Barry Goldberg.

BIOGRAPHIE.

 

BARRY GOLDBERG/Chicago (Illinois-USA)

 

Barry goldberg electric flag 2

 

Né Barry Joseph Goldberg, le 25 décembre 1942 à Chicago (USA).

Actif depuis 1960's.

Label:Atco,Buddah,Verve,Reprise...

Genre:rock and roll,rock,blues,blues-rock,blues électrique.

Site:www.barrygoldbergmusic.com


Dans tous les bons coups du blues.

Claviériste occasionnel du groupe de soutien de Bob Dylan lors de sa révolution électrique de Newport en 1965 et membre d'Electric Flag qu'il a contribué à fonder deux ans plus tard avec le guitariste Mike Bloomfield, Barry Goldberg a quasiment tout connu dans une carrière qu'il poursuit toujours aujourd'hui.

L'homme ne semble pas disposé à prendre sa retraite puisque, depuis 2013, il s'est engagé dans la très sérieuse formation des Rides, un trio initié par Stephen Stills et comprenant aussi leur cadet, le quadra Kenny Wayne Shepherd.

Au deuxième LP, Pierced Arrow (2016), les Rides pointent déjà en tête du Billboard des albums pour la catégorie blues. Signe que le rêve de blues-band de l'ex Manassas n'est pas si insensé que cela.

Du blues, Barry Goldberg en a bouffé dans son parcours professionnel ; quoi de plus normal quand on voit le jour à Chicago et que l'on est élevé au son des Muddy Waters, Otis Rush, Little Walter ou Howlin' Wolf, que l'on tape le bœuf avec Michael Bloomfield, Paul Butterfield, Charly Musselwhite, Harvey Mandel.

Des artistes exceptionnels, il en a fréquentés dans sa vie : Jimi Hendrix, Duane Allman, Mick Taylor, Bob Dylan, Neil Young, Al Kooper, ainsi que Stephen Stills qu'il côtoie déjà sur le légendaire Super Session (1968).

Barry goldberg robbie and the troubadoursRobbie and The Troubadours (1962/64).

Barry goldberg bloomfieldMike Bloomfield et Barry Goldberg.

Barry goldberg electric flagThe Electric Flag.

Barry goldberg kgbKGB.

Barry goldberg the ridesThe Rides depuis 2013.

Le blues, sa tasse de thé.

Chicago et le blues sont sa tasse de thé depuis ses débuts dans la ville de l'Illinois. Fils d'une chanteuse et pianiste, Barry Goldberg apprend le piano après s'être d'abord essayé à la batterie. Les premières notes de blues lui reviennent à force d'écoutes répétées sur son petit transistor. C'est là, sur WGES 1390, dans son émission préférée Jam With Sam (Evans), qu'il est confronté aux maîtres du genre, évoqués ci-dessus, si proches de lui géographiquement.

Ces géants du blues lui donnent l'envie d'en découdre aussi sur l'échiquier de Chicago ; d'abord dans des formations scolaires qui rivalisent dans la partie nord de la ville, puis dans des groupes plus structurés qui constituent à forger sa réputation de pianiste. A 16 ans, Barry Goldberg fait partie du groupe résident du Teenland, un club d'ados de la ville.

Déterminé à faire de la musique son métier, il fait le mur allant même jusqu'à découcher pour pouvoir, la nuit venue, côtoyer les musiciens de blues alors en vogue. Les approcher est pour Barry une satisfaction mais partager la partition avec eux est l'aboutissement suprême. Ses premières piges, il les fait pourtant aux côtés de rockeurs débutants comme Johnny Tillotson ou Ral Donner.

Des échanges déterminants.

Pas vraiment passionné par les études, Barry est déscolarisé ; Michael Bloomfield, élève de la même Central YMCA High School, prend un chemin identique. Jusque là, les deux étudiants n'en sont qu'à échanger des banalités sur la passion qui les unit ; leur relation va alors devenir plus étroite, d'autant que le jeune Mike (15/16 ans) est déjà un des guitaristes les plus talentueux de la place.

Barry a 18 ans quand il joue sur Rush Street. Dans les 60's, Rush Street est l'épicentre de la vie nocturne de Chicago où s'alignent de part et d'autre de son axe, les clubs blacks, les cabarets et endroits de réjouissances les plus populaires. Il s'y produit au sein des twisters new yorkais Robbie And The Troubadours (1962) pour une clientèle plus attirée par les serveuses déguisées en Bunny que par le show.

