Black Sabbath.

BIOGRAPHIE.

 

BLACK SABBATH/Birmingham (Angleterre)

 

Black sabbath 1

 

Actif entre 1968 et 2006,2011 à aujourd’hui.

Label:Vertigo/Mercury/Virgin EMI/Universal,Warner Bros,I.R.S,Sanctuary.

Genre:heavy metal.

Site officiel:blacksabbath.com

Le rock comme échappatoire à la misère.

Birmingham l’industrielle est une terre de rock, c’est le moins que l’on puisse dire : Traffic, la suite du Spencer David Group sabordé par Steve Winwood, Electric Light Orchestra, le pratiquant d’un rock électrique enrichi d’orchestrations classiques, Judas Priest, un des premiers groupes de pur heavy metal, The Move, excellent groupe de rock des 60’s, Moody Blues, précurseur du rock progressif, 70 millions d’albums vendus, 14 disques de platine et d’or, tous sont issus de la ville des West Midlands, la troisième d’Angleterre.

Black Sabbath est également originaire de cette scène musicale, ses quatre membres fondateurs, Tony Iommi, Bill Ward, Terence Butler et Ozzy Osbourne étant tous des enfants d’Aston, quartier pauvre de la cité et n’ayant que la musique pour fuir leur désespoir.

Black Sabbath est d’abord passé par des formations locales de blues-rock : Mythology (The Rest juste avant) pour les deux premiers nommés, Rare Breed pour Butler et Osbourne.

Quand Mithology splitte en juillet 1968, Iommi (guitariste) et Ward (batteur) redémarrent une nouvelle formation pour laquelle ils font appel à Butler (basse) et Osbourne (chant) ; c’est The Polka Tulk Blues Company, qui mute vers Earth d’abord, puis se fixe définitivement sur Black Sabbath.

Morbidité et agressivité.

La musique émanant de ce quatuor, que Tony Iommi quitte un laps de temps (quelques petites semaines) pour voir si l’herbe est plus verte chez Jethro Tull (fin 68/début 69), prend une orientation plus sombre, plus pesante. D’un penchant pour le jazz, le blues et le rock, dans la période qui précède Black Sabbath, la nouvelle mouture vire vers une noirceur, une morbidité et une agressivité sonore jamais connues jusqu’alors. Ce choix est né de l’influence opérée par les lectures de magie noire sur les membres, son batteur-créateur Terence Butler notamment, adepte de l’auteur Dennis Wheatley, un maître du genre.

Black sabbath 2

La voie qui mène au heavy metal.

Un premier titre est inspiré de cet univers flirtant parfois avec le satanisme : Black Sabbath. La légende dit que la chanson a été suggérée par un événement arrivé à Butler à l’époque d’Earth après qu’Osbourne lui ait prêté un livre sur la sorcellerie. Celui-ci aurait peint son appartement en noir, placé quelques crucifix, tête en bas, sur les murs qu’il aurait recouvert de photos sataniques. Au petit matin, l’ouvrage posé sur une étagère aurait disparu et Butler affirmé avoir vu au pied de son lit une silhouette noire recouverte d’un capuchon. Cette expérience, ajoutée au constat que beaucoup de jeunes du moment étaient clients du cinéma d’épouvante, il n’en faut pas plus pour que Black Sabbath s’installe sur ce créneau, en exploite le filon donnant naissance au heavy metal. Black Sabbath jette les premières bases d’un genre qui va alors révolutionner le rock, mais dont il n’est qu’une variante : écriture obscure, menaçante et empruntant à la thématique de l’occulte, son pesant et métallique, riffs lugubres, ambiance lourde et morbide…

La musique de Black Sabbath, à l’image de son premier morceau évoqué précédemment, et qui ouvre le premier LP éponyme de 1970, fait vraiment froid dans le dos. Il faut avoir entendu ce titre flippant.

Une communication savamment entretenue.

