The Aynsley Dunbar Retaliation.

BIOGRAPHIE.

 

THE AYNSLEY DUNBAR RETALIATION/Liverpool (Angleterre)

 

Aynsley dunbar retaliation 4

 

Actif entre 1967 et 1969.

Label:Liberty,Blue Thumb Records.

Genre:hard rock,blues-rock,rock progressif,blues.

Site officiel:www.aynsleydunbar.com

 

Un des plus beaux groupes de la fin des 60’s.

Comme son nom l’indique, l’Aynsley Dunbar Retaliation est le groupe du liverpuldien Aynsley Dunbar, un batteur comme on n’en fait plus et qui depuis le début des années 60 jusqu’à aujourd’hui, a joué pour quasiment toutes les stars du rock, pratiqué toutes les formes de styles du jazz au blues en passant par le rock. Cette formation est un des plus belles qu’il m’ait été donné de suivre de son temps.

On ne compte plus les personnalités qu’il a fréquenté mais parmi les plus marquantes, on recense des groupes ou artistes comme les Bluesbreakers de John Mayall avec Peter Green et John McVie, Jeff Beck, les Mothers de Zappa, Lennon, Lou Reed (sur l’album Berlin), David Bowie, Jefferson Starship à la fin des années 70, Journey, Whitesnake, UFO, voire Eric Burdon.

Du jazz au blues-rock.

Aynsley Dunbar a un pédigrée que beaucoup de musiciens lui envient, d’autant que, si la roue avait tourné en sa faveur, il aurait pu rajouter le Jimi Hendrix Experience sur son C.V., la balance ayant malheureusement penché en faveur de Mitch Mitchell. Sa carrière professionnelle peut se targuer d’être chichement remplie pour avoir contribué à plus de 110 LP dont une trentaine a touché l’or et le platine.

Aynsley pratique la batterie depuis qu’il a 11 ans et début son parcours professionnel à Liverpool, sur la scène jazz. A 15 ans, il intègre un groupe local, appelé Leo Rutherford ; deux ans plus tard, on le retrouve à battre pour la formation de jazz Merseysippi Jazz Band, puis au sein du Derry Wilkie and The Pressmen, plus rock (1963). Viennent ensuite les Flamingos, les Freddie Star & The Flamingos, les Excheckers, puis Stu James And The Mojos, entre 1964 et 1966.

1966 est l’année où Dunbar rejoint les Bluesbrakers de Mayall. Au sein de ce groupe considéré par le rock comme formateur pour les jeunes musiciens, il commence à faire parler de lui ; son jeu de batterie est apprécié, ses solos des tueries qu’il ne faut alors manquer sous aucun prétexte.

Son passage au sein du Jeff Beck Group confirme tout le potentiel de ce batteur hors norme. Le milieu s’arrache ce très grand musicien de sessions, Donovan notamment qui se l’approprie pour son album Barabajajal (1967).

Aynsley dunbar retaliation aynsley dunbar

« Quand je suis revenu de Londres à Liverpool en 1964, je suis passé du jazz au rock. Touts les clubs de jazz de Liverpool s’étaient concerti au rock. De 30 à 40 pèlerins, on est passé à dix fois plus. J’ai imméditement compris que si je voulais continuer à bosser comme musicien, il me fallait aller vers le rock. Autour de moi, on a tenté de me dissuader au prétexte que le rock ne payait pas. Dès mon premier engagement dans le rock, j’ai gagné 4 fois plus que dans le jazz. » (Aynsley Dunbar)

Un joyau de la scène blues-rock british.

Cette même année 1967, il fonde enfin son groupe, l’Aysnley Dunbar Relaliation, un des groupes anglais les plus populaires de la scène blues-rock britannique de la fin des 60’s et certainement le plus proche musicalement des Bluesbreakers de John Mayall, une des références de tous les temps du genre. Les chiens ne font pas de chats. Aynsley Dunbar a alors 21 ans.