Mike Bloomfield joue lui dans des lieux plus appropriés à la pratique du blues. Il exhorte Barry Goldberg à quitter cette scène et de le rejoindre dans la vieille ville où il est la star du Fickle Pickle, un club branché, niché dans les sous-sols d'un magasin d'alcools de la Rush Street. Conquis, Goldberg se laisse séduire par les arguments de son ami et se retrouve à jouer le blues avec Steve Miller, Charlie Musselwhite, Nick Gravenites et Harvey Mandel. Cette décision change le cours de sa vie.

Dans le coup fumeux de Newport 65.

Mike Bloomfield, alors membre du Paul Butterfield Blues band, invite Barry Goldberg à se joindre ponctuellement au groupe, et notamment à l'occasion du festival folk de Newport en 1965. La formation de Chicago soutient alors un Dylan virant sa cuti en passant de l'acoustique à l'électrique, pour le tollé que l'on sait. Un tel ramdam focalise l'attention sur l'événement et ses auteurs.

Les grands débuts dans la carrière du claviériste se situent là dans cet instant qui fait basculer l'histoire de la musique. Dès lors, plus jamais les géants du blues et du rock n'oublieront le nom de Barry Goldberg.

Goldberg s'allie alors au guitariste Steve Miller pour monter le Goldberg-Miller Blues Band (1965/66), puis assure quelques sessions à New York (Jimi Hendrix, Mitch Ryder and The Detroit Wheels, Leonard Cohen, le Flying Burrito Brothers...).

Electric Flag, Super Session, KGB...

Quand Mike Bloomfield quitte Paul Butterfield et déménage en Californie (San Francisco) avec en tête l'idée de fonder l'American Music Band auquel il tient tant, il fait appel à deux « pays » comme on dit : Nick Gravenites et Barry Goldberg. L'Electric Flag (1967), combo fusionnant blues, rock, soul, R & B et psychédélisme, comprend aussi Buddy Miles, Harvey Brooks et une section de cuivres. Ce registre artistique induira les vocations de Chicago Transit Authority et de Blood Sweat & Tears.

Barry goldberg portrait 2

« Ma première rencontre avec le Paul Butterfield Blues Band remonte à 1964. Je jouais alors dans un club de Rush Street décoré de velours rouge et employant du personnel féminin habillé en Bunny ; j'évoluais au sein d'un groupe de twist portant costumes chics. Un jour, Mike Bloomfield débarque dans le club. Stupéfait, il me dit que ce genre de trucs, ça n'était pas pour moi. Il m'a alors invité à jouer dans la vieille ville avec le groupe de Paul Butterfield. Rien à voir, c'était hip et tout le monde portait des jeans. Puis j'ai été invité à jouer au festival de Newport 65 où j'ai contribué, avec le Paul Butterfield Blues Band, à la conversion historique de Bob Dylan à l'électrique. » (Barry Goldberg)

Placé sous la direction d'Albert Grossman, l'homme qui a fait le succès de Dylan, The Electric Flag est une des vedettes du festival de Monterey 67. Hélas, miné par les prises abusives de drogues et les conflits entre Bloomfield et Miles, le groupe disparaît rapidement, après que la critique, suite à l'excellent premier LP, A Long Train Comin' (mars 1968), en ait fait une de ses formations préférées. Un mois après la sortie du disque, les deux chicagoans quittent un groupe qu'ils laissent entre les mains de Buddy Miles.

Barry Goldberg et Harvey Brooks rebondissent sur Super Session l'album de Mike Bloomfield (1968), une jam sur une journée organisée par Al Kooper. Le projet tel que prévu tourne court en raison de problèmes de santé de Mike Bloomfield. Il est suppléé par Stephen Stills pour le boucler.

L'année suivante, Goldberg et Bloomfield se retrouvent autour d'un projet mettant en exergue le talent de songwriter du claviériste : l'excellent 2 Jews Blues (1969) dont Goldberg signe 5 des 9 titres, rappelle que ses chansons ont été reprises par des pointures du milieu comme Rod Stewart (It's Not The Spotline), Gladys Knight, Joe Cocker, Steve Miller, Bobby Blue Band, Gram Parsons ou BJ Thomas. En qualité d'auteur-compositeur, il est alors souvent associé à Gerry Goffin, le co-signataire des chansons de Carole King.

