Buddy Guy.

BIOGRAPHIE.

 

BUDDY GUY/ Lettsworth (Louisiane – USA)

 

Buddy guy intro

 

Né George Buddy Guy, le 30 juillet 1936 à Lettsworth (Louisiane).

Actif depuis 1957.

Labels:Cobra Records,Chess Records,Delmark Records,Silverstone Records.

Genre:blues,Chicago blues.

Site officiel:buddyguy.net

 

Maître de la 6 cordes.

Buddy Guy est l'un des derniers dinosaures de la Confrérie des guitaristes de blues à être encore en activité au troisième millénaire. Celui auquel le mythique guitar-hero Eric Clapton prête le titre honorifique de maître incontesté encore vivant de la six-cordes sur la planète, est, en effet, toujours sur le pont à 84 ans.

Figure emblématique de la petite note bleue, pionnier de la branche électrique de Chicago, le louisianais, inspiré par John Lee Hooker, Muddy Waters, Howlin' Wolf, Guitar Slim et B.B. King, est lui-même une influence majeure pour des artistes comme Stevie Ray Vaughan, Jimi Hendrix et, celui qui tresse des lauriers à son endroit, Slowhand.

Père de la rappeuse Shawnna, le 23ème meilleur guitariste de tous les temps pour le magazine Rolling Stone (source 2011) se révèle au milieu des années 60, avant d'être oublié des labels dans la décennie suivante et mis à l'écart, comme tous les bluesmen, dans des 80's alors dominées par la new wave.

Buddy guy 1 jeuneUne carrière débutée à la fin des 50's.

Buddy guy 2 toujours actifEncore actif...

Buddy guy grammy... et Grammy Award...

Buddy guy damn rightDamn Right, I've Got The Blues (1991).

Buddy guy junior wells partenarait d une vingtaine anneesUn long partenariat avec Junior Wells.

Buddy guy last lp 2018Son dernier LP en 2018.

Une carrière magnifique, un talent fabuleux.

Son come-back, début 90, s'accompagne de la renaissance du blues en Europe et aux States. La fin du siècle le voir truster les récompenses : Grammy Awards en 1991, 1993, 1995 et 1996, 5 W.C. Handy Blues Awards entre 90 et 95, Billboard Century Awards en 1993.

En 2005, Buddy Guy est intronisé au Rock And Roll Hall Of Fame, avant de se voir décerner, en 2015, un énième Grammy pour l'ensemble de sa carrière.

Véritable légende vivante, Buddy Guy peut se targuer, au crépuscule de sa vie, d'avoir eu une carrière prolifique et phénoménale, sans jamais distendre les liens qu'il a entretenu avec le blues, ni oublier ses origines paysannes modestes et les gens qui ont contribué à nourrir son fabuleux talent...

Né en Louisiane, à Lettsworth le 30 juillet 1936, George Guy, dit Buddy Guy, grandit dans un milieu rural et dans la précarité, sans eau ni électricité.

Enfant d'une fratrie de cinq, le jeune garçon épaule sa famille en travaillant dans le potager de sa mère Isabel, dans la ferme familiale et au ramassage du coton dans les champs de la collectivité.

Il consacre une partie de son argent de poche à l'achat de 78 tours de blues et fait ainsi ses premiers pas dans le genre en écoutant Muddy Waters, Howlin' Wolf et John Lee Hooker, qui sont ses influences initiales.

Comme il est limité financièrement, il fabrique, à 13 ans, sa première guitare avec des boites de conserve et du fil de fer qu'il prélève sur la moustiquaire de la porte d'entrée de la maison.

Pour éviter d'être bouffé par les moustiques, son père Sam lui achète, 3 ans plus tard, une vieille guitare d'occasion munie de deux cordes. Il joue alors pour tuer le temps.

Un jour, selon la légende, un inconnu l'interpelle alors qu'il joue sur les marches de l'escalier de la maison familiale. Ce dernier, admiratif de la ténacité de Buddy qu'il voit jouer tous les soirs, lui propose de lui offrir une guitare neuve. Ce qu'il fait.

De Bâton-Rouge à Chicago.

Ce don du ciel renforce la volonté de l'adolescent de perfectionner sa technique et de construire son avenir autour de la guitare et du blues.

Après avoir obtenu un diplôme de guitare acoustique, quitté l'école, déménagé à Bâton-Rouge avec les siens et effectué divers petits boulots dont celui de pompiste, George Guy commence tout doucement à s'imprégner des bluesmen en vogue à la fin des 50's.

Il se met à fréquenter le gratin des guitaristes locaux de Bâton-Rouge comme Lightnin' Slim, Guitar Slim, Slim Harpo, Leslie Lazy Lester Johnson ou le Big Poppa John Tilley Band, au sein duquel il fourbit ses premières armes comme sideman.

Il rejoint ensuite les Clouds, le groupe de l'harmoniciste Raful Neal, figure séminale du swamp-blues, avant de déménager sur Chicago (1957), persuadé que son avenir se situait plus dans l'Illinois que dans son sud ségrégationniste.