Outre sa musique, toute la mystique satanique créée autour du groupe ainsi que ses attitudes agitatrices, notamment celles d’Ozzy Osbourne décapitant des chauves souris sur scène avec ses dents, ne servent pas l’image ténébreuse de Black Sabbath pour qui ces frasques ne sont qu’un moyen de provoquer l’establishment anglais du moment et de développer une communication très rock & roll. Il en devient un porte-drapeau du satanisme alors que tous sont de vrais et bons cathos et n’ont jamais pratiqué, ni pris part à aucune manifestation de magie noire ou dérivée.

Faut dire que Black Sabbath ne fait rien pour démentir. Avec des gamins de 20 berges un peu têtes brûlées et provocs, manipulés et exploités surtout, le label Vertigo, filiale de Philips/Phonogram a eu beau jeu de baser son marketing autour de cette démarche sinistre ; la formation de Birmingham s’est vite forgée une belle popularité, alors que le rock en est encore à chanter le rêve hippie. Les crucifix sur scène, les clichés diaboliques qu’il employait pour évoquer le monde réel, les postures, tout ça n’est que flan. Le Sabbath n’était pas client du Diable et de ses administrés. Voilà, c’est dit !

A force de défrayer la chronique, Black Sabbath s’est mis la presse à dos ; elle n’appréciait pas beaucoup ces arriérés et surtout ce Ozzy Osbourne, chanteur fantasque à la (trop) forte personnalité qui, de surcroît, était considéré comme l’un des plus exécrables interprètes du rock.

A deux doigts près.

Osbourne et Iommi sont les deux membres les plus connus de Black Sabbath. Le guitariste est très impliqué dans le son couché par le groupe. Par la faute d’un accident d’usine, Iommi s’est fait écraser les doigts, perdant deux phalanges de la main droite. Ce regrettable événement a amené ce gaucher à développer un jeu particulier, revêtant, pour la circonstance, des prothèses en cuir, utilisant des cordes plus souples et l’obligeant à s’accorder plus grave.

Iommi, c’est le riffeur de Sabbath, un mélange de fluidité et d’agressivité. Ses riffs sont généralement lents et permettent l’ambiance lourde et lugubre qui caractérise le son du Sabbath. Qui plus est, pour rajouter plus de la noirceur, il fait appel au fameux triton satanique ou accord du diable, un intervalle musical de 3 tons qui engendre un son angoissant. Pour la petite histoire, ce Diabolus In Musica comme on l’appelait au Moyen-âge, était interdit par l’Eglise pour sa connotation satanique. On brûlait vif pour moins que ça.

Un catalogue crucial.

Black Sabbath ouvre son catalogue avec l’éponyme auquel il a été référé auparavant. Audacieux, en avance sur son époque (Vertigo/1970), il met en vedette un Tony Iommi époustouflant et une rythmique diabolique avec un énorme travail de basse de Butler (NIB) ; c’est un album crucial, initiateur et historique des métalleux. Culte, il fait top 10 en Angleterre, reste une année dans les charts ricains et génère plus d’un million de ventes. La critique ne relaie pas ce succès.

Paranoïd (fin 1970), le préféré des fans, fait mieux encore avec 4 millions de pièces écoulées et une place de N°1 aux U.S.A. En son sein, on retrouve les plus grands succès de Black Sabbath : Panaroïd, composé à la va-vite sur un coin de table (Butler), War Pigs, Electric Funeral, Planet Caravan ou Fairies Wear Boots. L’ascension de Black Sabbath est prodigieuse.

Ces deux premiers jets popularisent le phénomène Sabbath ; ils sont les plus célèbres du catalogue pour avoir fidélisé des générations entières d’auditeurs, pourtant pas toujours adeptes de ce genre forgé dans le métal. Black Sabbath est alors signé par Warner pour une tournée américaine qui le voit jouer devant des parterres pleins à craquer. L’histoire ne fait que commencer…

Master Of Reality (Vertigo/1971) est un troisième triomphe de rang du Sab’. Pourtant le groupe est attendu au tournant, les fans voulant une suite à l’éclatant Paranoïd, la presse n’attendant que le faux pas. Il ne viendra pas et Black Sabbath, même si l’album est court, réussit encore une très jolie prestation, en incluant même des couleurs acoustiques à sa musique de métal et de soufre.