Au milieu des 70's, il prend part à la reformation d'Electric Flag avant de participer au montage du mégagroupe KGB (2 LP en 1975 et 1976), acronyme réunissant les initiales de chacun des membres fondateurs du groupe : K comme Kennedy (Ray), chanteur, G comme Goldberg et B comme Bloomfield.

Les Rides : une affaire qui marche.

Pour être complet, le line-up se compose également du bordelais Rick Grech (eh oui, il est né à Bordeaux), ancien de Family, Blind Faith, Ginger Baker Airforce, Traffic, et de Carmine Appice (Vanilla Fudge, Cactus, Beck Bogert & Appice). Malheureusement, ce projet ambitieux mais trop canalisé ne restitue pas la folie et la grandeur attendues d'une telle réunion de musiciens.

Barry Goldberg juge alors opportun de quitter San Francisco pour Los Angeles, d'autant que Mike Bloomfield commence sérieusement à s'enliser. Il continue, depuis la fin des 70's, à composer, à produire, à arranger, à participer à des sessions et à tourner, comme c'est présentement le cas avec le sublime Rides, entreprise qui avait tout d'une chausse-trappe mais dans laquelle il s'éclate comme un jeunot (RAZOR©).


 

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio 1 - 1966

 

Barry goldberg blues band blowing my mind 66

 

BARRY GOLDBERG BLUES BAND

BLOWING MY MIND – 1966  4/5

 

Publié en 1966.

Produit par Bill Sherrill.

Durée:28:08.

Label:Epic.

Genre:pop,rock,blues,Chicago Blues.

 

Maillon fort du catalogue de Goldberg.

 

Un petit briefing sur le sujet qui nous intéresse, le sieur Barry Goldberg, natif de Chicago. A Chicago, quand tu y vois le jour et que tu as la fibre musicale en toi, tu as 9 chances sur dix de finir à pratiquer le blues maison, le Chicago Blues. La filière R & B principalement, mais celle rock & roll également, lui servent de point de départ dans une carrière couvrant aussi bien la musique (il est un brillant organiste), l’écriture et la production.

Repris par la crème des artistes de la planète rock, à savoir les Rod Stewart, Joe Cocker, Gram Parsons, Percy Sledge ou encore Gladys Knight, Barry Goldberg est surtout familier des habitués pour avoir été le cofondateur de l’Electric Flag avec le génial guitariste Mike Bloomfield, comme lui né à Chicago. Las, alors que Bloomfield trône déjà parmi les légendes du rock à son poste, Barry Goldberg, véritable force motrice du Flag et musicien de session incontournable, malgré son talent de claviériste unanimement avéré, est encore un anonyme pour beaucoup. Un sous-coté.

Pianiste de formation, bien que la batterie soit le premier instrument auquel il souscrit jeune, fils d’une pianiste bercé par les Muddy Waters, Little Walter et autres Howlin’ Wolf, Goldberg vire rapidement du côté des beatniks et se retrouve à jouer avec des gens comme Steve Miller, Charlie Musselwhite ou encore Harvey Mandel. De Goldberg qui a laissé quelques belles pièces au rock, on retiendra aussi ses collaborations avec Dylan et notamment sa contribution à la tristement célèbre transition de ce dernier du folk à l’électrique sur la scène de Newport en 1965. Et ce disque sous Barry Goldberg Blues Band, entre autres, car Goldberg a une belle carte de visite à faire-valoir.

Le dénommé Blowing My Mind, publié en 1966, est un de ses maillons forts avec ses couvertures, au demeurant excellentes, de Jimmy Reed ou de T.Bone Walker, ses adaptations plus bluesy du That’ll Be The Day de Buddy Holly ou du Whole Lotta Shaking Going On de Jerry Lee Lewis.

