Dashiell Hedayat.

BIOGRAPHIE.

 

DASHIELL HEDAYAT/France

 

Dashiell hedayat 4

 

Né Daniel Théron le 5 juin 1947 à Toulon, mort le 17 juillet 2013 à Paris.

Connu également sous Jack-Alain Léger,Melmoth,Paul Smaïl,Eve Saint-Roch.

Label:Shandar,Wagram.

Genre:rock psychédélique,rock progressif,rock en France.

 

Une des plus belles gauloiseries du rock.

Ecrivain, musicien, chanteur, parolier, traducteur (Tarentula de Dylan notamment), Daniel Théron a coiffé diverses casquettes jusqu'à sa mort par défenestration, le 17 juillet 2013. L'issue fatale était envisageable au regard d'un état de maniaco-dépressif permanent et pesant traîné depuis sa tendre enfance et dont l'écriture, surtout, était le moyen d'y parer. Question de vie et de mort, avançait-il même pour justifier la gravité de la maladie et la domination qu'elle continuait d'exercer sur lui.

Dans le contexte de son implication dans l'écriture, la musique était pour ce proche de Gong un intermède récréatif, favorisé par la frontière ténue entre les artistes rock, jazz, les écrivains et les comédiens de théâtre du moment, par la vie communautaire du sud de la France et la défonce qui l'accompagne alors ; son écart l'a conduit, via les 4 plages psychédéliques du mystérieux et halluciné Obsolète, au Grand Prix de l'Académie Charles-Cros et porté le présent disque (il en a fait 2) au rang des très grandes oeuvres gauloises de rock.

Dashiell hedayat 1

Dashiell hedayat theronD'Hedayat  à Théron.

Rockorico !

Son énergique et déjanté Chrysler Rose est depuis inscrit au fronton de tous les lieux chébran où le pétard, les hallucinogènes et autres psychotropes tournent encore inlassablement. Dashiell Hedayat est une icône incontournable de cette époque avant-gardiste et, sans verser dans le prosélytisme, mérite bien que l'on remette sur l'autel du rockorico cet artiste encanaillé hors normes et ce LP culte, essentiel, dont l'existence s'est passée à circuler sous le manteau. La France n'a pas beaucoup de faits d'armes de ce genre à exhiber haut et fort. Pour une fois qu'on en tient un, on ne va pas le lâcher. Magnéto Serge !

L'artiste aux multiples visages.

Parisien, l'hétéronymique Daniel Théron a occupé sa carrière d'écrivain et de critique littéraire à passer d'un pseudo à un autre. Selon le bouquin auquel il donnait le jour, il pouvait aussi bien s'improviser Paul Smaïl ou Eve Saint-Roch ; pour Paris-Match, il avançait masqué sous Jean Bruèges ; pour Rock & Folk, il critiquait sous Jack-Alain Léger.

On l'a connu Melmoth aussi, par lequel il opère son premier changement d'identité lorsqu'il signe, dans les 60's, le premier des deux disques qui lui sont crédités et, parallèlement, qu'il ouvre son compteur livres. Cet homme libre, flamboyant mais terriblement instable, ne supporte pas de porter le nom de son géniteur, que voulez-vous, alors pour lui prouver qu'il l'emmerde au plus haut point...

Melmoth accompagne son entrée dans la musique, sa première vocation. Le Charles-Cros lui est une première fois destiné grâce à La Devanture Des Ivresses, paru en 1969, disque unique oscillant entre blues et free jazz. La consécration ne lui permet plus d'évoluer dans une tranquillité à laquelle il est très fortement attaché et qu'il recherche en permanence.

Obsolète mais pas old fashioned.

Le sobriquet de Dashiell Hedayat, choisi en hommage à l'écrivain ricain, Dashiell Hammett, et à son pendant persan, Sadeq Hedayat, vient alors effacer celui de Melmoth. Nous sommes en 1971, quand la pochette rose gaufrée d'Obsolète tombe dans les bacs de l'hexagone. C'est un choc. L'acétate en question émane d'un label avant-gardiste français logé dans les sous-sols de la rue Mazarine à Paris ; Shandar, c'est son nom, est financé par le couple mécène d'art moderne, Aimé et Marguerite Maeght.

Dashiell hedayat perez

« Chrysler est un titre sorti sur l'EP Les Vacances Continuent. Dashiell Hedayat m'a beaucoup influencé. Le fait qu'il ne soit pas trop connu m'a donné davantage envie de lui rendre hommage. C’est quelqu’un qui a très mal vécu de pas avoir été reconnu, il a écrit pas mal de bouquins mais il a fini de manière assez tragique, il s’est suicidé il y a peu. Ce qui m’intéresse chez lui, c’est que c’était quelqu’un pour qui la musique était un moyen d’expression parmi d’autres. Il a toujours été à la frontière de la poésie, de la littérature et de la musique. » (Perez) 

A propos de cette galette, tout a été dit et écrit. Les critiques sont dithyrambiques et unanimes : Obsolète, qu'il faut écouter aussi fort que possible et stoned de préférence comme le conseillent les notes de sa pochette, a du Gong dans la soute ; même si son auteur se défend d'avoir cherché à faire du Gong.

Du Gong sous le capot.

Dashiell Hedayat a toujours tempéré l'implication et l'importance de ces musiciens alors en vogues, se contentant de répéter inlassablement avoir sollicité ses membres pour l'accompagner uniquement. C'est encore une source de discorde aujourd'hui au sein des fans.

