Budgie.

BIOGRAPHIE.

 

BUDGIE/Cardiff (Pays de Galles – UK)

 

 

Budgie intro

 

 

Actif entre 1967 et 1988,1995/1996,1999 à 2010.

Labels:MCA Records,RCA Records,NPL Records.

Genre:hard rock,heavy metal,rock progressif.

Site officiel:budgie.uk.com

 

Un éléphant dans un magasin de porcelaines.

 

Si les gallois de Hills Contemporary Grass ont choisi, un jour de 67, d'abandonner leur identité pour celle de Budgie, perruche en français, et d'en faire son emblème, nul doute que ce n'est pas pour le côté exotique de sa musique, mais plutôt pour l'énergie qu'elle déploie. Comme le psittacidé.

 

Bien que s'identifiant à ce volatil pacifique, Budgie n'en a pas moins été une formidable force musicale de la première période du heavy metal et un des groupes les plus importants du genre. Ce constat n'est pas toujours estimé à sa juste valeur aujourd'hui, le groupe étant rarement mentionné ou sous-évalué à l'heure des bilans.

 

Mais, désolé, avec ses riffs tueurs et primitifs, son esprit complètement hard rock, le Budgie en question tient plus de l'éléphant dans un magasin de porcelaines que de l'attachant gazouillis de la perruche. Nommer Perruche un des fondateurs du heavy metal, c'est plutôt gonflé, non ?

 

Iron Maiden, Metallica, Megadeth et la bande de feu Eddie Van Halen savent tout ce qu'ils doivent au power-trio de Cardiff, lequel a été une influence notoire pour eux.

Budgie six ton budgieSix Ton Budgie, précurseur de...

Budgie 1...Budgie, talentueux groupe gallois.

Budgie rodger bainDécouvert par Roger Bain (Black Sabbath).

Budgie burke shelley 1Burke Shelley...

Budgie burke shelley...contraint de s'arrêter en 2010.

Budgie 74 debuts exceptionnelsBudgie (1974) : des débuts tonitruants.

2010, fin de parcours.

 

Actif, sans discontinuer, sur près de trois décennies (de 1967 à 1988), Budgie n'est plus opérant aujourd'hui. Depuis novembre 2010, en fait, date à laquelle Burke Shelley, l'initiateur et chanteur-bassiste du groupe est diagnostiqué avec un important anévrisme de l'aorte, maladie potentiellement mortelle et pour laquelle il refuse l'intervention chirurgicale.

 

Le groupe suspend alors sa tournée européenne en raison de l'hospitalisation de Shelley à Wejherowo, lors de l'étape polonaise.

 

La maladie ayant endommagé son diaphragme, il ne lui est plus possible de chanter correctement. A 70 ans, Shelley n'est pas disposé à changer radicalement ses habitudes mais n'envisage pas, pour autant, d'avenir au groupe qu'il a créé.

 

La seule chance désormais d'entendre à nouveau les Gallois semble résider dans le fait que le leader du mal nommé Budgie, s'il continue à jouer de la basse et réserve sa voix à de timides interventions, n'est pas opposé à l'idée de publier un dernier album monté, avec du matériel inédit de 2010, quand il avait encore toutes ses capacités vocales. Au regard de la qualité du métalleux gallois, on prend...

 

Une chance nommée Rodger Bain.

 

Le groupe se constitue à Cardiff, en 1967, sous le nom de Six Ton Budgie avant d'évoluer un an plus tard sous celui de Hills Contemporary Grass. Burke Shelley, le guitariste Brian Goddard et Kevin Newton pointent dans cette mouture d'origine.

 

Quand le groupe devient Budgie le guitariste Tony Bourge, recommandé par un ami et le batteur Ray Phillips, recruté par petite annonce dans un magasin de disque local, entrent à leur tour.

 

Dans le même temps, Brian Goddard, soupçonné d'avoir mis enceinte sa fiancée du moment, est amené à quitter ses camarades, laissant le champ libre à un trio.

 

Pour Shelley, à l'initiative de cette formation, le format à trois ne répond pas à une volonté de copier Cream et de former un power-trio de plus, mais obéit à une stratégie pour avoir, une fois populaire, à partager l'argent gagné entre 3 musiciens au lieu de 4. Budgie n'a alors que l'ambition de faire de la musique, des concerts et des albums.

