Mona Lisa.

BIOGRAPHIE.

 

MONA LISA/Orléans (France)

 

Mona lisa

 

Actif entre 1974 et 1980, réunion en 1990.

Label:Arcane,Crypto,Musea.

Genre:rock progressif,rock théâtral,rock en France.

Site officiel:www.rock-monalisa.com

 

Un beau fleuron du rock frenchie.

Dans la belle école progressive française des 70’s, Mona Lisa a bien tenu son rang et, sans être démesurément cocardier, a fait aussi bien, sinon mieux, que certaines formations britanniques, la scène prog de référence. Les orléanais ont malheureusement eu à souffrir de la domination hexagonale alors exercée par Ange à cette époque et qui les a confinés automatiquement dans un rôle d’outsiders, ainsi que de la comparaison avec ce dernier, trop souvent et trop longtemps serinée.

Mona lisa francis poulet 2Francis Zip Poulet - Photo Facebook © 2015

« Une première fois déjà, au milieu des 70's, après que le guitariste, Christian "Dan" Gallas, eût quitté le groupe, suite à une énième (em)brouille avec Dominique Le Guennec, certains ne donnaient pas cher de la peau de Mona Lisa. Et pourtant !

Grâce à un Pascal "Palus" Jardon, qui a su remplacer Dan et qui a surtout été le guitariste dont le groupe avait besoin à cette époque, c'était reparti. Sans "Palus", qui sait si "Le petit violon de M. Grégoire" ne serait pas resté dans son étui, ce qui aurait été dommage. » (Francis Zif Poulet)

Mona Lisa, bien que partageant son manager avec le groupe belfortin, en l’occurrence Jean-Claude Pognant, qu’ouvrant souvent pour les Décamps et que reprenant à son compte une forme de théâtralité initiée par la formation de l’est de la France, avait sa propre personnalité au point d’avoir été un fringant représentant de notre pôvre rock d’alors et non pas un de ses clones.

Il suffit de surfer sur la toile pour constater que nos gaulois ont belle réputation auprès des supporters avisés de la frange progressive anglaise, jamais les derniers à aller y puiser matière à s’enivrer dans leur catalogue.

Sur les traces de Yes.

Cette discographie, parlons-en. Cinq albums couronnent le cheminement artistique de cette troupe de saltimbanques qui a animé notre échiquier rock progressif des 70’s. Si Escapades (1974) a encore la naïveté qui sied généralement aux premiers albums, qui plus est à ceux de notre école encore très jeune, et si Grimaces (1975), son suivant, n’est pas ce que Mona Lisa a fait de plus convaincant, Le Petit Violon de Monsieur Grégoire (1977) se positionne déjà comme un des meilleurs maillons discographiques national.

Mona lisa 3Photo BatzBatz.com

Ce genre de disques touchés par la maturité confine à des œuvres dignes de celles de Yes ou de Genesis. Avant qu’il ne soit trop tard (1978), quatrième levée vinylique, marque l’apogée artistique de Mona Lisa, le dernier album Vers demain (1979) étant considéré comme le parent pauvre du catalogue.

Comparse, second couteau ? Et puis quoi encore ?

Sans chercher à occulter ou à travestir l’histoire, il est patent que Mona Lisa a été un des premiers groupes français à s’engager sur les talons d’Ange. Par ailleurs, la théâtralité fantastique et médiévale animant les orléanais par la voix de Dominique Le Guennec, de même qu’une similitude de son organe vocal et de sa façon de chanter avec Christian Décamps ne peuvent se nier. On est dans un registre

similaire et il est difficile d’échapper à une filiation quasi directe. De là à réduire Mona Lisa a un rôle de comparse, de second couteau, de Poulidor d’Ange, de groupe français de plus ou d’outsider, il y a une marge.

La réponse est dans la discographie et dans la spécificité du courant progressif en mode cocorico : des Petit violon de Monsieur Grégoire, beaucoup d’artistes en France, et même sur les scènes progressives européennes, auraient aimé les compter dans leur besace.Alors rendons son si joli sourire à Mona Lisa et reconnaissons aux Jardon, Pierson, Martin, Poulet, Le Guennec, Grandet d’avoir été, dans un contexte difficile, les acteurs d’une des plus belles troupes de rock prog gaulois (RAZOR©). 

