Moving Gelatine Plates.

BIOGRAPHIE.

 

MOVING GELATINE PLATES/Sartrouville (France)

 

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Actif de 1969 à 1972, réunion en 1980 et 2006, toujours actif depuis.

Label:CBS,AMO,Musea.

Genre:rock progressif,rock en France,jazz-rock,Canterbury.

 

De Sartrouville à Canterbury.

On ne peut pas dire que le Moving Gelatine Plates ait été le plus populaire des groupes de la sphère progressive française et cela pour deux raisons. La première tient au fait que les medias indigènes de l'époque, concentrés à Paris, relaient du bout des lèvres ou à demi-mots ce qui se trame alors chez nous ; il y a bien quelques presses étrangères (Hollande, Allemagne surtout) qui agitent le chiffon rouge, et arguent comme quoi la scène prog hexagonale du moment est à prendre avec respect et sérieux. Peine perdue, coup d'épée dans l'eau, le parisianisme rock préfère vanter les productions américaines, c'est plus tendance...

Le second motif de discrétion ayant procédé à la sous-médiatisation de Moving Gelatine Plates et visiblement mis un frein à son éclosion nationale, est lié à la voie atypique choisie par le groupe pour s'exprimer : le Canterbury, popularisé en France par des groupes comme Gong, Soft Machine ou Caravan, pas les plus accessibles, étranges mêmes dans leur mélange de pop, de psychédélisme, d'improvisations héritées du jazz et aux paroles équivoques. Comme ses initiateurs font le choix de l'art pour l'art, ça limite d'autant l'ouverture à un public loin d'être acquis.

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Dans le sillage des Wilde Flowers.

Bien que privilégiant l'option de la difficulté, le Moving Gelatine Plates affiche une originalité et une inventivité qui lui sont propres dans le concert pop frenchie ; il est à regretter que cette spécificité n'ait été que fort peu commentée et suivie, ou juste par le frêle réseau des MJC de l'époque.

Le Moving Gelatine Plates est originaire d'une Seine et Oise alors fraîchement renommée Yvelines. C'est dans le Sartrouville d'une année 1968 à fortes turbulences, que le guitariste Gérard Bertram et le bassiste Didier Thibault, amis d'enfance, ont la bonne idée de donner le jour à leur projet de monter un groupe. L'un comme l'autre en pincent pour les formations anglaises, et notamment celles précédemment évoquées, ainsi que pour l'école de référence prog qui s'est développée au sud-est de Londres et dès 1963, dans le sillage des fondateurs The Wilde Flowers.

Le blanc-seing de Columbia.

Gérard Pons, batteur (le regretté Michel Coulon le précède au poste) et Maurice Hemlinger, touche-à-tout instrumental adhèrent au projet d'explorer une musique marginale, oscillant entre Zappa, Pink Floyd et un jazz rock informel. Faut-il que celui-ci soit bien ficelé pour que le Moving Gelatine Plates ait les faveurs d'un label majeur, en l'occurence CBS ?

CBS... ça en jette sur le CV, ça fait saliver mais surtout, ça dénote que les petits français, abandonnés par les plumes parisiennes peu intéressées par un groupe qui n'ait pas de message politique ou social à véhiculer, sont respectés et ont les moyens de leurs prétentions.

Le combo, dont le nom réfère à une oeuvre de John Steinbeck (Travels With Charley : In Search of America) qui se pointe dans les studios pour l'enregistrement de son premier album les a, ces moyens et cette ambition.

Mieux, il a un blanc-seing du label dans le domaine artistique. Pour 2 albums : Moving Gelatine Plates et The World of Genious Hans.

2 LP classiques, mais boudés.

Il a aussi de la technique, mais ce sont la créativité, l'inspiration et l'originalité, qui priment, et ce, même si la complexité est le facteur dominant du premier contact avec Moving Gelatine Plates. Il y ajoute sa touche personnelle pour un résultat qui aurait mérité meilleur retour sur inestissement en temps réel. Juste retour des choses, les franciliens en touchent les bénéfices depuis.

Le premier LP est éponyme et sort en 1971. Pénalisé par un déficit de promotion et par une gestion en interne plutôt scabreuse, ce disque, pourtant bien maîtrisé et bien accepté par la critique, boîte bas côté ventes, d'autant plus que, frein supplémentaire, le genre pratiqué n'a pas pour habitude de trôner en tête des charts. Ce n'est d'ailleurs pas l'objectif avoué de Thibault, Bertram et consorts qui n'ont que l'aspect artistique comme fil conducteur.