Les originaux de Goldberg montrent également de la qualité: Gettin’ It Down, Mean Old World, Twice A man, Blowing My Mind, Put Me Down. Le répertoire de cet unique fait d’armes du BGBB est placé entre les mains expertes, outre Goldberg, de Charlie Musselwhite, Harvey Mandel, Roy Ruby et Maurice McKinley. Pas des pieds tendres, faites-moi confiance. Si on a le blues dans ses bons papiers, c’est le moment de s’y intéresser. Ca vaut son pesant de caouètes (RAZOR©).

 

1. Gettin' It Down.

2. Mean Old World.

3. Twice a Man.

4. Whole Lotta Shakin' Going On.

5. Big Boss Man.

6. Blowing My Mind.

7. That'll Be the Day.

8. Can't Stand to See You Go.

9. Put Me Down.

10. Think.

 

Barry Goldberg:chant,claviers.

Charlie Musselwhite:harmonica.

Harvey Mandel:guitare.

Roy Ruby:basse.

Maurice McKinley:batterie.

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S THE ELECTRIC FLAG.

LP Studio 1 - 1968

 

Electric flag long time comin

 

THE ELECTRIC FLAG

A LONG TIME COMIN’ – 1968  5/5

 

Publié en mars 1968.

Produit par John Court.

Durée:37:06.

Label:Columbia Records.

Genre:blues-rock,blues,soul.

 

Ils avaient pourtant toutes les cartes en main …

 

Après un premier disque fait pour les besoins d’un film avec Peter Fonda, The Trip, Electric Flag sort un premier LP, A Long Time Comin’ (en écoute intégrale ici) qui tarde sérieusement à venir. Au regard de ce qu’il restitue, il eut été dommage que le projet fut annihilé par les problèmes qui minent le groupe de l’intérieur : la drogue et les égos. On n’en était pas loin car, immédiatement après sa publication et, après grosso modo une année d’existence, Bloomfield claque la porte, rejoint par Goldberg qui, sage préfère penser à sa santé avant tout. Imaginez le climat.

C’est à Monterey et devant plus de 50.000 personnes qu’Electric Flag se fait remarquer et signer dans la foulée par Columbia Records. Malgré les tournées qui s’enchaînent dans l’après Monterey, le groupe demeure quasi inconnu sur la scène musicale. Il lui faut donc coûte que coûte un LP pour assurer sa promotion un peu partout, d’autant qu’entre American Music Band et Electric Flag, les fans, très demandeurs, y perdent leur latin.

L’ambitieux et prometteur A long Time Comin’ apporte de l’eau au moulin de leur notoriété et répond à l’attente mais celle-ci se révèle très éphémère, Electric Flag ne réalisant que deux albums avant de se dissoudre.

A Long Time Comin’ se distingue pourtant dans le théâtre musical ambiant par une fusion très réussie de blues, de rock, de jazz et de rythm & blues, fusion dans laquelle les cuivres prennent une place majeure et ce, pour la première fois dans une unité pop-rock.  C’est malheureux à dire, mais cet album qui n’est pas sans évoquer Chicago, est déjà l’apogée de l’Electric Flag. Avec tout le talent qui fut le sien, et vous en avez l’incontournable preuve ici, son parcours est un véritable gâchis.

A Long Time Comin’ début d’une manière on-ne-peut-plus insolite par un discours devant le congrès américain de Lyndon Johnson, le Président des Etats-Unis évoquant la dignité de l’homme et qu’un rire franc, ironique et des applaudissements nourris viennent interrompre, histoire de laisser la place à Killing Floor d’Howlin’ Wolf, à charge pour ce titre de faire les présentations entre l’Electric Flag dont on parle tant mais dont on sait peu et le public. Cette façon de refaire le coup de « ôte-toi d’là que j’y mette ! » en mode Chicago Blues met aussitôt Mike Bloomfield sous les projecteurs et rappelle d’où il vient. Le manche de la guitare se met déjà à fumer.

Et derrière, ça ne lève pas le pied : Groovin’ Is Easy, la chanson d’Electric Flag par définition, celle qui nous rappelle le meilleur dans le pire, avec un Gravenites qui s’offre son moment de popularité, Over-Lovin’ You, magnifique œuvre du tandem de l’écriture Bloomfield/Goldberg qui situe la haute virtuosité du jeu de basse d’Harvey Brooks, le boogie-rock dansant Wine, Texas avec Buddy Miles au chant, Sittin’ In Circles qui s’ouvre sous une pluie d’orage, Another Country. Trop court au regard de ce qu’il aurait pu donner s’il avait été allongé comme un Cadbury, Easy Rider conclue de la meilleure des façons un album remarquable et dont la section cuivres, fait rare pour ne pas dire jamais exploite jusqu’alors dans le genre, est d’une audace incroyable avant d’être un atout indéniable. Le concept, avec ses multiples influences, est original et aurait mérité d’être approfondi. On sait ce qu’il advient maintenant de la suite (RAZOR©).