Sur les rives du lac Michigan, il se produit avec les Otis Rush, Freddie King, Etta James et Earl Hooker et toutes ses idoles. Il va alors concrétiser son intention de faire de la musique (et du blues notamment) son métier.

Talentueux mais pas vendeur pour Chess...

Guy tisse des liens d'amitié avec tous ces artistes qui lui permettent de décrocher un engagement régulier auprès du club 708 du 47th East Street. Il s'y fait remarquer et, en 1958, Magic Sam, guitariste fraîchement débarqué chez Cobra Records, favorise une rencontre avec le pianiste-maison Harold Burrage, qui a contribué au lancement du jeune label indépendant chicagoan créé deux ans plus tôt par Eli Toscano et Howard Bedno (1956).

Cobra marque alors l'apparition d'une nouvelle génération d'artistes de blues (Magic Sam, Buddy Guy, Otis Rush) et d'un nouveau son, que l'histoire de la musique retient sous le nom de West Side Sound.

La rencontre avec Willie Dixon, la même année, lui permet d'enregistrer Sittin And Cryin' (The Blues) pour Artistic Records, filiale de Cobra. Un deuxième single suivra en 1959, avant que Buddy Guy ne rebondisse auprès de l'écurie Chess Records (Cobra ferme en 1959) : This Is The End/You Sure Can't Do, crédité à Buddy Guy And His Band. Willie Dixon en est le producteur.

Chez Chess, il réalise un premier single remarqué, First Time I Met The Blues (1960), un de ses titres emblématiques. Ce disque débute toutefois une collaboration complexe avec la maison de disques de Chicago, son boss, Leonard Chess, jugeant le style de l'artiste trop électrique, trop éclectique, trop bruyant, trop expressif et trop sauvage pour le label.

Pour Leonard Chess, l'artiste n'est pas vendeur, ce que confirment les succès mineurs des singles vendus sous son étiquette (Stone Crazy ou When My Left Eye Jumps). Guy ne vit pas encore des retombées de sa musique et continue parallèlement à occuper un emploi de chauffeur-livreur.

Son talent n'étant pas pour autant remis en cause par le patron, il est proposé, à Buddy Guy, la possibilité d'arrondir ses fins de mois en devenant guitariste de sessions pour les musiciens de Chess, Muddy Waters, Howlin' Wolf, Koko Taylor, Little Walter, Sonny Boy Williamson....

Buddy écoute, observe et enregistre tous les petits détails qu'il apprend de ces éminents guitaristes. Il reste chez Chess jusqu'en 1967 et n'enregistre qu'un seul album, Left My Blues In San Francisco (1967), mélange de vieux blues et de 4 de ses titres.

Buddy guy portrait

« Quand je me suis trouvé sur scène avec Muddy Waters, B.B King et tous ces grands joueurs de blues, j'essayais de me faire tout petit mais, un jour, alors que je quittais la scène discrètement sans me faire remarquer, ils m'ont rattrapé, m'ont fait m'asseoir et m'ont dit que j'étais assez bon pour me joindre à eux. C'est une chose qui m'a marqué toute ma vie. » (Buddy Guy)

Convaincant chez Vanguard.

Son heure viendra, il le sait, car il fait l'admiration de tous les confrères qu'il croise ou qu'il côtoie, ainsi que du public, noir comme blanc. Mais pour cela, il faut quitter Chess. Ce qu'il fait en signant pour Vanguard pour lequel il sort un convaincant A Man & The Blues (1968).

Si le musicien cherche encore à affiner son style, il n'en livre pas moins, dès son deuxième LP, une copie porteuse d'infiniment de promesses et d'espoirs. Contrairement à l'éditeur précédent, Vanguard ne le bride pas.

La dureté de son son et l'agressivité de sa musique trouvent un écho favorable auprès de Jimi Hendrix pour lequel Guy est une influence majeure.

A la même période, il commence une longue association avec l'harmoniciste Junior Wells avec lequel il va enregistrer plus d'une quinzaine d'albums studio et live, sur une vingtaine d'années et ce, jusqu'à la mort de Wells.

Ce partenariat, l'adoubement des Hendrix, Clapton, Vaughan, Beck, ses apparitions avec B.B King et Bill Wyman des Stones, ses tournées européennes font beaucoup pour la popularité du guitariste mais ce dernier peine cependant à convaincre ceux qui lui donnent à manger, à savoir les labels.

L'album Hold That Plane, troisième volet de sa discographie, est enregistré fin novembre 69 mais, on se demande pourquoi, ne sort de la boite qu'en 1972. Malgré sa qualité et celle de la période Vanguard, Guy n'a toujours pas le retour sur investissement qui devrait être le sien.

Il faut dire que les seventies sont une période particulièrement difficile pour les bluesmen traditionnels. Il n'est pas le seul à être affecté par ce manque d'intérêt du public.

La parenthèse française.

Il faut attendre la fin de la décennie pour le voir revenir en studio pour son compte. Et c'est la France, par le biais de Didier Tricard, lequel vient de fonder sa maison de disques et la nommer du nom de la mère de Buddy (Isabel Records/1979), qui, à l'occasion d'une tournée européenne de l'américain, a le privilège d'enregistrer le 4ème opus du catalogue.