 

Pour atteindre cette popularité souhaitée et le but avoué, le groupe quitte Cardiff pour Londres, épicentre de la musique rock du moment. La chance lui sourit quand Rodger Bain, producteur des trois premiers LP de Black Sabbath, se rend à Rockfield en quête de nouveaux talents. Shelley a vent de cette info et s'arrange pour être de cette réunion.

 

Un Grand Funk britannique ?

 

Bien que Budgie ait été écarté des salles de bal de la place pour être trop bruyant, Bain n'en a cure et retient la tierce de Cardiff qui l'a impressionné avec ses riffs implacables et son sens de l'écriture.

 

Le technicien est persuadé que Budgie est capable de rivaliser avec les meilleurs américains de cette fin des 60's et d'en faire un nouveau Grand Funk Railroad.

 

Cette rencontre débouche sur un partenariat avec le label MCA (1970), tandis que Rodger Bain est réclamé à corps et à cris pour devenir le producteur du premier LP que Shelley, songwriter maison, a dans la besace.

 

En juin 1971, sort le premier disque du catalogue des gallois. Enregistré en 4 jours aux studios Rockfield de Monmouth (Pays de Galles), il est éponyme et déjà exceptionnel, tissé autour de riffs sidérants et de délicates plages acoustiques.

 

Cette publication et le coup de pouce de Kid Jensen, DJ de Radio Luxembourg, pour le promouvoir, drainent aussitôt une base de supporters que Squawk contribue à élargir un peu plus.

 

Publié en septembre 1972, le second opus, placé dans une filière Rush, reprend les bonnes recettes de son prédécesseur et convainc à nouveau, même si l'effet de surprise est ici absent. Roger Dean, illustrateur légendaire des pochettes de Yes, signe le visuel de Squawk.

 

En 1971, la popularité escomptée par son leader est bien là. Budgie assure quelques dates en ouverture des afro-britanniques d'Osibisa, avant d'enchaîner par une tournée européenne, puis, un an plus tard, sur la France, l'Italie, la Hollande, l'Allemagne et l'Angleterre où il se produit en première partie de Thin Lizzy et de Mott The Hoople. Il pointe également au festival de Bardney auprès de Nazareth et The Faces.

 

Never Turn You Back On A Friend (juin 1973/MCA), N° 3 du catalogue, est encore incontournable.

Porté par Breadfan et sa force brutale, un des plus grands riffs de toute l'histoire du rock et dont Metallica a fait une reprise en 88, l'opus, prétendu être leur meilleur, étend un peu plus l'influence du groupe et gonfle toujours plus la base de fans des gallois.

Trop gentils...

 

Après avoir tourné en Europe et au Royaume-Uni, Budgie entame son année 1974 en se retrouvant en studio pour In For The Kill (MCA/mai 1974). Sans Ray Phillips, en désaccord sur la suite à donner au groupe et remplacé par Pete Boot, ancien membre d'Extreem et de Bullion.

 

Premier LP de Budgie à intégrer les charts britanniques (29ème/juin 74), il confirme les gallois comme un des plus grands trios du hard rock. N'ayons pas peur des parallèles, la bande à Shelley n'est pas loin de faire vaciller Black Sabbath himself.

 

Boot est à son tour remplacé à la fin de l'année 74. C'est Steve Williams, ex Quest, qui prend le siège et qui officie pour Bandolier (MCA/1975), N° 36 des charts. Le succès est toujours au rendez-vous, Budgie est prêt pour aller en découdre aux États-Unis, même s'il peine toujours à percer.

 

Pour la première fois est cependant évoquée la trop grande gentillesse du groupe et de son encadrement, peu compatible avec une carrière dans le métal, ainsi que le manque de poigne dans la gestion de l'affaire. Une remise en question s'impose pour Shelley et les siens.

Budgie burke shelley portrait

« Les gens que je croise dans la rue me disent combien ils ont aimé notre musique. Ça m'émoustille. Par conséquent, si dernier disque il y a, je veux qu'il soit mon dernier Hourra. Et c'est comme ça que je l’appellerai : One Last Hourra ! » (Burke Shelley)

Une tournée américaine perturbée...

 

Budgie pense que le label ne lui donne pas tous les moyens pour le promouvoir (aux States notamment) et le rapprocher ainsi des leaders du rock lourd ; il le quitte pour A&M, lequel lui ouvre les portes du marché américain.

