Alan Jack Civilization.

BIOGRAPHIE.

 

ALAN JACK CIVILIZATION/Tours (France)

 

Alan jack civilization3 

Photo Paris70.free.fr

 

Années actives:1969/70,puis 1976.

Genre:blues-rock.

Labels:BYG Records,Vogue,Spalax Music.

 

Bluesy Mind, la belle surprise de 1969.

Le tourangeau Jack-Alain Braud, alias Alan Jack, se profile derrière Alan Jack Civilization, une des premières belles surprises que la France de 1969 a à se mettre sous la dent.

Quand Gainsbourg en est alors à érotiser sa musique suspendu au cou de Brikin, la sensuelle Catherine Ribeiro à lancer 2 Bis qui allait muter en Alpes, C’est Extra (Léo Ferré) à batailler pour les premiers rangs du hit parade national avec la horde musicale britannique des Come Together (Beatles), Eloïse (Barry Ryan), With A Little Help From My Friend (Joe Cocker), I Started A Joke (Bee Gees), Whole Lotta Love (Led Zeppelin) ou encore Sympathy For The Devil (Rolling Stones), Alan Jack Civilization lâche un convaincant Bluesy Mind. Du blues comme l’indique son titre.

Alan jack civilization 1

Tombé dans le chaudron du blues.

Faut dire qu’Alan Jack a le blues chevillé au corps ; c'est inné et il l’a dans les gènes depuis le berceau. Depuis ses débuts dans le métier, il ne s’est jamais départi de ce marqueur dominant de son ADN.

On le retrouve à 15 ans à la tête de la formation tourangelle, les Gentlemen, qu’il conduit entre 1960 et 1964, le rock est initialement son fonds de commerce.

A 19 ans, le français tourne en Angleterre avec Graham Bond.

Graham Bond, pour la petite histoire, est un des précurseurs du british blues boom des 60’s, avec Jack Bruce et Ginger Baker, les 2/3 du Cream de Clapton, Long John Baldry, Julie Driscoll, Rod Stewart. On le voit progressivement dans tous les endroits de réjouissances rock parisiens : l’Alhambra, l’Olympia, la Locomotive, le Golf Drouot.

Alan jack civilization benoit blue boy

« Jack nous a permis de sortir de la musique dans laquelle on était alors, et d’aller vers des trucs plus complexes. Il nous a surtout montré que l’on pouvait faire ce que l’on avait envie. Il était un grand catalyseur d’énergie. » (Benoît Blue Boy)

Alan Jack à la table des grands.

Puis il prend part aux festivals que fréquente tout le gratin de la scène rock internationale du moment (Spencer Davis Group, Pretty Things, Hill Haley…) avant de s’exiler en Grèce et en Italie pour deux années.

Alan Jack Group (1965/68), dans lequel évolue un certain René Guérin que les fans de la scène française du moment auront tôt fait de situer du côté de chez Martin Circus, annonce Alan Jack Civilization avec les potes Falissard, Fontaine et Olmos, puis Farges,Pewzner et Eric Lange-Berteaux.

Ce groupe actif entre 69 et 70 ne compte que le seul Bluesy Mind à son tableau de chasse (BYG Records). Mais quel LP !

Pierô pérénnise l’esprit Alan Jack.

Au sortir de cette expérience, Alan Jack va donner le jour à différents projets : Vimanas, Zig-Zag Community, Alan Jack Mutation, Magnum, Alan Jack GB’s, Alan Jack & The Nordetts, et enfin Alan Jack Post Civilization, avec celle qui fut choriste, de l’aventure Nordetts avant d’être sa dernière compagne, Pierô qui, depuis la mort d’Alan Jack en 1995, a repris le flambeau sous Miss’Understood, pérennisant ainsi, en s’appuyant sur le répertoire du tourangeau, l’esprit que ce dernier a toujours insufflé depuis ses premiers pas dans le rock (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S.

LP Studio - 1969

 

Alan jack civilization bluesy mind 1969

 

ALAN JACK CIVILIZATION

BLUESY MIND – 1969  5/5

 

Publié en 1969.

Produit par Jean-Luc Young.

Durée:34:54.

Label:BYG Records.

 

Un veritable événement en son temps.