La drogue, comme c’est de circonstance dans la panoplie rock & roll des stars, s’invite au sein du Sabbath, n’épargnant personne mais visant surtout Osbourne et Warr. Volume 4 (1972) le bien nommé, quatrième jet du Sabbath n’est pas encore affecté par ce fléau, mais le Sab’ l’évoque à demis mots dans Snowblind, titre qui évoque la dépendance à la cocaïne et qui devait également être celui de l’album. Le LP, plus aventureux,  marche bien et le Sab’ est toujours vendeur. Il fait partie des incontournables du catalogue comme ses prédécesseurs.

Black sabbath tony iommi

« Perdre deux de ses doigts pour un guitariste misant tout là-dessus, c’est horrible. Quand ça m’est arrivé, j’étais dévasté, mais avec le recul, ça a engendré d’autres choses. Ce handicap m’a fait mettre en place un style de jeu différent, inventer un son différent et, à partir de là, m’orienter vers un autre type de musique. Au final, cela s’est avéré être un avantage pour ma carrière. A chaque chose, malheur est bon. » (Tony Iommi)

La surprise Wakeman.

Le N° 5 est un étonnement en ce sens qu’il implique un claviériste et ce, pour la première fois. Sabbath Bloody Sabbath (1973) marque un changement conséquent dans le parcours du groupe. L’autre surprise, c’est que le claviériste en question n’est autre que Rick Wakeman, qui prend part aux sessions de cet album clivant pour les fans. Les anti voient en cet apport de claviers et ses arrangements orchestraux un Sabbath trop édulcoré, en décalage avec les quatre pièces qui précèdent. Les pro applaudissent des deux mains cette évolution vers le prog et le sens créatif développé pour y parvenir avec tant de réussite. Ce succès contrebalance la déception née de l’image toujours aussi déplorable dont jouit le groupe dans les presses du moment.

Black sabbath black sabbath

Satanique, drogué, alcoolique, le Sab’ se fait descendre en flèche un peu partout ; il est surtout frappé d’interdiction de séjourner aux States ce qui complique encore plus sa tâche.

Sabotage !

La drogue n’arrange rien. Au contraire à cause d’elle, les tensions s’installent en son sein et plombe une ambiance déjà pas très folichonne. Sabotage (1975), sixième LP studio, montre un groupe qui ne veut rien lâcher, qui fait fi de ses problèmes et bloc. Alors que tout le monde souhaite le voir plonger, Black Sabbath, même s’il est moins performant ici, s’en sort bien en affichant une violence qu’on ne lui soupçonnait pas. Sabotage est le favori de nombreux admirateurs du groupe.

Technical Ecstasy (1976) compte parmi les travaux des années 70 les moins connus du Sabbath et pour cause : il a peu à offrir, déçoit les premières brigades de supporters nées avec l’éponyme de 70. C’est le premier croche-pied dans le catalogue. A côté de ça, Ozzy est de plus en plus ingérable à cause de la dope, traîne des pieds, ne voulant pas d’une formation qui tend à devenir le Pink Floyd du Métal, comme il le dit. La formation de Birmingham est surtout en train d’amorcer un déclin, d’autant qu’en interne, ça ne va pas fort. Osbourne claque la porte et Dave Walker le remplace un temps.

Toujours vivant.

Ce dernier contribue à lancer le nouvel album, Never Say Die (1978). Orphelin de leur leader, les anciens collaborateurs d’Ozzy le sollicitent pour revenir. Ce qu’il fait, dégageant au passage Walker. Son retour ne change rien au problème. Black Sabbath, s’il arrive à être encore un peu créatif, n’a plus la grinta et Osbourne continue de déconner au point que ses potes le virent en 1979. La popularité du Sab’ est alors en berne. Une page s’est définitivement tournée. Pour beaucoup l’histoire s’est arrêtée là.

