Zoo.

BIOGRAPHIE.

Chronique N° 500

ZOO/Paris (France)

 

Zoo 2

 

Actif entre 1968 et 1972, réactivé en 2009 sous Zoo Tribute Original.

Labels:RCA,Polydor,Disques Barclay,Warner Bros.

Genre:rock progressif,jazz fusion,rock en France.

 

Notre Blood Sweat & Tears à nous, notre Chicago.

Zoo, c'était un peu notre Blood Sweat & Tears à nous les français. Notre Chicago Transit Authority, alias Chicago depuis. Créé deux ans après que ces deux illustres alter ego ricains aient officiellement fourbi leurs premières armes dans la mouvance d'un rock tournant alors le dos au psychédélisme et se faisant de plus en plus progressif, il ne devra qu'au succès de ces deux formations de jazz fusion d'outre-Atlantique d'être véritablement distribué en France (1969), puis au Royaume-Uni, un an plus tard. Revers de la médaille : Zoo a trop vite été considéré comme une redite de leurs homologues américains...

Zoo 3Zoo : notre Blood Sweat & Tears à nous.

Zoo 1Un big band qui s'exporte.

Zoo first lpEt un...

Zoo i shall be free vinyl 1971...et deux...

Zoo hard times good times...et trois LP indispensables.

Zoo 19 janvier 2010 a l estran a guidelUn come-back 40 ans après.

Des deux côtés de l'océan, Zoo sera particulièrement bien considéré, statut alors rare pour un groupe épinglé au rock gaulois de la fin des 60's, début 70's, mais que l'on a tendance à oublier ou à sous-estimer à l'heure des bilans. Zoo, c'était du solide.

« Vous Jouez comme des bêtes ! ».

Pour reprendre une expression de leur producteur historique Eddy Barclay : « Zoo jouait comme des bêtes. » C'est d'ailleurs cette image animalière partisane qui est à l'origine du nom d'un orchestre (jusqu'à 9 membres) alors sans identité.

Nous sommes à la fin des années 60 (1968) quand Zoo commence à faire valoir son assise rythmique très jazzy, sur laquelle surfe une voix bluesy puissante, profonde, gutturale, une voix à la Chapman ou à la Cocker : celle de Joël Daydé.

Pendant trois ans et des, les français vont faire la nique aux meilleurs artistes et groupes rock de la sphère internationale, sortant au passage un probant Hard Times, Good Times.

A l'automne 1972, après avoir entre temps accompagné Léo Ferré et Eddy Mitchell notamment, le rideau se referme sur cette formation explosive. 

Elle est réactivée depuis 2009, par deux de ses membres fondateurs, sous l'identité de Zoo Tribute Original.

L'histoire aura été courte mais belle et convaincante ; elle s'accompagne de 4 LP qui ont fait du bien à un rock français bridé par les siens.

Un big band qui s'exporte.

On doit la paternité de cette aventure musicale à trois anciens Gentils Organisateurs du Club Med : Joël Daydé, chanteur et guitariste, le breton Michel Hervé, bassiste et Daniel Carlet, formé au violon mais doublé d'un saxophoniste de talent (il est aussi flûtiste).

Les deux premiers nommés sont aussi parties prenantes dans le renouveau de la mouture au 21ème siècle.

Les trois compères évoluent alors au sein des New Strangers, avant de se rapprocher de requins de studio comme Pierre Fanen (guitare), Michel Ripoche (saxo, violon et trombone), Tony Canal (trompette), André Hervé (claviériste), frère de Michel, le furtif Charles Benarroch relayé par Christian Devaux (batterie), Michel Bonnecarrere (guitare rythmique).

Fort de 9 acteurs expérimentés, ce big band alors identifié sous Question va exporter avec panache les couleurs hexagonales. L'Angleterre dans un premier temps, les États-Unis ensuite.

Renommé Zoo sous l'impulsion de Barclay et pendant l'enregistrement de son premier album, ce groupe pratique alors une tonique fusion de jazz, de R & B, de soul, de rock dans laquelle les cuivres et les impros dominent.

Un premier LP inventif, inspiré et compétent.

En entrant en studio au printemps 1969 (studio La Gaité/Europa Sonor) pour les besoins de son LP initial (l'éponyme Zoo), Zoo livre ses premières sessions pour le label Riviera de Barclay avec lequel il s'est engagé, via Philippe Rault et Bernard de Bosson.

Si le disque est empreint de beaucoup d'enthousiasme et de spontanéité, il détonne dans le concert pop/variétés en vogue en France.

Le management du label décide de retarder sa sortie et de la faire coïncider avec les retombées commerciales favorables qui animent BS&T et Chicago sur la scène internationale, y compris en France.