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 1 - 1974

 

Mona lisa l escapade

 

MONA LISA

L’ESCAPADE – 1974  3,5/5

 

Publié en 1974.

Produit par Jean-Michel Brézovar.

Durée:41:29.

Label:Crypto,Musea Records.

Genre:rock progressif,rock symphonique.

 

Au Royaume des Ducs d'Orléans.

 

Mona Lisa. Que voilà encore un beau bébé, dont le nom évoque de beaux souvenirs au fan de la sphère rock progressif des années 70. Formation de saltimbanques développant un rock théâtral, comme qui vous savez, Mona Lisa fait ses premières dents musicales, du côté d’Orléans, en 1973, alors que les seventies ont déjà envoyé au charbon une belle première mouture de Martin Circus, pour représenter dignement la nation dans ce qui est encore un ersatz de rock progressif, genre que les anglo-saxons nous ont agité sous le nez comme pour nous inciter à nous bouger le cul, et pour envoyer comme autre éclaireur crédible des groupes comme Triangle.

Dans un second temps, une deuxième portée, dont sont issus les Mona Lisa et Ange, les Carpe Diem et Atoll, les Pulsar, Dynastie Crisis, arrive à point nommé pour, à leur tour, s’installer sur cette scène progressive peu habitée, faire honneur aux dépoussiéreurs hexagonaux du genre et se l’approprier.

Mona Lisa et Ange, deux beaux fleurons de cet échiquier, partagent de nombreuses choses en commun : même producteur et manager, Jean-Claude Pognant ; l’un (Mona Lisa) ouvrant les tournées de l’autre (Ange) ; un premier album pour Mona Lisa, produit par le guitariste d’Ange, Jean-Michel Brézovar ; théâtralité similaire, Le Guennec, dans un registre vocal différent, qui s’enflamme et déclame, respectueusement s’entend, comme le barde belfortain.

Rappelons le contexte : à l’heure de sortir L’escapade (en écoute intégrale ici), qui trahit cette filiation musicale héritée de l’ainé de Belfort, Roi de Bourgogne et Franche-Comté, les futurs Ducs d’Orléans se repassent en boucle le grimoire discographique Caricatures, en rêvant d’accession au trône françois.

Fort heureusement, cette tutelle confortable, avantageuse et réconfortante pour un bleu qui entre dans la vie active de plain-pied, ne lui pas fait et ne lui fera jamais d’ombre. Mona Lisa n’aura jamais à en souffrir, à s’en justifier ou s’en défendre car, très rapidement, il suit sa voie et développe une belle zone de chalands dans ce créneau spécifique, qui lui vaut d’être régulièrement cité comme formation essentielle de notre rock progressif hexagonal.

L’Escapade est l’expression d’un rock théâtral déjà presqu’abouti. Malgré quelques erreurs de jeunesse, Mona Lisa fait valoir des compositions et des valeurs mélodiques qui lui sont propres. Tout n’est pas encore parfaitement huilé, le son n’est pas toujours top et le chant de Le Guennec, souvent forcé, n’est pas encore bien rôdé. Mona Lisa et sa cour en sont encore à défricher avec ingénuité, faute de gros moyens, mais cela ne les empêche pas de dévoiler, parallèlement des arguments créatifs et intelligents.

Son premier palier pour que l’histoire du rock retienne son nom et son souffle, Mona Lisa, le franchit en élevant d’entrée son art au niveau des bonnes références en la matière. L’Escapade ne fait pas de Mona Lisa le N°1 français sur ce jeté de dés initial, mais quel début. On ne peut nier, et Le Guennec y est pour beaucoup dans son chant, la filiation avec Ange.

Mais quel bel état d’esprit ! Que de belles dispositions, de belles inspirations à l’image du titre de clôture, Petit homme de la terre, de la pièce central Le Fantôme de Galashiels et des Vieilles pierres. Ne les oublions pas à l’heure des comptes. Surtout pas. Ils s’appellent Christian Gallas (guitare, violon), Dominique Le Guennec (chant et flûte), Jean-Luc Martin (basse), Jean-Paul Pierson (claviers), Francis Poulet (batterie) et Gilles Solves (guitare). Mona Lisa. Sonhistoire ne fait alors que commencer. (RAZOR©)

 

1. Prélude à l'escapade.

2. Le fantôme de Galashiels.

3. Voyage vers l'infini.

4. Les vieilles pierres.

5. Le colporteur.

6. Petit homme de la terre.

 

Christian Gallas:guitare électrique,violon.

