Blue Oyster Cult.

BIOGRAPHIE.

 

BLUE OYSTER CULT/Long Island (New York-USA)

 

Boc 1

 

Actif depuis 1967.

Label:CBS,CMC International.

Genre:hard rock,heavy metal,rock progressif,rock psychédélique,arena rock,pop-rock.

Site officiel:blueoystercult.com

 

Blue Oyster Cult : le haut du panier heavy metal.

A son crédit, 14 LP studio dont une tierce initiale glorieuse qui élève le heavy metal à un degré alors rarement atteint, une poignée de live de derrière les fagots, des tournées planétaires mémorables ; jamais formation n'a autant mérité le statut de culte que celle de Long Island.

Si elle s'est approprié ce terme inspirant le plus grand des respects pour l'accoler au groupe nominal un peu ridicule de l'Huître Bleue, force est de reconnaître que Blue Oyster Cult n'a rien usurpé. Ce protocole, il l'a peut-être anticipé, mais au final, il l'a gagné au mérite et ne doit qu'à lui tout ce qui lui est arrivé de bien depuis la fin des 60's, période où, débutant dans le métier, il balbutie encore son rock.

A l'origine du Culte (dans le présent cas, Cult s'apparente plus à une secte) de l'Huître Bleue en tant que tel, celui qui vient de nous quitter fin juillet de cette année 2016, Sandy Pearlman, poète et pionnier de la critique rock (au Crawdaddy) à l'époque des faits, songwriter prolifique pour les besoins du groupe, mais également producteur (8 LP) et manager historique (il le sera aussi des Clash) au fil de son évolution.

Boc 2Un groupe qui a élevé le heavy metal à un niveau alors rarement atteint.

Boc logoLe célèbre logo cruci-unciné référant à Kronos.

Boc albert bouchardLes frères Bouchard : Albert...

Boc joe bouchard... et Joe.

Boc eric bloom 2Eric Bloom.

Boc allen lanierAllen Lanier.

Boc buck dharma donald roserDonald Roeser alias Buck Dharma.

Parti des Knife-Wielding Scumbags.

C'est un peu (beaucoup) grâce à lui (et à son collègue de la rédaction Richard Meltzer) que l'aventure BOC prend forme, dans la mesure où, quand Soft White Underbelly dont il gère les intérêts, se fait remarquer par les grands labels, il juge opportun de proposer un autre nom : celui de Blue Oyster Cult.

L'histoire de Blue Oyster Cult n'est pas que de son fait, même si son rôle a été essentiel. Pour faire court, sa gestation se fait dès 1967 autour de The Knife-Wielding Scumbags, futur Soft White Underbelly (Albert Bouchard, Allen Lanier et Donald Roeser connu aussi sous le pseudo de Buck Dharma), dont Eric Bloom (The Lost And Found, Eve Of Destruction et The Disciples) intègre la 2ème mouture. Andrew Winters entre aussi, mais est remplacé par Joe Bouchard (The Regal Tones), frère d'Albert.

Les deux Bouchard, Allen Lanier, Donald Roeser et Eric Bloom succédant à Les Braunstein, constituent le line-up figé sur Soft White Underbelly. Malgré quelques apparitions temporaires sous les identités d'Oaxaca, de Room, des Santos Sisters et de The Stalk-Forrest Group, cette incarnation est le dernier palier avant Blues Oyster Cult. Le groupe connaîtra plus d'une quinzaine de line-up durant son parcours.

L'influence de Sandy Pearlman.

Les premiers pas du Soft White Underbelly se font localement, à New York, et s'appuient essentiellement sur des jams improvisées. L'influence qu'a alors Pearlman dans le milieu et son carnet d'adresses lui permettent de franchir un cap et d'ouvrir pour ce qui, en 1967, est alors du lourd, Grateful Dead et Muddy Waters.

Cette expérience le confronte aussi à une réalité : le chant, assuré par Albert Bouchard et Donald Roeser, n'est pas à la hauteur. Les Braunstein comble cette lacune, constitue la plus-value souhaitée pour attirer l'attention des maisons de disques.

Dans la foulée, Elektra se manifeste, à l'automne 1968, par la voie de son boss Jac Holzman, présent à l'occasion d'un concert de Soft White Underbelly.

Alors que le groupe travaille en studio sur son premier album pour ce label et que celui-ci est sur le point d'être bouclé, il apparaît que Braunstein n'est l'homme de la situation au chant ; il est alors fait appel à Eric Bloom.

