J.D. Crowe.

BIOGRAPHIE.

 

J.D CROWE/Lexington (Kentucky – USA)

 

Jd crow 1

 

Né James Dee Crowe, le 27 août 1937 à Lexington (Kentucky).

Actif entre 1956 et 2015.

Labels:Rounder,Starday,Rebel,Lemco.

Genre:bluegrass,bluegrass progressif.

Site officiel:jdcrowe.net

 

Figure séminale du Bluegrass.

Originaire du Kentucky, le banjoïste J.D Crowe (J.D pour James Dee) coule depuis 2015 une paisible retraite. Il a bien mérité de la patrie pour avoir donné ses lettres de noblesse au bluegrass et influencé des générations entières de musiciens.

Les sexagénaires Tony Rice, Ricky Skaggs, Jerry Douglas, le regretté Keith Whitley (mort en 1989) ou, plus près de nous, la chanteuse de country Allison Krauss se réclament de ce monstre sacré.

Membre du Hall Of Fame Bluegrass en 2003, Crowe est, avec Lester Flatt et Earl Scruggs, une des figures séminales d'un genre qu'il a pratiqué 6 décennies.

Jd crowe 58 paul williams crowe et jimmy martinPaul Williams, JD Crowe et Jimmy Martin (1958).

Jd crowe the kentucky mountain boysLes Kentucky Mountain Boys au milieu des 60's.

Jd crowe and the new southJ.D. Crowe and the New South.

Jd crow 2014Une retraite méritée en 2015.

Jd crowe bluegrass evolution incontournableBluegrass Evolution (1973) : un LP incontournable.

Banjoïste émérite.

Né à Lexington dans le Kentucky, Crowe y grandit. Il débute le banjo dès l'âge de 12 ans quand, après avoir assisté à un spectacle au Kentucky Mountain Barn Dance (Lexington) donné par le duo Flatt & Scruggs et leurs Foggy Mountains Boys (le 17 septembre 1949), il tombe sous le charme de ce qu'il entend.

Dès lors, il cherche à décoder la technique de banjo de Scruggs en ralentissant le défilement des 78 tours et ne manque aucun des spectacles de ses idoles.

Un an plus tard, le jeune James Dee participe à une compétition dédiée aux talents précoces sur la radio régionale. De passage sur Lexington, l'artiste américain Jimmy Martin, connu sous le nom de « Roi du Bluegrass », entend la prestation de Crowe sur les ondes.

Il apprécie et prend contact avec ses parents, les persuade de laisser venir le gamin avec lui dans l'Ohio pour qu'il se perfectionne à son contact.

Crowe alterne alors entre scolarité et le groupe de Martin (1954/55), lequel le façonne à son image. Ce n'est qu'en 1956 que Crowe rejoint son mentor, définitivement et à temps plein. Il reste 5 ans au sein des Sunny Mountain Boys avant d'engager une carrière solo.

Les Kentucky Mountain Boys...

Fini le rôle de sideman, désormais, les week-ends, il sillonne les bars et clubs de Lexington en développant une vision progressive du bluegrass faite d'éléments de folk, de blues et de rock.

Le reste de la semaine, il occupe un emploi dans une société de location pour pouvoir financer son choix de faire du bluegrass son métier.

Il faut attendre le milieu des 60's pour que Crowe forme son propre groupe (The Kentucky Mountain Boys), avec des musiciens du crû dans la même situation que lui, à savoir Doyle Lawson et Bobby Slone.

Red Allen se joint à la formation quand celle-ci devient le groupe régulier du Red Slipper Lounge (Holiday Inn de Lexington) et rencontre le succès (1968).

...puis les New South.

L'album Bluegrass Holiday (1969), réédité en 1981, découlant de cette collaboration, réfère à l'endroit en question. Publié chez Lemco Records et enregistré deux jours avant la fin de l'année 68, il est un incontournable disque de bluegrass.

Deux autres albums sortent pour le même label sans Allen mais avec Larry Rice: The Model Church et Ramblin' Boy, tous deux en 1971. Ils renforcent la popularité de J.D Crowe and The Kentucky Mountain Boys, désormais invités partout où le bluegrass rayonne, de Lexington à Louisville, de Evansville à Cincinnati en passant par le sud de l'Indiana.

Après la dislocation des Kentucky Mountain Boys, Lawson rejoignant les Country Gentlemen (fin de l'été 1971), Crowe repart avec une autre formation, The New South, composée du guitariste virtuose Tony Rice, frère de Larry, formé à l'école Clarence White, et de Larry.

