Cactus.

BIOGRAPHIE.

 

CACTUS/Long Island (New York-U.S.A)

 

Cactus 1

 

Actif de 1970 à 1972,de 2005 à aujourd’hui.

Label:Atlantic.

Genre:hard rock,blues-rock.

Le Led Zeppelin américain.

Considéré comme le Led Zeppelin américain, The American Led Zeppelin, Cactus est promu groupe star dès ses premières joutes. A peu de choses près, il n’aurait peut-être jamais été - je veux dire existé – si un malencontreux accident de la route de Jeff Beck n’avait changé le cours des événements. Jeff Beck ???? En quoi est-il concerné ????

Fin 60’s, début 70’s, Jeff Beck envisage de collaborer avec la section rythmique de Vanilla Fudge, Tim Bogert, bassiste, et Carmine Appice, batteur, et Rod Stewart qui fait alors partie du Jeff Beck Group ; l’idée est de créer un super groupe, comme c’est alors en vogue. Le projet séduit les deux américains d’autant que Jeff Beck reste sur deux LP incroyables, Truth (1968) et Ola (1969) que la critique encense. Il s’en faut d’un cheveu pour que cette association ne prenne déjà forme à cette époque ; la collaboration entre Beck, Bogert et Appice verra bien le jour, mais en 1972, quand le Jeff Beck Group et Cactus rendent l’âme.

Cactus bogert appice

Cactus par défaut.

L’épisode de l’accident de Beck pousse la section rythmique yankee à fonder Cactus, dans lequel s’impliquent également Jim McCarty, guitariste et Rusty Day, chanteur.

Elle ne perdra pas au change, tant cette formation a pesé sur le hard rock, malgré un traitement qui n’a pas toujours été à la hauteur de ce qu’il fut vraiment : un très grand groupe et non pas qu’un groupe de drogués pour un public de drogués.

La paire fondatrice Bogert/Appice est issue des new yorkais de Vanilla Fudge, un des rares groupes à avoir fait la transition entre rock psychédélique et heavy metal.

Ce duo basse/batterie compte parmi les rythmiques les plus puissantes du rock. On comprend pourquoi Beck a tout entrepris pour attirer à lui ces deux grands techniciens de l'instrument.

Un line-up explosif.

Tim Bogert est une véritable légende la basse ; il manie l’instrument depuis l’adolescence avec une aisance naturelle, mais cet ancien spécialiste du saxo lui donne la priorité quand il intègre les Piegons qui deviennent Vanilla Fudge. C’est à cette époque, au Choo Choo Club qu’il rencontre Carmine Appice qui bat pour une autre formation. Sur l’insistance de Bogert, Appice rejoint Vanilla Fudge qui va rapidement surfer sur le toit du monde dans une sorte de stoner rock unique et sans précédent.

Carmine Appice est un des premiers batteurs à avoir installé les bases d’un jeu plus lourd dans le rock. Batteur de session très recherché, Appice, connu pour ses performances surprenantes est un des meilleurs batteurs que le rock ait engendré.

Après l’éclatement de Vanilla Fudge et le renoncement contraint au projet Beck, Bogert et Appice sont redevables d’un album au label Atlantic. Cactus prend le relais fin 1969. Pour ce faire, l’excellent guitariste Jim McCarty de Mitch Ryder & The Detroit Wheels, et Rusty Day, chanteur qui s’est fait un nom sur la scène de Detroit avec les Amboy Dukes de Ted Nugent, intègrent Cactus, nom hérité d’un drive-in de l’Arizona. Rusty Day est retenu au motif d’être aussi un très bon harmoniciste.

