Canned Heat

BIOGRAPHIE.

 

CANNED HEAT/Los Angeles (Californie)

 

Canned heat original band photo

 Le line-up d'origine de Canned Heat: Larry Taylor,Henry Vestine,Bob Hite,Alan Wilson et Fito de la Parra 

 

Années actives:1965 à aujourd'hui.

Label:Liberty,Ruff.

Genre:blues rock,boogie rock,southern rock,blues électrique.

Site officiel:www.cannedheatmusic.com

 

Le meilleur groupe de blues blanc.Canned Heat est un produit de la scène californienne, plus particulièrement de Los Angeles où, sous l’influence du guitariste myope Alan Wilson, surnommé la chouette (Blind Owl), et du chanteur Bob Hite, dit The Bear, en référence à une corpulence impressionnante, l’aventure de ce groupe culte du rock prend forme. Nous sommes alors en novembre 1965 et déjà circulent à son endroit les commentaires les plus élogieux comme quoi c’est le meilleur groupe de blues blanc de blues-boogie jamais vu.

Canned heat 1

Formation comme il en existe alors peu, Canned Heat pratique un boogie wooogie bluesy marécageux qui enflamme le public dès ses premières apparitions. Célèbre pour les grands succès que furent On The Road Again ou Goin’ Up The Country notamment, cette formation tire son nom d’une chanson de Tommy Johnson, Canned Heat Blues, Canned Heat étant parallèlement une boisson fortement alcoolisée et un état occasionnée par une piqûre d’héroïne.

Les cadors du Palomino.

Avec le recrutement d’Henry Vestine dans un premier temps, guitariste au sein des sulfureux Mothers de Zappa, de Franz Cook, batteur et du bassiste Larry Taylor, Canned Heat, au blues détonant dans le concert psyché ambiant, évolue sous forme d’un quintette dont les murs des clubs angelins (le Palomino ou le Magic Mushroom) se souviennent encore. De là à le retrouver sur la scène de Monterey pour le festival pop du même nom, il n’y a qu’un pas. Canned Heat est alors un groupe du label Liberty (United Artists) pour lequel il publiera plusieurs albums.

Le premier jet est éponyme et se fait dans la foulée de Monterey. Déjà il marque des points, mais c’est On The Road Again sur l’album suivant qui tirera Canned Heat vers le haut. Une première histoire de possession illégale de drogue jette le groupe au ballon. La caution de la libération de Canned Heat est alors réglée par le manager Skip Taylor en échangeant avec le président de Liberty, la liberté des membres contre des droits d’auteur concédés gracieusement pour l’avenir. Enfumé jusqu’à la moelle par son manager filou, le groupe n’a pas touché de royalties sur leurs succès pendant un temps. Ce fait inspirera la chanson My Crime.

Fito

"Le boogie, c'est le côté heureux du blues" (Fito De La Parra)

Fito De La Parra, dépositaire du nom.

Début 1968, le mexicain Fito De La Parra, aujourd’hui dépositaire du nom et seul membre du Canned Heat de départ, débarque et remplace Cook. C’est l’année de l’historique Boogie With Canned Heat (1968), numéro 2 du catalogue, porté par On The Road Again que les californiens se plaisent à étirer dans des jams interminables lors de leurs prestations scéniques comme c’est le cas sur l’hybride double LP Living The Blues suivant (studio et live), avec le démesuré Refried Boogie de deux fois plus de 20 minutes. Canned Heat est un groupe où le line-up a eu beaucoup la bougeotte. Ainsi, avant la sortie, quelques semaines avant Woodstock, du volume 4 de la discographie de la bande, Hallelujah, Vestine est éjecté pour s’être frité avec Taylor. Harvey Mandel le supplée rapidement et figure sur l’album qui suit Future Blues (1970). Pas Vestine. Sur Vintage (1971) oui, par contre. Mais cet album regroupe les premiers enregistrements de Canned Heat avec le line-up de départ dont il faisait partie. Normal donc.

Future Blues, mémorable.

Future Blues est une merveille de disque, certainement le meilleur de Canned Heat, son plus mémorable certainement car c’est le dernier de la Chouette, le génial Alan Wilson qui, dépressif, est retrouvé mort chez son pote Hite qui pense alors arrêter les frais et sonner la fin de l’aventure. Las, les contrats étant ce qu’ils sont, Canned Heat, pieds et mains lié avec son éditeur, remet le couvert et repart au casse-pipe pour deux albums pour la seule année 1971.

La débandade.

Hooker N’ Heat, comme son nom l’indique, se fait avec John Lee Hooker et Historical Figures And Ancient Heads avec trois guitaristes, le gracié Sunflower-Vestine, Harvey Mandel et Joel Scott-Hill l’ex-Moby Grape venu suppléer Wilson. Après, malgré les efforts de Hite pour maintenir une qualité constante, c’est un peu la débandade et le jeu des chaises musicales au niveau humain. The New Age (1973) est insignifiant et sonne le glas de la collaboration avec Liberty. Paradoxalement, alors que la drogue et la chnique ont fait une OPA sur Canned Heat, son One More River To Cross (1974) sauve la face. Pas Human Condition, enregistré en 1977 et édité en 1978, réalisé par un ersatz de Canned Heat, Hite De La Parra étant les seuls survivants du naufrage. Bob Hite décède trois ans plus tard d’une oderdose.

Toujours sur le pont.