Dominique Le Guennec:chant,sax,flûte,percussion.

Jean-Luc Martin:basse.

Jean-Paul Pierson:claviers,guitare,chant.

Francis Poulet batterie,percussion,chant.

Gilles Solves:guitare.

LP Studio 2 - 1975

 

Mona lisa grimaces

 

MONA LISA

GRIMACES – 1975  3,5/5

 

Publié en 1975.

Produit par Jean-Claude Pognant.

Durée:46:34.

Label:Arcane,Musea.

Genre:rock théâtral,rock progressif,rock en France.

 

Un grand pas en avant.

 

Cet album, Grimaces, né en 1975, le deuxième de Mona Lisa, a ses grands moments, par lesquels les orléanais confirment tout le talent que le rock progressif (théâtral) français lui prête depuis que son LP L’Escapade est paru chez les disquaires.

Mona Lisa en est alors à titiller Ange, quant au statut de meilleur groupe français. Belle démonstration d’ingratitude à l’endroit d’une structure qui a chapeauté le début de carrière de l’élève, qui n’a pas été regardant sur leur similitude artistique, qui laissé du mou sur la corde de Brézovar pour qu’il puisse produire L’Escapade et qui n’a pas rechigné à partager le Pognant (manager) au nom de la sacro-sainte union nationale.  

Rassurez-vous, les p’tits gars du Centre ont la reconnaissance de la panse et - chassez le naturel, il revient au galop - s’ils creusent tranquillement leur sillon, ont toujours dans les rétroviseurs (et au fond d’eux) celui qui leur a facilités l’entrée dans la vie active et, du même coup, qui les a inspirés.

Le Mona Lisa de Grimaces arbore toujours les stigmates de ses accointances avec son aîné protecteur. Là où Ange visite avec bonheur le répertoire sacralisé de Maitre Jacques (Les Vieux, Ces Gens-Là), Mona Lisa lui oppose, en retour, et sous forme d’un respectueux clin d’œil, le catalogue de Môssieur Brassens (La Mauvaise Réputation). Les pinailleurs trouveront en cette démarche un point commun supplémentaire pour alimenter le débat du copié-collé.

Si le côté théâtral, grandiloquent, emphatique, imagé et subtil du chanteur Dominique Le Guennec est le lien le plus exposé, le plus évident faisant référence aux francs-comtois, Mona Lisa (une belle formation de concert) n’en a pas moins ses propres arguments artistiques et musicaux, sa propre personnalité, suffisamment en tout cas, pour faire de Grimaces, enregistré en septembre 1975 sous la houlette du producteur génial qu’est Jean-Pierre Massiera et de Bernard Belan, l’album de l’évolution et d’une nouvelle maturité.

Mona Lisa corrige les balbutiements de l’album précédent, se veut plus précis ; il n’a pas de temps à perdre en conjectures, son crédo du moment est clair, lucide et dans ses cordes : progresser et occuper au plus vite le faîte de cette très belle place progressive à la française qu’Ange a initiée.

Le son s’est développé favorablement, l’instrumentation est plus riche, les compositions sont mieux élaborées : Grimaces traduit un grand pas en avant dont l’empreinte est profonde sur le terrain progressif. 

Le Jardin Des Illusions, La Mauvaise Réputation, Complainte pour un Narcisse, Accroche-toi Et Suis-moi, Au Pays Des Grimaces s’affirment comme les pièces zénithales de Grimaces. Les textes et leurs mots prennent du volume et du poids ; la musique est expressive et évocatrice.

Mona Lisa monte en température et se positionne comme un pan incontournable d’une belle et colorée école progressive à la française, passée essentiellement par le réseau des MJC comme le souligne l’ambiance du live Manèges et Chevaux de Bois. Ange peut grimacer, l’écart se resserre ; il n’est pas loin le jour où l’élève fera la nique au précepteur (RAZOR©).

