Martin Circus.

BIOGRAPHIE.

 

MARTIN CIRCUS/France

 

Martin circus 2

 

Actif entre 1969 à 2001.

Label:Vogue,Barclay,Channel Records,Lamcoz Productions.

Genre:rock progressif,rock en France.

Site Internet:martincircus.com

 

Poporico !

Avant d'aller se fourvoyer dans la variétoche et le disco dès la deuxième partie des 70's, puis de s'y vautrer sans gloire dans les 80's, Martin Circus a été, avec Triangle et Variations, un des acteurs fondamentaux dans l'émergence de la belle scène pop-rock française de la fin des années 60.

Ce constat peut faire sourire ceux qui, en Martin Circus, voient encore et toujours un clone des Rubettes ou un groupe nunuche de fin de banquet mais, avant sa lente dérive, ce groupe, influencé par Soft Machine, Frank Zappa, et Traffic, affiche, autour de compositions originales, sophistiquées et de textes étranges inspirés par les poètes de la Beat Generation, de belles références dans le rock progressif.

Martin Circus voit le jour dans la France de l'après mai/juin 68. L'époque est à la rébellion estudiantine, ouvrière et populaire et de nature sociale politique et culturelle. Dans ce contexte anti-capitalisme et anti-impérialisme américain, les jeunes ont besoin d'autre chose pour s'exprimer. Sur ce terreau contestataire et libertaire va émerger la filière musicale française. Le pop-rock gaulois naît là. Poporico !

Martin circus 3La naissance du pop-rock gaulois.

Martin circus golf drouotVainqueur du tremplin du Golf Drouot.

Martin circus rock n roll circusEn direct du Rock 'n' Roll Circus.

Martin circus revolutionMartin fait sa révolution.

Martin circus je meclate au senegal martin circus0Le premier gros succès de Martin Circus.

Martin circus gerard blanc en studioGérard Blanc, chanteur charismatique du groupe.

Autour de Bob Brault.

Le bassiste Bob Brault, venu des Stew (orchestre de Gilles Pellegrini), l'a bien compris, qui réunit autour de lui et dès 1969, une poignée de bons soldats aguerris et qui, avec un mélange de jazz, de pop, de musique de foire ou de chambre, de fanfare même, ne redoutent pas de se frotter à la concurrence, fut-elle internationale.

Gérard Pisani, saxophoniste-flûtiste, a un passé de Blackbirds, groupe de Johnny Hallyday ; Paul-Jean Borowsky, chanteur et claviériste, est, comme Brault, un transfuge des Stew. Jean-François Leroi, batteur, et Patrick Dietsch, chanteur et guitariste sont de solides et talentueux musiciens.

Aussi farfelus que Zappa et ses Mothers.

Pour se démarquer, ils font le choix d'exprimer toutes les idées leur passant par la tête dans une veine humoristique, folle et délirante, celle-ci, tout comme la vidéo de leur plus grand succès Je M'éclate au Sénégal alimentant le côté petits rigolos et décalé du groupe. Ajoutez à cela l'adoption d'un nom pour moins moins farfelu, on comprend mieux le parallèle avec Zappa et ses Mothers Of Invention : Martin Circus.

Martin comme la mascotte accompagnant les membres partout. Ce petit bonhomme en bois tapotant sur un tambour, une fois son mécanisme remonté, trône sur un ampli pendant les spectacles. Circus pour qualifier les musiciens et l'esprit-maison. Circus aussi pour être programmé, tous les jeudis soirs, au night-club Rock 'n' Roll Circus, célèbre depuis pour avoir été l'endroit où Jim Morrison a succombé à une oderdose d'héroïne dans la nuit du 2 au 3 juillet 1971.

Martin ne craint personne.

Cette aventure musicale débouche rapidement sur un premier 45t, succès d'estime plus que véritable hit : Tout Tremblant de Fièvre/Le Matin des Magiciens (Vogue/1969). Martin Circus y fait montre de puissance mélodique, de qualité dans ses compositions et arrangements ; comme il l'a annoncé il ne craint personne, pas même les anglo-saxons, la référence du moment.

Pas même Lennon qui juge alors le rock français aussi bon que le vin anglais. Martin Circus en apporte le démenti et, déterminé comme pas deux, trace sa route comme il l'entend, fabrique son propre rock sans se soucier des commentaires dédaigneux et ça plait dans le microcosme parisien ambiant.