 

If I Were Brittania I'd Waive The Rules (avril 76/A&M), avec Richard Dunn aux claviers, traduit le passage d'un hard rock lourd, puissant et énergique à un hard rock mélangé de prog, de funk et de jazz, nuances que l'on retrouvait déjà sur l'album précédent.

 

Moins consistante, la sixième levée discographique ne se classe pas dans les charts. Néanmoins Budgie obtient ce à quoi il aspirait, une tournée américaine, laquelle, prévue en février 76, débute finalement la troisième semaine de novembre à Detroit. Les USA étant la nouvelle cible, le groupe s'installe, avec femmes et enfants, à Toronto.

 

Et une tournée britannique pour se remplumer.

 

Impeckable (février 78), premier disque à être enregistré en dehors du Pays de Galles, est encore accrocheur mais il marque le début des tensions en interne et la fin de la collaboration entre Shelley et Bourge après dix ans en commun.

 

Le londonien Richard Hugh Lloyd-Langton (Hawkwind), dit Huw Lloyd-Langton, et Rob Kendrick (Trapeze) intègrent alors une formation en proie à des difficultés financières, obligeant le groupe à contracter un emprunt et à rentrer au Royaume-Uni. Une tournée britannique vient en appoint en 1979 pour faire rentrer de l'argent dans les caisses et solder les dettes.

 

Le heavy metal-hard rock de la première génération étant sur le reculoir juste avant la fin des 70's, il faut attendre la nouvelle vague du genre (New Wave Of British Heavy Metal), au début de la décennie suivante pour que Budgie refasse parler de lui. Il prend part au festival de Reading où il joue devant 35.000 personnes.

 

Un hard rock plus mélodique.

 

3 albums studio s'invitent au catalogue dans les années 80 : le très heavy Power Supply (1980/Active Records), Nightflight (N° 68/1981/RCA) ainsi que Deliver Us From Devil (N°62/1982/Active Records), réalisés avec le guitariste John Thomas, voient Budgie évoluer vers un hard rock plus mélodique.

 

Budgie se sépare dans la deuxième moitié des 80's. Il fait un retour dans le nouveau millénaire (2005) pour signer, en novembre 2006, un 11ème LP studio, You're All Living In Cuckooland, soit 24 ans après Deliver Us From Devil. On craint aujourd'hui que ce ne soit le dernier...(RAZOR©2020)

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 1 - 1971

 

Budgie 74 debuts exceptionnels

 

BUDGIE

BUDGIE – 1971  4,5/5

 

Publié en juin 1971.

Produit par Rodger Bain.

Durée:40:40.

Label:MCA Records.

Genre:hard rock,heavy metal.

 

Du lourd qui pique.

 

Les albums de la première moitié des années 70 représentent la période la plus féconde de Budgie. Jusqu'à Bandolier (1975), les gallois évoluent à un haut niveau, mais c'est la tierce vinylique ouvrant leur catalogue qui suscite généralement l'adhésion des fans : l'éponyme Budgie (juin 71), Squawk (septembre 72) et Never Turn Your Back On A Friend (juin 73). C'est le label MCA Records qui a le privilège de l'abriter.

 

Budgie, enregistré live en studio, traduit les bons débuts des gallois sur la scène rock britannique. Des riffs métalliques durs, lourds et répétés, un rythme groovy saisissant, des chansons à la structure épurée, des lignes mélodiques simples mais agréables alimentent ce premier jet très peu prog. Black Sabbath n'est jamais très loin, la lourdeur en moins.

 

Logique, quand on sait que Budgie a été lancé par Rodger Bain, producteur des premiers Sabbath et qui est, par ailleurs, celui de cet album. Comme on dit : les chiens ne font pas de chats.

 

Guts démarre l'album en trombe et plante le décor de ce à quoi il faut s'attendre derrière (du lourd qui pique) et jusqu'au final, certainement le plus hard rock du lot, Homicidal Suicidal.

 

Quelques belles plages acoustiques (Everything In My Heart, You And I) viennent tempérer avec brillance cette déferlante sonore. Et ça n'est que mieux apprécié (RAZOR©).

 

1. Guts.

2. Everything In My Heart.

3. The Author.

4. Nude Disintegrating Parachutist Woman.

5. Rape Of The Locks.

6. All Night Petrol.

7. You And I.

8. Homicidal Suicidal.

 

Burke Shelley:chant,basse,mellotron.

Tony Bourge:guitares.

Ray Phillips:batterie,percussions.

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