Le studio Condorcet à Toulouse sert de cadre à cette journée du 31 octobre 79 au cours de laquelle sont mis sur bande 13 titres destinés à alimenter deux albums, celui de Guy, The Blues Giant, appelé également Stone Crazy (reconnu par la critique), et celui de Junior Wells, Pleading The Blues.

Organisateur des tournées des grands artistes de Chicago Blues entre 70 et 2000, Tricard cède les droits pour le marché américain à Alligator Records tandis qu'Isabel Records continue, jusqu'en 1985, à attirer à lui des grands noms du blues tels que Memphis Slim, Magic Slim, Melvin Taylor, Jimmy Witherspoon, Lucky Peterson ou Otis Rush.

Damn Right, I've Got The Blues, coup gagnant.

Écarté pendant les 80's, la décennie discographique est famélique pour Buddy Guy. Seuls 2 albums viennent se greffer au catalogue personnel de l'artiste, à savoir Breaking Out (1980) et DJ Play My Blues (1982), ainsi qu'une collaboration avec Junior Wells (Going Back/1981) et 3 avec son frère Phil (Buddy & Phil/1981, The Red Hot Blues Of Phil Guy/1982 et Bad Luck Boy/1983).

Il met à profit cette accalmie pour ouvrir, en 1989, un club à Chicago. Le Buddy Guy's Legend accueille tous les plus grands de la planète, des Rolling Stones à ZZ Top, de Bowie à Van Morrison.

Alors qu'il est dans les difficultés financières car ses concerts sont restreints, qu'il n'est plus apparu en studio depuis plus de 8 ans, le démon de la musique le reprend et, quand le blues retrouve un regain d'intérêt au début des années 90, en Europe comme aux États-Unis, il saute sur l'occasion pour revenir en studio et signer Damn Right, I've Got The Blues (1991), Grammy Award du meilleur LP de blues contemporain.

Un blues toujours aussi incandescent.

Clapton n'est pas étranger à ce come-back, car c'est son invitation sur la scène du Royal Albert Hall londonien qui permet de réveiller l'intérêt du milieu de l'industrie du disque pour l'artiste louisianais, dont la carrière va s'en trouver complètement relancée.

Onze nouveaux opus (plus que dans les trois premières décennies d'activité) s'invitent alors dans un catalogue qui, jusqu'à The Blues Is Alive And Well (2018), son 18ème et dernier travail studio, persiste, sans discontinuer, à distiller ses doses d'un blues incandescent (RAZOR©2021).

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio Collaboration - 1965

 

Buddy guy junior wells hoodoo man blues 65

 

 

 

 

 

 

 

 

 

JUNIOR WELLS (& BUDDY GUY)

HOODOO MAN BLUES – 1965  5/5

 

Publié en novembre 1965.

Produit par Bob Koester.

Durée:46:30.

Label:Delmark.

Genre:blues.

 

Un (très) grand classique...

 

Hoodoo Man Blues (1965) est un très grand album de blues, un des plus grands du Chicago Blues, de toute évidence. Il réunit deux figures légendaires du genre, Junior Wells, harmoniciste, et Buddy Guy, guitariste.

Bien que crédité au premier nommé, il est aussi quelque part l'album du second tant ce dernier est présent et influent ici, tant il brille. Mais officiellement, la discographie personnelle de Buddy Guy s'amorce deux ans plus tard avec Left My Blues In San Francisco (1967/Chess)...

Hoodoo Man Blues marque le début d'une longue collaboration entre les deux artistes, laquelle se quantifie en une quinzaine d'albums studio et live en commun, de multiples apparitions publiques et ce, jusqu'à la mort de Wells le 15 janvier 1998. Autrement dit, pendant plus d'une vingtaine d'années.

Buddy Guy, qui apparaît ici à la guitare sous un pseudo (Friendly Chap) pour des raisons de contrat avec Chess, expose toute sa virtuosité technique sans trop en faire, se fondant intelligemment dans le collectif (Junior Wells, Jack Myers et Billy Warren).

Son écoute nous plonge irrémédiablement dans l'ambiance si particulière des juke-joints de West Side. Édité par Delmark, label chicagoan indépendant de blues et de jazz, le présent disque doit impérativement venir grossir les rangs d'une discothèque digne de ce nom.

Pour ce qui concerne Buddy Guy seul, je vous invite à vous reporter sur son 7ème LP studio, Dawn Right I'Ve Got The Blues de 91, autre passage obligé de sa discographie (RAZOR©).

 

1. Snatch It Back And Hold It.

2. Ships On The Ocean.

3. Good Morning Schoolgirl.

4. Hound Dog.

5. In The Wee Wee Hours.

6. Hey Lawdy Mama.

7. Hoodoo Man Blues.

8. Early In The Morning.

9. We're Ready.

10. You Don't Love Me, Baby.

11. Chitlin Con Carne.

12. Yonder Wall.

 

Buddy Guy (Friendly Chap):guitare.

Jack Myers:basse.

Bill Warren:batterie.

Junior Wells:harmonica,chant.

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