Fito De La Parra et Henry Vestine, revenu au bercail, se sentent investis de nouvelles responsabilités jusqu’à ce que ce dernier ne fasse encore des siennes et ne soit remplacé par Walter Trout jusqu’en 1985. Pour rester fidèle à ce qui a toujours caractérisé Canned Heat, le turn-over, l’après Hite n’a été qu’une longue succession de ruptures et de reformations. Dernièrement, le batteur chicano a réuni autour de lui quelques anciens membres du groupe pour fêter comme il se doit le quarantième anniversaire de Woodstock. Canned Heat est toujours actif aujourd’hui (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S/701'S.

LP Studio 1 - 1967

 

Canned heat lp 1er pochette f a

 

CANNED HEAT

CANNED HEAT (ROLLIN' AND TUMBLIN') - 1967  4/5

 

Publié en juillet 1967.

Paroduit par Cal Carter.

Durée:38:05.

Label:Liberty.

 

Le blues blanc, ça existe.

 

Dans la discographie officielle de Canned Heat, le point de départ est Rollin’ And Tumblin’ (appelé d’abord Canned Heat, il me semble) de juillet 1967. Vintage de 1966, l’album précédent, ne fut publié qu’une fois le groupe devenu vraiment populaire, autrement dit en 1970.

Canned Heat (en écoute complète ici) est donc le premier, sorti dans la foulée du festival pop de Monterey. Il se fait sous label Liberty Records (qui éditait aussi le Nitty Gritty Dirt Band, Ike & Tina Turner) de Skip Taylor et John Hartmann.

Après les démos de Vintage, Canned Heat, dans un line-up entièrement reconduit (Hite/Wilson/Vestine/Taylor/Cook), attaque les enregistrements de ce deuxième LP, pied au plancher. Les affaires deviennent sérieuses et le résultat s’en ressent dès la première écoute.

Canned Heat hausse le ton, livrant là un des très grands albums de blues blanc et certainement une œuvre d’art du genre. Et même si la finalité première est de valoriser les standards du blues, nul doute, que leurs auteurs, les Dixon, Waters, Harris, Johnson, James, doivent en être particulièrement fiers.

C’est du blues chirurgical, précis, bien électrisé et subtilement porté au septième ciel par la combinaison guitares/chant, autrement dit par le duo Wilson/Vestine et Hite,  qu’une belle rythmique soutient efficacement (Larry Taylor et Frank Cook, bientôt remplacé par l’énorme Fito De La Para, aujourd’hui le dépositaire de la mémoire et de la pérennité du groupe). Amis bluesmen, il faut passer à la caisse ! (RAZOR©).

 

1. Rollin' and Tumblin'.

2. Bullfrog Blues.

3. Evil Is Going On.

4. Goin' Down Slow.

5. Catfish Blues.

6. Dust My Broom.

7. Help Me.

8. Big Road Blues.

9. The Story of My Life.

10. The Road Song.

11. Rich Woman.

 

Bob Hite:chant.

Alan Wilson:slide guitare,chant,harmonica.

Henry Vestine:lead guitare.

Larry Taylor:basse électrique.

Frank Cook:batterie.

LP STUDIO 2 - 1968

 

Canned heat boogie with

 

CANNED HEAT

BOOGIE WITH CANNED HEAT – 1968  5/5

 

Publié le 21 janvier 1968.

Produit par Skip Taylor,Dallas Smith.

Durée:44:00.

Label:Liberty Records.

Genre:blues-rock.

 

Canned Heat entre dans la légende.

 

Canned Heat accède à la notoriété grâce au festival de Monterey. Le mémorable single qu’est On The Road Again (composé par Floyd Jones dans les années 50) fait le reste. Piste vedette de leur second album studio, Boogie With Canned Heat (en écoute intégrale ici), édité en 1968, ce succès planétaire est ancré à jamais dans la mémoire collective.

Quelques petites notes de guitare précèdent l’entrée en matière de la voix fragile et chevrotante de Wilson puis de son harmonica, avant que tout le groupe ne s’engage derrière comme des affamés.

La structure de cette chanson est mythique, immortalisant à jamais Canned Heat. Cet excellent disque, ne contenant quasiment que des originaux, ne se résume cependant pas à ce sésame pour l’éternité.

Evil Woman, My Crime, World In A Jug, Turpentine Moan, l’anti-drogue Amphetamine Annie ou l’instrumental  improvisé Fried Hockey Boogie (plus de 11 minutes) trimbalent également  leur pesant de plaisir et de liberté, entre blues, rock et boogie.

Boogie With Canned Heat porte au pinacle ces jeunes représentants du blues blanc en lesquels toute une jeunesse se retrouvait. Comme le disque a résisté à l’épreuve du temps, c’est un achat immanquable qui se présente à vous (RAZOR©).

 

1. Evil Woman.

2. My Crime.

3. On the Road Again.

4. World in a Jug.

5. Turpentine Moan.

6. Whiskey Headed Woman No. 2.

7. Amphetamine Annie.

8. An Owl Song.

9. Marie Laveau.

10. Fried Hockey Boogie.

 

Bob Hite:chant.

Alan Wilson:slide guitare,harmonica,chant.

Henry Vestine:lead guitare.

Larry Taylor:basse électrique.

Fito de la Parra:batterie.

Dr. John Creaux:piano.

LP Studio 3 - 1968 (Hybride studio/live)

 

Canned living

 

CANNED HEAT

LIVING THE BLUES – 1968  5/5

 

Publié en novembre 1968.