Dans un répertoire brodé autour de 8 titres pour l'essentiel arrangés par Bonnecarrere et Fanen, Zoo s'y montre compétent, inventif et novateur comme en attestent les puissants If You Lose Your Woman, Bluezoo, Ramses, Memphis Train (de Rufus Thomas), Rhythm and Boss, Samedi Soir à Carnouet ou l'instrumental délirant qu'est Mammouth.

En trois jours, du 16 au 19 avril 1969, Zoo pond une œuvre inspirée et fraîche, incontournable du rock frenchie de cette époque. Celle-ci leur vaut les louanges de la critique musicale internationale et lui offre le droit d'aller en découdre avec les meilleurs sur les scènes européennes.

Premières divergences...

Ainsi, Zoo apparaît sur les planches du festival Actuel (parrain de l'événement), initialement prévu dans la région parisienne mais déplacé en Belgique (Amougies), sous l'influence du ministre de l'intérieur de l'époque, Raymond Marcellin. Frileuses et échaudées par Mai 68, les autorités françaises refilent la patate chaude à nos amis d'outre-Quiévrain.

A Amougies, Zoo se frotte à Pink Floyd, Ten Years After, les Nice, Yes, Gong, Soft Machine, Colosseum, East Of Eden et Zappa. Les français comptent désormais dans le concert international, moins en France où le public les snobe.

Très rapidement, les ennuis s'accumulent pour lui. La jeunesse française attend du planant et non un backing band de Léo Ferré ou de David Alexandre Winter (Oh Lady Mary) ; la formation, en proie à des différences artistiques, des divergences de choix de carrière, minée par des soucis d'argent, se délite dans la foulée.

Tony Canal est le premier à tourner les talons à ses collègues et rejoint Joe Dassin. Robert Guiezen rentre, fait la pige trois mois et sort. Puis c'est au tour de Daydé de partir, tenté par une carrière solo.

Il est imité en cela par Pierre Fanen qui se rapproche d'Eddy Mitchell. Daydé et Fanen sont encore du 45T, Le Champignon, extrait de la B.O du film L'Assassin frappe à l'Aube.

Zoo dayde photo n laroudie

« Notre premier disque, l'éponyme Zoo, n'étant pas sorti tout de suite, nous avons été considérés injustement comme une redite de Blood Sweat & Tears ou de Chicago Transit.... Notre musique s'éloignant de plus en plus du R & B pour devenir de plus en plus délirante et instrumentale, j'ai décidé d'un commun accord avec les autres membres du groupe de quitter celui-ci. » (Joël Daydé)

Ian Bellamy à la relance.

Sans chanteur, Zoo se retourne vers l'Angleterre pour pallier le départ de Joël Daydé. Ce recrutement se fait par le biais d'une petite annonce dans l'hebdomadaire musical britannique, le Melody Maker, presse dans laquelle les musiciens anglo-saxons ont l'habitude de faire leur marché. Il y déniche Ian Stuart dont le nom est francisé en Ian Bellamy. Perdu parmi ses partenaires français, ce dernier rencontre de très grosses difficultés d'intégration.

Il pointe toutefois sur le deuxième LP du groupe qui réunit également les frères Hervé, Michel Bonnecarrere, Christian Devaux, Daniel Carlet et Michel Ripoche. I Shall Be Free est enregistré entre le 12 juin et le 9 septembre 1970. Toujours pour Riviera.

Cantonné dans une veine Blood Sweat & Tears alors que la demande du public évolue vers d'autres horizons, l'album, fait avec les mêmes n'aura pas le succès escompté, malgré son indéniable intérêt.

L'intérêt des radios américaines.

De celui-ci, le public de l'époque retiendra deux faits majeurs : une pochette au graphisme très soigné (Etienne Robial et François Bréant) et le 45T (City Breakdown et Plaistow Place) extrait de l'album programmé comme indicatif sur deux des plus grosses radios de Big Apple.

Cette promotion inespérée incite RCA à unifier les deux premiers albums du groupe sur le marché américain dans une sorte de compil'. Sur un plan artistique, I Shall Be Free peine à convaincre.

Dans un moule identique à l'album éponyme précédent, il voit ses cuivres s'effacer de plus en plus derrière les violons ; le brillant Endless Words notamment se place encore dans cette filière.

Quelques piges pour la maison Barclay et l'Olympia.

Fin 70, Zoo enchaîne auprès de Léo Ferré (Le chien, l'érotique La The Nana et l'album Amour Anarchie), également artiste Barclay et enregistre un 45T avec un Eddy Mitchell alors au fond du trou mais sauvé par le label : Dodo Boulot Metro (octobre 1970).

