Les Charlots.

BIOGRAPHIE.

 

 

LES CHARLOTS/Paris (France)

 

Charlots intro

 

Actifs entre 1965 et 1997, de 2007 à 2011,depuis 2014.

Labels:Vogue,Barclay,EGT Mastersun.

Genre:rock,pop-rock,rock en France,variété française.

Site officiel:lescharlots.forumactif.com

 

Loin d'être un groupe de comiques.

Qui peut imaginer, pour peu qu'il soit venu au monde après 1980, que les énergumènes cinématographiques complètement perchés enchaînant les gags les plus loufoques dans des navets innommables sous le nom des Bidasses, des Fous du Stade ou, le plus souvent, des Charlots, ont été, dans les 60's et 70's, un groupe de rock particulièrement apprécié de la jeunesse française ?

On n'accompagne pas des artistes de premier plan comme Françoise Hardy, déjà idole de la chanson française avant de devenir star internationale, comme le faiseur de tubes Claude François ou comme le taulier des yéyés Johnny Hallyday, voire comme celui auquel ce dernier reproche de le ringardiser, Antoine, si on n'a pas le potentiel pour.

Derrière leurs prestations d'acteurs décalés que les sempiternelles rediffusions du dimanche soir ou des jours de vacances ridiculisent toujours un peu plus, se cachent des musiciens que l'on a du mal à prendre au sérieux, mais de vrais talents. Qu'ils soient Rebelles, Tarés, Problèmes ou Charlots.

Charlots les problemesLes Problèmes...

Charlots problemes antoine...groupe de soutien d'Antoine...

Charlots fech...avant d'être les Charlots...

Charlots sois erotique...qui manient l'humour et la parodie...Charlots interdits...comme c'est le cas dans dans les Interdits.

Charlots rinaldi sarrus vieux complicesJean Sarrus et Gérard Rinaldi ©Bestimages

Charlots trio 2020Aujourd'hui trio.

Champions du box-office.

Leur répertoire de grivois franchouillards, basculant dans le franchement paillard autant qu'il en a fait des champions du box-office hexagonal (l'Apérobic, Sois Érotique, Paulette la Reine des Paupiettes, Merci Patron, Tu Sens la Menthe, le Chou Farci, Chagrin d'Labour, Elle a gagné le Yoyo en bois du Japon...), ainsi que leurs bouffonneries scéniques ou télévisées, inspirées des clowneries des italiens I Brutos (groupe d'Aldo Maccione), occultent cette expertise musicale. L'appétence initiale pour le rock va progressivement s'effacer au profit d'une filière humoristique et parodique.

Si ce tableau ne plaide pas en leur faveur, certains, dans le milieu, leur concèdent sans aucune discussion ces aptitudes.

Ainsi, le magazine Rolling Stone les tient plus pour les meilleurs musiciens français de studio du moment qu'il ne les considère comme de banals accompagnateurs de vedettes. rôle auquel ils sont souvent confinés.

Les Rolling Stones, les vrais, confient l'ouverture de leurs concerts de la première tournée gauloise (1966) aux Problèmes, la mouture qui sert de marchepied aux futurs Charlots. Téléphone, 16 ans plus tard, est l'autre formation française à pouvoir revendiquer tel privilège.

Musiciens expérimentés, émissaires des jeunes soixante-huitards, subversifs, anti-autoritaires et anti-gaullistes, les Charlots (identité choisie en hommage à Charlie Chaplin) sont un vrai groupe de son époque, celle du baby-boom, des 30 Glorieuses, bien loin des pitreries infantiles et complices dévoilées sur les écrans.

Rebelles, Tarés, Problèmes, Charlots...

L'histoire des Charlots prend racine à la fin de l'année 1963, quand Jean Sarrus, 19 ans, croise la route de Gérard Rinaldi, de deux ans son aîné.

Le premier nommé accueille dans le groupe qu'il a fondé avec Rachid Mouari, le second.

Le rock and roll bat alors son plein et les Rebelles tournent de petits bars de la périphérie parisienne en spectacles de province.

Rachid rejoint la tournée de France Gall et les restes des Rebelles subissent de profonds mouvements de personnels, avant de se stabiliser sous une mouture définitive quand Donald Rieubon, futur batteur de Gong, intègre cette énième configuration, dont Dick Rivers fait ses musiciens d'accompagnement.