Produit par Skip Taylor.

Durée:1:28:03.

Label:Liberty Records.

Genre:blues,blues-rock,blues psychédélique.

LP hybride live/studio.

 

Le disque de toutes les prouesses.

 

Living The Blues (en écoute intégrale ici), troisième album de la discographie officielle de Canned Heat, est un double LP, constitué d’une première partie réalisée en studio, dans la veine blues rock habituelle et une seconde, live, sur laquelle figure ce qui doit être le morceau le plus long de toute l’histoire du rock, Refried Boogie, lequel affiche 40 minutes et 51 secondes au compteur.

Digne pendant du LP précédent (Boogie With Canned heat), d’une part, ce top 20 est également l’occasion pour Canned Heat d’être, instrumentalement parlant, très démonstratif et de partir dans d’interminables soli, que d’aucuns peuvent considérer comme inutiles et redondants. Il faut toutefois replacer le disque dans le contexte musical de cette période, qui était friande de démonstrations instrumentales souvent improvisées dans lesquelles, qui guitariste, qui batteur, qui organiste ou bassiste s’engouffraient généreusement et y allaient de leur petit numéro technique, à la grande satisfaction du public.

Outre le théâtre des prouesses énoncées, Living The Blues est le lieu de première apparition du titre pop phénoménal qu’est Going Up The Country (1er dans 25 pays et, paradoxalement, seulement 11ème aux States), immortalisé dans le film Woodstock et utilisé à des fins de soutien musical dans une publicité de Renault.

Bénéficiant de la présence au piano de John Mayall (Walking By Myself et dans le mouvement de Parthenogenesis, qu’est  Bear Wires) que Fito De La Parra, remplaçant de Cook à la batterie), a ramené ponctuellement  dans ses bagages au sortir d’une tournée, et de Dr John (Boogie Music), Living The Blues affiche de l’éclectisme dans son répertoire.

On se satisfera de cet excellent mélange de rock électrifié et de R&B,  qu’est Pony Blues de Charley Patton, de l’excellent boogie (Boogie Music et l’énorme Refried Boogie), de la solidité instrumentale révélée par les 20 minutes de Parthenogenesis, de l’hymne hippie rafraîchissant (Going Up The Country).

Vestine était un très grand gratteur, Hite un sublime grondeur, Alan Wilson un drôle de slider, un excellent chanteur et harmoniciste et Fito De La Parra (auquel il faut associer son alter-ego de la rythmique, Larry Taylor) est et sera  toujours le grand Fito De La Parra. C’était alors l’époque glorieuse de Canned Heat (RAZOR©).

 

1. Pony Blues.

2. My Mistake.

3. Sandy's Blues.

4. Going Up the Country.

5. Walking by Myself.

6. Boogie Music.

7. One Kind Favor.

8. Parthenogenesis.

-  Nebulosity.

-  Rollin' and Tumblin.

-  Five Owls.

-  Bear Wires.

-  Snooky Flowers.

-  Sunflower Power.

-  Raga Kafi.

-  Icebag.

-  Childhood's End.

9. Refried Boogie.

 

Bob Hite:chant.

Alan Wilson:slide guitare,harmonica,chant.

Henry Vestine:lead guitare.

Larry Taylor:basse électrique.

Fito de la Parr:batterie.

Dr. John Creaux,Joe Sample:piano,arrangements.

LP Studio 4 - 1969

 

Canned hallelujah

 

CANNED HEAT

HALLELUJAH – 1969  5/5

 

Publié le 8 juillet 1969.

Produit par Skip Taylor.

Durée:38:04.

Label:Liberty Records.

Genre:blues,blues-rock,boogie.

 

On prend les mêmes et on recommence.

 

Globalement, en dépit de l’absence de hit (On The Road Again et Going Up The Country illuminent respectivement Boogie With Canned Heat et Living The Blues), ce troisième (quatrième, si l’on tient compte de Rollin’ And Tumblin’) opus des californiens est très bon.

Hallelujah (en écoute intégrale ici), c’est son nom, marque un recadrage par rapport au double album précédent, à savoir que Canned Heat, parti un peu dans tous les sens sur Living The Blues (Refried Boogie, Parthenogenesis), se recentre sur la musique et  resserre son jeu.

Il en résulte une agréable sensation de grande cohésion ; ce Canned Heat là est bel et bien le meilleur groupe de blues rock actuel. Ce line-up est exceptionnel (Vestine, Taylor, De La Parra, Wilson et Hite) ; l’avenir nous apprendra  bien vite que la perte d’un seul être peut tout dépeupler.

Sous évalué, Hallelujah dévoile un potentiel énorme, supérieur à celui jusqu’alors connu d’eux, des musiciens habitués comme jamais l’un à l’autre, instrumentalement affûtés (comme l’incroyable guitariste qu’est Vestine), des chanteurs à émotion permanente, et surtout une section rythmique efficace comme pas deux (I’m Her Man).

Doté d’un excellent son, superbement produit par Skip Taylor, Hallelujah (sorti sous label Liberty) bouleverse l’auditeur  et le tient constamment en haleine, de Same All Over (qui met Hite en vedette) à Down In The Gutter, But Free (une jam qui met tout le groupe à contribution).

Marqué par l’éclectisme mais bien équilibré, ce disque ne contient que de grands et profonds airs de blues (Canned Heat et son faux air de vieux blues, Do Not Enter) et de beaux boogies (Change My Ways, l’ironique Sic ‘Em Pigs avec un Vestine qui  n’en finit pas de couiner).