La suite se perd dans des turn-over incessants, des réunions répétées ; Tony Iommi se retrouve un temps seul membre d’origine de Black Sabbath (1987). Black Sabbath ne retrouve plus jamais son lustre d’antan, malgré un retour remarqué en 2013 avec 13. Il réunit le line-up originel excepté Bill Ward, affaibli à l’époque des faits et surtout refroidi par Osbourne sur lequel il a fait une croix. 35 ans plus tard, comme le dit le deuxième titre de l’album, God Is Dead, à savoir Dieu est mort, Dieu est certainement mort, mais Black Sabbath est toujours vivant (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 1 - 1970

 

Black sabbath black sabbath

 

BLACK SABBATH

BLACK SABBATH – 1970  5/5

 

Publié le 13 février 1970 (U.K),le 1er juin 1970 (U.S.A).

Produit par Rodger Bain.

Durée:38:12.

Label:Vertigo (U.K),Warner Bros. (U.S.A)

Genre:heavy metal.

 

Putain d'ambiance !

 

Putain d’ambiance ! La pochette énigmatique te glace le dos et l’intro du morceau titre avec la foudre et les cloches tintant au loin, te filerait une trouille bleue. Le cadre mystérieux et lugubre du moulin à eau de Mapledurham  pour rajouter au sensationnel : le décor est planté, les métalleux de Black Sabbath ne sont pas là pour faire dans la dentelle. Au contraire, on leur prête des tendances à la magie noire et eux en jouent.  Pour en rajouter une couche, la rumeur circule que la Mona Lisa fixant l’objectif sur la pochette n’aurait jamais été photographiée mais qu’elle n’est qu’un spectre apparu sur la pellicule. Black Sabbath se forge une image d’obscurs, de ténébreux et les premières notes de son premier LP ne démentent en rien cette sensation. Au contraire, on tutoie le lugubre. Putain d’ambiance !

Paru en février 70, ce disque éponyme (en écoute intégrale ici) oppressant fait couler beaucoup d’encre (noire) à sa publication. Mais qui, diable, sont ces arrangés du ciboulot, ces dérangés de la casquette, peu fréquentables, à la dégaine de dégénérés et qui réfèrent à Satan dans leurs textes, dans leur musique, leurs accoutrements et qui osent l’affront de pousser le curseur de l’ésotérisme jusque dans la pochette ? Pas en odeur de sainteté auprès de la presse, le Sab’ et son disque d’ouverture de catalogue, vu comme le premier du genre heavy metal, sont descendus en flèche dans les canards spécialisés, quand, dans le même temps, les charts anglais lui vouent un culte.

10ème dans l’Angleterre de Bobby Charlton, devenu disque d’or  chez les Yankees où il débarque trois mois après la publication britannique, l’éponyme Black Sabbath révolutionne le rock en lui assénant un sacré coup de pied au train.

N’étant pas, moi-même, un inconditionnel de la filière heavy metal, encore moins un adepte de la magie noire ou un discipline des prêches et rites sataniques, j’ai eu du mal avec Black Sabbath, groupe comme LP. Mais à la longue, ces riffs nerveux et lourds, ces mélodies pesantes et même cette atmosphère lugubre ont achevé de me convaincre de la pertinence de cette formation que, sur le moment et à l’image de l’impitoyable chroniqueur de Rolling Stone Lester Bangs, j’ai considéré comme confuse, brouillonne et digne de peu d’intérêt. Le plumitif américain y voyait lui un disque aux improvisations dissonantes, aux guitares  effroyablement rapides qui envahissent tout le périmètre musical sans jamais pourtant être synchronisées avec le reste. Du gros bordel, quoi. Ce qui revient au même.