Managée par Christian Fechner, directeur artistique chez Vogue, celle-ci perd Gérard Rinaldi, appelé sous les drapeaux et se renomme les Tarés, qui fait les premières parties d'Hughes Aufray et de Mademoiselle Hardy et soutiennent Ronnie Bird (1964).

Fin 1964, Luis Rego, un portugais qui a fui son pays pour échapper à la conscription au Portugal, vient grossir l'effectif du groupe comme guitariste rythmique.

Celui-ci se renomme les Problèmes dès 1965.

Gérard Rinaldi (chant et saxo), Jean Sarrus (basse), le guitariste solo Phil (Gérard Filippelli), un ancien des Trèfles, Luis Rego (guitare rythmique) et Donald Rieubon (batterie) en constituent le line-up le plus populaire.

Jacques Dautriche (basse) en est également membre pendant un an, le temps que Luis Rego règle ses problèmes avec l'état portugais.

Quand Rieubon est appelé pour effectuer son service militaire, William Olivier, puis le frère de Christian Fechner, Jean-Guy, prennent place derrière les fûts et cymbales (1966).

Les Problèmes publient un album (Antoine rencontre les Problèmes/66), 3 EP (Je ne vois rien/1965, Les Problèmes/66 et Antoine et les Problèmes/66) et quelques singles dignes d'intérêt dont le surprenant Dodécaphonie (1966).

Les débuts d'Antoine sont fulgurants ; peu de temps après avoir signé chez Vogue, il rencontre le succès. Ses Élucubrations, si elles scandalisent la France pudibonde, n'en caracolent pas moins en tête des hit-parades (1966).

Les Problèmes sont le backing band de ce chevelu aux chemises fleuries qui veut mettre Johnny en cage à Médrano.

Les Problèmes prennent leur indépendance en 1966 et changent de nom en Charlots. Ils rebondissent autour d'un répertoire qui fait essentiellement dans la déconne et vont même jusqu'à moquer les chansons de leur ancien partenaire.

Ainsi « Je dis ce que je pense, je fais ce que je veux » d'Antoine est transformé en « Je dis n'importe quoi, je fais tout ce qu'on me dit ». Devenue bourrée portée par l'accordéon de Phil, elle est chantée avec un accent péquenaud par Rinaldi. Les Charlots n'épargnent personne et égratignent gentiment tout le monde.

A côté de l'humour un peu lourd et ironiste de certains de leurs titres, les Charlots puisent également leur inspiration dans le catalogue (240 chansons) des chansons d'avant-guerre (Le trou de mon Quai), de la culture populaire (J'irai revoir ma Normandie, La Trompette en bois, Cache ton piano), de Boris Vian (On n'est pas là pour se faire engueuler) et de tubes du moment qu'ils tournent en dérision ou malmènent carrément (Hey Max, les Plaies-Boies, Le Pauvre Mec, Sois Érotique, La bouche Camembert, Chagrin d'Labour).

Un vrai groupe de rock.

Bien que cantonnés dans un registre qui les voit occuper les premières places des classements français, les Charlots signent de leur plume quelques originaux de la meilleure trempe : Dodécaphonie, On s'en fout, Ballade à Luis Rego, prisonnier politique (écrite pendant l'incarcération pour désertion de Luis), Pop Jerk, Contre-élucubrations problématiques, Ce monde existe, Pas d'adieu...

Ces titres alimentant l'album de mai 1966, Antoine Rencontre les Problèmes (Vogue), répandent les Charlots comme pouvant être un vrai groupe de rock français et l'éloignent du statut de formation légère, vindicative et saugrenue (Ah Viens, Staphylocoque Blues, la P'tite Branlette, Neurochimie mon Amour) qui lui colle à la peau.

Charlots sarrus

« Pour l’époque, les paroles d’Antoine dans ses Élucubrations étaient très provocatrices et controversées. Il disait notamment que la pilule contraceptive devait être mise en vente dans les Monoprix et qu’il fallait enfermer Johnny Hallyday dans une cage au cirque Médrano. Les fans du taulier venaient pour nous frapper et pour nous tondre à la fin du concert. Des fois même, pendant les concerts. On essayait de sortir en convoi et de ne pas trop se faire remarquer, mais la soirée se terminait souvent au poste de police, dans un panier à salade ou encore à l’hôpital. Finalement ce sont ces mêmes fans et ces mêmes personnes qui viendront nous voir à nos concerts, quand on sera en tête d’affiche et qui nous trouveront sympathiques. » (Jean Sarrus)

Vedettes du grand écran.