Le groupe se trouve derrière l'album Bluegrass Evolution (1973) qui propose une surprenante fusion de bluegrass, de country, de folk électrique. Pour l'époque, c'est révolutionnaire : le bluegrass s'enrichit d'un son jamais entendu auparavant.

Après ce disque marquant un tournant pour le genre, Larry Rice quitte le New South ; il est remplacé par le mandoliniste Ricky Skaggs ; Jerry Douglas, joueur de dobro, complète l'équipe désormais constituée comme suit : Crowe, Rice, Skaggs, Slone et Douglas.

Elle prend alors le nom de J.D Crowe And The New South et signe un LP éponyme (1975) connu également sous le nom de Rounder 0044, en référence à son immatriculation dans le catalogue du label (Rounder Records). Si les experts de bluegrass et la presse spécialisée notamment ne lui déroulent pas le tapis rouge, en revanche, il cartonne sur les ondes. Pour Rounder, l'album devient un succès au fil des années. Il est une pièce essentielle du bluegrass progressif.

Jd crowe allison krauss

« J.D Crowe And The New South m'a marqué. S'il ne faut retenir qu'un album, c'est celui-là ! Je ne sais pas combien de fois, je l'ai acheté. Je l'écoute tout le temps. Ca en devient effrayant. Encore aujourd'hui, le disque semble nouveau. Si vous saviez tous les artistes qui ont été influencés par ce disque... » (Alison Krauss)

Un modèle pour des générations entières de musiciens.

A la suite de Rounder 0044, Tony Rice quitte le New South, suivi aussitôt par Skaggs et Douglas. Pour les besoins de You Can Share My Blanket (1978), Crowe réunit de nouveaux musiciens comme Jimmy Gaudreau (mandoline), Jim Murphy (steel guitare), Carl Himmel (batterie), Randy Best (basse), Charlie McCoy (harmonica), Glenn Lawson (chant et guitare), Jeff Tweel (piano), Jack Salomon (guitare rythmique).

Il renouvelle l'équipe dès l'album suivant, My Home Ain't In The Hall Of Fame (1979). Formé au folk, Keith Whitley (guitare) qui rêve depuis longtemps de jouer de la country, entre dans le groupe. Steve Bryant (basse) supplée Best, Doug Jemigan en fait autant de Jim Murphy et Jimmy Ashby de Himmel. Seuls Jimmy Gaudreau et le violoniste Bobby Slone sont reconduits. My Home In The Hall Of Fame referme les 70's.

D'autres générations de musiciens (Bobby Hicks, Vassar Clements, Todd Phillips, Mark Schatz, Richard Bennett, Don Rigsby, Curt Chapman, Phil Leadbetter, Dwight McCall, Greg Luck, Rickey Wasson, Ron Stewart et Harol Nixon) ont continué au cours des 80's, 90's et 2000 à alimenter le catalogue du groupe : Somewhere Between (1982), Straight Ahead (1986), Live In Japan (1987), Flashback (1994) pour le retour de J.D et son New South en 1993 après une pause (en 1988), Come On Down To My World (1999) et Lefty's Old Guitar (2006).

Après un tel parcours, James Dee, 80 ans, presque 7 décennies d'activité, n'a plus rien à prouver. Non content d'avoir formé en permanence des palanquées d'artistes et d'avoir insufflé le goût du banjo à d'autres, il a surtout été un grand innovateur et un fidèle serviteur du bluegrass. On ne lui en voudra pas de se retirer ; à ses poulains de pérenniser son œuvre maintenant (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE THE NEW SOUTH 70'S

LP Studio 2 - 1975

 

Jd crowe lp 76

 

J.D CROWE & THE NEW SOUTH

J.D CROWE & THE NEW SOUTH – 1975  5/5

 

Publié en 1975.

Produit par J.D. Crowe.

Durée:31:03.

Label Rounder.

Genre:bluegrass progressif,country.

 

Séminal, point barre.

 

A l’heure où le show-biz contemporain fabrique à la pelle des étoiles de pacotille, où l’on devient une starlette, en faisant le buzz comme on dit, avec un « Non mais Allo quoi » ou un « quand je pète, je troue mon slip », il est bon de remettre l’église au milieu du village, de redonner toutes ses lettres de noblesse aux mots vedette, légende, mythe…

On a tendance maintenant à se voir trop vite trop beau et à utiliser un vocabulaire décalé et peu compatible avec le talent prêté à l’artiste d’aujourd’hui. Loin de moi l’idée de réveiller des querelles entre Anciens et Modernes, mais avouez que, souvent, il y a de quoi se la prendre et se la mordre.

