Chico Magnetic Band.

BIOGRAPHIE.

 

CHICO MAGNETIC BAND/Lyon (France)

 

Chico magnetic band 1

 

Actif entre 1969 et 1972.

Label:Vogue.

Genre:acid rock,rock psychédélique,heavy psychédélique,rock en France.

 

Entre rock 'n' roll et théâtre burlesque.

Originaire de Tunisie, Mahmoud Ayari, dit Chico, a été une figure incontournable de l'échiquier pop/rock lyonnais dans les années 70. Craint comme la peste, sur scène, il était capable de tout pour attirer l'attention sur lui et son groupe et le service d'ordre comme les flics de service étaient constamment sur les dents tant que ce sulfureux sujet n'avait pas rejoint les coulisses.

Chico magnetic band 2Chico Magnetic Band:un pilier de la scène lyonnaise (Stevie Dixon).

Chico magnetic band 3

Entre rock et théâtre burlesque.(Stevie Dixon)

Chico magnetic band jp massieraLa patte de Jean-Pierre Massiera.

Ainsi, il lui arrivait fréquemment de faire trempette en slip dans une cuvette, jusque là rien de méchant. Plus grave, il lui prenait parfois l'idée de balancer des poulets vivants dans le public, voire, quand il pétait carrément un cable, d'allumer un casque bardé de pétards pyrotechniques, comme Arthur Brown qu'il devait certainement vénérer et dont le Chico Magnetic Band fait la première partie, les 15 et 16 octobre 1969 au Théâtre du VIII7me (Lyon). Dire que les organisateurs de spectacles l'avait dans le collimateur est le minimum syndical.

Un pilier de la scène lyonnaise.

Pour avoir parfois déclenché quelques départs de feu dans les salles, ce showman excentrique à l'anglais plus qu'approximatif, adèpte d'un psychédélisme lourd et fan d'Hendrix, chef de file du Chico Magnetic Band, a souvent été écarté des festivals. Il en reste néanmoins aujourd'hui quelques traces discographiques pas piquées des vers...

Formé à Lyon en 1969 sous l'identité de Chico & The Slow Death, le groupe emmené par Mahmoud Ayari tourne avec un répertoire emprunté à Jimi Hendrix d'une part, mais également à Taste et à Spooky Tooth. Chico & The Slow Death est alors, depuis le dernier trimestre de l'année 1969, la formation maison du West-Side Club, l'annexe du Palais d'Hiver de Lyon. C'est une formation qui compte dans le landernau.

Hendrix comme fil conducteur.

Rebaptisé Chico Magnetic Band l'année suivante après sa signature pour le label CBS, elle réunit, aux côtés du chanteur déjanté, l'ancien batteur de Homard Violet, Patrick Garel, le bassiste Alain Mazet (venu des Foxy Strollin' Retaliation) et le guitariste Bernard Monerri (After Line et Beast).

Ce dernier remplace dans l'urgence l'ex Blues Fugs Bernard Lloret (qui succède à Alain Fabrègue), démissionnaire, car lassé des frasques de son leader. Le Chico Magnetic Band se veut le dépositaire d'un rock psychédélique lourd perclus de guitares furieuses, de voix démentes, de bizarreries électroniques. Rare dans l'hexagone.

Son passage dans le rock gaulois, placé sur le créneau 1969/1972, s'est traduit par les enregistrements, hélas non pressés, de 4 reprises d'Hendrix, à savoir Spanish Castle, Ain't No Telling, Little Miss Lover et If The Six Was Nine (69 Records).

Chico magnetic band eric deshayes

« Chico Magnetic était un sacré énergumène. Il a commencé en région Rhône-Alpes dans des groupes de soul music puis, avec le Chico Magnetic Band, il s'est mis à faire des performances entre rock'n'roll et de théâtre burlesque, avec lâchers de poulets, bains sur scène et un casque qui s'enflammait. Ça a déclenché à deux reprises une bagarre générale au Gibus à Paris. C'était avant tout une performance scénique, l'album du Chico Magnetic Band est sorti en 1971, mais n'a pas marché et il a fini au pilon. » (Eric Deshayes)

La patte de Massiera.

Plus concrètement sa discographie fait état de quelques 45 Tours comme Pop Or Not/Inverse Pop (1970), Girls of Ocean/Phantasm (1972) et My Sorrow/We All Come And Go (1971), ces deux derniers titres figurant sur ce qui constitue la pièce maîtresse de son catalogue, l'album éponyme Chico Magnetic Band (1971) derrière lequel se profile la patte folle de l'inventif niçois Jean-Pierre Massiera, marginal de la production musicale française des 60's/70's. J'en veux pour preuve Pop Orbite et Pop Pull Hair.