 

1. La Mauvaise Réputation.

2. Brume.

3. Complainte Pour Un Narcisse.

4. Le Jardin Des Illusions.

5. Accroche-Toi Et Suis-Moi.

6. Au Pays Des Grimaces.

7. Manèges Et Chevaux De Bois.

8. Manèges Et Chevaux De Bois (Live).

 

Dominique Le Guennec:chant,flûte,sax,percussions.

Jean-Paul Pierson:claviers,chant.

Christian Gallas:guitare,chant.

Jean-Luc Martin:basse,chant.

Francis Poulet:batterie,percussions,chant.

LP Studio 3 - 1977

 

Mona lisa petit violon gregoire

 

MONA LISA

LE PETIT VIOLON DE MR GREGOIRE – 1976  4,5/5

 

Publié en 1976.

Produit par Jean-Claude Pognant.

Durée:31:52.

Label:Crypto,Arcane,Musea.

Genre:rock progressif,rock en France.

 

La Gaule qui résiste.

 

Le Petit Violon De Mr Grégoire (1976), troisième LP à apparaître au catalogue de Mona Lisa, est le disque par lequel les Orléanais bénéficient des premières vraies retombées en termes de notoriété. L’Escapade et Grimaces, œuvres alors encore confinés au rang de succès mineurs, n’auront donc pas été vaines.

En repoussant plus loin ses limites, Mona Lisa sort Le Petit Violon De Mr Grégoire, lequel devient, immédiatement, pour la cohorte grossissante des fans gaulois et des aficionados étrangers (ils existent !), la référence du groupe.

Pour en arriver à cette reconnaissance générale (presse et public confondus), Mona Lisa balaie devant sa cour, fait son mea culpa, corrige le tir des imperfections de L’Escapade et Grimaces, met de l’eau dans son vin, puis, se fait plus précis, plus ambitieux, abandonne en route le guitariste des deux premiers disques, Christian Gallas, que relaie Pascal Jardon.

Sans remettre en cause le guitariste déchu, le choix se révèle stratégique pour accéder aux lauriers nationaux qui ceignent encore et toujours le crâne du rival Ange, lequel, à cette époque des seventies, tient encore bien le cap et le fait savoir via Par Les Fils De Mandrin.

Artistiquement parlant, le changement est peu perceptible, si ce n’est que les textes sont améliorés et que l’extravagant Dominique Le Guennec, propulse son excellent registre vocal à un niveau supérieur, se faisant tantôt conteur, tantôt voltigeur, tantôt bouffon ou maître de céans, selon les casquettes que les textes le contraignent à porter.

Que dire d’autre à part avancer des lieux communs éculés du genre la musique est bonne, riche, lumineuse, enthousiaste, que les chansons idem, les acteurs sont excellents et Pascal Jardon amène un souffle nouveau. Mais c’est tellement vrai que je ne vais pas m’en priver.

Le Publiphone pour sa belle écriture pleine d’humour, la chanson-titre à trois volets et culminant à vingt minutes, Solaris, Allons Z’ Enfants, prototype même du rock théâtral francisé, La Machine A Théâtre, sont les pièces de résistance de ce disque séminal du rock 70’s complètement de chez nous.

Le Petit Vélo de Monsieur Grégoire traduit bien cette Gaule musicale qui souffre, ahane, résiste, victime de son peu de soutien dans les presses rock parisiennes, trop occupées à se prosterner devant le rock amerloque. Mieux, notre Grégoire national ne se contente plus de combattre pour le leadership hexagonal ; désormais, il se prend à titiller les anglo-saxons sur leur propre terrain. Gonflés nos coqs, non ? (RAZOR©).

 

1. Le Chant des glaces.

2. Allons Z'enfants.

3. Le publiphobe.

4. Solaris.

5. Le petit violon de Mr Grégoire.

- La folie.

- De toute ma haine.

- Plus loin vers le ciel.

6. La machine à théâtre.

 

Jean-Luc Martin:basse,chant.

Pascal Jardon:guitare électrique et acoustique.

Francis Poulet:batterie,percussions,chant.

Jean-Paul Pierson:piano,orgue,synthé.

Dominique Le Guennec:chant,flûte,synthé.