Hallelujah vaut également par son single Time Was, dont les paroles laissent deviner les tensions qui animent le groupe, l’instrumental Huautla (quelle prestation de Wilson !), au rythme de valse, ainsi que par la reprise explosive de Fats Domino, Big Fat, portée par la voix de Bob Hite. Sur le plan qualitatif, Hallelujah est dans la lignée des travaux précédents (RAZOR©).

  

1. Same All Over.

2. Change My Ways.

3. Canned Heat.

4. Sic 'em Pigs.

5. I'm Her Man.

6. Time Was.

7. Do Not Enter.

8. Big Fat (The Fat Man).

9. Huautla.

10. Get Off My Back.

11. Down in the Gutter, But Free.

 

Bob Hite:chant.

Alan Wilson:slide guitare,harmonica,chant.

Henry Vestine:lead guitare.

Larry Taylor:basse électrique.

Fito de la Parra:batterie.

Mark Naftalin,Ernest Lane:piano.

Elliot Ingber,Javier Baitz:chœurs.

Mike Pacheco:bongos.

LP Studio 5 - 1970

 

Canned future blues

 

CANNED HEAT

FUTURE BLUES – 1970  5/5

 

Publié le 3 août 1970.

Produit par Skip Taylor,Canned Heat.

Durée:35:25.

Label:Liberty Records.

Genre:blues-rock.

 

Prémonitoire ?

 

Future Blues est l’album d’Alan Wilson, par excellence. De l’homme aux verres à triple foyer, dit la chouette (The Blind Owl). Premièrement parce que la pochette du LP, c’est son idée et qu’elle a alimenté une drôle de polémique ; deuxièmement, parce que c’est la dernière fois que ce dernier, membre original de la formation, apparaît sur un enregistrement de Canned Heat, parce qu’il a définitivement quitté le groupe après ce disque, retrouvé mort par suicide suite à une absorption massive d’un produit stupéfiant.

Future Blues voit aussi le dénommé Harvey Mandel, guitariste, assurer l’absence de l’habituel Vestine, en proie à des problèmes relationnels avec Larry Taylor, notamment.

Revenons à la pochette. Canned Heat, connu pour ses prises de position antimilitaristes et en faveur de l’environnement, allume le pouvoir politique en place en se faisant photographier en astronautes, un an après que l’homme ait posé, pour la première fois, le pied sur la lune, dans une mise en scène tendancieuse, parodiant la célèbre prise du Mont Suribachi (1945 dans le Pacifique) par les soldats US.

En l’occurrence, ce cliché historique célèbre est tourné en dérision par des Heat prenant la pose de ces dits-combattants  et présentant la bannière étoilée à l’envers. Ceci  pour faire part de leur révolte quant à la guerre du Vietnam et pour éveiller sur les dangers que court la planète…

Nanti d’un répertoire partagé entre originaux et reprises (plusieurs sont empruntées aux anciens bluesmen), ce disque est, une fois de plus, déchirant, à en juger par les pépites revisitées à la hausse et modernisées, que sont Shake It And Break It, attribué à Charley Patton, le Père du Delta Blues, incontournable figure de la musique populaire américaine, Sugar Bee d’Eddie Schuler, That’s All Right Mama (Arthur Crudup, mort dans la misère), par les originaux crédités au groupe  tels So Sad (The World’s In A Tangle), Future Blues, ou crédités au seul Al Wilson comme My Time Ain’t Long, London Blues (avec Dr John au piano) et Skat.

Canned Heat transcende le blues des sixties, à chacune de ses notes. Ceux qui ont eu la chance de posséder le vinyle à sa sortie (1970), ne peuvent pas avoir oublié que Future Blues était le 33 tours par lequel Let’s Work Together (Let’s Stick Together à son origine) est parvenu jusqu’à eux (abstraction faite des ondes).

Ce titre est le troisième de l’héritage « commercial » que Canned Heat a laissé derrière lui (mais qui n’est pas le plus important de leur magnifique discographie). Blues-rock enragé que l’on doit à Wilbert Harrison (auteur, par ailleurs, du fameux Kansas City qui culmina en tête des charts 1959), ce titre mythique est devenu leur sésame, en atteignant la première place des hits dans pas moins de 31 pays dans le monde. Il met en exergue tout le talent du nouveau guitariste Harvey Mandel.

Future Blues, précis, succinct et diversifié, appartient à ce que Canned Heat a fait de mieux. L’avenir se fera, malheureusement, sans Al Wilson, ce diplômé en musique, bon guitariste slide, sublime harmoniciste, à la voix timide et chevrotante, et qui avait décidément le blues dans la panse.

Il aura encore le temps de travailler sur le projet auquel il tenait tant : enregistrer avec John Lee Hooker  avant, plongé dans un état dépressif, de disparaître à Topanga Canyon, le 3 septembre 1970 d’une overdose fatale, allongé dans un sac de couchage, au milieu des séquoias.  

A 27 ans : comme Janis Joplin, Jim Morrison, Brian Jones, Jimi Hendrix, Kurt Kobain et Robert Johnson, guitariste et bluesman noir, qui fut aussi une source d’inspiration pour Wilson l’écolo précoce et qui devait être impatient de l’accueillir là-haut pour lui dire tout le bien qu’il suscitait. Au même moment, au pied d’un conifère… une paire de lunettes aux verres particulièrement épais tombait pour la dernière fois du nez d’Al Wilson. Il ne les réajustera plus jamais, comme se plaît à le relever Fito De La Parra, mémoire vivante du Heat.