Mieux, il enfonce le clou et sort tout aussi vite un premier LP qu'il a l'audace de vouloir live. En Direct du Rock 'N' Roll Circus (1969) est un disque majeur du rock français, quoique parfois à la vision un peu prétentieuse et partant tous azimuts.

La prise de risques est concluante, les débuts sont convaincants malgré une production un peu limite, mais bon, c'est l'époque qui voulait ça. Cette entame réussie n'empêche toutefois pas Leroi, Borowsky et Dietsch, fin 1969, de quitter le navire pour divergences artistiques.

Avec Ticky aux manettes.

Bob Brault et Gérard Pisani maintiennent alors ce qu'il reste de Martin Circus sous respiration artificielle, le temps de recruter de nouveaux éléments. Le guitariste Alain Pewzner et René Guérin, batteur, transfuges d'Alan Jack Civilization, le chanteur et guitariste Gérard Blanc et Sylvain Pauchard, débarqués de Balthazar entrent alors pour former le deuxième line-up de Martin Circus. Ticky Holgado, ancien secrétaire particulier de Johnny, après avoir été celui de Claude François, des Chats Sauvages, devient manager. L'acteur de Delicatessen et de Gazon Maudit sera leur imprésario de 1972 à 1974.

Acte II, acte fort.

Une fois l'intégration faite, cette seconde mouture s'attelle à préparer l'album suivant, Acte II (1971). Après le live précédent, c'est à un double LP auquel nous confronte Martin Circus. Les jeunôts n'ont décidément pas froid aux yeux d'autant qu'ils signent une œuvre parmi les plus importantes du rock français des 70's. Sans contestation aucune, son apogée artistique, juste avant de sombrer dans la compromission mercantile.

Grand prix de la pop-music 1972 et récompensé d'un Triumph Group Musical Trophy (25 novembre 71), Acte II, résolument progressif, contient le titre Je M'éclate au Sénégal, vendu à 800.000 exemplaires, loin d'être pourtant la meilleure pièce du disque.

Martin circus pauchard

« J'ai du respect et de l'admiration pour chaque membre du groupe. Chacun m'a apporté quelque chose, après, l'accoutumance a fait le reste. Je suis et resterai un fidèle admirateur d'Alain Pewzner, pour son grand talent et pour toutes ses qualités, je reste sous le charme. Pour Gérard Blanc, j'ai beaucoup de respect et d'admiration pour sa façon de faire, son bon goût, et sa voix. Je le considère comme un ami. » (Sylvain Pauchard)

Je M'éclate au Sénégal.

Pire, il fait de l'ombre à un lot autrement supérieur de 17 titres, dont quelques pépites. Grâce à ce morceau, Martin Circus est toutefois propulsé en tête des formations françaises et gagne en popularité auprès du grand public. De quoi lui donner le droit de se montrer au cinéma dans Les Bidasses en Folie (Claude Zidi/1971) et d'ouvrir pour le milieu de la variété : Jacques Dutronc, Claude Nougaro, Claude François, Johnny Hallyday... Les premiers signes d'un embourgeoisement et d'un basculement dans l'argent facile poignent.

Juste après le 45t Les Indiens du Petit Matin, Gérard Pisani, ne l'entendant pas de cette oreille, quitte le groupe en 1972 pour rebondir sur Tartempion, laissant Bob Brault seul survivant du Martin Circus d'origine.

Martin fait la Révolution.

Blanc, Brault, Guérin, Pauchard et Pewzner se retrouvent en le 2 octobre 1973 à l'affiche de la comédie musicale Révolution Française Opéra Rock. La troupe, élargie à de nombreux artistes comme Bashung, les Charlots, Système Crapoutchik, Noelle Cordier, Jean Schultheis, Antoine, Claude-Michel Schöenberg, Jean-François Michael, Dany ou Daniel Balavoine, foule la scène du palais des Sports de Paris pendant deux mois. Martin Circus y interprète les Révolutionnaires du casting. L'événement fait l'objet d'un LP double (Vogue) qui fait disque d'or en 1973.

En trois ans, Martin Circus a bien dévié de la trajectoire initialement tracée. Au rock, il n'y est plus beaucoup. Il y revient, mais sans grosse conviction et par la petite porte, avec un répertoire de reprises de grands classiques des 60's (N°1 USA Hits des 60s -1975) que le groupe jouait à l'époque où il passait au Golf Drouot.

Marylène et puis plus rien.

