The Velvet Underground.

BIOGRAPHIE.

 

THE VELVET UNDERGROUND/New York (Etats-Unis)

 

Velvet 4

 

Actif entre 1964 et 1973,de 1992 à 1996.

Labels:Verve Records,Atlantic Records,Polydor,MGM,Mercury,Atlantic.

Genre:art rock,rock expérimental,rock avant-gardiste,protopunk,rock.

Site internet:velvetundergroundmusic.com

 

Entre décadence et esthétique.

Groupe éclair, il aura suffi, au Velvet Underground, de moins d'une décennie et d'une petite poignée d'albums pour qu'il ne change le rock. Le punk et la new wave savent tout ce qu'ils lui doivent. En 5 ans, sa fécondation musicale a été aussi intense que sa réussite commerciale fut insignifiante. Durant son existence, le provocateur Velvet Underground, incompris, n'a jamais touché les dividendes de sa musique ; il est néanmoins aujourd'hui un nom culte du rock.

Velvet 3Un groupe majeur et influent.

Velvet 2Entre décadence et esthétique.

Velvet cafe bizarreDes débuts au sordide Café Bizarre...

Velvet reed et nicoLou Reed et Nico, incontournables de l'histoire du groupe.

Velvet reed et warholAndy Warhol et Lou Reed.

Velvet bananeThe Banana album, LP le plus connu du Velvet...

Velvet velvet underground lp 69...mais le meilleur est là, The Velvet Underground (69).

Si Lou Reed en fut son maillon le plus populaire, le plus constant aussi, il doit à l'artiste pop-art Andy Warhol, producteur, mécène et mentor, d'avoir osé, le temps d'un album (la fameuse banane), l'association baroque de la décadence new yorkaise (Lou Reed, John Cale, Sterling Morrison et Moe Tucker) et de l'esthétique (Nico).

Grâce à son Pygmalion, le Banana Album s'impose progressivement parmi les plus grandes oeuvres, bien que plombé commercialement à sa sortie par ses titres polémiques, dont le sulfureux Heroin et ses 7 minutes, refoulé par les programmateurs radios. Il fera plus à lui seul que toute la discographie du groupe.

Un groupe majeur et influent.

Certes, le groupe-maison de la Factory, l'un des plus influents de la musique rock, underground, expérimentale et alternative, a très vite explosé en vol, mais il n'en a pas moins marqué un tournant dans l'histoire de la musique, autant que dans la vie de certains artistes comme David Bowie, Pete Doherty, Louise Attaque ou Etienne Daho, voire du dramaturge tchécoslovaque Vàclav Havel avant que celui-ci ne devienne président de son pays.

Fondé en 1964 et à New York par Lou Reed (guitariste et chanteur) et son pote d'université, le guitariste Sterling Morrison, par le touche-à-tout instrumental gallois John Cale, son locataire du 56th Ludlow Street de Manhattan et le batteur Angus MacLise, le Velvet Underground tient son nom d'un livre trouvé dans la rue de Michael Leigh, traitant du sado-masochisme et des perversions sexuelles (Velvet Underground), thème qui va se révéler récurrent dans l'écriture du groupe.

Des Primitives au Velvet...

Le Velvet, comme on dit communément, installe dès la fin de l'année 1964 l'ossature de ce qui va le maintenir debout jusqu'en 1973. C'est Lou Reed qui en est l'inspirateur. Auteur-compositeur et musicien de studio pour un petit label new-yorkais, Pickwick Records, le natif de Brooklyn a déjà une petite expérience musicale pour avoir joué dans quelques petits combos de la place.

Durant son bref passage au sein du label de Long Island, il fait la connaissance du musicien gallois John Cale avec lequel il se lie d'amitié. Reed compose alors le single The Ostrich/Sneaky Pete (1964), mis entre les mains du groupe de studio, The Primitives ; c'est le premier partenariat entre lui et Cale.

Les Primitives mutent en Warlocks quand Sterling Morrison, un camarade de collège (1962) devenu un ami du campus universitaire de Syracuse, intègre le groupe. Angus MacLise, recommandé par John Cale, est alors recruté comme batteur/percussionniste.

