Ergo Sum.

BIOGRAPHIE.

 

ERGO SUM/Aix-en-Provence (France)

 

Ergo sum 4

 

Actif entre 1969 et 1973.

Label:Thélème.

Genre:rock progressif,rock en France.

 

Ergo Sum, le rock sudiste français.

Dans les années 60/70, le Golf Drouot est le juge de paix du rock version hexagonale. Notre filière est encore balbutiante mais s'étoffe qualitativement et quantitativement dans le sillage des pionniers que sont Variations, Triangle, Magma ou Martin Circus.

Gagner le tremplin de la semaine, sorte de radio-crochet d'une trentaine de minutes, est alors l'objectif convoité par de nombreux groupes et artistes du moment. Le vainqueur se voit offrir l'opportunité de revenir la semaine suivante et de décrocher une séance d'enregistrement en studio ; pas négligeable, d'autant que les occasions de briller en France sont alors rares et que les postulants se bousculent au portillon.

Ergo sum portraitVainqueur du Tremplin du Golf Drouot.

Ergo sum 1Ergo Sum ou le rock sudiste.

Ergo sum laurent thibaultLaurent Thibault, par lequel tout s'est enclenché.

Ergo sum mexicoLe brillant Mexico (1971).

Ergo Sum décroche ce sésame en mars 1971. Du coup, la presse s'intéresse à gagnant venu du sud de la France et lui consacre quelques feuilles. Sacha Reins, notamment, un des seuls journalistes de l'époque à avoir un regard sur ce qui se passe chez nous, met en relation les aixois avec Laurent Thibault.

Ce dernier est le co-fondateur et premier bassiste de Magma, passé par chez Barclay (directeur artistique); il est alors sur le point de fonder un nouveau label, Thélème, dédié à la promotion du rock progressif français (1971).

Mexico, Mexiiiico !

Ergo Sum en sera et publiera un seul LP, Mexico (1971), dont le rock de chez nous se gargarise depuis. Il fait taire les clichés selon lesquels, dixit un Lennon alors en fin de cycle, notre école serait aussi bonne que l'est le vin anglais.

Ergo Sum n'a pas fait une longue carrière, c'est vrai, mais sa contribution à l'édifice prog international est aujourd'hui louée de tous les spécialistes ; son unique héritage discographique en vaut largement d'autres. Il est souvent cité dans les bons papiers des critiques.

L'histoire d'Ergo Sum débute peu après le milieu des 60's, par la voie de Lionel Ledissez et Jean Guérin, lesquels évoluent d'abord sous la bannière des Cochran's, formation très rock 'n' roll, avant de migrer vers le jazz-blues, puis le blues-rock avec Lemon Pie, en 1968.

Dès l'automne 1969, cette mouture provinciale tente sa chance à Paris, signe une démo de trois titres, après quoi elle change de nom et opte pour Ergo Sum.

Une nouvelle incarnation.

Le Label AZ les signe au début de l'année 70 ; Ergo Sum publie dans la foulée un premier single, Give You My Name/Everyday (fin avril 70), lequel ne déchaîne pas les passions, la faute à une promotion bâclée.

Le groupe se remet alors en question, prend les décisions qui s'imposent en écartant l'impresario, travaille sur de nouvelles chansons et pourvoie au recrutement de B.B Brutus, batteur du groupe rival marseillais Barricade ; celui-ci remplace Alain Richard, membre de la première heure et qui passe la main en août 1970.

La nouvelle incarnation prend ses quartiers à quelques encablures d'Aix-en- Provence et se met au boulot, répétant jour et nuit, le lot d'une vingtaine de titres qu'elle a désormais dans la besace.

Jugeant la matière à la hauteur de ses nouvelles ambitions, le groupe décide aussi de se mettre techniquement au niveau et prend la direction de l'Angleterre où il fait l'acquisition de nouveaux instruments et amplis.

C'est dans ce cadre apaisant de Gréasque, face à la Montagne Sainte-Victoire, que l'Ergo Sum de la deuxième génération se construit : Max Touat tient la basse, B.B Brutus la batterie tandis que Jean Guérin occupe les claviers, Roland Meynet est à la guitare acoustique et au violon et Lionel Ledissez au chant.

Ergo sum 2B.B. Brutus (chapeau), alias Bernard Blanc.

" Un concert d’Ergo Sum, c’était comme un voyage, une histoire que l’on racontait car les chansons véhiculaient une histoire, un climat, une atmosphère, et on était heureux de la partager avec le public." (B.B. Brutus)

A la guitare, Michel Leonardi. C'est ce line-up qui enlèvera le tremplin parisien, qui sera dans les bonnes graces de Sacha Reins et de Thélème et qui est crédité sur Mexico (novembre 1971).

Dans le temple d'Hérouville.

Mexico, parlons-en. Les sessions d'enregistrement débutent en août 1971 au Chateau d'Hérouville, sous l'oeil attentif de Laurent Thibault et sous la conduite de l'ingénieur du son-maison, Dominique Blanc-Francart. Inachevées, elles reprennent un mois plus tard. A la reprise, Leonardi n'est plus là, ayant fait le choix des études de droit plutôt que de la musique.