Groupe doublement placé dans le collimateur paternel pour contribuer à alimenter mon tapage nocturne et pour avoir un côté subversif pour la filiation que je représente alors, Black Sabbath n’a jamais trop meublé mon quotidien musical à cette époque, étant encore drapé dans un idéal hippie alors en phase terminale.

Avec l’avancée dans le temps, je ne prétends pas, aujourd’hui, avoir renié mes priorités musicales du moment, ni coucher avec le genre metal, le disque et le groupe, mais, libéré depuis du carcan du géniteur, j’ai pu apprécier un peu plus à ma guise de quoi l’affaire retourne, d’autant que le voile s’est également levé sur la communication montée de toutes pièces autour de la magie noire et de Lucifer. Suffisant pour m’en rapprocher, entrer et voir…

Avec le recul, il est patent que le Sab’ jette là les bases d’un nouveau style. Sur ce terreau métal et gothique vont pousser des groupes beaucoup plus trash à côté desquels la formation de Birmingham passe désormais pour des premiers communiants. Néanmoins, le metalleux en herbe doit en passer par l’éponyme du jour à la lourdeur, la noirceur, la morosité et la puissance contagieuses.

Tout est résumé dans les 6 minutes du titre d’ouverture, quant au genre musical qui s’invite dans le rock. N.I.B, écrite du point de vue de Méphisto, le psyché Behind The Wall Of Sleep, Evil Woman, The Wizard, Sleeping Village, The Warning et ses dix minutes, traductions de l’esprit prolétarien et de l’avant-gardisme du Sab’, de la communication démoniaque habilement mise en place, sont les autres magnifiques appels à en découdre avec ce disque essentiel du rock. Mieux vaut tard que jamais, non ? (RAZOR©)   

 

1. Black Sabbath.

2. The Wizard.

3. Behind The Wall Of Sleep.

4. N.I.B.

5. Evil Woman.

6. Sleeping Village.

7. The Warning.

 

Ozzy Osbourne:chant,harmonica.

Tony Iommi:guitare,slide guitare.

Geezer Butler:basse.

Bill Ward:batterie.

LP Studio 2 - 1970

 

Black sabbath paranoid

 

BLACK SABBATH

PARANOID – 1970  5/5

 

Publié le 18 septembre 1970 (U.K), le 1er janvier 1971 (U.S.A).

Produit par Rodger Bain.

Durée:42:07.

Genre:heavy metal,hard rock.

Label:Vertigo Records (U.K),Warner Bros (U.S.A).

 

Deuxième LP de Black Sabbath, Paranoid (en écoute intégrale ici) constitue le plus gros succès du groupe. Si le premier album, l’éponyme Black Sabbath, sorti en début d’année 70 a été une réussite tant aux Etats-Unis qu’en Angleterre, et ce, en dépit du lynchage dont il fut l’objet par une certaine presse, son suivant va encore plus loin. Publié en septembre 1970 au Royaume-Uni et début janvier 1971 aux States, Paranoid marque une progression sonore de Black Sabbath, qui se montre également moins naïf que sur son travail précédent.

Alors que les Beatles viennent tout juste de ranger leurs gaules, d’autres ambitieux, dont Black Sabbath, s’empressent d’occuper le terrain rock mais en passant par une voie différente : celle du heavy metal. Et de quelle manière !

Dès l’entame de Paranoid, c’est une déferlante qui s’abat sur l’auditeur : War Pigs aux textes guerriers, rageur, féroce, annonce la couleur de ce que va être ce Paranoïd : un espace plein de vigueur, ponctué de multiples ruptures de rythmes, alimenté par des solos dingos et des riffs saturés à foison. La main amputée de Tony Iommi n’a jamais aussi bien répondu, la voix d’Ozzy jamais collé d’aussi près aux lignes de son guitariste, la rythmique fait montre d’une telle puissance chez des gamins.