Le blues perd gros, le blues a mal. Tout le monde peinera à s’en relever. Son prémonitoire My Time Ain’t Long n’en est que plus émouvant (RAZOR©).

 

1. Sugar Bee.

2. Shake It and Break It.

3. That's All Right (Mama).

4. My Time Ain't Long.

5. Skat.

6. Let's Work Together.

7. London Blues.

8. So Sad (The World's in a Tangle).

9. Future Blues.

 

Bob Hite:chant.

Alan Wilson:slide guitare,harmonica,chant.

Harvey Mandel:lead guitare.

Larry Taylor:basse électrique.

Fito de la Parra:batterie.

Dr. John:piano.

LP Studio 6 - 1970

 

Cannedheatvintage

 

CANNED HEAT

VINTAGE – 1970  4/5

 

Publié en 1970.

Réalisé en 1966.

Produit par Johnny Otis.

Durée:24:22.

Label:Janus Records.

Genre:blues.

 

Trop court !

 

Les gamins, laissez-moi vous avertir : là on rentre dans la cour des légendes. Alors, on ne joue pas des biscottos, on se la joue humble, on fait même carpette tant ce disque vaut passage de témoin pour une palanquée de groupes et artistes influencés par un Canned Heat qui n’est encore ici qu’une version embryonnaire du mythique groupe de boogie.

Perso, c’est par ces titres là que j’ai touché du Canned Heat pour la première fois et j’en suis longtemps resté sur le cul. Les enregistrements datent de 1966, mais le LP est sorti quatre ans plus tard, quand le groupe commençait à récolter les fruits de sa popularité.

Mélange de blues électrique, de rock et de boogie qui a accroché je-ne-sais-combien de teenagers de l’époque, la musique de Canned Heat a valeur de legs incontournable pour les musiciens qui ont suivi et pour ceux qui sont piqués à la petite note bleue.

Ce line-up historique, produit par le légendaire Johnny Otis, articulé autour de l’ours, Bob Hite, le chanteur, d’Alan Wilson, dit la chouette, guitariste slide hors pair et harmoniciste aussi génial, du guitariste Henry Vestine, alias Sunflower (viré du Mothers pour des faits de drogue), de la taupe à savoir le bassiste Larry Taylor (Stuart Brotman sur le premier album) et de Frank Cook, batteur, publie ce premier LP, Vintage Heat, constitué essentiellement de reprises de standards du blues.

Trop court (à peine 25 minutes), mais très agréable, il est le prototype même du Canned Heat de cette époque, qui n’avait pas son égal pour valoriser les vieux blues de Muddy Waters, d’Elmore James, de Willie Dixon, de John Lee Hooker.

La preuve est dans les Spoonful et Pretty Thing (Dixon), Rollin’And Tumblin’ (Elmore James), présenté dans deux versions, Got My Mojo Working (Waters), Louise et  Dimples (John Lee Hooker).

Les guitares de Vestine et de Wilson sont omniprésentes, l’ours n’en finit plus de gronder. C’est joué carré, chaud, énergique, avec enthousiasme, par des gus qui fourbissaient alors leurs premières armes, sans en rajouter.

Vintage Heat représente la période pré-Woodstock (Going Up The Country) et d’On The Road Again. C’est une pièce de collection d’un des groupes les plus populaires des années hippies et toujours en activité aujourd’hui (RAZOR©).

 

1. Rollin' and Tumblin', Pt. 1.

2. Big Road Blues.

3. Spoonful.

4. Got My Mojo Working.

5. Pretty Thing.

6. Louise.

7. Dimples.

8. Can't Hold on Much Longer.

9. Straight Ahead.

10. Rollin' and Tumblin', Pt. 2.

 

Bob Hite:chant.

Alan Wilson:slide guitare,chant,harmonica.

Henry Vestine:lead guitare.

Stuart Brotman:basse électrique.

Frank Cook:batterie.

LP Studio 7 - 1971

 

Canned heat hooker heat

 

CANNED HEAT

HOOKER ‘N HEAT – 1971  5/5

 

Publié le 15 janvier 1971.

Produit par Bob Hite,Skip Taylor.

Durée:83:40.

Label:Liberty,Elektra.

Genre:blues. 

 

Le cœur gros.

 

Quand deux légendes du blues, le maître John Lee Hooker et les élèves surdoués qu’il a fortement influencés, Canned Heat,  s’engagent pour réaliser un disque en commun, le présent Hooker 'N Heat (en écoute intégrale ici) que voulez-vous qu’il advienne d’autre, d’une telle rencontre au sommet, qu’une collaboration d’exception ?

Seulement voilà… à qui attribuer ce double LP ? En le voyant comme un disque de John Lee, comme c’est le cas dans la première partie, on se dit que le bluesman black du Mississippi n’aura jamais eu aussi prestigieux groupe pour le soutenir; en se plaçant du côté des fans du Heat, il a plus valeur de démonstration comme quoi la formation californienne est passée experte  dans la pratique du  répertoire du maître, ce, devant le maître himself, et notamment le boogie, essentiellement influencé par John Lee Hooker.