Elektra ne voit pas l'issue du même œil, étant convaincu que la seule solution rentable est celle définie au départ. La maison de disques est à deux doigts d'annuler le contrat les unissant. L'éditeur accorde néanmoins le bénéfice du doute à Soft White Underbelly, passé sous l'étendard de Stalk Forrest Group. L'album est quand même enregistré.

Après quelques concerts, Elektra rompt finalement le partenariat (1969). C'est le moment choisi par Joe Bouchard pour intégrer le groupe (Stalk-Forrest Group), en lieu et place d'Andy Winters. Avec son passage chez CBS, il devient alors officiellement Blue Oyster Cult (1970).

Des débuts tonitruants.

Blue Oyster Cult est également le nom donné au premier LP publié au début de l'année 1972. Ce disque, mis en valeur par une œuvre en noir et blanc du dessinateur Bill Gawlik, est plutôt bien accueilli par la critique.

L'illustrateur est alors un brillant inconnu que Meltzer et Pearlman ont fréquenté à l'Université de Stony Brook ; il est encore fait appel à son talent scriptural pour habiller la pochette du deuxième album, Tyranny and Mutation (février 1973) et pour créer le logo cruci-unciné apparaissant sur toute la discographie de Blue Oyster Cult. Le logo en question réfère à Kronos, père de Zeus, mais aussi au plomb, le plus lourd des métaux ; il symbolise la musique du groupe, laquelle s'apparente au heavy metal.

L'album Blue Oyster Cult marque des débuts plutôt réussis, à l'image de titres comme Screams, Cities On The Flame With Rock and Roll, Stairways To The Stars ou encore Then Came The Last Days Of May. S'ensuit une tournée qui le voit côtoyer des formations autrement mieux rodées comme les Byrds, comme l'Alice Cooper de sa période dorée ou comme le Mahavishnu Orchestra, alors au top de son art. Dans cet aréopage de stars, Blue Oyster Cult tient pourtant bien son rang et s'installe progressivement parmi les formations les plus importantes du hard rock yankee de l'époque.

Un BOC inspiré.

Ce que confirme Tyranny and Mutation, vinyle agencé en deux faces aux styles distincts : la noire (The Black), vitaminée, effrénée, lourde, froide, agressive pour ne pas dire violente ; la rouge (The Red), à l'ardeur tempérée et plus travaillée. La qualité des deux offres est telle qu'il est difficile de pencher plus pour l'une que pour l'autre. Le niveau de ce disque n'est pas loin de décrocher le jackpot. Ce sera pour Secret Treaties, troisième volet de la légendaire trilogie du BOC.

Secret Treaties sort en avril 1974. Fans et critiques sont unanimes sur son statut de N°1 du catalogue. Couvert d'or, 53ème du Billboard où il passe 14 semaines, cet album abouti a tout pour lui qui en fait le disque parfait.

Il a de l'inspiration, des titres mélodieux, de la férocité, du rythme, de l'étrangeté, de l'angoisse, de l'émotion, de l'ambiguité (au niveau de ses paroles), de la technique. Le plaisir est palpable au terme de ses 8 titres dont les mémorables Career Of Evil, Dominance and Submission et Astronomy. Sans fausse note et sans que la dynamique ne retombe à un quelconque moment.

Les Sabbath amerloques ?

La polémique est ailleurs à propos de Secret Treaties, plus sombre et au discernement biscornu, notamment au niveau de ses paroles. On accuse ses membres (plus particulièrement la division songwriting) d'être des esprits pervers et dangereux, au motif de véhiculer des idéologies situées très à droite et d'être influencés par des philosophes polémiques. Il est vrai que les paroles sont parfois tendancieuses, voire partisanes, dotant l'écoute de ce disque d'une atmosphère étrange.

Boc eric bloom

« Sandy a créé le groupe. Il n'y aurait pas de Blue Oyster Cult sans Sandy Pearlman, un gars intelligent, diplômé de l'école supérieure Woodrow Wilson. Il a été rédacteur en chef du Crawdaddy, l'un des premiers magazines rock and roll du moment. Sandy a tout de suite senti le potentiel de Donald Roeser. Soft White Underbelly, c'est son idée, celle qui a abouti à Blue Oyster Cult. Il en a été le mentor et la force motrice, un de ses songwriters aussi. Il a beaucoup compté dans les débuts du groupe. » (Eric Bloom)

Toutes proportions gardées, même si le parallèle dans le processus créatif avec l'énigmatique Black Sabbath n'est pas franchement démontré, force est de constater qu'il y a quand même anguille sous roche. Outre le fait que Blue Oyster Cult a précédemment ouvert pour la formation d'Ozzy Osbourne, il faut se souvenir que Sandy Pearlman a, de tous temps, été un inconditionnel du Sabbath ; il en deviendra le manager en 1979 et jusqu'en 1983. Le gestionnaire de BOC sera à l'initiative de la tournée mondiale Heaven & Hell dont les deux groupes sont les attactions, en 1980.