LP Studio 4 - 1977

 

Mona lisa avant trop tard

 

MONA LISA

AVANT QU’IL NE SOIT TROP TARD – 1977  5/5

 

Publié en 1977.

Produit par Jean-Claude Pognant.

Durée:34:45.

Label:Crypto.

Genre:rock progressif,rock en France.

 

Par ici pour le maillon fort.

 

Dans les années soixante-dix, il existe bien une scène rock progressive purement gauloise et Mona Lisa se fait un point d’honneur de le démontrer une fois encore après les trois LP déjà réalisés, L’escapade (74), Grimaces (75) et surtout le précédent Le Petit Violon de Monsieur Grégoire (76) pour lequel les orléanais n’ont pas à nourrir le moindre complexe avec les cadors du genre, fussent-ils anglo-saxons. Mona Lisa s’est même invité à leur table, c’est dire.

Celui qu’on a trop souvent considéré, à tort, comme le second d’Ange, reprend, avec Avant Qu'il ne Soit Trop Tard (en écoute intégrale ici), son quatrième album, là où le Petit Violon De Mr Grégoire nous a laissés : sur le cul. S’il a fréquenté l’école Ange et s’inscrit dans sa filiation directe, le doute en ce sens n’étant pas permis, Mona Lisa tente de se détacher de ce rapprochement pas toujours facile à assumer, pour élaborer son propre univers qu’il échafaude autour d’humeurs belles et variées.

Comme dans l’album précédent, l’attrait que suscite cette musique théâtrale, originale et créative, est puissant. Qui plus est, une plus grande maturité s’invite à la fête. Le Guennec, au chant forçant l’admiration, est l’élément moteur de ce disque. Un Jean-Paul Pierson en confiance, fait briller ses synthés et mellotron, tandis que la guitare de Jardon, pourtant fraichement débarquée, non seulement se met au diapason de l’écriture, mais l’appuie subtilement, à la manière d’un vieux briscard ou d’un Steve Hackett, c’est pareil.

Avec Jean-Luc Martin et Jean Bétin qui se partagent la basse et Zif, alias Francis Poulet derrière ses fûts, Mona Lisa est à son apogée artistique, au sommet de sa gloire dans le cœur des supporters français et aborde Avant qu’il ne soit Trop Tard dans des conditions mentales optimales.

Malheureusement, le titre se veut prémonitoire. Dans une époque propice au punk et au disco, pas vraiment soutenu par les presses musicales déjà tournées vers les années 80 et qui ne leur ont jamais vraiment déroulé le tapis rouge, l’équipage de Mona Lisa, tel les pirates d’Astérix, coulent leur Caravelle avant de devoir ramer à contre-sens dans un vieux rafiot ou de devenir les galériens du rock progressif français.

Le Guennec quitte le navire, lourde décision. Francis Poulet assure la fonction de chanteur pour le dernier disque du groupe (Vers Demain/1978), avant son come-back, 20 ans plus tard.

Avant Qu’il Ne Soit Trop tard a donc une double valeur : celle d’être le point culminant de la carrière de Mona Lisa et le dernier de ses disques avec le line-up classique. Côté disque, les textes sont, bien sûr, une constante chez Mona Lisa. Le chant de Le Guennec aussi, qui a très bien évolué depuis l’Escapade où il braille le plus souvent. Et une musique qui a pris du volume, intelligente, subtile, ambiante.

Les temps forts de ce disque s’articulent surtout autour de la chanson titre, de La peste, Tripot, Léna ou de Souvenir des naufrageurs. Chaque morceau a une histoire, Le Guennec se charge de les magnifier dans toute la théâtralité qui le caractérise et pour la dernière fois. Raison de plus pour se donner la peine de l’accompagner jusqu’à la sortie. Avant qu’il ne soit trop tard est le maillon fort du catalogue de Mona Lisa. Qu’elle fut belle cette scène de rock progressif français décidément vraiment pas comme les autres (RAZOR©).

 

1. Avant qu'il ne soit trop tard.

2. La peste.

3. Souvenirs des naufrageurs.

4. Tripot.

5. Léna.

6. Créature sur la steppe.

 

Dominique Le Guennec:chant flûtes,synthé.

Jean Bétin,Jean-Luc Martin:basse.

Pascal Jardon:guitare électrique,guitare acoustique.

