Beck Bogert Appice.

BIOGRAPHIE.

 

BECK BOGERT APPICE/Angleterre

 

Bba gros plan

 

Actif entre 1972 et 1974.

Label:Atlantic.

Genre:blues-rock,hard rock,heavy metal.

 

Un rapprochement difficile.

L'idée de fonder BBA, entendez par cet acronyme Beck Bogert Apice, remonte à 1970. A cette époque, l'explosif et perfectionniste Jeff Beck est un ancien de la maison Yardbirds qu'il intègre en 1965 en remplacement d'Eric Clapton parti pour les Bluesbreakers et qu'il quitte, limogé, après une étape texane de la tournée américaine du groupe (octobre 1966).

Jamais le dernier à expérimenter le son et à pousser les nouvelles technologies à leur paroxysme dans cette optique, Beck profite de son passage dans la formation anglaise pour orienter musicalement les Yardbirds vers le psychédélisme et pour préparer le terrain à un genre qui va être appelé hard rock. Depuis janvier 1967, il a rebondi sur le Jeff Beck Group, plus lourd, à l'image de l'album Truth (1968) qui définit les contours du heavy metal.

Bba 73Un rapprochement difficile.

Bba introUn trio explosif mais un immense gâchis surtout.

Bba beckJeff Beck à l'initiative du trio.

Bba bogertTim Bogert et...

Bba appice...Carmine Appice, la rythmique de Cactus.

Bba lpUn seul album studio, mais excellent.

Alors qu'il est en proie à des problèmes de santé et confronté aux turbulences d'égo au sein de son unité, Jeff Beck, que Pink Floyd avait dans le collimateur pour remplacer Syd Barrett au sein de Pink Floyd et dont les Stones avait fait leur favori pour suppléer Mick Taylor (en 1976), met fin à l'aventure du Jeff Beck Group après un deuxième LP (Beck-Ola/juin 1969), enfanté dans la douleur.

Il annule par ailleurs la participation du groupe à Woodstock. Dans le même temps, le concurrent Led Zeppelin prend le pouvoir du genre.

Après avoir apporté son concours au récréatif Music From Free Creek (album de sessions engageant Eric Clapton, Keith Emerson, Linda Ronstadt, Mitch Mitchell et Buzz Feiten), Beck a dans l'idée de rapprocher sa guitare et la voix de Rod Stewart de deux américains, Tim Bogert et Carmin Appice, qu'il a à la bonne depuis 1967.

Ces derniers sont alors en fin de contrat avec Vanilla Fudge, lien new yorkais entre rock psychédélique et heavy metal.

Sans Rod Stewart, mais avec la moitié de Cactus.

Rod Stewart renonce à l'offre, optant pour les Faces et le projet a aussitôt du plomb dans l'aile. Il va momentanément tomber à l'eau quand, en décembre 1969, Jeff Beck, passionné de voitures, est victime d'un grave accident de la circulation qui l'immobilise six mois. Tim Bogert et Carmin Appice rebondissent sur Cactus.

Une fois rétabli, Jeff Beck réactive son Jeff Beck Group avec lequel il signe deux LP supplémentaires (Rough And Ready et Jeff Beck Group/1972) avant de le placer définitivement sous l'éteignoir la même année.

Dans le même temps, de l'autre côté de l'Atlantique, Tim Bogert et Carmin Appice sont désormais disponibles du fait de la fin d'activité de Cactus.

Les trois musiciens étant libres, l'idée du rapprochement est relancée ; elle se met en place quand Bogert et Appice évoluent les derniers mois de 1972 sous l'identité du Jeff Beck Group, alors en phase terminale, et devient effective début 1973 quand le trio commence à travailler à la réalisation d'un album, sobrement intitulé Beck Bogert Appice (EPIC/mars 1973). Ce sera leur seul pour ce qui concerne la discographie studio.

Un trio explosif et bien armé techniquement.

Bassiste, Tim Bogert est un musicien de grand talent, respecté dans le milieu. Il forme avec le batteur Carmin Appice une des rythmiques les plus toniques que le rock ait jamais comptée. Passé par les Pigeons, il est un des piliers du son de Vanilla Fudge puis de Cactus.

Lui comme Carmin Appice ont un passé musical commun et une influence sonore déterminante sur les formations respectives par lesquelles ils sont passées. Leur présence aux côtés du talentueux et du créatif Jeff Beck est le garant d'un power trio explosif et techniquement armé.

Leur passage en studio traduit, dès le printemps 73, les promesses entretenues par leur association. L'album Beck Bogert Appice rate de peu de top 10 du Billboard 200. Classé 12ème, s'il est salué par la critique, il n'est pas une grosse réussite commerciale.

L'opus de B.B.A. abrite notamment une chanson qui fait parler d'elle quelques mois auparavant sous la férule de Stevie Wonder. C'est le fameux titre funk Superstition présent sur Talking Book (1972), dont le trio livre une version rock très dure.

Superstition.

On ne peut pas, à proprement parler, être offusqué par cette appropriation dans la mesure où Jeff Beck est co-signataire de la chanson. Dans le cadre d'une collaboration entre Epic et Motown visant à rapprocher Stevie Wonder du public blanc, le deal consiste, pour Beck, à faire une pige sur Talking Book (Lookin' for Another Pure Love), en contrepartie d'une mélodie (Superstition) que celui-ci réserverait au guitariste.

Il ne tient qu'à l'inflexibilité et au pif de Berry Gordy, son producteur, pour que Stevie Wonder ne l'enregistre à son profit avant Jeff Beck, auquel elle est initialement dévolue. L'anglais signe alors le riff principal, le rythme d'ouverture de la batterie ainsi que la première démo de Superstition, futur N° 1 et tube planétaire de fin 72, début 73.