John Moorshead, chanteur et guitariste, Alex Dmochowski, bassiste, Victor Brox, chanteur-guitariste et claviériste et Aynsley Dunbar constituent le line-up de référence du groupe, celui que l’on retrouve sur les deux premiers de leurs 3 LP : Aynsley Dunbar Retaliation (1968) et Doctor’s Dunbar Prescription (1969). To Mum From Aynsley & The Boys, voit l’élargissement du groupe du quatuor à quintet avec l’arrivée du claviériste Tommy Eyre, mais paraît alors que le groupe est sur le point de se séparer ou vient de le faire (1970).

Une sublime discographie.

Les trois opus du groupe réalisés de son vivant sont autant de disques recommandables. L’éponyme ouvrant le catalogue en 1968 contient de grands titres de british blues, certainement parmi les meilleurs jamais enregistrés. Il met en valeur des acteurs très sous-estimés comme le  chanteur Victor Brox, le Judas Iscariote de la comédie musicale du moment, Jesus Christ Superstar, le guitariste flamboyant qu’est John Moorshead, le bassiste actif Dmochowski et Dunbar, batteur déjà bien rodé pour son âge.

Aynsley dunbar retaliation 1

Doctor’s Dunbar Prescription (1969) confirme tout le bien de son prédécesseur. Amateurs de blues-rock, ces deux jets sombres, lourds et tueurs sont incontournables.

To Mum From Aynsley & The Boys (1970) est produit par John Mayall. Il bénéficie du renfort de Tommy Eyre qui impulse au groupe une délicieuse orientation R&B et jazzy.

ADR n’a jamais été aussi funky que sur cet enregistrement qui fait état d’un groupe au sommet de sa forme. Une merveille également.

Remains To Heard est le quatrième album à créditer à cette formation anglaise, cette affectation se fait à titre posthume, une fois que l’Aynsley Dunbar Retaliation a splitté (1969).

Difficile à considérer comme un véritable opus d’ADR, il se compose essentiellement de chutes de l’album qui le précède et de titres faits avec des artistes qui n’ont jamais fait partie du groupe.

Zappa, Journey, Jefferson Starship, Alvin Lee…

L’après Aynsley Dunbar Retaliation se résume pour son leader à rebondir vers une autre formation créée par ses soins, Blues Whale, plus progressive et plus jam. Tommy Eyre est également dans le coup. A la suite de cette expérience, Dunbar enchaîne sur les Mothers de Zappa, Journey pour 4 LP, Jefferson Starship (3 albums), Whitesnake, Pat Travers, John Lee Hooker, Michael Schenker, contribue sur les projets de Van Halen, Steve Ray Vaughn, Aerosmith, Queen, Metallica, Alvin Lee…

Affecté par la mort de son fils Dash en mai 2000, Aynsley Dunbar a réuni toutes ses forces pour continuer à créer de la musique et à faire profiter ses confrères du milieu de toute son expérience et de son immense talent. Ce batteur de classe mondiale est toujours en activité aujourd’hui (RAZOR©).

LP Studio 1 - 1968

 

Aynsley dunbar retaliation lp 1968

 

THE AYNSLEY DUNBAR RETALIATION

AYNSLEY DUNBAR RETALIATION – 1968  5/5

 

Publié en 1968.

Produit par Ian Samwell.

Durée:37:28.

Label:Liberty.

Genre:blues,blues-rock,blues électrique.

 

Aynsley Dunbar n’en a que faire de la retraite à 60, 65 ou 70 ans. Il laisse ça à la bleusaille d’aujourd’hui. Né en 1946 à Liverpool, il poursuit son petit bonhomme de chemin et continue à se démener derrières ses fûts et ses cymbales comme il le fait depuis le début des années 60 et qui en fait l’un des plus anciens batteurs encore en activité.

L’homme a un cursus long comme ma... Pardon, je veux dire… comme mon bras. Tant dans ses passages dans groupes prestigieux, que pour son propre compte ou qu’en qualité de musicien de sessions, Dunbar a marqué la batterie de son empreinte, passant allègrement, grâce à une technique hors pair, du rock au jazz, du blues à la fusion et au rock progressif.

