The Kentucky Colonels.

BIOGRAPHIE.

 

THE KENTUCKY COLONELS/Los Angeles (Californie)

 

Kentucky colonels 3

 

Actif de 1954 à 1973.

Labels:Briar Records,Rounder Records,World Pacific,Shiloh Records,Vanguard Records.

Genre:country,bluegrass.

 

Quand le bluegrass sort des sentiers battus.

Impossible de passer sous silence le rôle essentiel qu’ont tenu les Kentucky Colonels dans l’histoire du bluegrass, cette zizique américaine, branche de la country mise à jour par Bill Monroe. Leur album Appalachian Swing !, sorti en 1964, est un modèle du genre, pour ne pas dire un disque séminal.

Derrière les Kentucky Colonels, une famille : les White. Le père Eric, ses trois fils, Roland l’ainé, Eric entre et Clarence, le plus jeune, ainsi que leur sœur Joan. Sous l’influence d’un paternel joueur de violon, de banjo, de guitare et d’harmonica, la maison de Madawaska est constamment animée par la musique country traditionnelle. Musiciens en herbe, les enfants White y donnent leurs premières représentations. Clarence, le benjamin a alors 8 ans quand il pratique le Ukulélé, 6 quand il apprend la guitare de par son père qui lui enseigne quelques accords.

Kentuckey colonels clarence white

Roland, Clarence, Eric…

Originaire du Maine, le clan White (d’ascendance française) migre vers la Californie au milieu des 50’s où les trois fils forment un groupe, le précoce Three Little Country Boys qui se produit tous les dimanches sur la place de Pasadena.

Ils gagnent ainsi le droit de passer sur les radios locales et dans des émissions télévisées. Roland tient la mandoline, Clarence la guitare et Eric du banjo et de la basse, Joan reprenant ponctuellement du service pour les assister au chant.

C’est Roland qui contamine le reste de la jeune troupe au bluegrass, aidé en cela par le couple de chanteur country Rose et Joe Maphis qui appuie l’enthousiasme de ces jeunes gens. La fratrie White, vers la fin des 50’s  s’étoffe avec les arrivées de Billy Ray Latham (banjoïste) et de LeRoy Mack (joueur de dobro).

Des Country Boys aux Kentucky Colonels.

Devenu les Country Boys, ils s’affirment très vite comme des pointures du bluegrass, en prenant part à une grande partie de ce que la scène folk et country compte de festivals. Centre de la musique populaire et roots d’alors, théâtre également de plus de 3000 heures d’enregistrements live, l’Ashgrove de l’avenue Melrose, place importante de Los Angeles pour son interaction entre blues, folk, bluegrass et country, leur permet de se constituer un public sur la côté ouest.

Kentucky colonels three little country boys 1954

Les Country Boys, sans Eric White, qui abandonne le groupe pour se marier et suppléé par le bassiste Roger Bush, avec l’apport parallèle de Bobby Sloane (violoniste), prennent alors le nom des Kentucky Colonels (1961).

Le Andy Griffith Show, emblématique série TV américaine parmi les plus  populaires de tous les temps, leur permet de se faire connaître un peu plus ; ceux qui évoluent désormais sous l'identité des Kentucky Colonels prennent part, en effet, à deux épisodes en jouant quelques titres mais sans apparaître à l’écran.

Appalachian Swing, la perle du bluegrass progressif.

L’année 1964 des Kentucky Colonels fait état de deux faits majeurs : la sortie d’un premier LP, Appalachian Swing, pour World Pacific et une participation au festival folk de Newport, l’évènement musical alors en vogue. Les Kentucky Colonels passent alors régulièrement au prestigieux Ashgrove angelin, alors que l’Amérique est, dans le même temps, submergé par la vague anglaise initiée par les Beatles.

Kentucky colonels roland white

« Début 73, Clarence m’a appelé pour m’annoncer qu’il quittait les Byrds mais qu’Eddie Ticknor lui proposait de le gérer et de lui ouvrir les portes de l’Europe. J’étais alors toujours avec Lester Flatt et l’idée de jouer avec Clarence et de l’Europe me tentait.

C’est ce que j’ai fait. Je suis allé en Californie, nous avons joué quelques spectacles mineurs, dont l’un à l’Ash Grove et nous sommes partis en Europe. » (Roland White)

C’en est trop pour une formation de bluegrass, genre encore très marginalisé ; elle rend l’âme à l’automne 1965. Son membre le plus éminent, le sublime guitariste qu’est Clarence White, poursuit sa route en rejoignant un groupe de musiciens uniques, le Nashville West, orienté country-rock. Il y côtoie Gene Parsons, Gib Guilbeau et Wayne Moore avant de s’engager avec les Byrds en 1968, puis avec le supergroupe de bluegrass progressif, The Muleskinner Band (1973), avec Peter Rowan, David grisman, Bill Keith et Richard Greene.

Le drame.