L'unique LP de Chico Magnetic Band est enregistré en juillet 1970, en trois jours et à Paris sur l'étiquette Vogue. Deux studios parisiens servent de cadre à ces enregistrements : Europa Sonor (Studios de la Gaité) où Aphrodite's Child a enregistré son lumineux 666, ainsi que les studios Wagram. Il ne tombe dans les bacs qu'environ un an plus tard (juillet 71). Echec commercial, il scelle la fin (1972) de ce groupe français aussi énigmatique qu'atypique qui pouvait, dans un jour avec, ne pas avoir de rival sur les planches hexagonales (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio unique - 1971

 

Chico magnetic band lp

 

CHICO MAGNETIC BAND

CHICO MAGNETIC BAND – 1971  4/5

 

Publié en 1971.

Produit par Jean-Pierre Rawson.

Durée:32:45.

Label:Vogue.

Genre:rock psychédélique,rock en France.

 

De l’Hendrix infusé dans du Sabbath.

 

S’il en est un qui est craint comme la peste sur la scène lyonnaise, c’est l’ami Mahmoud Ayari, dit Chico, immigré tunisien, freak déjanté et outrancier, fou de Jimi Hendrix et fou tout court.

De Valence où il débute dans un orchestre de bal, à Lyon où il forme Chico And The Slow Death(1969), après un intermède avec les très estimés locaux de Soulfinger’s, des chapiteaux de ses débuts au West Side Club ou au Palais d’Hiver lyonnais, du Golf Drouot au Midem, en passant par la tournée CBS Tour De France Pop Music, partout où Chico passe, les organisateurs tendent le dos.

Sur l’échelle de Richter de la connerie, des excentricités provocatrices et des facéties qui virent au cauchemar, quand ce n’est pas à l’incident (bagarre générale au Gibus) ou l’incendie (il se coiffe souvent d’un casque bourré de mèches qu’il allume sur scène ou se baigne dans une bassine), Chico, Showman No Limits, ingérable sur et hors scène, pousse le bouchon tellement loin, qu’il devient un boulet dans le milieu et pour ses pairs comme Arthur Brown, dont il fait une première partie en 1969, pas du tout du goût de la star britannique, pourtant pas la dernière à travailler du chapeau.

Le Chico, là où il passe, plus rien ne repousse. Et ce n’est pas le passage sous la bannière Chico Magnetic Band qui change quoi que ce soit aux frasques et aux démesures du déluré. La popularité ne fait qu’accroître la schizophrénie et creuser le fossé avec ses congénères. Ce changement d’identité se fait alors que Chico signe chez CBS qui a vent des reprises d’Hendrix qu’El Fenomeno pratique avec explosivité et de ses prestations scéniques volcaniques.

C’est cependant chez Vogue via un sous label, que se fait le premier témoignage vinylique du zozo. Autour de lui, rien qui ne puisse réfréner les poussées braques du cinoque : les Garel, Mazet et Monneri n’ont pas vocation de garde du corps ; ses complices du moment préfèrent plutôt s’atteler à la réalisation de l’album éponyme de début juin 1971. De toutes façons, toute tentative de récupération de l’azimuté en question est vaine.

Chico, malgré tout attachant et qui ne laisse pas indifférent, est la figure emblématique régionale d’un art dont il voue un véritable culte à une de ses plus éminentes légendes : Hendrix. Sous la houlette de Jean-Pierre Rawson, manager, le LP, prévu pour être intitulé Slow Death In Mind, est enregistré dans les studios parisiens Wagram et ceux d’Europa Sonor (où Aphrodite’s Child a réalisé son extraordinaire 666).

Si l’album ne gonfle pas le tiroir-caisse du CMB, étant un bide commercial, sur le plan artistique, on lui fait les yeux doux. On, ce sont les européens en général, les anglais, plus particulièrement, et même les ricains, pourtant bien nantis dans le genre rock lourd et psychédélique.

Aussi lourd pour l’âme que pour les étagères à mégots, ce disque (court) sous psychotropes, emprunte à l’icône de Seattle, un Cross Town Traffic, pour le restituer dans une mouture parfois hésitante.

Les autres sources alimentant ce puits de turbulence sauvage, d’excentricités sonores expérimentales et de délirium hendrixien infusé aux graines de Sabbath, sont autant de trips sous acide : d’Explosion à Pop Orbite, huit titres à la réputation de killers, nous renvoient à une section rythmique familière, celle de l’Experience et révèlent des guitares aussi impétueuses que les effets sonores sont flippants.

Côté vocal, l’anglais de notre zinzin d’origine maghrébine tient plus du borborygme que du chant et il doit bien y avoir une cause chimique à cette cacophonie linguistique. Gaffe, c’est grave Docteur ! Avec un coup de bol, mes connaissances de la langue de feue Lady Di, m’autorisent, dans cet échevellement difficilement compréhensible, à saisir un mot ou deux figurant dans l’Harraps. Mais, bon… La technique de l’ingénieur du son fait le reste. Dans le rock progressif et psychédélique gaulois de l’époque, il figure parmi ce que l'on peut trouver de mieux (RAZOR©).

 

1. Explosion.

2. Pop Pull Hair.

3. Lot of Things.

4. We all Come and Go.

5. To Where I Belong.

6. My Sorrow.

7. Cross Town Traffic.

8. Pop Orbite.

 

Chico:chant.

Bernard Monerri:guitare.

Alain Mazet:basse.

Patrick Garel:batterie.

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