Quoi qu’il en soit, le double album qui en découle, Hooker ‘N Heat  est un spectacle à ne pas manquer. Album enregistré à Liberty Records (L.A) en mai 1970, sorti en janvier 1971, cette septième pièce studio du Canned Heat bénéficie du retour d’Henry Vestine à la guitare, de l’arrivée d’Antonio De La Barreda, bassiste, pour pourvoir aux départs conjoints  et respectifs d’Harvey Mandel et de Larry Taylor pour les Bluesbreakers de John Mayall.  

De La Parra et Wilson, pour la dernière fois avant son décès en septembre de la même année, contribuent à ces sessions, Hite se contentant d’une participation en qualité de producteur avec Skip Taylor.

Pour JLH, cet opus sera le premier à entrer dans les charts US (78 en février 1971). Le cliché servant de support à la pochette du LP et sur laquelle tous les acteurs ont l’air abattu, est postérieur à la mort d’Alan Wilson, ce dernier apparaissant dans le cadre au-dessus de la tête de JLH.

 « Sunflower » Vestine ne figure pas, non plus, sur cette photo, étant remplacé par Skip Taylor, l’homme devant la fenêtre, dont le facies a été purement et simplement rajouté (c’est flagrant !).

Le programme d’Hooker ‘N’ Heat est partagé entre du Hooker agressif et rudimentaire en solo, du Hooker complice en duo avec le très grand Alan Wilson pour lequel le bluesman noir en pinçait vraiment, musicalement parlant, et du Hooker  soutenu brillamment par les Heat.

Send Me Your Pillow, Driftin’ Blues, I Got My Eyes On You, Whiskey And Wimmen, Let’s Make It, The World Today et l’extraordinaire Boogie Chillen N°2 restent pour toujours les grands moments de cette réunion historique. Mais que les cœurs sont gros, à sa publication… Ce disque doit être une base de la discographie de tout bluesman qui se prétend comme tel. Superbe ! (RAZOR ©).

 

1. Messin' with the Hook.

2. The Feelin' Is Gone.

3. Send Me Your Pillow.

4. Sittin' Here Thinkin'.

5. Meet Me in the Bottom.

6. Alimonia Blues.

7. Driftin' Blues.

8. You Talk Too Much.

9. Burnin' Hell" (Bernard Besman, Hooker).

10. Bottle Up and Go.

11. The World Today.

12. I Got My Eyes on You.

13. Whiskey and Wimmen.

14. Just You and Me.

15. Let's Make It.

16. Peavine.

17. Boogie Chillen No. 2.

 

Alan "Blind Owl" Wilson:guitare,harmonica,piano,chant.

Henry "Sunflower" Vestine:guitare.

Antonio de la Barreda:basse.

Adolfo "Fito" de la Parra:batterie.

John Lee Hooker:guitare,chant.

LP Studio 8 - 1971

 

Cannedheathistorial

 

CANNED HEAT

HISTORICAL FIGURES AND ANCIENT HEADS – 1971  3/5

 

Publié le 14 décembre 1971.

Produit par Skip Taylor,Jim Taylor.

Durée:39:29.

Label:United Artists.

Genre:blues.

 

Un seul être vous manque…

 

Canned Heat, sans son génial Al Wilson, disparu le 3 septembre 1970, n’est plus vraiment Canned Heat. Avec la mort de son âme, il perd beaucoup de sa saveur et de son originalité. C’est un peu comme un printemps sans hirondelles.

Historical Figures And Ancient Heads, publié au mois de décembre 1971, souffre beaucoup trop de son absence. Son ombre plane sur cet album. Le sang neuf injecté pour pérenniser l’entreprise, à savoir Joe Scott Hill, à la guitare et au chant, ne suffit pas à faire oublier combien la chouette  était le catalyseur des Heat et surtout son incomparable chanteur et guitariste.

Little Richard, alors en plein déclin, est même ressorti du placard pour une pige (Rockin’ With The King), histoire de soutenir un groupe qui erre comme une âme en peine et qui en a visiblement gros sur la patate. Cet invité surprise et le choix d'une matière parfois inconsistante traduisent bien un groupe en pleine errance, auquel on a coupé la tête.

Canned Heat est orphelin de son blues rock vitaminé d’avant 1970. Canned Heat a pris un coup derrière la tête, peine à se relever de ce coup dur. Le groupe tente bien d’offrir de la nouveauté en s’engageant dans une voie plus rock, tout en essayant de préserver l’esprit qui lui était propre dans les sixties, mais l’émulsion ne se fait pas.

La pêche est, cette fois-ci, maigre : That’s All Right, Utah et Long Way From L.A. Le reste est plus du domaine du remplissage, signe d’une évidente panne d’inspiration. Hite et Vestine ne parviennent pas à sortir ce huitième LP de la monotonie, certainement un des moins bons du Canned Heat. A trois étoiles, sa côte est bien payée. On le réservera principalement aux accros (RAZOR©).

 

1. Sneakin' Around.

2. Hill's Stomp.

3. Rockin' With the King.

4. I Don't Care What You Tell Me.

5. Long Way from L.A.

6. Cherokee Dance.

7. That's All Right.

8. Utah.

 

Bob Hite:chant.

Joe Scott Hill:guitare,chant.

Henry Vestine:lead guitare.

Tony de la Barreda:basse électrique.

Fito de la Parra:batterie,piano.

Little Richard:piano,chant.

Clifford Solomon:saxophone.

Charles Lloyd:flûte.

Harvey Mandel:guitare.

 LP Studio 9 - 1973

 

Canned heat the new age

 

CANNED HEAT

THE NEW AGE – 1973  2,5/5

 

Publié le 9 mars 1973.