Francis Poulet:batterie,percussions,chœurs.

Jean-Paul Pierson:claviers,synthés.

LP Studio 5 - 1979

 

Mona lisa vers demain

 

MONA LISA

VERS DEMAIN – 1979  3/5

 

Publié en 1979.

Produit par Mona Lisa.

Durée:35:51.

Label:Crypto.

Genre:rock.

 

Fin de parcours.

 

Si le Mona Lisa de la période Le Guennec a du mal à échapper à la relation avec Ange, faut-il pour autant voir en le remplacement, poste pour poste, de son chanteur de toujours par le batteur Francis Poulet, une tendance du groupe à imiter les autres, comme on le lui en a souvent fait le grief ?

En l’occurrence Genesis, l’autre groupe auquel il est fait allusion quand on évoque le cas de Mona Lisa, qui a vu Phil Collins, suppléer le départ de Peter Gabriel en prenant également le chant. L’occasion était trop belle, pour certains détracteurs, de mettre le doigt sur un point de détail et de s’attacher à enfoncer un peu plus ce groupe qui s’il doit quelque chose, il ne le doit qu’à lui-même. Au lieu de se disperser à relayer des trucs de journaleux d’une presse française alors aux abonnés absents pour soutenir notre belle scène progressive d’alors, recentrons sur l’essentiel : Vers demain, numéro 5 du catalogue. Pas le meilleur, car le meilleur est ce qui précède directement, mais pas le mouton noir comme lu et entendu ici et là. Toujours les mêmes…

Mona Lisa vient de perdre Le Guennec, mais pas que. Gardon, Martin ne sont plus dans l’effectif aussi, tous persuadés que le rock progressif a fait son temps. Pas faux. Malgré ce lourd handicap, Francis Poulet décide de faire du rab. Pierson le suit : il faut vivre avec son époque, quitte à prendre une orientation plus commerciale avec les radios libres qui s’annoncent.

Poulet pense à cette mutation musicale, mais en se servant de ce qui a été fait préalablement. Fort de cette conviction et soutenu par le claviériste légendaire de Mona Lisa, mais qui, pour le coup, passe aux guitares, Poulet, basculant au chant, recrute Richard Morinière à la batterie et Michel Grandet aux claviers, Jean Bétin, déjà un pied dans la maison récupérant la basse à plein temps.

Poulet se retrouve aux commandes de Mona Lisa pour aborder vers Demain (en écoute intégrale ici). Malgré ces mutations et ces arrivées de dernière minute, l’ultime Mona Lisa des 70’s (et Mona Lisa tout court, avant que Le Guennec ne redémarre l’affaire en 1998 avec Versailles), le quintet ne faillit pas.

Vers Demain sert un rock néo-prog, plus facile d’écoute, sans pour autant renier ses racines progressives. Les titres sont plus concis, la théâtralité, caractéristique de Le Guennec n’est pas la tasse de thé de Poulet, mais le chant de ce dernier ne pénalise pas Mona Lisa dans le registre vers lequel il s’est orienté. Le rendu est agréable, moyen + pour ceux qui ont encore des spames prog, mais c'est sûr qu'il n'a pas pour ambition de révolutionner le rock.

De quoi satisfaire la clientèle des années 80. Malgré ça, le disque ne marche pas. Le contexte devenant de plus en plus difficile, Mona Lisa capitule, mais le rock progressif à la française ne doit pas perdre de vue tout ce qu’il lui doit. Alors les détracteurs, les pinailleurs, les jamais contents, les empêcheurs de tourner en rond… (RAZOR©).

PS : j'invite le pisseur de Bla Bla Bla à consulter un urologue...


1. Maldonne.

2. Prélude A L'Enfer.

3. Bla Bla Bla.

4. Le Rat Débile Et Le Rat Déchanté.

5. Vers Demain.

6. Curriculum Vitae.

7. Maria.

8. A Tombeau Ouvert.

9. Rien Ne Va Plus.

10. Rétrospective.

 

Jean Bétin:basse.

Francis Poulet:chant,percussions.

Jean-Paul Pierson:guitares.

Robert Morinière:batterie.

Michel Grandet:claviers.

2 votes. Moyenne 4.00 sur 5.