Il a battu pour toute la planète rock, figure au crédit d’un nombre incroyable d’albums, série démarrée sous  la bannière de Stu James And The Mojos en 1963, avant de s’illustrer au sein des Bluesbreakers de Papy Mayall et pas prête de prendre fin, au regard des nombreuses sollicitations dont il est encore l’objet régulièrement.

Au passage, il se constitue un beau palmarès, façonné dans l’entourage et sur les projets, entre autres, de Jeff Beck, de Donovan, de Zappa, Lou Reed, David Bowie, Flo & Eddie, Journey, Lennon, du Jefferson Starship, d’Eric Burdon, Whitesnake, UFO ou Michael Schenker.

A 21 ans, il prouve qu’il en a dans la culotte et fonde Aynsley Dunbar Retaliation (1967), devient rapidement une attraction du blues anglais de la fin des années 60  et publie quatre albums. Si sur les projets des autres, il s’est généralement fondu dans le moule (quoi que Mayall l’a viré des Bluesbreakers pour son côté « je la joue pour moi »), pour sa pomme, il oriente sa musique vers  une voie qui lui permet de flamber personnellement. Il prend ainsi sa revanche, ce que signifie Retaliation  dans la langue de Shakespeare.

Chassez le naturel, il revient au galop. On ne refera pas Aynsley qui, au début du projet Retaliation, envisageait ni plus, ni moins, de se la faire belle avec le trio hautement huppé du moment, Jack Bruce, Peter Green et Rod Stewart. Rien que ça… Il renonce finalement à cette idée complètement dingue pour se recentrer sur un line-up plus conventionnel, certainement plus motivé aussi, impatient de s’y coller et d’en découdre, d’abord sur le circuit londonien, avant de se projeter plus loin.

Dunbar ne perd pas au change en enrôlant les talentueux Alex Dmochovski (basse) et John Moorshead (guitare), mais surtout le multi-instrumentiste et sublime chanteur Victor Brox, un vieux de la vieille du british blues. Ce line-up est celui qui figure sur le premier album d’Aynsley Dunbar Retaliation (en écoute intégrale ici) fait pour Liberty et en 1968, éponyme, qui débute de façon très originale, par un air siffloté, et relayé par un chant qui ressemble comme deux gouttes d’eau au Chevrolet d’Ed & Lonnie Young et popularisé par Donovan,  accompagné principalement de batterie et de percus (Watch ‘n’ Chain).

L’entrée en matière est plutôt réussie et surprenante. My Whiskey Head Woman fait flamber Brox : la voix est belle, et profonde, le blues languissant et le solo de cornet absolument fantastique. Dunbar a donc vu juste dans son recrutement, d’autant que la rythmique n’est pas en reste et dévoile une belle inspiration en solo de ses deux composantes sur le jazzy Sage Of Sidney Steet et Mutiny (le solo de batterie s’éternise cependant un peu trop), ou ensemble sur  See See Baby.

Le slow blues Double Lovin’, c’est le blues à la Green, dans toute sa splendeur,  tandis que Trouble No More, c’est encore du Brox de haute volée, mais au piano, cette fois-ci. A partir de Roamin’ And Ramblin’ qui démarre la deuxième face, le lot devient plus expérimental, sans être pourtant dénué d’intérêt. Le blues organique Memory Of Pain en est, à mon avis, le plus digne représentant.

Au final, l’offre est fidèle à ce que l’on est en droit d’attendre de la part d’une formation de british blues de cette période, qui plus est estampillée majeure. L’ensemble est sans surprises, mais bien réalisé. On y reviendra régulièrement tant c’est bon (RAZOR©).

 

1. Watch 'N Chain.     

2. My Whisky Head Woman.       

3. Trouble No More.   

4. Double Lovin'.        

5. See See Baby.       

6. Roamin' An' Rumblin'.     

7. Sage Of Sydney Street.  

8. Memory of Pain.    

9. Mutiny.

 

Victor Brox:trompette,guitare,claviers,chant.

Aynsley Dunbar:batterie.

John Moorshead:guitare,chant.

Alex Dmochowski:basse.

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