Cactus appice

«Suite aux sorties de Truth et de Beck-Ola en 68 et 69, Tim et moi avons été impressionnés par Jeff Beck. Nous avons alors voulu travailler avec lui et évoluer vers un hard rock progressif. Nous étions en contact régulier avec lui et le projet de jouer ensemble évoluait bien, d’autant que lui-même n’était pas très satisfait du Jeff Beck Group et qu’il voulait nous avoir à ses côtés. Il aimait beaucoup Vanilla Fudge. Rod Stewart devait être le chanteur dans ce projet. Mais après son accident de voiture, Jeff a été immobilisé quasiment un an, le projet est tombé à l’eau ; nous avons démarré Cactus.» (Carmine Appice)

 

Atlantic emballé.

Atlantic est séduit par la nouvelle équipe qui annonce vouloir jouer dans la cour des Free, Led Zeppelin ou Humble Pie, leurs homologues anglais, et par l’album éponyme qui ouvre le catalogue de Cactus. Il reconduit son offre pour une poignée d’albums, via sa filiale Atco.

Puissant, technique, vitaminé, Cactus (juillet 1970), mélange de blues, de rock, de boogie et de ballades, est l’album de McCarty lequel surprend tout son monde ici. 54ème au Billboard 200, ce disque indispensable et justifiant le surnom d’American Led Zeppelin affecté au quatuor ricain, atténue l’amertume de Bogert et Appice d’avoir raté le train Beck.

Le line-up a du répondant et le très convaincant One Way Or Another, sorti en février 1971, en apporte la preuve. Pour la deuxième fois en 8 mois, Cactus surfe une nouvelle fois et avec succès sur le blues électrique.

Cactus 3

Beck Bogert Appice se précise…

Les drogues s’invitent alors qui vont toucher tous les membres sans restrictions. Restrictions (octobre 1971) est le titre du troisième LP, travail encore digne de figurer dans sa discographie majeure. Plus blues, plus hard, plus groove que jamais, Cactus signe là la dernière grosse performance de sa carrière en studio. Au-delà, elle vire en eau de boudin. McCarty quitte le groupe. Ce départ réveille Atlantic qui a la peau de Rusty Day, jugé pas assez fort pour rivaliser avec Plant (Led Zeppelin) ou Rodgers (Free). 

Il est évincé au profit de Peter French (Leaf Hound, Big Bertha, Atomic Rooster) lequel débarque alors que la section rythmique a déjà dans l’idée de rejoindre Jeff Beck pour former Beck Bogert Appice.

Il est alors proposé à French de reprendre Cactus à son compte mais sans son tandem mythique Bogert/Appice. Dans le même temps, Werner Fritzschings à la guitare et Duane Hitchings aux claviers entrent dans Cactus.

Retour aux affaires en 2006.

Appice, Bogert, French, Fritzschings et Hitchings constituent le line-up de Ot ’n’ Sweaty, quatrième et ultime album du Cactus des 70’s, publié fin août 1972. Le groupe se dissout en 1972 ; Bogert et Appice peuvent enfin, avec Jeff Beck, monter le projet de super trio après lequel ils courent tant depuis 4 ans.

Duane Hitchings dans un premier temps (1973) et sans aucun membre d’origine, puis Rusty Day, en 1976, remontent de nouvelles moutures de Cactus. Celle menée par le chanteur initial reste en place jusqu’en 1979. Rusty Day est assassiné à son domicile en mars 1982. Cactus entre alors dans une longue période de silence, rompue en 2006 par la réunion des trois membres encore vivants, McCarty, Bogert et Appice, rejoints par l’ex chanteur de Savoy Brown, Jimmy Kunes. Un album en découle, nommé Cactus V. En 2015, Cactus est toujours sur les routes (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 70's.

LP Studio 1 - 1970

 

Cactus lp 70

 

CACTUS

CACTUS – 1970  5/5

 

Publié le 1er juillet 1970.

Produit par cactus.

Durée:40:16.

Label:Atlantic Records.

Genre:blues rock,hard rock.

 

Le Led Zep ricain.

 

De la dynamite ! Ce premier disque de Cactus (en écoute intégrale ici) à la pochette chargée de sous-entendus, aussi tendancieuse qu’audacieuse est une petite merveille de hard amerloque du début des seventies.