Avec Marylène, emprunté aux Beach Boys (Barbara Ann) et adapté en français, il touche néanmoins le jackpot. Si le titre est un succès phénoménal, vendu à un million et demi d'exemplaires, un N° 1 en puissance, il éloigne définitivement le groupe du rock qui fit son identité et par lequel ils ont porté haut l'étendard de l'école pop-rock hexagonale.

Partant de là, tout ce qu'il réalise après n'a guère d'intérêt pour les fans de rock, hormis la triste disparition de Gérard Blanc en janvier 2009. Le groupe s'est depuis réuni sous l'égide des anciens Pewzner et Pauchard : pas pour l'argent, ils n'en ont pas besoin et leurs carrières sont déjà faites, comme ils disent.

Ils sont à nouveau ensemble pour faire des choses nouvelles, en gardant en tête l'état d'esprit qui animait le groupe autrefois, quand ils étaient les farfelus que la France du rock aimait tant. Il est dommage que le business nous les ait changés, car ça tenait vachement bien la route cette affaire (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 1 - 1972

 

Martin circus acte 2

 

MARTIN CIRCUS

ACTE II – 1972  4,5/5

 

Publié en 1972.

Produit par Gerard Hugé.

Durée:

Label:Vogue.

Genre:rock,rock psychédélique,rock progressif.

 

Oui à ce Martin Circus là !

 

Ce double album de 1972, Acte II, est ce que Martin Circus, fondé en 1969, a fait de mieux. On peut lui adjoindre le précédent disque, En Direct Du Rock & Roll Circus, enregistré live ; il fallait oser pour un premier jet.

Vrai et unique effort progressif avant que le groupe ne succombe aux sirènes commerciales et ne propose la daube qui s'en est suivie. Sur ce seul album, on peut juger de la pertinence de l'école pop-rock française.

Acte II peut se targuer d’être le fleuron discographique du Martin Circus première mouture, celui qui, sous des abords farfelus, résonne encore musique et non pas business. C'est le seul album, avec son prédécesseur, à être digne de crédibilité.

C’est sur ce dernier que l’on retrouve le titre majeur de Martin Circus, à partir duquel le changement d’orientation s’opère et qui annonce l’ouverture au grand public : le décalé Je M’éclate Au Sénégal, symbole de l'originalité de ce groupe.

Introduite par le son d'une voiturette à pédales (rouge, il me semble) frappée par les baguettes de son batteur, cette chanson est le succès par lequel Martin Circus bascule dans la variété.

Il ne reflète en rien Acte II, beaucoup plus costaud et riche que son titre à la renommée internationale pourrait le laisser supposer. Les compositions sont originales, les textes, sont influencés par le mouvement hippie, la volonté du moment est encore artistique et à tenter des choses nouvelles, à se doter d’un son et d’un style qui lui soient propres.

En attestent des morceaux comme Poussières, très innovant, comme Poème, Pourquoi Tous Ces Cris, J’ai Perdu, Hyznogod, O’ Secours Bob ou le Tromblon Magique.

Martin Circus séduit la critique et le panel restreint des mordus de rock progressif. Le groupe compte alors Gérard Pisani et Bob Brault (les auteurs du tube ci-dessus), Sylvain Pauchard, Alain Pewzner et René Guérin.

C’est ce Martin Circus là qu’il faut retenir, celui des deux premiers albums qui ont été, avec Ange, Zoo et triangle notamment, les vraies valeurs du patrimoine rock français des années fin 60, début 70. Pour l’avoir vécu, c’était vraiment une époque dorée (RAZOR©).

 

1. Boudjateelack.

2. Pourquoi tous ces cris.

3. Chevauchée fantastique.

4. Poème.

5. Ti'Bill.

6. Poussières.

7. J'ai perdu.

8. J'suis une groupie.

9. Ouvrez vos mémoires.

10. Je m'éclate au Sénégal.

11. Le tromblon magique.

12. Hyznogod.

13. Images.

14. À dada sur paranoïa.

15. Façon de parler.

16. O'secours Bob.

17. J'aimerai bien te faire flipper un p'tit peu.

18. Ma guitare.

 

Gérard Blanc:chant,guitare,percussions.

Gérard Pisani:saxophones,clarinette,flûte,trombone,percussions.

Sylvain Pauchard:orgue,piano,vibraphone,accordéon,chœurs.

Alain Pewzner:guitare,orgue,percussions,chœurs.

Bob Brault:basse,flûte,percussions,chœurs.

René Guérin:batterie,violon,percussions,chœurs.

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