Après un premier live détonnant mais à l'appréciation générale plutôt mitigée, On Your Feet Or On Your Knees (1975), un quatrième opus studio est publié en mai 1976. Agents Of Fortune marque la transition de BOC vers un hard rock moins violent, plus progressif, plus élaboré, plus assagi et varié. Mieux travaillé aussi, avec un répertoire plus soigné encore.

Une envergure internationale.

A l'arrivée, ça cartonne puisque ça fait disque de platine et ça permet au groupe d'enfiler un costume qui lui permet de bien voyager à l'international. Si (Don't Feat) The Reaper est le titre majeur du lot (N°12), on retiendra aussi les excellents The Summer Of Love, Tattoo Vampire, Sinful Love, ainsi que The Revenge Of Vera Gemini et Debbie Denise, co-signés par Patti Smith, la meuf d'Allen Lannier.

En 1977, date de la sortie du 5ème tome du catalogue, Blue Oyster Cult entre dans une phase plus difficile en flirtant avec la pop. Très éloignée de celle de ses débuts sulfureux, la musique de Spectres, trop bien léchée, manque de la pêche qu'il a affichée jusque là. Certes, elle a les faveurs des radios, à l'image du populaire Godzilla ; certes, elle est globalement encore bien gaulée, par soubresauts seulement, mais on sent bien que Blue Oyster Cult est en perte de vitesse.

Si le 2ème live Some Enchanted Evening (septembre 1978) joue un peu les cache-misère, l'album studio suivant, Mirrors, dernier LP de la décennie des 70's, confirme ce qui se pressent depuis Agents Of Fortune : un affaiblissement du processus créatif.

Boc sandy pearlmanSandy Pearlman, le créateur de BOC.

Boc lpL'éponyme Blue Oyster Cult en 1972.

Boc nowBlue Oyster Cult aujourd'hui.

Perte de crédibilité.

Cet aspect saute aux yeux de manière flagrante dès l'album qui ouvre les 80's, Cultösaurus Erectus. Blue Oyster Cult n'est plus que l'ombre de la formation entrée dans le hard rock aussi délicatement qu'un éléphant dans un magasin de porcelaines, même si son hard est toujours impitoyable. Le public ne lui en fait pourtant pas grief : l'album se classe encore 34 au Billboard 200 et 14 au Royaume-Uni.

Plus à même de séduire la génération actuelle des métalleux que celle des premières heures, le convaincant Fire Of Unkown Origin (juillet 1981) marque un mieux par rapport à son décevant prédécesseur. Bande originale du film Heavy Metal (Gérard Potterton/1981), il propose quelques plages de griserie à l'image de Burning For You, qui entre dans le Top 40. Il manque toutefois de ce grain de folie qui aurait pu le faire prétendre prendre place dans le top 5 de BOC.

Au début des années 80, les new yorkais perdent gros avec le départ d'Albert Bouchard (le batteur). Tête pensante de l'Huître Bleue, son départ accélère les difficultés de création du groupe. Il y pare en publiant un troisième live, Extraterrestrial Live en 1982, le troisième en 7 ans, le deuxième en 4 ans. Ce qui semble être une stratégie mise en place pour meubler et faire patienter les fans s'avère payant. Sans Bouchard et mais avec Ric Downey, le groupe montre une fois encore que le live, il sait faire. Sur ce terrain, il reste unique. Côté studio, c'est moins jouissif et The Revölution By Night (1983) est là pour le rappeler. Blue Oyster Cult est rattrapé par son indigence du moment. Jamais il n'a été aussi bas. Où sont les métalleux de Tyranny and Mutation et de Secret Treaties ?

Basculement vers le rock arena.

En 1985, Allen Lanier (remplacé par Tommy Zvoncheck) part à son tour tandis que Jimmy Wilcox supplée Ric Downey. Ils ne sont pas crédités sur Club Ninja, dixième LP, et c'est finalement très bien pour eux tant le disque est insignifiant. A moins que l'on aime le rock arena dans lequel verse de plus en plus BOC.