Ce line-up (Reed, Cale, Morrison et MacLise), furtivement baptisé The Falling Spikes, va constituer le premier Velvet Underground (1965). New York est alors miné par la crise ; le quartier de Manhattan est partagé entre Greenwich Village et son fertile terreau folk revival et sa périphérie sordide où la décadence règne : travestis, drogues, sexe, questions existentielles...

Une musique pleine de paradoxes.

Cet univers de bas-fonds new yorkais sert de filigrane aux chansons du Velvet. Dans une époque qui vire à la pop psychédélique, il est complètement décalé, développant un son, une ambiance et une identité très éloignés des canons du rock ambiant.

Sa musique est alors pleine de paradoxes, alternant entre noirceur et douceur, mais elle ne laisse pas insensible Al Aronowitz, pionnier du journalisme rock et rouage essentiel de l'arbre généalogique du rock 'n' roll avec lequel le groupe se lie d'amitié.

Celui-ci s'arrange pour organiser un concert dans un lycée du New Jersey en novembre 1965. Le groupe étant rétribué pour sa prestation, Mac Lise, pur idéaliste, prend la porte ; il est aussitôt remplacé par Maureen Tucker, appelée Moe.

Du Café Bizarre à la Factory.

Qu'à cela ne tienne, toujours grâce à Aronowitz, il décroche un engagement au Café Bizarre. Précédé d'une réputation de groupe zarbi au regard de son son si extravagant, le Velvet tente de corriger le tir en incorporant à son répertoire personnel quelques classiques rock et R & B. En dépit de cet ajustement, il fait montre d'une monotonie insupportable.

Un soir, alors que le groupe interprète une version plus furieuse et dissonante que d'habitude de The Black Angel's Death Song (Lou Reed et John Cale), il est rappelé à l'ordre par le propriétaire du Café Bizarre. « Plus jamais ça ou c'est la porte ! ». Le lendemain, le Velvet Underground entame son set par cette chanson. Il est viré.

Andy Warhol assiste à ce sabordage en direct. Il est séduit par ces musiciens provocateurs, par leur musique décalée et leurs chansons vénéneuses.

Il veut ouvrir sa Factory, un atelier-loft de la 47th Street dédié à la production de ses œuvres pop-art, au rock et avoir son groupe en interne.

L'artiste avant-gardiste propose au Velvet de prendre en charge son management, de mettre la main au portefeuille pour le convaincre d'être cette formation qu'il appelle de ses vœux, ainsi que pour l'aider à percer.

La banane !

En contrepartie, il impose l'actrice et mannequin allemand Nico, sa muse. Elle joue dans ses films, est aussi belle qu'énigmatique, évolue dans le cercle de la Factory et il veut en faire la figure de proue glamour du Velvet.

Chanteuse à la voix grave, intense et caverneuse, elle contribue en lead sur 3 (Femme Fatale, I'll Be Your Mirror et All Tomorrow's Parties) des 11 titres (et un 4ème, Sunday Morning, comme choriste) du premier LP du groupe produit par Warhol (il dessine aussi la pochette), intitulé The Velvet Underground & Nico (Verve/mars 1967), le fameux Banana Album évoqué en préambule que le rock, après un échec commercial retentissant (problèmes de logistique et de promotion), considère aujourd'hui comme culte.

Andy Warhol, peu compétent en matière de musique et de production, incapable de manager des électrons incontrôlables comme Lou Reed, cherche à façonner le groupe à son image. Il trouve l'auteur d'Heroïn sur sa route, déterminé à laisser de moins en moins de place à Nico et à son protecteur. Cette dernière quitte très rapidement le groupe qui, dans le même temps, s'éloigne de la Factory et de son mécène pensant se défaire, en vain, de l'étiquette du groupe de Warhol.

Velvet tucker

« Quand j'ai quitté le Velvet, le Velvet n'était plus le groupe d'amis avec lequel j'ai passé mes plus belles heures dans le rock. Dans mon esprit, je n'ai jamais cherché à être musicien dans le sens où on l'entend. Je n'avais donc pas l'intention de donner une suite à cette belle aventure, chercher quelqu'un avec qui jouer. J'ai quitté le groupe et j'ai trouvé un boulot. Point barre. Même si j'ai conscience d'avoir fait partie d'un groupe légendaire. » (Moe Tucker)

Le rock à l'extrême.