J.D Crowe lui, est une légende : J.D, comme James Dee, Crowe comme Crowe, américain du Kentucky, joueur de banjo virtuose, pionnier et figure avant-gardiste du bluegrass.

Tous les consommateurs de cette musique vous le diront : Crowe est un Maître, un visionnaire qui a redéfini les paramètres de son art.

Dans son sillage, des générations entières de musiciens se sont engouffré, perpétuant cette évolution qu’il a initiée. Avec sa formation New South, il publie l’éponyme J.D Crowe & The New South (Rounder Records - 1975), devenu depuis une norme incontournable du bluegrass.

Si l’on ose la comparaison, ce LP influent a autant fait pour le genre que le Psychedelic Sounds Of The 13th Floor Elevators pour le rock psychédélique. Vous flairez le topo ?

New South, formé autour de Crowe, lequel a passé cinq ans sous la tutelle de Jimmy Martin (1927/2005), dit le Roi du Bluegrass, est, en quelque sorte, un prolongement de l’aventure commencée sous la bannière des Kentucky Mountain Boys, fin des années 60 jusqu’en 73 (trois LP) : J.D Crowe, Red Allen, Larry (puis Tony) Rice, Doyle Lawson (jusqu’en 71) et Bobby Slone composent alors le line-up.

New South a compté dans ses rangs des musiciens notables : outre ceux qui ont servi sous le prototype des Kentucky Mountain Boys, citons pêle-mêle Ricky Skaggs, Jerry Douglas, Keith Whitley, Jimmy Gaudreau, Steve Bryant, Tony King, Mike Gregory, Richard Bennett, Darrell Webb, Dwight McCall, Wayne Fields ou encore Ron Stewart…

Cet album éponyme de 75 suit Bluegrass Evolution de deux ans. Deuxième disque du répertoire de J.D Crowe & the New South, celui que les aficionados nomment Rounder 0044 en référence à son numéro de catalogue auprès de la maison d’édition Rounder Records, il marque le début d’un nouveau type de bluegrass, plus moderne, plus audacieux, plus novateur et plus intello.

Larry Rice a quitté la formation et n’apparaît pas sur ce disque collectif et dynamique au son très moderne, qui bénéficie par ailleurs de l’arrivée du frangin Terry (chant, guitare), de Ricky Skaggs (violon, mandoline, chant) et de Jerry Douglas (dobro). Ce turn-over permanent sera la marque de fabrique des New South.

Éclectique dans sa matière, il mélange la tradition au progressif, voie jamais explorée de la sorte auparavant. Ainsi des titres appartenant au patrimoine du bluegrass comme Nashville Blues (Earl Scruggs) ou Some All Day (Louise Certain & Gladys Stacey), traditionnels comme Sally Goodin, Cryin’ Holy, voisinent avec la modernité façon Gordon Lightfoot (Ten Degrees, You Are What I Am).

Ajoutez à cela un style instrumental qui vire à 180° se délivrant de son schéma rythmique carré, dans lequel une liberté d’improvisation accrue s’invite et vous aurez l’explication de l’engouement qui frappe les ados d’alors pour cette musique, ce groupe et cet album.

Rien n’a changé aujourd’hui, il jouit toujours de la même popularité. Vocalement Rice, Douglas et Crowe assurent un max et comme pris individuellement, ces oiseaux-là ne sont pas des pingouins, je vous laisse imaginer la richesse de la collection proposée par Rounder, collection (rééditée en 92) qui a changé la face de la musique bluegrass.

Ce mariage de fraîcheur et d’expérimental à la tradition, c’est trop d’la balle. Chez nous, dans notre langage des 70’s, on disait alors : c’est bat'. C’est du pareil au même quand on veut dire qu’on aime. Toujours et quarante ans après. Alors les Nabilla ou Sébastien Patrick… des pets de lapin (RAZOR©).

 

1. Old Home Place.

2. Some Old Day.

3. Rock Salt and Nails.

4. Sally Goodin.

5. Ten Degrees.

6. Nashville Blues.

7. You Are What I Am.

8. Summer Wages.

9. I'm Walkin.

10. Home Sweet Home.

11. Cryin' Holy.

12. Why Don't You Tell Me So.

 

J.D. Crowe:banjo,chant,guitare.

Tony Rice:guitare,chant.

Ricky Skaggs:mandoline,violon,alto.

Bobby Slone:basse.

Jerry Douglas:dobro.

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