En récupérant ses forces vives (Bouchard et Lanier), les gars de Long Island retrouvent du même coup des couleurs comme en atteste Imaginos (1988) dont le lot de chansons est initialement prévu pour alimenter un disque solo d'Albert Bouchard. Malgré cela, cet opus, leur chant du cygne, montre de la cohérence et plus de consistance que ses catastrophiques devanciers.

Compilations, live et musique de film forment l'essentiel de la discographie des 90's, désormais hors Columbia. Il y a bien deux LP studio qui apparaissent en juin 1994 et en mars 1998, mais autant Cult Classic que Heaven Forbid (tous deux chez CMC) sont anecdotiques au regard de leur intérêt qu'on a tendance à oublier qu'il pointent déjà comme étant les 12ème et 13ème plis du catalogue. Les années 90 et 2000 sont également celles pendant lesquelles les changements de personnel sont les plus fréquents, notamment au poste de batteur.

Les Bouchard ne sont pas de Curse Of The Hidden Mirror (CMC/2001), album ainsi nommé en référence à une chanson des débuts de Blue Oyster Cult, quand il s'appelle encore Forrest-Stalk Group. Avec son noyau d'origine Lanier/Roeser/Bloom, le groupe développe une musique cohérente autour d'une matière solide ; le registre d'Agents OF Fortune n'est pas loin.

Curse Of The Hidden Mirror est alors, avec Fire Of Unkown Origin et le DVD enregistré à Chicago (A Long Day's Night/2002), ce qui se fait de mieux dans la deuxième partie de carrière de BOC.

Depuis 2012, Eric Bloom et Donald Roeser sont les derniers survivants de cette formation légendaire dans l'esprit des métalleux. Les héritiers des Bouchard et de Lanier, mort en août 2013, s'appellent désormais Jules Radino, Richie Castellano et Kazim Sulton. Signe que le BOC n'est pas encore disposé à rentrer dans le rang, après 50 ans de bons et loyaux services métalliques et pas loin de 4000 concerts (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 1 - 1970

 

Boc lp

 

BLUE OYSTER CULT

BLUE OYSTER CULT – 1972  4/5

 

Publié en janvier 1972.

Produit par Sandy Pearlman,David Lucas,Murray Krugman.

Durée:36:48.

Label:CBS.

Genre:hard rock,heavy metal,blues-rock,rock psychédélique.

 

Un coup de pied occulte.

 

Le premier LP de Blue Oyster Cult est éponyme, comme beaucoup de preniers disques ouvrant la carrière d'artistes et de groupes du moment. Il est éponyme et excellent. D'ailleur la critique ne s'y trompe pas qui lui réserve le meilleur des accueils. Les fans aiment aussi, surtout la branche hardeuse. Cette publication initiale suscite des commentaires unanimement élogieux. Blue Oyster Cult est alors porteur de gros espoirs.

Les avis, généralement justifiés, sont flatteurs à l'égard du répertoire constitué ici de titres devenus des classiques du groupe comme Then Came The Last Days Of May, le psyché-parano Screams, Stairways To The Stars et surtout Cities on Flame With Rock And Roll.

Ils sont dithyrambiques même pour qualifier la prestation d'ensemble remarquable de Donald Roeser dont le jeu de guitare est ici brillant, agile, précis et de haute teneur technique. Tant dans ses envolées en solo comme c'est le cas sur Then Came The Last Days Of May, pour moi la chanson hors concours du lot, ou en matière de riffs à l'instar de celui de Cities On Flame. Roeser, surnommé Buck Dharma, est la bonne surprise de Blue Oyster Cult. J'invite ceux qui en sont restés aux Page, Blackmore et consorts, d'écouter ce guitariste tès sous-estimé.

Focaliser sur Roeser ne réduit pas Blue Oyster Cult à son seul soliste. La performance est remarquée parce qu'elle est avant tout collective. Pour séduire son auditoire, les gars de Long Island prennent des voies diverses : rock comme en atteste l'ouvreur Transmaniacon MC ou Cities On Flame With Rock and Roll, plus psychédéliques à l'image de Screams ou de She's As Beautiful As A Foot, ou country tel Redeemed.

La sortie du disque a été savamment orchestrée par le maître à penser que fut Sandy Pearlman (décédé fin juillet 2016) lequel, avec son complice de chez Crawdaddy Richard Meltzer, a judicieusement entretenu le caractère mystérieux, occulte et décadent de BOC.

