Atoll.

BIOGRAPHIE

 

ATOLL/Metz (France)

 

Atoll

 

Fondé en 1972, diverses réunions depuis.

Label:Eurodisc.

Genre:rock progressif,rock symphonique, rock en France.

 

L’élève modèle de l’école progressive française.

En affirmant que le rock français était aussi bon que le vin anglais, John Lennon n’a pas fait montre de beaucoup d’élégance et de connaissance du sujet. Si l’artiste a alors tendance à se prendre pour le nombril du monde, ses propos assassins, aussi inopportuns qu’inappropriés, contribuent à flinguer une scène hexagonale élevée dans le dur, peu soutenue il est vrai par une France giscardienne très craintive pour sa jeunesse.

Le rock français du moment n’a certainement ni besoin, ni envie, d’entendre de telles balourdises, et l’a saumâtre que l’on tire à ce point sur l’ambulance. Sans chercher à se voiler la face, il est vrai qu’il est le parent pauvre du Vieux Continent, la faute à des yéyés et des artistes de variétés persistant à se taper l’incruste. L’échiquier progressif hexagonal, dans le sillage des Ange, Martin Circus et Triangle, va s’employer à rabaisser son caquet au Beatles, montrer qu’il existe et qu’il est si spécifique que l’on évoque même une Ecole Française du rock progressif. Na !

Atoll 2

Andre balzer atoll

L’Atoll nouveau est arrivé.

Dans ce cadre, Atoll, acteur de la deuxième vague du rock progressif bleu blanc rouge, est un des beaux exemples tendant à détricoter la thèse avancée par le Jealous Guy anglais. Né au début des 70’s, sur la terre messine que le mythique Graoully a hantée avant d’être chassé par Saint Clément, Atoll renaît aujourd’hui de ses cendres après avoir, comme beaucoup de formations de cette génération, été contraint de cesser ses activités en 1981.

Un inconditionnel italien de la première heure ayant sollicité André Balzer et Joëlle Géhin pour qu’Atoll remette le couvert en 2013, le groupe est reparti de plus belle aujourd’hui, mais avec une formation tronquée par rapport à la celle classique, rajeunie, composée désormais de musiciens passés par divers conservatoires et eux-mêmes fans d’Atoll.

Les p’tits jeunes du André Balzer’s Atoll (il y a aussi un Christian Béya Atoll) ont pour nom Nicolas Gegout (saxo), Jordan Gury (batterie), Olivier Duranton (claviers), Jérome Sperissen (basse) et Jérémy Bares (guitare).

Si est loin de la formation qui a fait les beaux jours du rock progressif français, elle n’en est pas moins, tant dans l’esprit que dans le son, restée fidèle à sa musique des 70’s.

Musiciens, Magiciens pour débuter.

André Balzer était déjà du groupe d’origine, né en 1972, conduit par les guitaristes Luc Serra et Jean-Luc Thillot ainsi que le batteur Alain Gozzo, tous originaires de Metz et auxquels vient se joindre le bassiste Francis Paul.

Ce dernier est remplacé par Patrice Kieffer, puis par Jean-Luc Thillot qui glisse de la guitare à la basse. Le claviériste Michel Taillet intègre alors Atoll, deux 45 Tours au compteur. Au moment de l’appel pour un premier album, c’est ce line-up Thillot/Gozzo/Serra/Taillet/Balzer et le flûtiste et saxophoniste Laurent Gianez qui compose Atoll.

Et ce premier disque, c’est Musiciens Magiciens, publié en 1974. Compétent sans être exceptionnel, il suscite de belles promesses sur le potentiel des messins, visiblement influencés par les anglais de Genesis, de King Crimson et de Yes, par les américains de la west coast et par leur voisin du Grand Est, Ange. En proie à des tensions, Atoll perd Balzer, fin 1974, puis Luc Serra.

Atoll gozzo 2

« Au départ, on était très Eagles, Crosby Stills Nash & Young. Quand notre premier single a fonctionné, Atoll a basculé vers des groupes comme Yes.

Nous avons été touchés par cette musique. Alors nous avons commencé à développer le travail de l’instrument et ça a donné Musiciens, Magiciens. » (Alain Gozzo)

La référence l’Araignée-Mal.

L’Araignée-Mal, son suivant, va changer la donne et faire d’Atoll un groupe éminemment respecté sur la place progressive internationale. Devenue Joëlle Géhin, celle qui a depuis peu co-relancé Atoll, le claviériste Bruno Géhin est fortement impliqué dans ce disque complexe, très élaboré et délicat dont il a beaucoup inspiré la musique, exception faite du titre Le voleur d’Extase, signé du nouvel entrant le guitariste Christian Béya, ancien de Divodurum et lui-même suppléant de l’intérimaire Jean-Claude Monnet. Bruno quitte Atoll avant que ne paraisse le disque. Cette sortie soudaine génère de nouvelles tensions entre le claviériste sortant et les membres d’Atoll. Dans le même temps, Balzer réintègre l’équipe.