Zoo termine l'année en se produisant dans les clubs et sur les campus anglais, partageant même l'affiche avec le contrebassiste de jazz Charlie Mingus, au Ronnie Scott's londonien. Cette période faste ne l'empêche pas de perdre Bonnecarrere, plus en phase avec les desseins artistiques du groupe.

Début 71, Zoo pointe dans le top 3 des meilleures formations de rock françaises mais il fait le choix de concentrer l'essentiel de son programme aux collaborations avec divers artistes (notamment avec Nicoletta et Ferré), de prendre part à la première édition du festival de Saint Gratien (du 2 au 4 avril) où il côtoie les autres pointures gauloises du moment (Triangle, Ergo Sum, Dynastie Crisis, Voyage, Variations, Martin Circus...), de faire l'Olympia en automne. Sa production discographique en souffre.

Hard Times Good Times pour sauver les meubles.

Seuls deux 45T sont édités cette année-là : une B.O pour le film Les Jambes en l'Air et la première version de Hard Times, Good Times (Tupamaros en face B), plus gros succès discographique du groupe (mai 71).

Ce titre donne le nom au troisième LP de Zoo, enregistré en janvier 72 au studio d'Hérouville et sorti quelques mois plus tard, avant la séparation définitive du groupe, en octobre de la même année. Ce disque, distribué également sur les marchés américain (Warner Bros) et britannique (RCA), est le plus vendu de Zoo.

Zoo Tribute Original pour ranimer la flamme.

C'est effectivement un bon album, tracté par le succès du single envoyé en éclaireur (Hard Times Good Times) et dont on trouve ici la seconde version. Si la critique a particulièrement bien accueilli le 3ème tome de leur discographie, le public ne leur a pas réservé la même attention. Aussi, après un ultime single, Life Is Living/Stiggy Poo, Zoo passe la main.

Certains membres, dont les frères Hervé, y vont d'un Z.O.U en 1975, avant de rentrer définitivement dans le rang, puis de vaquer à leur carrière respective. Depuis, Daydé et Hervé ont eu la délicieuse idée de remettre en branle cette mécanique sous Zoo Tribute Original. Live Tour Episode 1 est alors venu compléter la discographie en 2010. On attend le prochain épisode avec impatience (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE.

LP Studio 3 - 1972

 

Zoo hard times good times 1

 

ZOO

HARD TIMES GOOD TIMES – 1972  4,5/5

 

Publié en 1972.

Produit par Philippe Rault.

Durée:37:42.

Label:Riviera.

Genre:jazz-rock,rock progressif.

 

Plus jazzy et plus commercial.

 

Hard Times Good Times est le troisième volet de la discographie studio de Zoo. Sorti en 1972, il fait suite à l'excellent album éponyme de 1969 et au non moins probant I Shall Be Free (1970) pour lequel Ian Bellamy a remplacé Joël Daydé au chant.

Au début des 70's, les français s'exportent bien et des extraits de leurs deux premiers opus sont compilés par RCA pour arroser le marché américain, aidés en cela par quelques radios locales.

L'année 71, par contre, n'est pas très féconde en terme de production discographique, Zoo se contentant de quelques collaborations, d'une participation au festival de Saint Gratien et d'un passage à l'Olympia. Des divergences artistiques apparaissent entre les membres. Dans ce contexte tendu accentué par des problèmes d'argent, le guitariste Michel Bonnecarrere quitte le big band.

Les frères Hervé (Michel et André), Christian Devaux, Michel Ripoche, Daniel Carlet et Ian Douglas Bellamy sont les auteurs d'un Hard Times Good Times très jazzy et plus commercial que ses devanciers. Il est le disque le plus populaire et le plus vendu du catalogue, tracté par le titre qui nomme l'album.

En chantant dans la langue de Shakespeare, Zoo s'attire les faveurs du public américain et britannique mais reste désespérément boudé dans une France coincée qui aura fini par tuer dans l’œuf les moindres velléités de ses meilleurs artistes pop-rock. L'heure est à leur réhabilitation. Exhumons sans complexes leurs œuvres, des œuvres que les étrangers ont toujours plébiscitées. Hard Times Good Times compte parmi celles-ci (RAZOR©).

 

1. What Am I To Be.

2. Down In Memphis.

3. Captain.

4. Faces.

5. Delusions And Dreams.

6. Four Strings.

7. Second-Class Games.

8. Hard Times, Good Times.

9. Queen Of The Green Eyes.

10. La Feuille.

 

Michel Hervé:basse,percussions.

Christian Devaux:batterie.

Daniel Carlet:flûte,violon,saxophone soprano et baryton.

André Hervé:guitare,orgue,piano,piano électrique,percussions.

Michel Ripoche:violon,saxophone ténor,trombone.

Ian Douglas Bellamy :chant,percussions.

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