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« Si l'on peut regretter une certaine sous-médiatisation de MGP tant hier qu'aujourd'hui, il faut admettre que notre côté volontairement marginal, idéologiquement parlant, a permis de privilégier les aspects artistiques du groupe. Dans les 70's, la plupart des formations véhiculaient, outre la musique, des messages politiques et sociétaux. Notre approche purement musicale intéressait moins les médias. » (Didier Thibault)

Retour en 2006.

Il n'empêche que cette démarche ne permet pas d'en vivre et que les problèmes financiers vont rapidement venir hanter le quotidien des acteurs. Le deuxième LP (1972), fut-il meilleur, ne change rien au problème. Inoubliable de par sa pochette complètement décalée montrant un homme à tête bovine, du persil bourré dans les naseaux, les oreilles et en guise de chevelure, un cigarillo pris entre les lèvres d'une bouche hautement inspirée, il vaut surtout par un contenu de première force musicale symbolisant à lui seul toute la pertinence de la scène française prog.

Pour être juste, The World Of Genious Hans est l'un des 3 meilleurs disques prog de ce temps-là et de cette scène gauloise. Malheureusement, il souffre des mêmes carences promotionnelles que son prédécesseur et scelle la fin de Moving Gelatine Plates que Thibault réactive toutefois en 1980. Un troisième album, Moving (AMO), témoigne de cette reprise d'activité furtive et qui disparaît à nouveau pour renaître en 2006, toujours sous l'impulsion de son bassiste fondateur, désormais unique lien avec le line-up d'origine : le très respectable Removing naît de ce come-back bienvenu et apprécié, dont on espère vivement qu'il permettra à Moving Gelatine Plates de jouer de belles prolongations prog (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 1 - 1971

 

Mgp album 71

 

MOVING GELATINE PLATES

MOVING GELATINE PLATES – 1971 4/5

 

Publié en 1971.

Produit par Moving Gelatine Plates.

Durée:36:15.

Label:CBS.

Genre:jazz-rock,rock progressif,Canterbury.

 

Plutôt la mort que la souillure.

 

En 1971, le rock français est écrasé par la variété. D’où sa difficulté à se développer et sa tendance à trop imiter les anglo-saxons. Il est pourtant une caste de groupes qui entre dans la résistance et qui refuse de rentrer dans le rang. Plutôt la mort que la souillure !

Le Moving Gelatine Plates (le nom est extrait d’un livre de Steinbeck), constitué de gars de Sartrouville préfère ne pas durer (1969 à 1972) que de se fourvoyer.

Groupe reconnu du début des années 70, il est une des belles références d’un rock novateur, dit progressif, et Made In France. Les anglais sont alors les plus prolifiques et les plus représentatifs de cette scène : Soft Machine, King Crimson…

Fortement influencé par le jazz, le style Canterbury et par les Mothers Of Invention, Moving Gelatine Plates (aujourd’hui de retour aux affaires) trace sa propre route (il gagne le tremplin du Golf Drouot), sans se soucier du « qu’en dira-t-on ».

Leurs deux LP, cet éponyme de 1971 et son suivant The World Of Genius Hans (CBS), encore meilleur, ont aujourd’hui la reconnaissance des critiques et experts du genre.

Mélange de rock et de musique contemporaine, la musique, essentiellement instrumentale de MGP, très bien produite, fait preuve d’originalité, d’énergie, de finesse, de justesse et de maîtrise, elle accroche bien.

Les débuts sont impressionnants : Pons, Bertram, Thibault, Helminger y font une excellente démonstration d’interaction musicale, qui leur vaut les éloges de leurs contemporains.

Il est regrettable que leurs origines françaises les aient pénalisés et qu’ils aient été peu soutenus sur le plan promotionnel, sans quoi… En tout cas, l’investissement dans ce disque éponyme (et son suivant) est conseillé (RAZOR©).

 

1. London Cab.

2. X-25.

3. Gelatine.

4. Last song.

5. Memories.

 

Maurice Hemlinger:orgue,trompette,saxophones,flûte.

Gérard Bertram:guitare électrique,chant,guitare acoustique.

Didier Thibault:basse,chant,guitare 12-cordes.

Gérard Pons:batterie,percussions.

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