Publié sous label Atco, la filiale d’Atlantic, et au milieu de l’année 1970, l’album va dans le sens de ce qui se fait à l’époque : du lourd, du dur. Led Zep, Deep Purple, Jeff Beck Group (Ola), la concurrence est terrible, impitoyable. Il faut jouer des coudes et frotter pour se faire une place sur un échiquier hard rock/blues rock déjà chichement doté.

Cactus a un répertoire qui tient la baraque et des premiers couteaux très affutés pour l’interpréter. Le groupe est monté sur ressorts, crache le feu et, surtout, est revanchard, à l’image de Bogert et d’Appice, section rythmique légendaire et hors norme, ayant raté l’occasion de monter le supergroupe  imaginé par Jeff Beck et ce, pour des raisons de santé (accident) de ce dernier. Qu’on se rassure, avec McCarty et Rusty Day, Cactus ne perd pas au change.

Cactus, album éponyme de 1970, premier d’une discographie très réduite, confirme les promesses entrevues par le pédigrée du line-up. Le contenu affiche de la puissance, de la technique et de l’énergie.

En dehors de deux reprises (Parchman Farm de Mose Allison et You Can’t A Book By The Cover de Willie Dixon), Cactus propose six titres originaux. La sélection de cet album oscille entre boogies survitaminés et blues inspirés.

Chaque musicien y va de son solo, mais je vous invite à suivre tout particulièrement Jim McCarty, pionnier du hard rock, dont le travail de guitare est une pure merveille.

Ce disque compte parmi ceux qui m’ont le plus marqué de toute la décennie 70. S’il en est un qu’il faut impérativement avoir pour ne pas déparer sa discothèque idéale, c’est celui-ci et pas un autre ! C’est détonant (RAZOR©).

 

1. Parchman Farm.

2. My Lady from South of Detroit.

3. Bro. Bill.

4. You Can't Judge a Book by the Cover.

5. Let Me Swim.

6. No Need to Worry.

7. Oleo.

8. Feel So Good.

 

Tim Bogert:basse,choeurs.

Carmine Appice:batterie,percussion,chœurs.

Jim McCarty:guitare.

Rusty Day:chant,harmonica.

LP Studio 2 - 1971

 

Cactus one way or another

 

CACTUS

ONE WAY…OR ANOTHER – 1971  5/5

 

Publié le 24 février 1971.

Produit par Cactus.

Durée:41:32.

Label:Atco.

Genre:hard rock,blues rock,heavy metal.

 

Tout est bon dans le Cactus.

 

Le premier album éponyme révèle que Cactus, par l’entremise de sa légendaire rythmique, a finalement été bien inspiré de rebondir sur ce projet essentiellement américain après la déconvenue née de l’abandon de celui avec Beck et Stewart.

A l’amorce de One Way…Or Another (en écoute intégrale ici) et compte tenu du succès de l’album éponyme précédent, il est évident que Bogert et Appice ont digéré les événements et qu’ils entraînent Cactus vers d’autres sommets. Les substituts aux stars Beck et Stewart ont énormément de qualité et contribuent également installer Cactus sur le devant de la scène hard-rock.

Rusty Day, ex-Amboy Dukes,  au chant, et Jim McCarty (passé par Buddy Miles Express et Mitch Ryder & The Detroit Wheels) n’ont rien d’ersatz, et le projet Cactus, même revu à la baisse en terme de notoriété, a des arguments à opposer aux concurrents que sont les Deep Purple, Led Zep, Sabbath and Co.

Ce disque va le démontrer. On ne va pas y trouver une grande originalité mais, au moins, il a l’immense mérite d’être particulièrement efficace et de s’inscrire dans la même lignée que celui auquel il succède et qui vaut à Cactus d’être considéré comme le Led Zep américain.