Jusqu'à la fin de la décennie, les Charlots triomphent partout où ils passent (Olympia, TV, cinéma). Le grand écran les happe ; on les retrouve une première fois au générique de La Grande Java (1970/3 385 000 spectateurs) dont ils signent la musique du film.

Claude Zidi, réalisateur, les met ensuite en scène dans quatre films qui sont autant de succès au box-office : Les Bidasses en folie (1971/7 millions d'entrées), les Fous du Stade (1972/plus de 5 millions 700 000 entrées), le Grand Bazar (1973/près de 4 millions d'entrées), les Bidasses s'en vont en guerre (1974/plus de 4 millions de spectateurs). Le succès est tel que les Charlots mettent leur carrière musicale entre parenthèses.

Si Luis Rego est encore parmi ses partenaires au cinéma, il n'est plus de l'effectif du groupe. La route, les studios, c'est fini pour lui désormais (1971), le grand écran (les Bronzés, Les Hommes préfèrent les Grosses, La Vengeance du Serpent à Plumes) et le théâtre auront sa priorité.

La filmographie des Charlots (en quatuor) s'enrichit, si l'on peut dire, de 9 titres supplémentaires jusqu'en 1992 (Le Retour des Charlots), date à laquelle Jean Sarrus réussit à faire revenir Luis Rego, sans parvenir à convaincre Gérard Rinaldi de prendre part au projet. Richard Bonnot fait le quatrième.

Les Charlots perdent progressivement de leur intérêt et rentrent dans le rang. Ils perdent surtout Gérard qui, en 1985, prend une autre voie (le théâtre). Les Charlots sans Gérard, ça n'a pas tout à fait la même gueule...

Salut les Gégé...

Si Richard Bonnot est maintenu au chant, le groupe ne retrouve plus son lustre d'antan et disparaît jusqu'à ce que Gérard et Jean ne les réactivent pour une tournée Age Tendre et Tête de Bois (2009/2011).

Le premier nommé nous quitte le 2 mars 2012 des suites d'un cancer, ce qui coupe court définitivement à l'idée d'une quelconque reformation.

La disparation, en mars de cette année 2021, de Phil (Gérard Filippelli), referme définitivement le dossier et clôt l'histoire des Charlots, loin d'être un groupe de comiques (RAZOR©2021).

DISCOGRAPHIE COLLECTION.

LP Collection - 2000

 

Charlots interdits

 

LES CHARLOTS

INTERDITS – 2000 –  5/5

 

Publié le 26 mai 2000.

Durée:46:10.

Label:Anthology's.

Genre:pop,variété française,chansons paillardes et parodiques.

 

Ooooouuuuuiiiiii !!!!!!!!!

 

Les Charlots sont éternels, qu'on se le dise ! Les français ont toujours aimé, aiment et aimeront toujours la paillardise, la gaudriole, le p'tit coup derrière la cravate, les choses du sexe. N'en déplaise aux minorités qui cherchent à refermer le couvercle sur ce beauf jouisseur, festoyeur et porté sur la chose...

Moi j'aime les Charlots et les français comme moi sont légion. C'est dans nos gènes.

J'aime leurs Interdits, étouffés jusque là et autorisés depuis le troisième millénaire (2000), par lesquels ils chantent un répertoire à faire rougir une rosière ou s'offusquer les féministes vertes tueuses, à vous faire coller un procès au cul, dans l'heure, par la gauche du bien si vous en sifflez quelques notes.

Un répertoire bien de chez nous. C'est la poésie du trou du cul de la France, du Café du Commerce.

Impertinence, provocation, subtilité...les titres, variés et exécutés par des musiciens de grand talent se succèdent sans que l'on en perde une miette.

Les Interdits sont un délice mais à ne pas laisser entre toutes les oreilles. Surtout les plus chastes et surtout par les temps qui courent (RAZOR©2021).

 

1. Suce ma Pine.

2. Ah ! Viens !

3. Staphylocoque Blues.

4. La p'tite branlette.

5. Neurochimie mon Amour (coït à Tokyo).

6. Le grand vicaire.

7. L'Islam classé X.

8. Le gosse pèle.

9. La méthode à Mimile.

10. J'ai du fumer une merguez.

11. Histoire merveilleuse.

12. Sois érotique.

 

Les Charlots:chant,instruments.

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