Produit par Skip Taylor.

Durée:36:31.

Label:United Artists.

Genre:blues.

 

Les ours se suivent mais ne se ressemblent pas…

 

Sorti en mars 1973, le titre du nouvel album de Canned Heat, The New Age ne traduit en rien un quelconque changement pour la formation californienne ou l’amorce d’une nouvelle ère. Si changement il y a, c’est au niveau du line-up qu’il se situe : le bassiste Antonio De La Barreda et le guitaristeJoe Scott Hill sont partis, l’ourson Richard Hite (le frère de l’ours Bob Hite) et James Shane les remplacent au pied levé, tandis qu’un claviériste du nom d’Ed Beyer apparaît pour la première fois.

Groupe en plein désarroi depuis la perte d’Al Wilson, Canned Heat, un peu désemparé sur la suite à donner à sa carrière, se déchire par l’entremise de Bob Hite, de plus en plus accro aux drogues et d’Henry Vestine, pas mieux dans ce domaine.

L’environnement de The New Age ne se prête pas à la réalisation d’un album mémorable. Acceptable par rares bribes,  en dessus de la ligne de flottaison pour l’essentiel, il propose quelques bons titres comme Framed, Keep It Clean, comme cette excellente collaboration avec Clara Ward (Lookin For My Rainbow) qui, alors artiste sous contrat United Artists, vient prêter sa magnifique voix à la chanson, ou comme Rock And Roll Music.

Cet album est très ennuyeux et pas du tout indispensable. Les ours (Bear, surnom de Bob Hite) se suivent, mais ne se ressemblent pas (RAZOR©).

 

1. Keep It Clean.

2. Harley Davidson Blues.

3. Don't Deceive Me.

4. You Can Run, But You Sure Can't Hide.

5. Lookin' for My Rainbow.

6. Rock and Roll Music.

7. Framed.

8. Election Blues.

9. So Long Wrong.

 

Bob Hite:chant.

James Shane:guitare.

Henry Vestine:lead guitare.

Richard Hite:basse.

Fito de la Parra:batterie.

Ed Beyer:piano.

Clara Ward:chant sur 5.

LP Studio 10 - 1973

 

Canned heat one more river

 

CANNED HEAT

ONE MORE RIVER TO CROSS – 1974  3,5/5

 

Publié en 1973.

Produit par Barry Beckett,Roger Hawkins.

Durée:36:59.

Label:Atlantic Records.

Genre:blues.

 

Canned Heat plie mais ne rompt pas.

 

Le disque précédent, The New Age (1973) signe la fin de la collaboration entre Canned Heat et son label historique Liberty/United Artists Records. Les californiens ont le nez dans la drogue et la bouteille, se brouillent avec Skip Taylor, leur manager ;  les turn-over sont réguliers et répétitifs au point de complètement déstabiliser une formation qui n’a plus de Canned Heat que le nom.

Musicalement, ils font du surplace, ne sortent plus rien de valable et perdent de leur popularité. Le public et la critique s’accordent à ne plus rien lui reconnaître d’intéressant. Pour faire court, c’est l’instabilité qui prévaut au moment d’aborder One More River To Cross (en écoute intégrale ici) pour le compte d’Atlantic Records (studios Muscle Shoals Records en Alabama /1974).

Malgré cela, dans le sillage des Hite, les californiens s’accrochent,  remettent le couvert discographique pour la dixième fois mais cette fois en servant une gamelle gouleyante d’un bon blues rock et de boogie, genre qui a toujours été leur point fort même rehaussé de cuivres comme ici, et duquel ils ont eu tendance à s’éloigner dernièrement.

En remettant un Bob Hite en déperdition personnelle, drogué, alcoolique, sur le devant de la scène, ils démontrent à ceux qui leur ont tourné le dos que leur persistance à tenter de renouer avec un passé gagnant, a encore des arguments à faire valoir.

Il faut dire que le gros chante le plomb sur des airs de blues et de boogie comme il les aime et taillé pour sa pomme.

Canned Heat prouve qu’il a encore de beaux restes. Son hommage à Fats Domino, We Remember Fats a de la gueule. One More River To Cross est encore du bon Canned Heat qu’il serait dommage de lâcher alors qu’il effectue un gros effort pour ne pas le faire : lâcher justement (RAZOR©).

 

1. One More River to Cross.

2. L.A. Town.

3. I Need Someone.

4. Bagful of Boogie.

5. I'm a Hog for You Baby.

6. You Am What You Am.

7. Shake, Rattle and Roll.

8. Bright Times Are Comin'.

9. Highway 401.

10. We Remember Fats.

 

Bob Hite:chant.

James Shane:guitare.

Henry Vestine:lead guitare.

Richard Hite:basse.

Fito de la Parra:batterie.

Ed Beyer:piano.

Muscle Shoal Horns:section de cuivres.

LP Studio 11 - 1977

 

Canned heat human condition

 

CANNED HEAT

HUMAN CONDITION – 1978  3/5

 

Publié en 1978.

Produit par Canned Heat.

Durée:33:23.

Label:Takoma.

Genre:pop/rock,blues.

 

Les derniers grondements de l’ours.

 

Entre One More River To Cross (1973) et Human Condition (1978), l’eau a coulé sous les ponts. Drogue, disputes, rupture de contrat, ennuis, font que Canned Heat n’est plus que l’ombre de lui-même et parvient difficilement à joindre les deux bouts. L’album enregistré en 1974 et initialement prévu, The Ties That Bind, ne voit pas le jour (il sortira bien plus tard grâce à De La Parra).

