Captain Beyond.

BIOGRAPHIE.

 

CAPTAIN BEYOND/Los Angeles (Californie-USA)

 

Captain beyond 5

 

Actif entre 1971 et 1973,1976-1978,1998-2003,depuis 2013.

Labels:Capricorn,Warner Bros.

Genre:hard rock,rock psychédélique,rock progressif.

Site internet:officialcaptainbeyond.com

 

Sur les restes du Papillon.

Vous prenez une dose de Deep Purple, une de Johnny Winter et deux d'Iron Butterfly et vous obtenez un cocktail plutôt détonnant du nom de Captain Beyond. Formé sur les séquelles laissées par la disparition soudaine et précoce d'Iron Butterfly en 1971, Captain Beyond doit d'exister grâce à Douglas Lee Dorman et Larry Rhino Reinhardt, respectivement bassiste et guitariste démissionnaires du Papillon de Fer.

Né en Floride, Reinhardt fait ses premiers pas professionnels dans la région de Bradenton-Saratosa et dans les 60's. Il prend part à des formations du crû dont la plus connue est les Thunderbeats, puis intègre tour à tour un power trio blues-rock psychédélique, The Load (avec Richard Price), avant de rebondir sur Second Coming avec Dickie Betts, Dale Betts, Barry Oakley, John Meeks et Reese Wymans, dernier marchepied avant Allman Brothers Band.

En 1969, il rejoint Iron Butterfly qui vient de sortir l'énorme single In-A-Gadda-Da-Vida (juillet 1968) dont l'album du même nom s'écoule à plusieurs millions d'exemplaires et fait plusieurs fois disques de platine.

Captain beyond 2Sur les restes d'Iron Butterfly.

Captain beyond 1Un cocktail détonnant.

Captain beyond 2013Réactivé en 2013...

Captain beyond caldwell reactive groupe 2013...par Bobby Caldwell.

Captain beyond lp 1Un magnifique LP éponyme en 1972.

Le riff d'In-A-Gadda-Da-Vida et le chanteur de Hush.

Le missourien (St Louis) Lee Dorman, décédé en décembre 2012, est déjà dans la place quand Reinhardt est recruté par Iron Butterfly suite à une audition sur Los Angeles. Il tient la basse sur cet album et est l'auteur du riff sur le légendaire hymne de 17 minutes, un des plus grands hits de la décennie.

Quand Iron Butterfly rompt en 1971, les deux musiciens forment Captain Beyond. Ami de Reinhardt, Bobby Caldwell (Armageddon) est alors sollicité pour le projet. Batteur pour Johnny Winter (il bat sur les fabuleux Second Winter, Johnny Winter And et Johnny Winter And Live), il profite d'une trêve que s'accorde le guitariste albinos afin de souffler au sortir d'une tournée harassante de 3 ans. La proposition séduit Caldwell qui saisit l'opportunité de rejouer avec Reinhardt.

En 1969, Rod (Rodric) Evans, chanteur du Deep Purple d'origine (Hush/N° 4 aux Etats-Unis), celui qui n'est encore que le Vanilla Fudge du pauvre et avec lequel il enregistre les 3 premiers LP de son catalogue, n'a plus le feu sacré pour son travail au sein de Deep Purple.

Motivé par une destinée américaine, tout ça pour les beaux yeux d'une fille, Evans devient s'il reste, un frein à l'évolution d'un Deep Purple qui a la volonté de s'alourdir. Aussi, le groupe ne le retient pas et le chanteur part s'installer à Los Angeles.

Les yeux rougis de Rhino.

En Californie, Evans meuble alors son temps en enregistrant un single pour sa pomme. Hard To Be Without You/You Can Not Love A Child Like A Woman sort en 1971 pour Capitol, juste avant qu'il ne s'engage à son tour dans la nouvelle entreprise de Dorman et Reinhardt avec laquelle il jamme de temps en temps.

La structure de Captain Beyond, surnom donné à Reinhardt par Chris Squire après une fumette qui lui a laissé les yeux rouges, est là ; elle va donner jour à trois albums, même si elle va fluctuer entre 1972 et 1977.