One Way…Or Another, sorti en 1971, est enregistré dans les studios foulés par Hendrix (Electric Lady Studios de New York où feu Jimi enregistra son génial Electric Ladyland) et bénéficie de l’apport technique d’un ingénieur hors pair, Eddie Kramer.

Il recèle des petites merveilles de chansons comme la reprise d’un languissant Long Tall Sally de Little Richard (auréolé d’une énorme prestation solo du guitariste  McCarty), comme le viril Rock ‘N’ Roll Children, aux riffs phénoménaux, le boogie de derrière les fagots qu’est le bien nommé Big Mama Boogie, une spécialité de la maison Cactus, comme l’impétueux One Way…Or Another, sur lequel Rusty Day lâche les chevaux, vocalement parlant, comme la reprise de Chuck Willis, Feel So Bad (que Presley a également interprété, il me semble), comme l’extraordinaire ballade instrumentale Song For Aries (McCarthy y excelle) ou Hometown Bust. Absolument aucun titre n’est à écarter de cet album essentiel des années 70.

Deux mots sur McCarthy et Day : le premier nommé joue tout en sentiment, distille des solos admirables, utilise bien les effets, excelle dans le genre électrique tout comme dans celui acoustique. Il est vraiment un maillon fort de Cactus. Rusty Day est un excellent chanteur, doublé d’un talentueux harmoniciste. Son chant et son jeu collent bien à la musique du super groupe américain. Ces deux artistes n’ont rien de vulgaires succédanés, on s’en rend encore compte ici  (RAZOR©).  

 

1. Long Tall Sally.

2. Rockout, Whatever You Feel Like.

3. Rock 'N' Roll Children.

4. Big Mama Boogie,Pt. 1 & 2.

5. Feel So Bad.

6. Song For Aries.

7. Hometown Bust.

8. One Way...Or Another.

 

Rusty Day:chant,harmonica.

Jim McCarty:guitare.

Carmine Appice:batterie.

Tim Bogert:basse.

LP Studio 3 - 1971

 

Cactus restrictions

 

CACTUS

RESTRICTIONS – 1971  4/5

 

Publié en octobre 1971.

Produit par Geoffrey Haslam.

Durée:35:48.

Label:Atco.

Genre:hard rock,blues rock,heavy metal.

 

A consommer sans restrictions.

 

L’album éponyme de 1970, One Way Or Another et celui-ci, Restrictions (en écoute intégrale ici) sortis tous deux en 1971, sont les trois escales incontournables de la discographie de Cactus.

Restrictions est l’ultime pièce de cette trilogie gagnante. Trois titres sur la première face : le morceau titre, un blues lourd qui dépasse les 6 minutes, un probant Token Chokin’, dont on peut bien se demander pourquoi il n’a jamais réellement cartonné et pour lequel Ron Lee Jack tient merveilleusement la slide, ainsi que Guitless Glider (8:39 mn de Cactus hyper efficace comme je l’aime). Trois titres, disais-je, qui situent parfaitement le niveau d’excellence de l’univers foulé.

Rythmique implacable (ce n’est pas une surprise), lourdeur, association de puissance et de groove, guitares surchauffées, voix bluesy, rauque et qui hurle à en cracher le sang, riffs énormes… le quatuor est à l’apogée de son art.

Face B, l’heavy Evil, Sweet Sixteen, le furieux Bag Drag, Alaska, imbibé de soul, Mean Night In Cleveland avec un McCarty grandiose et inspiré qui transforme cet instrumental en une petite perle.

Cet album est un incontournable pour faire connaissance avec ces sacrés ricains, plus blues, plus hard et plus groove que n’importe quelle autre formation du moment. Il est simplement dommage que leur carrière ait si vite viré en eau de boudin. Autant se délecter de ce Restrictions…sans restrictions ! (RAZOR©).



1. Restrictions.
2. Token Chokin'.
3. Guiltless Glider.
4. Evil.
5. Alaska.
6. Sweet Sixteen.
7. Bag Drag.
8. Mean Night In Cleveland.