Paranoïd, qui donne son nom à l’album est concis, brut au discours désespéré, fataliste mais terriblement efficace. La ballade onirique Planet Caravan fait l’intermède avant une deuxième vague de fureur : Iron Man, Electric Funeral aux riffs sombres et triturés en mode wah-wah, le long et désespéré Hand Of Doom, et Jack The Ripper/Fairies Wear Boots inspiré par un incident après un concert en 1970 par lequel le Sab’ a été attaqué par un groupe de skinheads, blessant Tony Iommi. Seul l’instrumental Salad Rat, face B du single Paranoid que j’ai usé jusqu’à la corde, ne trouve pas grâce à mes yeux. Il n’empêche pas pour autant ce disque d’être le deuxième incontournable de rang du Sabbath Noir.

N’en déplaise à une fange délatrice de la presse spécialisée, qui à l’époque, n’a pas très bien accueilli Black Sabbath et son style, voire les avait carrément dans le collimateur. Le public lui, ne s’y trompe pas qui réserve un triomphe à Paranoid. Et même si l’on n’est pas un accro du genre, il faut lui reconnaître le statut de culte, malgré la réputation sulfureuse alors attachée au nom Black Sabbath (RAZOR©).

 

1. War Pigs.

2. Paranoid.

3. Planet Caravan.

4. Iron Man.

5. Electric Funeral.

6. Hand Of Doom.

7. Rat Salad.

8. Jack The Stripper/Fairies Wear Boots.

 

Ozzy Osbourne:chant.

Tony Iommi:guitare.

Geezer Butler:basse.

Bill Ward:batterie.

LP Studio 3 - 1971

 

Black sabbath master of reality 1971

 

BLACK SABBATH

MASTER OF REALITY – 1971  5/5

 

Publié le 21 juillet 1971.

Produit par Rodger Bain.

Durée:34:29.

Label:Vertigo.

Genre:heavy metal.

 

Ouvrage majeur du catalogue.

 

On savait Black Sabbath balèze pour pondre des pochettes à te filer des frisons dans le dos comme c’est le cas pour leur album éponyme de 1969. Ce qu’on ignorait, par contre, c’est que le groupe était aussi capable de faire des pochettes dans le genre « on s’est pas beaucoup foulé ». Celle de Master Of Reality (en écoute intégrale ici) est aussi laide que cossarde !

Pas foulé aussi en matière de longueur de disque, car Master Of reality de 1971, est le plus court de toute la production musicale du groupe avec ses 34 minutes et des. Le plus court mais pas le moins bon, car, accordons leur ce constat, tout ce que Sabbath a fait entre son premier album et Sabotage, sixième du nom, n’a pas de failles.

Master Of Reality, le troisième chronologiquement parlant, s’adresse tout particulièrement aux pro-hard rock et fans du groupe. N’oublions pas qu’il vient juste après Paranoïd, ce qui n’est pas une mince affaire.

Quelques titres vedettes comme Sweet Leaf (sous-entendu sur le cannabis) qui ouvre Master Of Reality (avec une quinte de toux révélatrice), l’agressif et outrageux After Forever, Children Of The Grave, le génial Lord Of This World et enfin le morceau culte du groupe avec Paranoïd, Into The Void, au riff assassin.

Deux instrumentaux pas nécessaires (Embryon et Orchid) complètent cet album que j’ai pris beaucoup de plaisir à écouter. Retenons également Solitude, une ballade mélancolique très réussie. Master Of Reality est un des ouvrages majeurs de la bande à Ozzy. On ne peut donc pas passer outre (RAZOR©).


1. Sweet Leaf.

2. After Forever.

3. Embryo.

4. Children Of The Grave.

5. Orchid.

6. Lord Is This World.

7. Solitude.

8. Into The Void.

 

Ozzy Osbourne:chant.

Tony Iommi:guitare,flûte,piano,synthétiseur.

Geezer Butler:basse.

Bill Ward:batterie.

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