Mais le son ne trompe personne, l'ombre du groupe de Daevid Allen plane au dessus d'Obsolète, dans les plans de Hedayat depuis 1969, mais enregistré seulement en août 1971.

Enregistré au château d'Hérouville, au moment même où Gong enregistre son légendaire Camembert Electrique, Obsolète n'a pas le succès escompté à sa sortie, malgré l'originalité de sa pochette, la virtuosité et la solidité de sa musique, et ses indéniables facettes rock 'n' roll et psychédélique, tranchant avec le précédent disque sous Melmoth, plus rock-prog.

La rutilante Chrysler et son riff dévastateur ouvre le vinyle. Meilleur morceau d'Obsolète, il précède l'expérimental Fille de l'Ombre, le réussi Long Song For Zelda et Cielo Drive/17, longue plage très Gong d'une vingtaine de minutes occupant la face B. 4 pistes contribuent à faire de cet opus une œuvre prodigieuse et indispensable, de Dashiell Hedayat un pseudonyme culte du rock gaulois des 70's et du multiple et complexe Daniel Théron un personnage à lui tout seul (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 2 - 1971

 

Dashiell hedayat obsolete

 

DASHIELL HEDAYAT

OBSOLETE – 1971  5/5

 

Publié en 1971.

Produit par Bernard Lenoir.

Durée:39:36.

Label:Shandar.

Genre:rock psychédélique,rock progressif,rock en France.

 

Hors normes.

 

Rendez nous nos années soixante-dix que l’on puisse à nouveau s’enflammer et redécoller… 40 ans après sa publication, s’il est un album qui surprend encore les auditeurs et qu’après écoute, ils ne cessent d’encenser, c’est bien cet Obsolète de Hedayat.

Je l’ai découvert, au moment de sa sortie, en 1971 et je peux vous dire que, dans le genre, parmi les artistes français, personne n’a jamais fait mieux. Scotché, le gars ! Comme j’ai égaré ce vinyle en carton gaufré rose, sa réédition sur support CD est une aubaine que vous ne pouvez même pas imaginer.

En attendant, ruez-vous sur Deezer, écoutez-moi cette pépite underground incroyable et dingue. Derrière le nom de Dashiell Hedayat (en hommage aux écrivains, l’américain Dashiell Hammett et l’iranien Sadegh Hedayat), se cache le pluridisciplinaire Daniel Théron, alias Jack-Alain Léger, romancier, chanteur, critique de disques pour Rock & Folk, traducteur (des livres de Dylan et Cohen notamment).

Déjà auteur d’un album, La devanture Des Ivresses (1969), paru sous Melmoth (Grand Prix Charles Cros), il enregistre ce deuxième disque (au Château d’Hérouville), devenu légendaire depuis, avec Gong, groupe phare du moment, emmené par David Allen.

Sa substance se compose de quatre pistes seulement, mais quelles pistes ! Tout l’attirail pour voyager, planer, délirer, s’évader, s’enivrer (appelez cela comme vous voulez), est ici présent.

Chrysler, la première opportunité d’en découdre avec cet univers spatial au spectre psychédélique et d’affoler l’altimètre, place l’auditeur devant une évidence à laquelle il n’échappera pas : ce disque est énorme. Interdit de quitter son siège, de se pencher par la fenêtre, on ne tente rien, on sort les bâtonnets d’encens et le matos qui va avec, on subit les guitares acérées, la basse ronflante, la batterie folle, les paroles surréalistes, hallucinées, hypnotisantes et qui n’en finissent pas de revenir. Chrysler (sa garçonnière en quelque sorte) est de la race des meilleurs titres jamais enregistrés dans le rock version langue de Molière.

Desserrez alors votre col de chemise et foutez vous à l’aise… car la suite n’est pas piquée des vers. Suit l’expérimentale La Fille De L’Ombre, aux sonorités aquatiques et aux sonorités plaintives, un peu en dedans, cependant, mais court.

Le passage dans les bras de Zelda la rouquine (Long Song For Zelda), est l’autre temps fort de l’album : l’humeur change. Une belle guitare acoustique pour introduire, une basse lourde en soutien, une batterie contenue, le tout relayé par un chant splendide, aménagent l’ambiance merveilleuse à venir. Les instruments de navigation deviennent alors complètement stoned, incontrôlables.

Hedayat remet les gaz dans un titre étiré, caractéristique du Gong des années 70 : l’expérimental Cielo Drive/17 (plus de 21 minutes). Tout s’emballe, tout explose. Et ça se met à pleurer, à gémir, à obséder, à s’accélérer, à s’emballer, à niquer les neurones. Out Of Control ! Ohé, les gars, c’est quoi le produit que vous avez gobé pendant les séances d’enregistrement ? Faites circuler ! Cet album est mythique, je vous dis. Mais aussi, bourré d’énergie, sidérant, survolté, indispensable, hors normes, culte, avant-gardiste, délirant, unique, sans équivalent...(RAZOR©).

 

1. Chrysler.

2. La fille de l’ombre.

3. Long Song For Zelda.

4. Cielo drive/17.

 

Dashiell Hedayat:chant,guitare,claviers.

Daevid Allen:guitare.

Didier Malherbe:saxophone,flûte.

Christian Tritsch:basse,guitare acoustique.

Pip Pyle:batterie.

Gilli Smythe:guitare.

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