 

Jacques-Alain Braud en France, Alan-Jack, de l’autre côté de la Manche, a jammé avec Alexis Korner, tapé le bœuf avec Graham Bond, traîné ses guêtres dans les mêmes clubs british que Long John Baldry, fréquenté Rod Stewart et Jools, alias Julie Driscoll. Il a le Golf Drouot, la Locomotive, l’Alhambra, l’Olympia  à son tableau de chasse, volant au passage la vedette à des monstres sacrés comme Bill Haley et ses Comets, les Pretty Things ou le Spencer Davis Group.

A la scène, Jacques Braud est Alan Jack, l’enfant que le blues français  a précocement porté sur les fonts baptismaux. Le charismatique barbu et chevelu est notre John Mayall, en quelque sorte, toutes proportions gardées.

Passé par les Gentlemen (1960/64), Alan Jack Group (1965/68), c’est avec l’Alan Jack Civilization (1969/70) que le tourangeau, le blues chevillé au corps, entraine dans l’aventure Richard Fontaine, né lors d’un voyage familial en Italie et accouché, par la force des choses dans un asile d’aliénés, fondateur des Stormbeats (avec pour chanteur Ronald Mahu, dit Ronnie Bird).

Richard Fontaine, bassiste, met Alan jack en relation avec deux amis sudistes, le biterrois Jean Falissard, batteur puissant, (ex-Flames, un groupe qui a fait les beaux jours du Golf Drouot) et Claude Olmos, le guitariste de blues marseillais (ex Doc Daïl, la formation toulousaine de Ticky Holgado) qui refuse de suivre Percy Sledge aux States pour rester avec les potes. 

Nullement impressionnés par les rivaux anglais issus du british blues boom, les frenchies, premier groupe de blues hexagonal passé pro, enregistrent un 33 Tours sous l’étiquette BYG Records, Bluesy Mind, publié en juin 1969, avant d’enfiler, comme des perles, date sur date, en France et sur le Vieux Continent.

Enfermé dans la demeure familiale tourangelle des Braud, la communauté  AlanJack Civilization n’en ressort qu’une fois l’album achevé. Un bien beau disque de blues-rock, ma foi, authentique et solide, joué et surtout chanté en anglais, comme jamais, par des gaulois.

Bluesy Mind, seul unité vinylique à mettre au crédit du groupe, a de quoi tenir la dragée haute à des  Savoy Brown ou autres groupes de blues rock blancs d’Outre-manche, la matière, l’inspiration et la technicité pour séduire les fans du Fleetwood Mac de cette période.

Articulé autour d’une face A qui concentre un blues-rock plutôt costaud, et d’une face B, plus blues psychédélique, Bluesy Mind est une progression musicale permanente au fil des titres. En point d’orgue de ce disque, les deux morceaux issus des 45 Tours, Shame On You et Baby Don’t You Come Back Home ainsi que Middle Earth.

Ici, pas d’à-peu-près, pas de remplissage, pas de concessions. L’affaire est rondement menée et a pour vocation de clouer le bec aux sceptiques et de faire fièrement le coq face aux ennemis héréditaires anglais. La rythmique du tandem Falissard/Fontaine est précise, discrète et efficiente ;  la guitare d’Olmos a de la classe, mais peut tout autant sortir de ses gonds, selon le besoin ou l’intérêt, ses solos sont  intelligents et éclatants ; les compositions sont bien gaulées. La voix (avec ce délicieux accent qui nous caractérise, nous les français) du regretté Alan Jack, disparu en 1995, épouse parfaitement les notes de son instrument de prédilection, le piano et s’accorde au jeu tout en subtilité d’Olmos.

Non seulement, Bluesy Mind tient la route, mais il va au-delà de ce que vous pouvez imaginer. On peut vraiment faire les fiers-à-bras et agiter cet album au moindre reproche sur la faiblesse supposée de nos groupes fin 60/début 70. Ce disque, pour nous français d’alors, c’est un événement que vous ne pouvez même pas imaginer. (RAZOR©).

 

1. I've Got To Find Somebody.
2. Shame On You.
3. What You're Gonna Say.
4. Baby Don't You Come Back Home.
5. The Way To The Hells.
6. What's Wrong.
7. Some People.
8. Middle Earth.

 

Alan Jack:claviers,chant.
Claude Olmos:guitare.
Richard Fontaine:basse,percussions.
Jean Falissard:batterie.

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