 

1. Killing Floor.

2. Groovin' Is Easy.

3. Over-Lovin' You.

4. She Should Have Just.

5. Wine.

6. Texas.

7. Sittin' in Circles.

8. You Don't Realize.

9. Another Country.

10. Easy Rider.

 

Nick Gravenites:chant,percussions.
Mike Bloomfield:guitare.
Harvey Brooks:basse,guitare.
Buddy Miles:batterie.
Barry Goldberg:claviers.
Herbie Rich,Peter Strazza:saxophone.
Marcus Doubleday:trompette.

LP Studio 3 - 1974

 

Electric flag the band kept playing

 

THE ELECTRIC FLAG

THE BAND KEPT PLAYING – 1974  3,5/5

 

Publié en 1974.

Produit par Jerry Wexler.

Durée:42:25.

Label:Atlantic Records.

Genre:blues-rock,hard rock.

Que de regrets !

 

Que de regrets !

 

Electric Flag se désintègre, en 1969, après avoir sorti leur deuxième album An American Music Band.  5 ans après, les mêmes, dont Mike Bloomfield, se retrouvent pour publier un troisième album du nom de The Band Kept Playing (en écoute intégrale ici), produit par Jerry Wexler pour Atlantic Records.

Commercialement parlant, il ne pèse pas bien lourd s’il contient néanmoins de très bons morceaux de blues teintés de soul, de rock, de funk comme le soul-rock Earthquake Country, Doctor Doctor, et l’excellente Every Now & Then, signée Buddy Miles, il souffre par trop d’un manque flagrant de pêche. Par contre, le bon est très bon et prend place dans les meilleurs titres jamais réalisés par l’Electric Flag qui a le privilège de pouvoir disposer de trois chanteurs talentueux : Buddy Miles, Nick Gravenites et celui arrivé entre temps, Roger Jellyroll Troy.

The Band Kept Playing n’est pas mauvais, il manque tout simplement d’énergie et d’imagination. Avec la production insipide de l’ami Wexler mettant un peu trop l’accent sur les cuivres, pas pour le meilleur effet, il n’en faut pas plus pour que le plaisir engendré par les titres les plus en vue s’en trouve quelque peu gâché. Dommage (RAZOR©).

 

1. Sweet Soul Music.
2. Every Now & Then.
3. Sudden Change.
4. Earthquake Country.
5. Doctor, Doctor.
6. Lonely Song.
7. Make Your Move.
8. Inside Information.
9. Talkin' Won't Get It.
10. The Band Kept Playing.

 

Nick Gravenites:chant,guitare.
Mike Bloomfield:lead guitare.
Buddy Miles:chant,batterie.
Barry Goldberg:claviers.
Roger (Jellyroll) Troy:basse,chant.
Richard Newell:harmonica.
Terry George:guitare.
Richard Tee:claviers.
Barry Beckett:synthétiseurs Mellotron et Moog.

DISCOGRAPHIE BLOOMFIELD, KOOPER & STILLS 60'S.

LP Studio - Jam Session - 1968

 

Bloomfield kooper stills super session

 

BLOOMFIELD, KOOPER, STILLS

SUPER SESSION  5/5

 

Publié en 1968.

Produit par Al Kooper.

Durée:50:19.

Label:Columbia.

Genre:blues,blues-rock.

 

A faire sien, les yeux fermés.

 

Il aura fallu un jam de 9 heures, en 1968, pour que naisse Super Session (en écoute intégrale ici), cet album extraordinaire qui reprend, pour l’essentiel de son répertoire, des grands classiques blues et pop-rock ! Dois-je vous présenter les lascars qui œuvrent sur Super Session ? Dans l’ordre, Mike Bloomfield, un musicien multi-instrumentiste hyper doué, un des meilleurs guitaristes de tous les temps, mais, hélas, héroïnomane invétéré, dont le talent s’est révélé sur Highway 61 Revisited de Dylan, puis aux côtés de Paul Butterfield, avant de voler de ses propres ailes dans Electric Flag qu’il fonde en 1967. Ensuite, Al Kooper, qui fondera le fameux Blood Sweat and Tears et enfin, le fameux Stephen Stills du CSNY, de Manassas et de…Véronique Sanson.