La fatalité a cependant voulu qu’au moment où Clarence White remonte les Kentucky Colonnels avec ses frangins et pour quelques concerts (album The White Brothers Live in Sweeden/1973), il ne soit victime d’un conducteur ivre. Si son frère Roland en réchappe, lui décède à Palmdale le 14 juillet 1973.

Roland White, de son côté, répond dans le même temps favorablement à l’opportunité qui est lui offerte de rejoindre le Blues Grass Boys, le groupe de soutien de son idole de jeunesse, Bill Monroe. Il y reste jusqu’en 1969, date à laquelle il intègre le Nashville Grass de Lester Flatt jusqu’en 1973 et la réunion éphémère des Kentucky Colonels.

A la mort de Clarence, Roland White joue 13 ans avec Country Gazette (Byron Berline, Joe Carr, Alan Munde et Roger Bush). Professeur de mandoline très respecté, il est resté un contributeur très actif du bluegrass et de la country (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio 2 - 1964

 

The kentucky colonels appalachian swing 1964

 

THE KENTUCKY COLONELS

APPALACHIAN SWING ! – 1964  5/5

 

Publié en 1964.

Produit par Richard Bock.

Durée:27:00.

Label:World Pacific.

Genre:bluegrass.

 

Le haut du panier du bluegrass.

 

La musique des Appalaches recoupe tout un panel de musiques populaires américaines. Musique de détente par excellence, elle s’est construite au fil de l’immigration américaine : les premiers esclaves africains ont introduit les percussions, le banjo ; les irlandais et les écossais y ont associé l’ancestral fiddle (violon), instrument à danser, et ce, bien avant que la guitare n’y fasse son entrée vers la fin du dix neuvième siècle.

Naissent alors les square-dances qui, progressivement, intensifient et  dynamisent leur rythme calqué sur cette musique old-time des Appalaches et qui débouche sur le bluegrass.

Le bluegrass, c’est la tasse de thé de Clarence White que l’on retrouve aux manettes de cet Appalachian Swing (en écoute intégrale ici) avec son frangin Roland, sous la bannière des Kentucky Colonels (1963). Ne riez pas les djeunes et surtout ne vous fiez pas aux apparences d’une pochette un tantinet ringarde.

Derrière les Kentucky Colonels et leur disque s’engage gloutonnement le rock et plus particulièrement le country-rock. S’il est un disque influent, c’est celui-ci. Dans le sillage de ce monstre de bluegrass, peut-être le meilleur de tous les temps, il y a les Byrds, les enfants. Le grand, l’énorme, le mythique Byrds.

Tout ça par la grâce de Clarence White, alias Mister Flatpicking qui y officia de 1968 à 1973. Si les Byrds ont accouché de l’énormissime Sweetheart Of The Rodeo (1968), c’est surtout au trio White/Parsons/Hillman qu’ils le doivent. Jamais groupe majeur n’avait été aussi loin et creusé aussi profond. Alors on se ressaisit les puceaux et on cesse de s’esclaffer comme des benêts.

Appalachian Swing (World Pacific - 1964), entièrement instrumental pour des questions de coût, est un monument de bluegrass qui n’a pas laissé insensibles, ni les non-initiés qui découvraient le genre à l’époque, ni les artistes aguerris et qui s’en sont inspirés pour les besoins de leur carrière comme Jerry Garcia des Dead ou Tony Rice du David Greasman Quintet.

Il contribue pour beaucoup à la reconnaissance de la virtuosité et du jeu maîtrisé de Clarence White, considéré encore aujourd’hui comme un des meilleurs guitaristes de tous les temps.

En 12 pistes et moins d’une demi-heure, les Kentucky Colonels gagnent leurs galons de maître du genre et accèdent à la popularité avec ce qui est devenu leur référence principale. Hormis White, les autres acteurs de ce disque, membres ou invités, figurent parmi les CV les plus en vue du genre.

Citons, mais pour la forme seulement, les sublimes I Am A Pilgrim, Clinch Mountain Backstep, Nine Pound Hammer, Billy In The Low Ground, John Henry ou encore Listen To The Mockingbird. Je dis bien pour la forme, car un album du haut du panier comme The Appalachian Swing n’a aucune faiblesse.

Pour l’anecdote, Clarence White a 20 ans au moment de la sortie de ce disque ; ça vous donne une idée du talent précoce et du potentiel de cet artiste, hélas fauché en pleine gloire par un chauffard ivre alors qu’il n’avait pas 30 ans (RAZOR©).

 

1. Clinch Mountain Back-Step.

2. Nine Pound Hammer.

3. Listen To The Mocking Bird.

4. Will Bill Jones.

5. Billy In The Low Ground.

6. Lee Highway.

7. I Am A Pilgrim.

8. Prisoner's Song.

9. Sally Goodin.

10. Faded Love.

11. John Henry.

12. Flat Fork.

 

Roland White:mandoline,guitare sur 10.

Clarence White:guitare.

Billy Ray Latham:banjo.

Roger Bush:basse,banjo.

Bobby Sloane:violon,basse.

Leroy Mack McNees:dobro.

1 vote. Moyenne 5.00 sur 5.