 

Rusty Day:chant,harmonica,percussion.

Jim McCarthy:guitares.

Tim Bogert:basse,choeurs.

Carmine Appice:batterie,percussion.

Ron Leejack:slide guitare sur 2.

Albhy Galuten:piano.

Duane Hitchings:claviers.

LP hybride 4 - 1972

 

Cactus ot n sweaty

 

CACTUS

OT’N’SWEATY – 1972  3,5/5

 

Publié le 28 août 1972.

Produit par Geoffrey Haslam.

Durée:35:53.

Label:Atco.

Genre:hard rock,blues-rock.

 

Frustrant.

 

Ot’n’Sweaty (en écoute intégrale ici) sort en 1972. Il pointe au quatrième rang du catalogue de Cactus ; il est également le premier sans Rusty Day et Jim McCarty, écartés au profit de Peter French (ex-Leaf Hound et Atomic Rooster) au chant, et de Werner Fritzsching à la guitare, tandis que Duane Hitchings fait une pige aux claviers. Première surprise.

Deuxième matière à s’étonner, cet album est mi live, mi studio. Rien d’étonnant jusqu’ici, Cactus n’est pas le premier à le faire. L’effarement est de constater la brièveté de ce disque hybride.

Les 36 minutes d’écoute sont partagées entre de furieuses prestations scéniques captées à Porto Rico (avril 1972) et des enregistrements studio ne donnant pas l’occasion d’apprécier pleinement l’affaire ; c’est terriblement frustrant pour l’auditeur. En tout cas, pour moi.

Le temps de s’enflammer au rythme du torride blues-rock des trois titres live (face A constituée de Swim, Bad Mother Boogie et Our Lil Rock ‘n’ Roll Thing), et l’affaire Porto Rico Live est terminée en un peu plus d’un ¼ d’heure. Je dis fâcheux. Dommage, je reste sur ma faim et ce, même si la face studio est excellente de Bad Stuff à Underneath The Arches.

Après un tel déferlement en public, le plus rythmé des morceaux studio paraît bien fade. Fussent-ils excellents comme ceux que l’album propose ici. La qualité de la musique n’est absolument pas à incriminer ici. Elle est variée, énergique, bien lourde, brute de décoffrage. C’est la construction du disque qui laisse à désirer. J’eus aimé ou carrément un live ou uniquement un studio, voire un hybride plus long en terme de live.

C’est pour cette immense frustration que ce disque ne laisse pas un souvenir impérissable à mon sens. Quand on ressort frustré d’une écoute, c’est qu’il manque quelque chose. Et pourtant on ne peut pas lui reprocher grand-chose (RAZOR©).

 

1. Swim.

2. Bad Mother Boogie.

3. Our Lil Rock-n-Roll Thing.

4. Bad Stuff.

5. Bringing Me Down.

6. Bedroom Mazurka.

7. Telling You.

8. Underneath The Arches.

 

Carmine Appice:percussion,batterie,choeurs.

Tim Bogert:basse,choeurs.

Werner Fritzsching:guitare.

Peter French:chant.

Duane Hitchings :orgue,piano,claviers.

LP Live - Archives 1970/1972 - 2004

 

Cactus live gigs vol 1

 

CACTUS

FULLY UNLEASHED – THE LIVE GIGS – VOL 1  2004  5/5

 

Publié le 13 juillet 2004.

Enregistré entre 1970 et 1972.

Produit par Geoffrey Haslam.

Durée:79:43.

Label:Rhino Handmade.

Genre:hard rock,blues-rock,heavy metal.

 

La pièce jusqu’alors manquante du puzzle.

 

Pour l’occurrence,  je vous propose, ni plus, ni moins, de faire un crochet par Long Island dans l’état de New-York et d’y retrouver une légende en matière de hard rock, blues-rock, boogie-rock et de Heavy Metal : Cactus.