Un magnifique disque !  Albert’s Shuffle (composé par Bloomfield comme His Holy Modal Majesty et Really), blues torride, plante le décor avec une Gibson aux sonorités étonnantes merveilleusement maîtrisée par Bloomfield, relayée par le clavier de Kooper et soutenue par une basse efficace tenue par Harvey Brooks et agrémenté de petits solis de cuivres. C’est pur et beau comme du cristal.

Et ça continue dans la même teneur avec Stop, le deuxième morceau, un blues shuffle, un des titres phares de l’album, puis avec Really, blues plus lent à la B.B. King. Et il y a ce phénoménal Season Of The Witch (sur l’autre face du vinyle) joué par un Stills des grands jours pendant plus d’une dizaine de minutes. Ce morceau vaut son pesant d’or certes, mais toutes les compositions sont promptes à vous faire craquer pour ce disque bénéficiant de belles et inspirées improvisations.

Mike Bloomfield, tout en fluidité, assure alors une magnifique face A avant de se rétracter alors que le projet initial tournait essentiellement autour de lui. Partant de cette défection subite, Stills, dans un autre registre, plus psychédélique, joue les pompiers de service et permet de boucler l’album.

Le concept de l’album que l’on doit à Al Kooper (producteur chez Columbia en 1968) était de réunir des musicos de talent pour une jam session. Le but était de s’enfermer en studio (ce qu’ils ont fait durant 9 heures pour enregistrer cinq titres), de laisser le talent s’exprimer et de transmettre de l’émotion. Malgré les déboires qui ont perturbé son initiateur, Al Kooper, ce dernier n’en parvient pas moins à réaliser un album des plus équilibrés. L’exploit n’est pas peu mince et annonce ses futures réussites à la prod.

Super Session est un album superbe et une réunion au sommet historique mais il est avant tout celui d’un homme : Mike Bloomfield, de la race de ceux qu’on appelle guitar-hero. A posséder (RAZOR©).

 

1. Albert's Shuffle.

2. Stop.

3. Man's Temptation.

4. His Holy Modal Majesty.

5. Really.

6. It Takes A Lot To Laugh, It Takes A Train To Cry.

7. Season Of The Witch.

8. You Don't Love Me.

9. Harvey's Tune.

 

Mike Bloomfield:guitare électrique de 1 à 5.

Stephen Stills:guitare électrique de 6 à 9.

Al Kooper:piano,orgue,chant,guitare 12 cordes et électrique.

Barry Goldberg:piano électrique.

Harvey Brooks:basse.

Eddie Hoh:batterie.

DISCOGRAPHIE THE RIDES 2000.

LP Studio 1 - 2013

 

Stills the rides can t get enough 2013

 

THE RIDES

CAN’T GET ENOUGH – 2013  4/5

 

Publié en août 2013.

Produit par Jerry Harrison,Kenny Wayne Shepherd,Stephen Stills.

Durée:48:09.

Label:Mascot Provogue.

Genre:blues-rock,Modern Electric Blues,rock,hard rock.

 

Une si longue attente…

 

Attendons un peu pour voir si on peut affubler ce trio du statut de super groupe. Il ne suffit pas d’être 3, d’appartenir pour deux d’entre eux et depuis presque 50 ans au gratin du rock (Stephen Stills et Barry Goldberg) pour user d’une panoplie de qualificatifs réservés traditionnellement à une élite : Cream, Jimi Hendrix Experience, Blind Faith et Z.Z Top, les plus populaires ; à un degré moindre, Beck Bogert Appice, West Bruce Laing, des projets qui ont flirté avec le haut niveau du power trio.