Affranchi de l'influence d'Andy Warhol et libéré de Nico, le Velvet sort un second LP expérimental et crade, enregistré à l'arrache, joué amplis à fond et vumètres au taquet, son distordu. White Light/White Heat (janvier 1968/Verve), terriblement noir, terrifiant, viral, puant, est une ode aux amphés. Jamais le rock n'a été aussi extrême. L'album ne se vend pas bien mais réussit la gageure de rentrer dans le top 200 des meilleurs LP de tous les temps pour Rolling Stone.

Ce disque frondeur portant la patte de Cale et préfigurant le punk marque aussi la fin de la collaboration entre Lou Reed et le gallois, dont les premières tensions sont palpables ici. Quand le premier nommé raisonne commercial, le second pense expérimentation et artistique (The Gift, Lady Godiva's Operation, Here She Comes Now).

Le Velvet de Reed.

Lou Reed finit par se séparer de son complice des années Pickwick et engage à sa place Doug Yule, un musicien plus traditionnel et de culture pop. Nico viré, Warhol écarté, Cale remercié, séparé de Verve pour insuffisance de résultats, Lou Reed a les coudées franches pour faire ce dont il a envie. Yule ne lui fera pas d'ombre. Chez MGM, le Velvet nouveau s'achète une conduite, change de style, de ton et d'ambiance à l'image du troisième opus, éponyme, sorti en mars 1969.

L'album au canapé : un chef d'oeuvre.

Excellent disque, « l'album au canapé » est plus pop, optimiste, assagi, mélancolique, accessible et commercial. The Velvet Underground, le plus reedien des disques du Velvet, privilégie les ballades folk et prend ses distances avec ce qui précède. Lou Reed y chante comme jamais. C'est un chef d'oeuvre.

Loaded (septembre 1970/Cotillion Records) est le dernier disque pouvant revendiquer l'estampille Velvet Underground. Velvet oui, Underground non. Moins corrosif en tous cas. Bien que moins réussi que ses prédécesseurs, résolument commercial aussi, Loaded cherche à séduire les radios. Le quatuor introductif, Who Loves The Sun, Sweet Jane, Rock & Roll et Cool It Down, va dans ce sens. L'album, dans lequel Yule s'est énormément investi, est très agréable.

Doug Yule pour finir le travail.

Auteur de toutes les chansons, le Prince Noir quitte le groupe après la diffusion de l'album, au motif qu'il n'a pas été consulté pour le mixage, et précipite ainsi son basculement vers une carrière solo. A sa suite, Moe Tucker, enceinte, et Sterling Morrison, délaissent à leur tour le Velvet, passé entre les mains du seul Doug Yule.

Sans aucun membre fondateur à ses côtés, ce dernier sort un ultime disque qui n'a de Velvet Underground que le nom. Squeeze (février 1973/Polydor) tient plus du projet isolé ou de l'album solo. Il n'offre que très peu d'intérêt, l'essentiel se situant en amont avec les 4 disques précédemment évoqués. Yule met un terme au Velvet Underground en mai 1973.

Le groupe se retrouve 20 ans après (1993). Dans sa mouture d'origine et sans Nico, décédée 5 ans plus tôt à Ibiza. Plus surprenant, Doug Yule n'en fait pas partie (la faute à Reed et Cale, dit-on).

Pour commémorer ces retrouvailles, un double live est enregistré à l'Olympia (Paris) dans le cadre d'une tournée européenne. Nommé 1993 en chiffres romains (MCMXCIII), ce disque suscite les promesses d'une reformation éventuelle, mais celle-ci est vite compromise par d'énièmes frictions entre Reed et Cale. Elle est définitivement enterrée avec la mort de Sterling Morrison en 1995 puis celle de Lou Reed le 27 octobre 2013 (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio 1 - 1967

 

Velvet banane

 

THE VELVET UNDERGROUND

THE VELVET UNDERGROUND AND NICO – 1967  4,5/5

 

Publié le 12 mars 1967.

Produit par Andy Warhol,Tom Wilson (Sunday Morning).

Durée:48:51.

Label:Verve Records.

Genre:rock.

 

De bide notoire à album culte.