Le premier d'entre eux, l'éponyme Captain Beyond (1972), mélange de hard rock et de space rock, s'avère être un des albums majeurs du genre des années 70, au point d'être le disque de chevet de nombreux fans de musique hard.

Captain Beyond connaît un beau succès commercial mais le label qui le réalise, Capricorn Records, prend alors le parti de tout miser sur le southern rock, dont il est aujourd'hui le symbole, et de privilégier les artistes développant un rock puisé dans les racines du sud.

Aux portes de la célébrité, Captain Beyond ne souscrit pas à cette orientation de Capricorn et les problèmes relationnels s'installent entre le groupe et l'étiquette de Phil Walden, qui, progressivement, lui met des bâtons dans les roues en lui organisant des tournées avec Sha Na Na. La situation s'envenime quand Captain Beyond est accueilli en tournée à coups de tomates ; les rapports entre les deux partis deviennent alors physiques.

Divergences artistiques.

La tension avec Capricorn déteint sur le moral des troupes. Dès 1972, le groupe commence à se diviser pour des divergences musicales entre Caldwell et le noyau Reinhardt/Doorman.

A ce stade de leur popularité, Caldwell est partant pour poursuivre dans la voie tracée par l'album éponyme tandis que les anciens Iron Butterfly ont d'autres visées en tête et qu'Evans semble peu concerné par l'avenir de sa formation.

Dans ce cadre houleux et tendu, Captain Beyond publie un second LP en 1973. Sufficiently Breathless. Placé dans un registre progressif et jazz fusion, ce disque, sans Caldwell, parti avant son enregistrement pour rejoindre The New Cactus Band (la nouvelle incarnation de Cactus) et remplacer Carmin Appice au poste, se révèle encore une fois convaincant aux yeux de la critique, moins pour le public, même s'il a son noyau de fidèles supporters.

Captain beyond bobby caldwell 2

« Captain Beyond, c'était surtout Rod, Rhino et moi. J'aime beaucoup Lee et il me manque beaucoup, c'était un mec fantastique mais il a peu contribué au groupe. S'il était là, il le confirmerait ; nous l'avons toujours associé à tout parce nous avons toujours pensé que c'était la meilleure chose à faire. » (Bobby Caldwell)


 

Marty Rodriguez assure l'intérim à la batterie tandis que Reese Wymans et Guille Garcia, respectivement claviériste et percussionniste, viennent doter l'intelligent Sufficiently Breathless d'une touche jazz. Sans donner la moindre justification et sans qu'il n'y ait le moindre problème apparent, Evans choisit alors son moment pour se détourner de ses partenaires dès la fin de 1973.

Captain Beyond part alors en sucette avec le recrutement surprenant de Willie Daffern pour pourvoir à son remplacement au chant. Steve Perry, chanteur de Journey est un temps pressenti, mais c'est sur cet illustre inconnu que Captain Beyond jette son dévolu, accélérant un peu plus sa décrédibilisation auprès du noyau d'irréductibles qu'il lui reste.

Daffern, à ce stade de sa carrière, a comme seuls états de services d'avoir été batteur pour Hunger, un groupe de rock psychédélique de Portland, et pour Truk, formation de heavy psychédélique originaire de l'Oklahoma. Le chat est maigre.

Avec des si...

Fait pour Warner Bros, Down Explosion (1977), l'album découlant de cette 3ème mouture de Captain Beyond qu'a réintégré Caldwell, paie les pots cassés de son manque de stabilité. Il interroge sur sa réelle potentialité. Avec des musiciens aussi blindés que ceux qui ont constitué ses débuts, il est invraisemblable que ce qui s'apparente à un super groupe n'ait pas marqué, comme il se doit, le rock de son empreinte.

Solidaire et plus mature dans sa tête, Captain Beyond serait aujourd'hui un très grand. Il avait le talent, la magie et l'originalité pour. Au lieu de cela, le nom parle uniquement aujourd'hui à une cellule restreinte de dévoués.