C’est tellement la débandade qu’en 1977, à l’appel des sessions d’enregistrements de Human Condition (en écoute intégrale ici), seuls Bob Hite et Fito le mexicain pointent encore au sein d’un groupe, duquel sont sortis Vestine, Shane et Beyer.

Un ersatz de Canned Heat assure donc l’intérim. Sa composition durant cette phase transitoire est des plus floues. Dans un environnement qui voit l’avènement du disco, Canned Heat sort, tant bien que mal, ce numéro 11 de leur catalogue (Takoma Records), mais qui passe quasi inaperçu car Canned Heat est considéré comme mort et qu’il ne sensibilise plus personne.

Il est, en effet, peu de monde à s’intéresser encore à ces californiens, de plus en plus présents dans les rubriques de faits divers, de moins en moins dans les colonnes des magazines musicaux. Cependant ce disque est solide. Pas génial, solide avec un Bob Hite en bonne forme. Les Heat de fortune, avec un pigiste nommé Harvey Mandel, font le métier, comme on dit. Je ne doute pas un seul instant que ce disque soit quand même une ultime tentative pour tenter de capitaliser sur un nom resté légendaire.

Doté de bons morceaux (Strut My Stuff, House Of Blue Lghts, You Just Got To Rock) et de l’excellent  Human Condition, une composition du regretté Al Wilson (relatant son expérience avec son psychiatre après sa deuxième tentative de suicide), fidèlement restituée, il vaut mieux que le désintérêt dont il est frappé généralement.

Bob Hite « The Bear » rejoindra  Al Wilson « Blind Owl » au paradis, quelques années plus tard, victime d’une overdose d’héro (1981) ; cet album est son ultime clin d’œil. Une page est définitivement tournée, mais qu’elle fut géante (RAZOR©).

 

1. Strut My Stuff.

2. Hot Money.

3. House Of Blue Lights.

4. Just Got To Be There.

5. You Just Got To Rock.

6. Human Condition.

7. She's Looking Good.

8. Open Up Your Back Door.

9. Wrapped Up

 

Mark Skyer:chant,guitare,choeurs.

Bob Hite:chant,harmonica.

Chris Morgan, Harvey Mandel:guitare.

Greg Topper:piano.

Adolfo "Fito" de la Parra:batterie.

The Chambers Brothers:choeurs.

LP Annexe - 1973

 

Canned heat memphis heat

 

MEMPHIS SLIM & CANNED HEAT

MEMPHIS HEAT – 1974

 

Publié en 1973.

Enregistré Durant l’été 1973.

Produit par Philippe Rault.

Durée:42:05.

Label:Barclay,Blue Star.

Genre:blues.

 

Roots et modernité font cause commune.

 

Cette collaboration entre Canned Heat et Memphis Slim, intitulée Memphis Heat, est née d’une session enregistrée à Paris, à l’occasion d’une tournée européenne de 1970.

Le 18 septembre 1970, soit quinze jours après qu’Alan Wilson ne se soit suicidé, Canned Heat cale une date dans la phase française de sa tournée pour entrer en studio et enregistrer, comme le leur a demandé Philippe Rault de Barclay (il est le aussi le producteur de Zoo, seul groupe français alors connu à l’exportation), une session avec Memphis Slim (de son vrai nom John Len Chatman) la légende du blues, pianiste et chanteur qui a perpétué la tradition du boogie-woogie et symbole du Chicago Blues.

Dans les studios Magne d’Hérouville, Vestine, Shane, Scott-Hill (remplaçant au pied levé Wilson et au chant sur Five Long Years), Antonio De La Barreda et Richard Hite (le frère de Bob) ainsi que  Fito De La Parra dont on relèvera la belle prestation sur l’instrumental Boogie Duo, contribuent à chauffer cet album délicieux, qui combine merveilleusement bien le piano de Slim à la guitare de Vestine, les racines du blues à la modernité du blues-rock.

Le Memphis Horns, énorme section de cuivres américaine (Stax Records) figure également au générique de Memphis Heat. Après que son apport ait fait l’objet d’un overdub, le disque sort en juillet 1973 ; la fusion entre cuivres, piano et blues-rock est réussie, la collaboration est fructueuse, convaincante et génératrice de plaisir : When I Was Young, Boogie Duo, Five Long Years et surtout Back To Mother Earth en sont les témoins. Les chauds-bouillants du genre ne rateront pas l’occase de compléter leur collection (RAZOR©).

 

1. Back to Mother Earth. 

2. Trouble Everywhere I Go. 

3. Black Cat Cross My Trail. 

4. Mr. Longfingers (instrumental).

5. Five Long Years. 

6. When I Was Young. 

7. You Don't Know My Mind. 

8. Boogie Duo (instrumental). 

9. Down the Big Road. 

10. Whizzle Wham (instrumental). 

11. Paris. 

 

Memphis Slim:chant,piano.

Henry Vestine,James Shane:guitare.

Joel Scott Hill:chant,guitare.

Antonio de la Barreda,Richard Hite :basse.

Adolfo “Fito” de la Parra:batterie.

Wayne Jackson:trompette.

Andrew Love,Ed Logan:saxophone tenor.

Jack Hale:trombone.

James Mitchell:saxophone baryton.

Terry Manning:harmonica.

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