 

Il ressort de cet album, Velvet Underground & Nico (en écoute intégrale ici), l’influence d’Andy Warhol. A l’époque, nous sommes en 1967, je n’étais pas preneur. Seuls les imbéciles…. A sa publication, il faut le savoir, public et critique ignorent le LP. On ne sait rien de ce Velvet symbole de la tierce sexe, drogue et rock n’ roll. La presse ne se pâme pas devant l'oeuvre, les bacs des disquaires ne débordent pas d'enthousisame à son endroit. D'échec notoire, il est depuis passé à oeuvre incontournable.

C'est le temps qui va lui donner ses lettres de noblesse et l’histoire qui va doter ce disque charnière entre la fin des années 60 et les années 70, de son statut de culte.

Le Velvet, ça sentait le soufre, le hors-norme, le déjanté et ça faisait peur. Andy Warhol a signé la pochette, devenue planétaire depuis (la banane) et ce visuel contribue pour beaucoup à la popularité du groupe.

Formation de rock américain, d’abord connue des milieux « underground » new-yorkais (il évolue dans le sordide Café Bizarre de Manhattan), le Velvet s’est surtout rendu célèbre après sa séparation et influencera notamment David Bowie qui chantera, au début de sa carrière du Velvet dans les clubs où il passe.

Mais le Velvet Underground, c’est avant tout et surtout Lou Reed dont l’univers personnel est jalonné de glauque, de drogues dures, de sado-maso et d’homo. Dans ce contexte décadent, la regrettée Nico apporte sa merveilleuse touche d'esthétisme... Le Velvet peut être vu comme le précurseur du punk rock.

Côté chansons, I’m Waiting for the Man (Lou Reed) décrit les efforts d’un homme pour avoir de l’héroïne ; Venus in Furs est une interprétation au plus près du roman de Sacher-Masoch du même nom ; Run Run Run est construit autour de la culture de la drogue, tout comme Heroin qui raconte l’expérience (et qui commence doucement avec la guitare de Reed et un effet hypnotique à la batterie. Le tempo va croissant retraçant les sensations de l’individu sous héro et se ponctue d’un alto gémissant signé John Cale combiné aux guitares de Reed et de Sterling Morrison) et les effets de la drogue sur lui-même.

A sortir de ce contexte noir et flippant, I’ll Be Your Mirror, tendre chanson inspirée par Nico la belle. Une douceur dans ce monde de durs… On n’aimera peut-être pas mais on doit faire l'effort d'écouter… (RAZOR©)

 

1. Sunday Morning.

2. I'm Waiting For The Man.

3. Femme Fatale.

4. Venus In Furs.

5. Run Run Run.

6. All Tomorrow's Parties.

7. Heroin.

8. There She Goes Again.

9. I'll Be Your Mirror.

10. The Black Angel's Death Song.

11. European Son.

 

Lou Reed:chant,guitare.

John Cale:alto électrique,piano,basse.

Sterling Morrison:guitare,basse.

Maureen Moe Tucker:percussion.

Nico:chant.

LP Studio 3 - 1969

 

Velvet velvet underground lp 69

 

THE VELVET UNDERGROUND

THE VELVET UNDERGROUND – 1969  5/5

 

Publié en mars 1969.

Produit par The Velvet Underground.

Durée:42:56.

Label:MGM Records.

Genre:rock.

 

Une fin de Lou.

 

C’était une gueule, comme on dit. Putain qu’est-ce que j’étais fier de pouvoir poser à côté de lui en cette fin d’avril 2013 ! J’me la pétais grave, imaginant pouvoir bluffer mes potes avec ce cliché ramené de New York. Ok, ça n’était que le mannequin plus vrai que nature exposé chez la Mère Tussauds locale, mais qu’est-ce que j’étais fier.

Fallait voir comment j’enlaçais mon bras autour de son cou comme pour faire croire qu’on a toujours été des intimes… J’en étais même jusqu’à ignorer totalement que le sujet en cire se portait mieux que l’original, alité et salement amoché par un foie qu’il a mis à mal à coups d’alcools pour pallier le manque de drogues.

Là où Abidal le footeux, affecté par les mêmes maux (greffe du foie), a relevé le défi, lui n’a pas eu la force, cette fois-ci, de repousser l’ultime convocation de la Grande Faucheuse. La bonne, après être passé maintes fois entre les gouttes : Lou Reed est mort ; il est mort mille fois, et à chaque annonce, c’est toujours pareil, personne n’y croit. Depuis une heure que j’ai appris la nouvelle, il faut malheureusement s’y résoudre.