Atoll araignee

Emotionnellement puissant, L’Araignée-Mal (1975) marque l’apogée de la formation des bords de la Moselle et autant Christian Béya que Richard Aubert, dont le violon apporte autant une belle saveur jazz-rock qu’un plus incontestable au son d’Atoll, y livrent des prestations très remarquées.

Ce deuxième opus est indiscutablement l’œuvre de référence de son catalogue, ainsi qu’un incontournable de la scène progressive gauloise. La presse spécialisée le plébiscite comme disque de l’année 75 ; c’est révélateur de sa qualité, malgré la sensation qu’il dégage d’avoir été réalisé avec un petit budget. Clin d’œil du destin, l’Araignée-Mal atteint la 10ème place des charts internationaux devant… devinez qui ? John Lennon et son Shaved Fish.

Changement de cap et mutation.

En 1976, Didier Hoffman remplace Alain Gozzo à la batterie, mais ce dernier récupère vite son bien et répond présent à l’appel du très bon Tertio (1977), troisième levée discographique d’Atoll, au rock climatique (comme dirait Béya) bien léché. Il y retrouve Jean-Luc Thillot, Michel Taillet, Christian Béya et André Balzer.

Tertio prend une direction plus jazzy, plus symphonique. Si l’Atoll nouveau s’y avère plus abordable et moins aventureux que sur l’album qui précède, les pro-Géhin et Aubert, remercié après l’Araignée-Mal, trouveront, eux, à redire. Néanmoins Tertio affiche une grande maîtrise instrumentale de ses acteurs et révèle un collectif très soudé.

Atoll, deux Olympia au compteur, sort encore un dernier LP avant la fin de la décennie : Rock Puzzle (1979) ; il se fait avec le même line-up. Ce disque fait basculer, sans fausses notes criardes, Atoll dans les années 80. La mutation est intelligemment gérée, mais n’empêche pas les messins, en 1981, de mettre un terme à leur belle aventure (RAZOR©).  

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 1 - 1974

 

Atoll musiciens

 

ATOLL

MUSICIENS MAGICIENS – 1974  3/5

 

Publié en 1974.

Produit par Jacques Chabiron.

Durée:35:37

Label:Eurodisc.

Genre:rock progressif,rock symphonique,rock en France.

 

Débuts prometteurs.

L’est de la France a été le pourvoyeur de deux des meilleurs groupes de rock progressif des années 70 : Atoll et Ange, respectivement mosellan (Metz) et franc-comtois (Belfort).

Né dans l’hiver rigoureux de 1972 (février), Atoll, alors la tête à Crosby Stills Nash & Young et à Brian Wilson, fait vraiment surface en 1973 quand il revient d’un séjour en Angleterre. Là-bas, il tombe sous le charme de l’école progressive des Yes, King Crimson et Genesis.

Les Gozzo, Serra, Thillot sont littéralement subjugués par cette scène anglaise et ses artistes phares du moment, tellement touchés qu’ils en écartent leurs idoles américaines pour se projeter corps et âme dans un registre qu’Ange vient tout juste d’intier en France. Comme ce dernier, Atoll va également se l’approprier et le développer à sa manière dans l’hexagone. Sans la théâtralité qui caractérise son aîné, avec d’autres arguments, et non des moindres, qui mèneront au grand album qu’est L’Araignée-Mal.

Pour l’heure, Atoll, auteur d’un premier 45 Tours qui lui permet de décoller (Quand je te vois/Changer ta vie), vendu à 40.000 exemplaires, en passe par un Musiciens, Magiciens (en écoute intégrale ici), sorti en novembre 1974, encore moyen. On ne transite pas de la west coast au rock progressif par un simple claquement de doigts. La démarche demande des ajustements techniques, ce à quoi travaillent les musiciens depuis que leur amour pour le rock progressif s’est déclaré. Tout n’est pas encore bien calé et ça se ressent.

Néanmoins, le potentiel est là, les idées aussi. La détermination, je n’en parle même pas : le lorrain est, par définition, tête de lard. Cet album ne fait donc que jeter les bases de la musique qu’Atoll a en tête : originale, subtile, intelligente qui mêle rock progressif et jazz-rock. Le Canterbury en somme.

Mais, pour l’heure, Atoll ne réussit pas encore à assoir sa personnalité musicale, d’où le fait que, artistiquement, Musiciens Magiciens ne compte pas pour un disque indispensable du catalogue. Historiquement, oui, car c’est là que l’aventure commence et derrière elle, conduit à ce qu’Atoll devienne une des valeurs sûres de l’école prog française.  