Stephen Stills sait de quoi il retourne en matière de tierces musicales, étant lui-même un pilier de Crosby Stills & Nash. L’heure de gloire du claviériste Goldberg, l’autre vétéran des Rides, a notamment consisté à former l’Electric Flag avec Mike Bloomfield (1967) et à graviter dans l’environnement de Dylan, bien qu’il ait réalisé une belle carrière d’auteur-compositeur, ce qui lui a valu d’être repris par de nombreux artistes, parmi lesquels Joe Cocker, Rod Stewart, Gram Parsons ou Steve Miller.

Le troisième larron, un des meilleurs guitaristes de blues actuels, Kenny Wayne Sheperd, appartient à une plus jeune génération. Il fait irruption dans la profession en 1995. Quand il naît en 1977, Stills, de 32 ans son aîné, affiche au compteur un passé prestigieux avec Buffalo Springfield, peut-être plus prestigieux mais sous-estimé avec Manassas et publie alors son cinquième LP avec Crosby Stills & Nash (CSN), sans compter que sa besace personnelle est déjà bien chargée.

Goldberg, le grand pote de Mike Bloomfield avec lequel il pointe sur le mythique Super Session de Bloomfield/Stills/Kooper, est trois ans plus vieux que Stills. Outre l’Electric Flag, il est derrière l’Ivar Avenue Reunion, le Barry Goldberg Blues Band, le Barry Goldberg Reunion ou encore KGB.

Ajoutez derrière ce trio majeur, le batteur Chris Layton, un ancien de la maison Stevie Ray Vaughn, Kevin McCormick, bassiste qui a bossé avec Crosby Stills & Nash, Jackson Browne, Bonnie Raitt, Bruce Hornsby ou encore Nils Lofgren ainsi que le percussionniste Luis Conte (James Taylor, Phil Collins…). Pas le genre de musiciens à venir simplement poser pour la photo…

Les Rides, dont on doit l’idée à un Stills fortement appuyé par Goldberg, font dans le blues-rock comme le restitue le répertoire de Can’t Get Enough (en écoute intégrale ici), album inattendu, passé inaperçu aux yeux de beaucoup. Partagé entre une écriture assurée par les membres des Rides (Don’t Want Lies, Can’t get Enough et Only Teardrops Fall) et des reprises plutôt inspirées de cadors du rock et du blues (Muddy Waters, Elmore James, Neil Young, Stills, Stooges), Can’t Get Enough, sorte de live de studio, dévoile que les papys et leur succession ne sont pas là pour faire de la figuration.

L’affaire est sérieuse, impressionne dans son mélange entre anciens et modernes, et mérite d’ores et déjà une reconduction dans le temps ; elle est à suivre avec grand intérêt. La collection spontanée et réussie de blues-rocks lourds et classiques ici portée et réalisée en une petite semaine, plaide incontestablement en faveur d’un bis repetita, voie dans laquelle les acteurs, visiblement satisfaits de leur prestation et il y a de quoi, semblent signer des deux mains et plutôt deux fois qu’une.

Ces Rides, dans leur première version discographique, prennent les traits d’un vrai projet à long terme. On s’éloigne donc de l’idée du groupe sans lendemain ou de la réunion ponctuelle de stars du rock. Dans les cartons s’annonce un deuxième jet dont l’écriture est entamée ; on entrevoit à l’horizon de ce N°2 des titres originaux en cours de prépa. Par ailleurs, une tournée de promotion de Can’t Get Enough a depuis été engagée.

Stills et Goldberg d’un côté, et Shepherd, de l’autre, montrent une belle complémentarité et allient la maîtrise instrumentale insolente et arrogante des seniors à l’énergie de la jeunesse. Les anciens font fi de leur forte personnalité et le petit, posé et réservé que Stills invite à se dépasser, se fond trop gentiment dans un moule collectif qui permet de tirer le meilleur parti d’un répertoire qui avait tout de la chausse-trappe. Puisse-t-il dans les desseins annoncés des Rides en lâcher plus encore et tout déchirer…

Dans l’attente de réécouter ce groupe (pas encore super groupe) que je vais désormais surveiller comme le lait sur le feu et dont je me fais fort d’épier les moindres faits et gestes à l’avenir, je me réjouis de retrouver Stills à un si haut niveau. Ses fans ont tellement et si longtemps attendu. Pour l’heure, permettez-moi de lancer une ola pour son retour sur le devant de la scène, pour cette unité aboutie et ce disque très très accrocheur (RAZOR©).