Le sulfureux Lou est passé de l’autre côté du couloir à 71 ans alors qu’il fanfaronnait encore récemment, après la lourde intervention dont il a été l’objet, être un triomphe de la médecine moderne et annonçait être plus grand et plus fort que jamais ; encore une légende du rock américain qui passe définitivement la main.

Inutile d’en faire des tonnes, c’est fait, il faut s’y faire. Le rock est en deuil, point barre. Le moment n’est pas adapté pour parler de ses ambigüités sexuelles, de son côté pervers, de sa forte dépendance aux drogues dures. Il nous retournerait illico presto un fuck pointé en guise de réponse. La mort ? Celle qui l’a toujours accompagné dans sa carrière de rock-star, il a trouvé le moyen de la conceptualiser dans Magic & Loss (92), alors qu’est-ce qu’il en a à foutre ?

Lou est mort mais pas son œuvre qui, dans les heures à venir, va servir de thérapie pour mieux faire passer cette triste nouvelle. L’artiste vêtu de cuir noir et chaussant lunettes cerclées, laisse derrière lui un héritage considérable, tant avec le Velvet Underground qu’en solo. Y faire un choix s’avère difficile car l’enfant de Big Apple, de Brooklyn notamment, a touché à beaucoup de choses, musicalement parlant. C’est pourquoi le deuil affecte plusieurs pans du rock.

Entre les supporters du Reed balladin de Pale Blue Eyes, du légendaire et décadent Walk On The Wild Side, du sublime The Perfect Day, du rocker sans fioritures de Tranformer, du guitariste adipeux de Rock’ n’ Roll Animal, du protégé d’Andy Warhol, ou, dernièrement, du musicien flirtant avec le hard rock via Metallica, Lou Reed était un des plus grands acteurs de rock encore dans le coup. L’émotion en touchera plus d’un, soyez-en sûr.

C’est le Reed du Velvet que je vous propose de remettre au goût du jour pour l’accompagner dans sa dernière demeure. Le troisième LP, en fait. L’éponyme The Velvet Underground de 1969 (à ne pas confondre avec celui de 67 fait avec Nico). Celui dont je vous parle est appelé par les fans le « LP au canapé », eu égard à sa pochette.

Deux disques le précèdent alors : la banane (avec Nico) et White Light/White Heat (68). Le Velvet vient de changer de maison de productions, passant de Verve à MGM.

Il opte pour un autre style aussi, plus calme, alimenté par de multiples ballades dont le fameux Pale Blue Eyes que j’évoquais précédemment. Jusque là, le Velvet était le pratiquant d’un rock qui tranchait radicalement avec la production du moment. Il évoluait alors dans une ambiance qui va donner du grain à moudre au genre punk qui va s’installer dix ans plus tard.

Ce disque est celui par lequel Reed vire l’avant-gardiste gallois John Cale, le catalyseur de l’étrangeté du Velvet, même s’il prend part à quelques sessions. Il n’est pas crédité ici.

Loin d’être une réussite commerciale, The Velvet Underground (l’album en écoute intégrale ici) est surtout une vraie surprise au regard du changement à 180° que Reed, unique auteur-compositeur du disque et désormais seul maître à bord, impose à des fans déjà déroutés à ce stade de la carrière du new yorkais. La séparation d’avec Cale dicte cette métamorphose.

Sauf que là, le Velvet est plus abordable et plus en contrôle ; Lou, plus poignant, simple et faisant montre d’une fragilité qu’on ne lui soupçonnait pas. C’en est même reposant. J’adore ce disque. Toutes mes pensées, Lou et merci (RAZOR©).

 

1. Candy Says.

2. What Goes On.

3. Some Kinda Love.

4. Pale Blue Eyes.

5. Jesus.

6. Beginning to See the Light.

7. I'm Set Free .

8. That's the Story of My Life.

9. The Murder Mystery.

10. After Hours.

 

Lou Reed:guitare,piano,chant.

Sterling Morrison:guitare,chœurs.

Doug Yule:basse,orgue,chant,chœurs.

Maureen Tucker:percussions,chœurs.

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