C'est pour ce noyau fidèle que Caldwell, depuis 2013, a réactivé une nouvelle version de Captain Beyond. Une tournée a concrétisé cette réunion en 2015. A charge désormais pour lui, Jeff Artabasy, Simon Lind et Don Bonzi de perpétuer une histoire dont on pensait, suite au retrait du milieu de Rod Evans, puis avec les disparitions de Reinhardt et de Doorman en 2012, qu'elle était définitivement enterrée avec tous ses secrets (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 1 - 1972

 

Captain beyond lp 1

 

CAPTAIN BEYOND

CAPTAIN BEYOND – 1972  4/5

 

Publié en juillet 1972.

Produit par Captain Beyond.

Durée:35:10.

Label:Capricorn Records.

Genre:hard rock,rock progressif,rock psychédélique.

 

Avec un hit en plus...

 

Finalement, qu’aura-t-il manqué à Captain Beyond pour bouffer à la table des grands ? Pas grand-chose. Juste un titre qui le révèle aux yeux du monde et il aurait pu rivaliser avec les poids lourds du hard et du prog, dont il se revendique.

L’album éponyme (en écoute intégrale ici) de 1972 ouvrant le compteur d’une formation que l'on peut assimiler à un super groupe. Comment pourrait-il en être autrement dans la mesure où vous comptez dans vos rangs Rod Evans, ex-chanteur de Deep Purple, le guitariste Larry Reinhardt, dit Rhino et le bassiste Lee Dorman, débarqués d’Iron Butterfly, ainsi que le batteur Bobby Caldwell, ancien du Johnny Winter Band ?

Si ça n'est pas du lourd, ça y ressemble bien. Et il le prouve dans les faits avec la prestation livrée sur l'album en question. Il y fait montre de belles dispositions, alternant puissance et finesse, bien que Captain Beyond est de cette race qui passe plus en force qu’en fignolant.

C’est dans le moule du rock du moment avec profusion de guitare et chant vigoureux en première ligne. Il n'offre pas de véritable surprise, mais ce qu'il déroule ici est redoutablement efficace. Ses acteurs n'étant pas les perdreaux de l'année, ce qu'il présente est bien rôdé bien, très collectif, homogène et techniquement parfaitement exécuté.

Les pièces de ce puzzle sont bien en place et chacun connaît sa partition et ses limites. Ils font le boulot proprement, sans se poser trop de questions, sans chercher l’esbroufe. Captain Beyond est solide et pratique sur cet album, du bon lourd à la Sabbath, ce qui fait que le temps passe vite.

Les 35 minutes et 13 pistes sont vite avalées, consommées sans s’en rendre compte, dans un tourbillon vertigineux. C’est bien le signe que la musique de Captain Beyond est accrocheuse. Alimenté de riffs en veux-tu, en voilà, parfois même à la limite de la surdose, soutenu par le jeu très souple d’un batteur de grand niveau et celui d’un bassiste de talent, porté par une voix de carnassier que le hard rock ne peut pas imaginer autrement, Captain Beyond, sans être pour autant la trouvaille du siècle, ne déçoit que très rarement (As The Moon Sparks).

Il est bien dans l’esprit du moment, hard et prog avec une petite pointe venue du southern rock comme le révèle le morceau qui introduit le disque, Dancing Madly Backwards (On A Sea Of Air). Personne ne sera donc surpris de savoir que Captain Beyond doit son contrat d’enregistrement auprès de Capricorn Records à… à ? Duane Allman.

Les hard rockeux friands d’un heavy sophistiqué et les curieux à la recherche de bons groupes des années 70, en seront. Surtout à 4 barrettes (RAZOR©).

 

1. Dancing Madly Backwards (On A Sea Of Air).

2. Armworth.

3. Myopic Void.

4. Mesmerization Eclipse.

5. Raging River Of Fear.

6. Thousand Days Of Yesterday (Intro).

7. Frozen Over.

8. Thousand Days Of Yesterday (Time Since Come And Gone).

9. I Can't Feel Nothing (Part 1).

10. As The Moon Sparks (To The Waves Of The Sea).

11. Astral Lady.

12. As The Moon Sparks (Return).

13. I Can't Feel Nothing.

 

Rod Evans:chant.

Larry "Rhino" Reinhardt:guitare.

Lee Dorman:basse.

Bobby Caldwell:batterie.

1 vote. Moyenne 5.00 sur 5.