Arrivé trop tard.

L'association entre Beck, Bogert et Appice suscite des commentaires élogieux, les attentes sont énormes et la presse du moment y accorde une large place. Mais la mayonnaise ne prend pas malgré la virtuosité avérée de ses acteurs, la faute à une matière déficiente en chansons solides, à la faiblesse de ses vocaux, à un management éparpillé, à un album mélangeant un peu trop les styles (heavy blues, funk, rock vintage, instrumental), à un public moins sensibilisé par cette collaboration qu'il ne l'aurait été 5 ans avant. Après un unique opus studio, le projet tourne court, laissant le sentiment d'un gros ratage.

Bba appice portrait

«  Nous étions un trio à part égale. Tim et moi avions beaucoup à faire et à dire au niveau de l'écriture, nous avions notre propre identité. Mais il a été très difficile de travailler avec Jeff à titre personnel. Il était très renfermé et jamais satisfait. C'est un perfectionniste. Nous avons enregistré trois fois notre deuxième LP ainsi qu'un live au Rainbow de Londres. Jeff n'a jamais aimé ces enregistrements qui ont fini sur un bootleg. Comme il les a rejetés, nous avons dû nous soumettre. » (Carmin Appice)

 

Un immense gâchis.

Populaire au pays du Soleil Levant, le trio enregistre un live, les 18 et 19 mai au Kosanenkin d'Osaka. Sur scène, ce groupe, un tantinet pataud, témoigne d'une puissance supérieure à celle affichée en studio et d'une rare énergie. Peut-être pour mieux masquer ses insuffisances au chant. Live In Japan est édité le 21 octobre 1973 (Epic), mais pour le seul marché nippon.

Ce double disque restera longtemps très difficile à acquérir. Il est, depuis son transfert sur support moderne, une belle occasion de jauger du déluge métallique organisé par ce trio teigneux, emmené par un exceptionnel Beck.

Alors que le groupe commence à bosser sur un second LP qui ne verra pas le jour (rejeté par beck) et après un concert au Rainbow Theatre en janvier 1974, Beck Bogert et Appice se séparent en avril sur un coup de tête de son guitariste, au motif principal que cette incarnation, trop instrumentale et sans chanteur de poids, n'était finalement pas si viable que ça. Avec le recul, on parlera plus volontiers de véritable gâchis (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio unique - 1973

 

Bba lp

 

BECK BOGERT AND APPICE

BECK, BOGERT AND APPICE – 1973  5/5

 

Sortie le 26 mars 1973.

Produit par Don Nix,BBA.

Durée:36:57.

Label:Epic.

Genre:blues rock,hard rock.

 

Un Beck de panard.

 

BBA, du nom de ses 3 acteurs, Jeff Beck, Tim Bogert et Carmine Appice, est un projet qui trotte dans la tête de Beck depuis des années. Cette intention de monter un ambitieux power trio aurait dû déjà se réaliser quand le Jeff Beck Group de la première mouture (avec Rod Stewart et Ron Wood) battait de l’aile en 1969, avant de se dissoudre juste avant Woodstock.

Un accident de la route en décide alors autrement ; immobilisé, le guitariste doit renoncer la mort dans l’âme à ce dessein pour lequel tout le rock s’enflamme. Le projet n’est, en fait, que repousser et l’ancien Yardbirds relance le binôme de la rythmique de Cactus en 1972 ; le trio de hard rock pousse la porte des studios en décembre de cette même année et publie un LP quatre mois plus tard. C’est le seul attestant de cette collaboration exceptionnelle (avec live in Japan/1974), car l’expérience vire rapidement en eau de boudin quand, à l’amorce de la réalisation d’un autre album studio, Jeff Beck quitte ses camarades sans raison bien définie. Cette volte-face inattendue du guitariste anglais scelle aussitôt la mort de BBA, une unité que le public international avait pourtant à la bonne (début 1974).

Il nous reste de cette réunion huppée un disque. Eponyme (en écoute intégrale ici), il s’avère concis, en culminant à 37 minutes, mais incontournable au regard du hard rock exceptionnel et efficace qu’il affiche. BBA, c’est un trio de choc, un poids lourd du rock et du blues. BBA a de la frappe et du rythme (Appice), du toucher (Bogert) et de la finesse (Beck).

Ce mix détonant donne le jour au tonique Black Cat Moan, à Oh To Love You, Livin’ Alone, I’m So Proud ou encore Lady. Accompagné de Jimmy Greenspoon au piano, de Duane Hitchings (claviers, mellotron), le trio est au top de son talent et s’appuie sur une musique qui, basée sur le blues, propose quelques belles ballades mais pousse aussi jusqu’à visiter l’univers du hard.

Compte tenu du rendu de l’album, le projet de Jeff n’avait donc rien d’irréalisable et d’insensé ; il n’a simplement pas pu aller plus loin en raison d’interminables et de répétés conflits de personnalité. L’album, quant à lui, aurait pu exploser, si Stevie Wonder, qui a composé, pour BBA, Superstition, n’avait popularisé le morceau juste avant que le disque ne sorte.

Quoi qu’il en soit, vous avez devant vous un excellent album, inventif, très technique, virtuose et qui renifle le plaisir de faire le job. Ce disque, tout fan de rock, se doit de le faire sien (RAZOR©).

 

1. Black Cat Moan.
2. Lady.
3. Oh To Love You.
4. Superstition.
5. Sweet Sweet Surrender.
6. Why Should I Care.
7. Lose Myself With You.
8. Livin' Alone.
9. I 'M So Proud.

 

Jeff Beck:guitare,chant.

Tim Bogert:basse,chant.

Carmine Appice:batterie,chant.

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