Des sept titres de l’album, on retiendra plus particulièrement Le Baladin Du Temps (11 minutes épiques), le doux et solide Hymne Médiéval (tiens, tiens… médiéval, ça ne vous rappelle pas un autre groupe ?), le mélodique Berger, Au-delà Des Ecrans De Cristal, Le Secret du Mage. Ce premier album est très prometteur, mais la suite, c’est autre chose, je vous l’assure (RAZOR©).

 

1. L'hymne médiéval.

2. Le baladin du temps.

3. Musiciens-magiciens.

4. Au-delà des écrans de cristal.

5. Le secret du mage.

6. Le berger.

7. Je suis d'ailleurs.

 

André Balzer:chant.

Luc Serra:guitares,synthétiseurs,percussion.

Jean-Luc Thillot:basse.

Michel Taillet:claviers,percussion.

Alain Gozzo:batterie,percussion.

LP Studio 2 - 1975

 

Atoll araignee

 

ATOLL

L’ARAIGNEE-MAL – 1975  5/5

 

Publié en 1975.

Produit par Jacques Chabiron.

Durée:44:00.

Label:Eurodisc.

Genre:rock progressif,rock symphonique,rock en France.

 

Atoll tisse sa toile.

 

Ange et Atoll au sommet d’un rock progressif français très bien considéré de l’autre côté de la Manche, par des anglo-saxons pourtant bien pourvus en la matière, c’est la marque d’une France qui gagne à l’international et le signe qu’il se passe décidément quelque chose de très important dans notre patrimoine musical des années 70.

D’espoirs chargés de promesses, entrevu au travers de l’intéressant Musiciens Magiciens, les lorrains d’Atoll (Metz), font le pas qui leur manque pour adhérer à la reconnaissance du public rock prog international, en signant un énorme deuxième album : l’Araignée-Mal.

L’apport instrumental de Christian Béya (guitariste) et de Richard Aubert au violon, propulse la musique d’Atoll à un haut niveau d’excellence rarement atteint dans la sphère francophone.

L’Araignée-Mal (en écoute intégrale ici) est une réussite totale. Complexe, puissant, inspiré, ambitieux, raffiné, s’appuyant sur une fondation rythmique explosive et syncopée (l’excellent batteur Alain Gozzo et Jean-Luc Thillot), mélodiquement parfait, ce disque atteint un degré de sophistication et de justesse devant lesquels la place anglaise en personne s’incline et se pâme.

La guitare de Christian Béya, le nouvel entrant, est magnifique ; les claviers de Michel Taillet et de Joëlle Géhin, au rôle essentiel dans cet album s’imbriquent avec brio, intelligence et subtilité ; le violon électrique de Richard Aubert dote l’album d’une belle et unique saveur flirtant avec le jazz-rock tandis que Dédé Balzer se montre toujours aussi convaincant au chant.

Atoll est au sommet de son art. Le Photographe Exorciste fait une incursion dans le rock progressif théâtral des rivaux d’Ange. Cazotte N°1, instrumental fusion ramène aux heures de McLaughlin et de son Mahavishnu Orchestra ; on sent là l’influence de Géhin. Il précède un titre de grande ambition progressive, aux incessantes volte-face : Voleur d’Extase, signé Béya.

L’Araignée-Mal occupe alors le terrain et tisse alors sa toile en 21 minutes et quatre mouvements. Cet arachnide-là s’avère aussi monstrueux que dévastateur. Sa suite épique est un petit chef d’œuvre. Du Photographe Exorciste jusqu’à la fermeture brutale du Cimetière de Plastique (4ème volet de cette fresque de 21 minutes), tous les titres proposés s’enchaînent avec intensité, homogénéité, précision et diversité. C’est ce qui fait la force de cet album incroyable que les rosbifs nous envient. L’Araignée-Mal, c’est Metz qui joue en Ligue des Champions. (RAZOR©).

 

1. Le Photographe Exorciste.

2. Cazotte N°1.

3. Le Voleur d'Extase.

4. L'Araignée Mal - I. Imaginez le Temps.

5. L'Araignée Mal - II. L'Araignée Mal.

6. L'Araignée Mal - III. Les Robots Débiles.

7. L'Araignée Mal - IV. Le Cimetière de Plastique.

 

Richard Aubert:violon.

André Balzer:chant,percussions.

Christian Béya:guitare.

Alain Gozzo:batterie.

Michel Taillet:claviers.

Jean-Luc Thillot:basse.

Joëlle Géhin:claviers.

LP Studio 3 - 1977

 

Atoll tertio

 

ATOLL

TERTIO – 1977  5/5

 

Publié en 1977.

Produit par Jacques Chabiron.

Durée:27:48.

Label:Eurodisc.

Genre:rock progressif,rock climatique,rock en France.

 

Cocorico !