 

1. Roadhouse.

2. That's a Pretty Good Love.

3. Don't Want Lies.

4. Search and Destroy.

5. Can't Get Enough.

6. Honey Bee.

7. Rockin' in the Free World.

8. Talk to Me Baby.

9. Only Teardrops Fall.

10. Word Game.

 

Luis Conte:percussions.       

Barry Goldberg:claviers.      

Chris Layton:batterie.

Kevin McCormick:basse.

Alethea Mills,Chavonne Stewart:choeurs.

Kenny Wayne Shepherd:guitare,chant.  

Stephen Stills:guitare,chant.        

LP Studio 2 - 2016

 

The rides pierced arrow

 

 

 

THE RIDES

PIERCED ARROW – 2016  4/5

 

Publié en mai 2016.

Produit par The Rides.

Durée:44:54.

Label:429 Records.

Genre:blues-rock.

 

Plaisir communicatif !

 

Qui aurait pu imaginer que ce trio formé par deux anciennes légendes du rock, les septuagénaires Stephen Stills (71 ans) et Barry Goldberg (73 ans), et le guitariste autodidacte louisianais Kenny Wayne Shepherd, une trentaine d'années bien tassée plus jeune, était capable de nous faire voyager de la sorte ?

Cet improbable trio monté en 2012 par Stills est une vraie bouffée d'oxygène pour celui dont on spéculait plus sur la disparition à court terme que sur une hypothétique renaissance. Non seulement, l'association de bienfaiteurs dont il est l'instigateur tombe à pic pour les inconditionnels du texan lesquels commencent sérieusement à se poser des questions sur l'artiste, mais il ressort de ce triumvirat musical une grande cohésion et un ardent désir d'en découdre.

Le plaisir est partagé, sachez-le, et on tient avec cette unité tricéphale un des actes les plus intéressants mis sur pied par l'ex-Diva du rock, ; lui même avance détenir enfin le groupe de blues qu'il a toujours imaginé dans ses rêves les plus fous.

Le premier LP, Can't Get Enough (2013), installait les conditions d'une belle surprise à attendre de ces gaziers pour peu qu'ils gagnent encore en cohésion. Le premier album du trio n'a pas fait Top 40 du Billboard par la seule opération du Saint-Esprit. Le trio en a sous la pédale.

En alignant un deuxième opus encore plus costaud que le précédent, les Rides de l'ex Buffalo Springfield se posent désormais comme une des incontournables formations actuelles de blues-rock.

Pierced Arrow (en écoute intégrale ici), cet excellent N°2 du trio, gorgé de blues, de rock et de soul, articulé autour de 10 titres portés par des cadors de l'instrument, mais sans prises de risques majeures, prend place parmi les grands disques rock de cette année. Amorcé par un Kick Out Of It de derrière les fagots, Pierced Arrow, c'est du bon boulot sans véritable surprise mais surtout sans la moindre fausse note.

Ceux qui attendent de Stills et consorts (le batteur Chris Layton et le bassiste Kevin McCormick constituent la belle rythmique de ce disque) une quelconque originalité en seront pour leur frais ; de là à ne pas admettre que ce qui est ici proposé est efficace et maîtrisé de A à Z, il n'y a qu'un pas. Outre Kick Out Of It, la sublime ballade Virtual World, I've Got To Use My Imagination, By My Side, Mr Policeman, I Need You Lovin', My Babe, le bonus Born In Chicago (il y en a 3 dans l'édition Deluxe), Riva diva ont mes faveurs.

Ode à la gloire du blues et du rock, l'inspiré Pierced Arrow, s'il ne révolutionne pas le monde musical, atteint son objectif : procurer du plaisir à une cible recrutée essentiellement parmi les puristes de blues-rock. Chaudement recommandable ! (RAZOR©)

 

1. Kick Out Of It.

2. Riva Diva.

3. Virtual World.

4. By My Side.

5. Mr. Policeman.

6. I've Got To Use My Imagination.

7. Game On.

8. I Need Your Lovin'.

9. There Was A Place.

10. My Babe.

 

Stephen Stills:guitare,slide guitare,chant.

Barry Goldberg:orgue,piano,claviers.

Kenny Wayne Shepherd:guitare.

Chris Layton:batterie.

Kevin McCormick:basse.

 

 

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