Déjà derrière les textes énigmatiques et ambigus de cet album, les compositions bien construites et étranges, le producteur pousse l'idée d'un concept à la Black Sabbath dont il sera le manager plus tard. Sur ce terreau ésotérique, naît le symbole du groupe, le logo cruci-unciné référence à Kronos et suggérant le chaos. Les membres du groupes, dixit l'histoire, ne l'avaient jamais vu, ni n'en avaient jamais entendu parler avant la sortie de la pochette de l'album, un bon coup de pied occulte (RAZOR©).

 

1. Transmaniacon MC.

2. I'm On The Lamb But Ain't No Sheep.

3. Then Came The Last Days Of May.

4. Stairways To The Stars.

5. Before The Kiss, A Redcap.

6. Screams.

7. She's As Beautiful As A Foot.

8. Cities On Flame With Rock And Roll.

9. Workshop On The Telescopes.

10. Redeemed.

 

Donald (Buck Dharma) Roeser:guitare,chant.

Eric Bloom:chant,guitare,claviers.

Albert Bouchard:batterie,chant.

Joe Bouchard:basse,chant.

Allen Lanier:guitare rythmique,claviers.

LP Studio 2 - 1973

 

Boc tyranny mutation 73

 

BLUE OYSTER CULT

TYRANNY AND MUTATION – 1973  4,5/5

 

Publié en février 1973.

Produit par Murray Krugman,Sandy Pearlman.

Durée:38:11.

Label:Columbia Records.

Genre:hard rock,heavy metal,rock psychédélique.

 

En rouge et noir...

 

Difficile dans la magnifique trilogie discographique de début de carrière de se prononcer sur celui des trois premiers LP est digne d'être considéré comme le meilleur. Les avis généraux se répartissent aussi sur l'album éponyme (1972), que sur Tyranny And Mutation (1973) et Secret Treaties (1974).

Personnellement, si j'ai un faible sentimental pour l'album ouvrant le catalogue, les deux LP engagés à sa suite me paraissent pourtant meilleurs. Rodé par la tournée de promotion au cours de laquelle s'écrit la grande majorité des compos du deuxième opus, Blue Oyster Cult, sorti renforcé de son premier album, enfonce le clou ici. En gros, tout ce qui était encore enfoui d'énergie, de puissance et de technique jusque là, explose dans le cadre de Tyranny And Mutation.

Auteur d'un hard rock d'une puissance phénoménale, Blue Oyster Cult franchit un cap ; sa présente prestation le fait entrer dans les incontournables du genre. L'album entérine ce que l'on avait déjà souligné sur le disque précédent : Donald Roeser est un guitariste exceptionnel. Le tandem qu'il forme au poste avec Allen Lanier à la rythmique est efficace. Le duo remue son auditoire comme rarement. Allen Clavier, on le retrouve aussi inspiré derrière ses claviers.

Tyranny And Mutation (en écoute intégrale ici) révèle également des aspects jusque là perceptibles mais encore encore canalisés  : la rythmique emmenée par la fratrie Bouchard se montre une mécanique parfaitement huilée, puissante, originale. Dernier point, non négligeable, Blue Oyster Cult dévoile ici une aptitude à pouvoir passer avec un égal succès d'un chanteur à un autre.

Tyranny And Mutation est organisé autour de deux faces obscures distinctes : la première est d'une violence rare, nerveuse et frénétique comme pas deux, tranchante et à te rentrer sauvagement dans le buffet. C'est la face noire au son intelligemment fomenté par le duo de la prod' Murray Krugman et Sandy Pearlman. Ce dernier, mieux que personne sait où emmener un groupe qu'il a créé de toutes pièces et comment procéder pour en faire une des pierres angulaires du metal. Il y réussit pour le coup. La preuve par The Red And The Black, O.D'd On Life Itself, Hot rails To Hell et Screaming Diz-Busters. De la folie luciférienne !

De piste noire, la face opposée s'adoucit en rouge. De fait, elle tranche avec ce qui précède mais, encore rouge très vif, elle touche une nouvelle fois dans le mille le cœur des hard-rockeurs. Plus positionnée sur des terres pourpres profondes, la matière impressionne à nouveau.