L'album reçoit un accueil favorable de la part de la presse spécialisée et un écho consentant auprès des fans surtout, malgré des ventes faiblardes (3000 pièces). Comme la radio et la presse ne se bousculent pas pour relayer le disque, celui-ci reste lettre morte en dépit de la musique puissante, ardente, alambiquée et inventive. Au lieu de cela, son avenir s'assombrit subitement ; Ergo Sum se délite progressivement, le line-up bouge au point, entre 1972 et 1973, de déposer le bilan. Le rock français perd alors un de ses meilleurs représentants (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio unique - 1971

 

Ergo sum mexico

 

ERGO SUM

MEXICO – 1971  4/5

 

Publié en septembre 1971.

Produit par Laurent Thibault.

Durée:39:41.

Label:Thélème.

Genre:rock progressif,rock en France.

 

Une vraie et belle surprise.

 

Qui a dit que la musique française des années 70 n’était pas créative ? Ergo Sum, groupe de rock progressif assez insolite, en est l’un de ses fleurons les plus représentatifs. Son parcours le situe d’abord sous les cieux d’Aix la provençale, où le Lemon Pie local (initialement The Cochran’s) cherche à s’ouvrir vers une autre musique, à changer de répertoire et mettre entre parenthèses, un blues-rock qui les fatigue, d’une part, mais qui, surtout, ne paye pas.

La montée sur Paris, fin 1969, se solde par un échec. En 1970, à l’occasion du festival de Biot, dans les Alpes-Maritimes, les aixois qui ont opté au passage pour Ergo Sum (Je pense, donc je suis) comme nouvelle identité, évoquent leur projet à B.B Brutus, de la formation voisine marseillaise, Barricade, lequel, séduit, passe les tests d’usage et remplace Alain Richard à la batterie.

Avec la montagne Sainte-Victoire pour décor, l’ambitieux et déterminé Ergo Sum met les bouchées doubles, étoffe sa formation avec le recrutement de Roland Meynet, violoniste talentueux et repart à la conquête de la capitale où le Golf Drouot lui tend les bras.

Ergo Sum enlève le Tremplin de mars 1971, détourne les regards sur lui et notamment celui de Sacha Reins, de Best, qui lui présente le directeur artistique de Barclay, le parisien Laurent Thibault, à l’origine de la fantastique aventure musicale de Magma et créateur d’une écurie destinée à promouvoir nos artistes hexagonaux : Thélème.

Thibault les signe, les couve et les conduit jusqu’à Mexico (en écoute intégrale ici). Enfin… jusqu’à l’album Mexico, dont l’enregistrement débute en août 1971, au château d’Hérouville, alors occupé par MC5.

Les anciens Lionel Ledissez (chant, percussions) et Jean Guérin (flûte, claviers), Michel Léonardi (guitares), Max Touat (basse), Roland Meynet (violon et guitare acoustique) et B.B Brutus (batteur) répondent à l’appel de ce premier LP pour lequel un certain Dominique Blanc-Francard, énorme ingénieur du son, père de Sinclair, frère de Patrice, chroniqueur musical et présentateur de Pop 2, tient la console.

Mexico est l’unique disque de ce groupe de la première vague progressive qui a inondé la France ; les critiques, fidèles à leurs habitudes à l’égard de cette scène francophone, les boudent. Les intérêts musicaux du moment sont américains, plus rentables en termes d’espèces sonnantes et trébuchantes.

Mélange unique et distinctif de Jazz, de rock et d’influences variées, Mexico a gagné ses galons d’excellente œuvre avec le temps, au fil des exhumations et des adaptations à la modernité des catalogues des maisons de disques.

Aujourd’hui, les spécialistes s’accordent à reconnaître l’unicité, l’originalité, l’énergie, la richesse de cette musique au goût prononcé pour l’Amérique latine et le Mexique, terrain d’inspiration pour un Ledissez qui y a vécu.

Paru en septembre 1971, Mexico est novateur et place la barre très haut. Son délicat, musicalité irréprochable, musique inventive et fnourrie, d’un grand raffinement instrumental (flûte, violon, claviers), d’une grande et belle énergie, porté par une voix à la raucité façon Roger Chapman (Ledissez), en anglais s’il vous plaît (et un Mexico en espagnol, cela va de soi), compositions solides…

Mexico est une vraie et belle surprise française, dont nous avons été privés, de son temps, pour des problèmes de désintérêt général et de carences promotionnelles, mais que Musea a eu le nez creux de faire sortir de son chapeau.

I Know Your Mother, Albion Impressions, Night Road et Faces ont ma préférence ici, mais toutes les pistes sont révélatrices du talent des aixois. Partant de là, comment envisager, pour Mexico, un autre destin que celui de figurer dans votre cédéthèque (RAZOR©).

 

1. Mexico.

2. I Know Your Mother.

3. Albion Impressions.

4. Lydie.

5. Night Road.

6. Unparalleled Embrace.

7. John's Nightmare.

8. Faces.

9. Second Rebirth.

10. All's So Comic.

11. Tijuana.

12. It's Me.

13. Mexico.

 

Lionel Ledissez:chant,percussionscloches.

Jean Guérin:flûte,claviers,piano,orgue.

Michel Leonardi:guitare électrique et acoustique,chant.

Roland Meynet:violon,guitare acoustique.

Max Touat:basse,guitare acoustique.

B.B. Brutus:batterie,congas,maracas,percussions.

Laurent Thibault (El Tibo):guitare rythmique acoustique.

Dominique Blanc-Francart:synthétiseur moog.

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