'a fait savoir que le groupe avait vraiment besoin d'un single pour les établir. Séduit par leurs prestations, j'ai proposé de les produire pour peu qu'ils me fournissent la matière. Alors ils ont envoyé une démo et je me suis présenté aux studios Chappell un après-midi, j'ai parlé à l'ingénieur, je leur ai obtenu un bon son, un peu de compression, un peu de ceci et cela, et je l'ai produit. En l'espace de deux ou trois heures, ils avaient coupé le morceau "I'm The Urban Spaceman", qui s'est avéré être leur seul hit. J'ai demandé à être crédité sous un nom d'emprunt et Viv a trouvé le nom d'Apollo C. Vermouth. Beaucoup de gens ne savent toujours pas que j'ai produit ce morceau. C'était une séance amusante. »  (Paul McCartney)

Ce succès précède de quelques semaines la sortie du deuxième album des Bonzos, The Doughnut In Granny's Greenhouse (novembre 1968/Liberty) par lequel les Bonzos, à leurs racines jazz et music-hall, étendent leur son au blues et au rock psychédélique, alors en vogue. Sorte de pendant anglais des Mothers Of Invention, ils mutent alors en Bonzo Dog Man.

Le marché américain fait désormais les yeux doux aux sujets de sa Majesté Elizabeth ; les Bonzos y font une tournée en avril 1969 (avec les Who et les Kinks), mais celle-ci s'avère si mal organisée qu'elle n'apporte pas au groupe les retours attendus en termes d'image. Sa participation au festival de Wight (juin 1969) compense un peu la déception née du flop américain.

Les Bonzos sont toujours là.

Passés entre les mains d'un Stanshall fragilisé mentalement, les Bonzos (remodelés) déraillent une nouvelle fois outre-Atlantique avant de se séparer (1970), creusant un peu plus le fossé entre eux et Liberty qu'ils tiennent pour responsables de leur échec.

L'ère Liberty se complète toutefois de deux albums supplémentaires : Tadpoles (juin 1969) et Keynsham (novembre 1969). Volume 5 du catalogue, Let's Make Up And Be Friendly (1972) est sorti après coup chez United Artists Records, lequel a, entre-temps, absorbé Liberty.

Les Bonzos se réunissent de temps en temps au fil des décennies, fêtant même leur 40ème anniversaire en 2006 (Astoria Londres) et enregistrant un nouvel album au titre en français, Pour l'Amour des Chiens (2007).

Celui-ci est le dernier pan discographique des anglais, toujours actifs aujourd'hui, bien qu'ayant été contrariés par une sévère bataille juridique pour récupérer un nom qu'un usurpateur sans scrupules s'était indûment octroyé. Stanshall (mort en 1995) et Innes (décédé en 2019), la force vive des Bonzos, n'en sont hélas plus (RAZOR©2022).

MON CHOIX DISCOGRAPHIQUE.

LP Studio 2 - 1968

 

Bonzodogband the doughnut in granny s greenhouse 1968

 

THE BONZO DOG BAND

THE DOUGHNUT IN GRANNY'S GREENHOUSE – 1968  4,5/5

 

Publié en novembre 1968.

Produit par Gus Dudgeon,Gerry Bron.

Durée:38:30.

Label:Liberty (UK),Imperial (USA).

Genre:comédie rock,pop psychédélique,pop avant-gardiste.

Brillant éventail de musique.

 

Pour le deuxième pan de leur catalogue, les Bonzos, jusque là identifiés sous The Bonzo Dog Doo Dah Band, tombent le Doo Dah et apparaissent donc sous le Bonzo Dog Band.

Intitulé The Doughnut In Granny's Greenhouse (nommé Urban Spaceman aux USA au motif d'intégrer le succès britannique I'm The Urban Spaceman), ce LP sorti en novembre 1968, est sans conteste la pièce maîtresse de la discographie des loufoques londoniens, géniaux comédiens-musiciens.

A l'assise parodique pop, jazz et music-hall de l'opus précédent (Gorilla), les Bonzos agrémentent désormais leur musique des influences blues (Can Blue Men Sing the Whites) et psychédéliques (Mustachioed Daughters) alors en vogue à la fin des 60's.

Pour moi, ces derniers sont, autour d'une matière originale, à leur apogée artistique ; Neil Innes et Vivian Stanshall, les architectes de ce matériel ici collecté, très varié dans les styles et le lyrisme, s'y montrent efficaces et particulièrement inspirés.

Rares sont les titres à écarter, chacune des pièces de ce disque encore très satirique et parodique ayant du grain à moudre, mais certaines d'entre elles ont une saveur particulière, à l'instar de Beautiful Zelda, Postcard, My Pink Half Of The Drainpipe, We Are Normal, The Trouser Press (seul titre qui échappe à Innes et Stanshall et signé Roger Ruskin Spear) ou encore Rhinocratic Oaths.

Novateur, énergique, générateur de beaucoup de plaisir d'écoute et de sensations multiples, le charmant leg vinylique qu'est The Doughnut In Granny's Greenhouse révèle par ailleurs, au-delà des amuseurs inspirés qu'ils furent, des musiciens de grand talent même s'ils ne se prenaient pas au sérieux, s'amusant beaucoup de l'air du temps.

Au regard de la large palette d'instruments utilisée pour donner le jour à leur musique, les Bonzos avaient une excellente connaissance de la scène musicale ambiante et une oreille précise.

On tient assurément en ces troubadours humoristiques de la contre-culture, le digne pendant britannique des Mothers Of Invention, la suffisance en moins et les bonnes manières en plus, et vous voudriez qu'on ne le chante pas sur tous les toits ? (RAZOR©2022).

 

1. We Are Normal.

2. Postcard.

3. Beautiful Zelda.

4. Can Blue Men Sing The Whites ?

5. Hello Mabel.

6. Kama Sutra.

7. Humanoïd Boogie.

8. Trouser Press.

9. My Pink Half Of The Drainpipe.

10. Rockalizer Baby.

11. Rhinocratic Oaths.

12. Moustachioed Daughters.

 

Vivian Stanshall:trompette,instruments à vent,percussion,tuba,ukulélé,euphonium,chant.

Legs Larry Smith:batterie,tuba,congas,chant.

Rodney Slater:saxophone,clarinette,trombone.

Neil Innes:piano,guitare,chant.

Roger Ruskin Spear:saxophone, trompette,chant.

Dave Clague:basse.

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