 

Je me souviens qu’Hervé Picart, alors journaliste à Best, disait à propos d’Atoll, avoir été séduit par leur disponibilité, leur gentillesse et leur simplicité, par la pertinence, la lucidité, la franchise et l’intelligence de leurs propos et par leur professionnalisme.

Pourtant l’Araignée-mal est passée par là et l’ivresse du succès aurait pu tourner leurs têtes. L’Araignée-Mal est le merveilleux LP qui précède celui qui nous concerne, Tertio (en écoute intégrale ici) et qui a été Le Disque de l’année 1975, tout comme la référence musicale d’une France qui, de plus en plus, suscite les convoitises du rock progressif international.

Tertio, troisième opus à s’inscrire au catalogue d’Atoll, va encore plus loin. Le quintet messin nous balance une œuvre aboutie, mais encore différente.

Atoll touche les dividendes de l’arrivée ô combien bénéfique de Christian Béya (déjà là sur l’Araignée-Mal), guitariste aux doigts de velours qui endosse le costume de leader et qui entraîne tout son joli monde dans ce qu’il définit comme un rock climatique. C’est gagnant !

Le quintet messin, parfaitement rodé, nous plonge ici dans une ambiance qui lui est personnelle, originale, faite, à l’instar d’un épique Tunnel à deux voies (Part 1 et 2), d’inéluctables belles mélodies et d’une grande virtuosité (Béya et Taillet s’y entendent comme larrons en foire).

Comme les meilleurs du genre. L’écriture est talentueuse et accrocheuse. Tertio confirme non seulement qu’Araignée-Mal n’est pas le coup d’un jour, mais qu’il va falloir, désormais, se satisfaire de deux brillantes œuvres. Comment rester insensible à un art élevé si haut, frenchie de surcroît ? Cocorico !  (Razor©)

 

1. Paris c'est Fini.

2. Les Dieux même.

3. Cae Lowe (Le Duel part 1 & 2).

4. Le cerf-volant.

5. Tunnel part 1.

6. Tunnel part 2.

 

Jean-Luc Thillot:basse.

Alain Gozzo:batterie.

Michel Taillet:claviers.

André Balzer:chant.

Christian Béya:guitare.

LP Studio 4 - 1979

 

Atoll rock puzzle

 

ATOLL

ROCK PUZZLE – 1979  3,5/5

 

Publié en 1979.

Produit par Francis Grosse,Bernard Gueffier,Alain Robert.

Durée:43:12.

Label:Eurodisc.

Genre:pop-rock,heavy metal.

 

Atoll change de braquet.

 

Rock Puzzle (en écoute ici), quatrième album d’Atoll, n’est pas très engageant du côté visuel. Sa pochette un tantinet légère par rapport aux graphismes des œuvres antérieures peut laisser supposer un relâchement des messins, ce qui n’aurait rien de surprenant dans le contexte rock français ambiant moribond et après les deux œuvres de très haut niveau qu’Atoll vient de pondre.

Atoll est alors à deux doigts de déloger Ange de son piédestal et sa popularité est à son faîte. Depuis qu’il a été récompensé du disque de l’année 75 avec l’Araignée-Mal, le groupe messin se positionne dans le top 3 du rock progressif français.

Las, en 1978/79, le public en a sa claque du genre ; la mode est au disco et le mouvement punk draine large. Atoll a bien compris que son avenir se situe à la croisée des chemins, qu’il lui faut évoluer vers autre chose, à cheval entre pop-rock classique, influences funky et phases symphoniques. En gros, cela sous-entend que le label veut du commercial…

Atoll adapte ses compositions en conséquence, lui donnant plus de force et, en bon professionnel qu’il est devenu, s’arme pour aborder les 80’s sans perdre au change. La mutation s’opère visiblement bien puisque le public mord à l’hameçon.

Même s’il est malvenu de ne pas lui reconnaître de la vitalité, de l’efficacité, de l’entrain et de la modernité, Rock Puzzle souffre en contrepartie de l’inventivité dont Atoll a fait montre pour atteindre le podium. A trop raccourcir les titres et à élaguer la musique au profit du chant, Rock Puzzle claudique. Les fans prog ne s'y retrouvent pas. Au final, ce choix s’avère discutable puisque les messins disparaissent de l’horizon jusqu’à ce que l’Océan (1989) ne nous les rend (RAZOR©).

 

1. L'Age d'or (dans 8000 ans).

2. L'Ultime rock.

3. Kaelka.

4. Smarto Kitschy.

5. Eau (H20).

6. Garces de femmes.

7. La maison de Men-Taa.

8. Puzzle.

 

André Balzer:chant.

Christian Béya:guitares,choeurs.

Alain Gozzo:batterie,percussions,choeurs.

Michel Taillet:synthétiseurs,piano,clavinet,percussion,choeurs.

Jean-Luc Thillot:basse,pédale basse Moog,guitares,choeurs.

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