Patti Smith, alors la meuf de Lanier, fait ses premières armes à l'écriture ; aussi conspiratrice que les éléments mâles du groupe, elle est derrière les paroles de Baby Ice Dog, un des beaux fleurons du verso vinylique avec le gothique Wings Wetted Down et l'étrange Mistress Of The Salmon Salt (Quicklime Girl). Teen Archer est un peu le mouton noir de cet album sombre, lourd (mais pas lourdingue), intelligent, culte et, comme son suivant Secret Treaties, influent pour la sphère métalleuse à venir (RAZOR©).

 

Face 1 (The Black).

1. The Red And The Black.

2. O.D'd On Life Itself.

3. Hot Rails To Hell.

4. Screaming Diz-Busters.

 

Face 2 (The Red).

5. Baby Ice Dog.

6. Wings Wetted Down.

7. Teen Archer.

8. Mistress Of The Salmon Salt (Quicklime Girl).

 

Donald (Buck Dharma) Roeser:guitare,chant.

Eric Bloom:chant,guitare,synthétiseur.

Albert Bouchard:batterie,chant.

Joe Bouchard:basse,claviers,voix.

Allen Lanier:guitare rythmique,claviers.

LP Studio 3 - 1974

 

Boc secret treaties 74

 

BLUE OYSTER CULT

SECRET TREATIES – 1974  5/5

 

Publié en avril 1974.

Produit par Murray Krugman,Sandy Pearlman.

Durée:38:35.

Label:Columbia Records.

Genre:hard rock,heavy metal,rock psychédélique.

 

Un hard rock sophistiqué.

 

Au niveau de son catalogue discographique, entre ses deux premiers albums, Blue Oyster Cult s'est positionné sur une fulgurante trajectoire ascendante. Entamée par un remarquable premier LP éponyme en 1972 sortant les new yorkais de l'anonymat le plus total, la carrière des gars de Long Island se poursuit dès l'année suivante avec un énorme Tyranny And Mutation qui, lui, les installe sur le devant de la scène hard rock/heavy metal.

Jamais hard rock n'a alors affiché une telle énergie, une telle puissance, une telle maîtrise. Hélas, en matière d'espèces sonnates et trébuchantes, les résultats ne sont pas à la hauteur de la qualité des offres. Que ce parcours tonitruant autorise les espoirs les plus fous, cela ne fait pas l'ombre d'un doute, mais là, pour le coup, il faut enfin concrétiser ; on n'en est plus au stade des promesses. Sur ce créneau du lourd, les rosbeefs sont dominateurs et pour déloger de leur piedestal les Sabbath, Zeppelin et Purple, faut se lever de bonne heure.

Attendu au coin du bois, Blue Oyster Cult ne s'embarrasse pas de fioritures à l'amorce de son troisième jet et remet la tête dans le guidon. Puisque ça ne gagne pas suffisamment, autant en remettre une petite couche et faire tapis. Plus déterminé que jamais, plus mûr aussi, il livre une copie sans la moindre faiblesse et enlève la mise. Secret Treaties (en écoute intégrale ici) est le plus abouti de la légendaire trilogie de BOC. Son hard rock est sophistiqué dans ses 8 pièces.

Certifié Or, 14 semaines les charts avec un pic à la 53ème position, jugé meilleur album de tous les temps pour le Melody Maker anglais 75... inutile de vous faire un dessin, ça vole une fois de plus dans les hautes sphères.

Blue Oyster Cult profite de ce troisième volet vinylique pour semer quelques petites gemmes au passage, histoire de passer à la postérité : l'accrocheur Career Of Evil (avec des paroles de Patti Smith), l'inquiétant Subhuman, le chef d'oeuvre nommé Astronomy, Harvester Of Eyes. A côté de ces classiques, on relèvera également le percutant Dominance And Submission, ME 262, Flaming Telepaths et Cagey Cretins, autres valeurs sûres de l'album.

S'il ne devait en rester qu'un de ce groupe, c'est Secret Treaties, agressif en diable, vitaminé, subtil et point culminant du catalogue. C'est effectivement un très très grand disque (RAZOR©).

 

1. Career Of Evil.

2. Subhuman.

3. Dominance And Submission.

4. ME 262.

5. Cagey Cretins.

6. Harvester Of Eyes.

7. Flaming Telepaths.

8. Astronomy.

 

Donald (Buck Dharma) Roeser:guitare,chant.

Eric Bloom:chant,claviers,guitare.

Albert Bouchard:batterie,chant.

Joe Bouchard:batterie,chant.

Allen Lanier:claviers,guitare,synthétiseur.

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