Formée en 1970  par les transfuges de feu Vanilla Fudge Tim Bogert et Carmine Appice, par l’ex- Amboy Dukes Rusty Day ainsi que par Jim McCarty (The Detroit Wheels) mais hélas éteinte en 1972, la formation américaine laisse derrière elle un très bel héritage studio (Cactus/1970, One Way…Or Another/1971, Restrictions-/971) et un album hybride, mi studio, mi live (‘Ot ‘n’ Sweaty de 1972).

Pour un groupe dont on ne vantera jamais assez l’explosivité des prestations en live, la discographie officielle n’affiche  que le seul ‘Ot ‘n’ Sweaty pour en attester. Autrement dit, sur les 36 minutes de ce quatrième album, seuls trois titres (Swim, Bad Mother Boogie et Our Lil Rock ‘n’ Roll Thing), enregistrés au festival Mar Y Sol Pop de Porto Rico, le 3 avril 1972, font office de témoignage du Cactus scénique.

Ce qui se résume à un peu plus d’un quart d’heure, qui plus est avec le line-up de la deuxième génération, puisque Rusty Day et Jim Mccarty ne font plus partie du groupe à ce moment-là. Donc, pour faire court, du Cactus dans sa version mythique, rien sur disque durant des 70’s au début des années 2000. 

Heureusement, Rhino a eu le nez creux (c’est le cas de le dire…) en comblant cette lacune incompréhensible et inimaginable pour un groupe de cette trempe. En exhumant en 2004,  des archives de cette formation hyper-vitaminée, une matière suffisante pour alimenter un double album, le dénommé Fully Unleashed - The Live Gigs-Vol 1 (en écoute intégrale ici), il est enfin possible de se rendre compte de l’énergie et de l’intensité de ces new-yorkais que d’aucuns, à l’époque, définissaient comme le meilleur combo live du début des années 70.

La sélection de cette compilation ratisse du côté de Memphis (19/12/1971) avec le line-up d’origine, de l’Ile de Wight (28/08/1970), de Buffalo (Gilligan’s Club, le 26/06/1971) pour revenir au 3 avril 1972 à Porto Rico avec la seconde mouture (4 titres). Un disque et demi est donc consacré au vrai Cactus.

L’écoute permet, enfin, de constater que ce Cactus en live, ça n’est pas une légende de journaleux. Très vite rodé, rapidement propulsé au sommet de son art, le Cactus de ce double album a du poil aux guiboles. On peut en juger ici.

Riffs dévastateurs, solos décapants, improvisations étirées (jusqu’au chant), classiques revisités (Evil, Parchman Farm, One Way…Or Another, No Need To Worry, Big Mama Boogie en deux parties), du blues, du lourd, des amplis qui fument et crachent, chacun y va de sa démo instrumentale, qui la guitare, qui l’harmonica, qui la batterie.

Cet album est le Cactus qui nous manquait. Bien évidemment, il a maintenant valeur de seul, vrai et bon testament du Cactus des scènes. Sa qualité sonore en fait un indispensable à double titre. Epoustouflant (RAZOR©).

 

Disque1.

1. Intro/long Tall Sally.
2. Bag Drag.
3. Evil.
4. Parchman Farm.
5. Alaska.
6. Oleo.
7. No Need To Worry.
8. Let Me Swim.


Disque 2.

1. Big Mama Boogie, Pts. 1-2.
2. Medley: Heeby Jeebies/money/hound Dog/what'd I Say.
3. No Need To Worry.
4. Parchman Farm.
5. One Way...or Another.
6. Bro. Bill.
7. Swim.
8. Bad Mother Boogie.
9. Our Lil Rock-n-roll Thing.
10. Bedroom Mazurka.

 

Carmine Appice:batterie,percussions,choeurs.
Tim Bogert:basse,choeurs.
Rusty Day:chant.
Jim McCarty:guitare.
Werner Fritzsching:guitare.
Peter French:chant.
Duane Hitchings:claviers.
Ron Leejack:guitare.

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