Charlie Musselwhite.

BIOGRAPHIE.

 

 

CHARLIE MUSSELWHITE/Memphis (Mississippi – USA).

 

Charlie musselwhite 1

 

Surnommé Memphis Charlie.

Actif de 1966 à aujourd'hui.

Né le 31 janvier 1944 à Kosciusko (Mississippi).

Labels:Vanguard,Arhoolie,Capitol,Crystal Claer,Kicking Mule,Blues Rock'It,Alligator,Virgin, Blind Pig,Narada,Real World.

Genre:blues électrique,blues-rock,Chicago Blues,southern rock,country-blues,boogie-woogie.

Site officiel:charliemusselwhite.com

 

Une allégeance au blues jamais démentie.

Malgré le fait d'avoir eu des trajectoires professionnelles quasi parallèles et de les avoir démarrées quasiment en même temps (peu avant ou juste après le milieu des 60's), Elvin « Pigboy » Bishop et « Memphis »Charlie Musselwhite, respectivement 78 et 76 (bientôt 77) ans n'avaient jamais eu l'opportunité d'enregistrer tous les deux.

C'est désormais chose faite pour ces deux vétérans du blues qui, en septembre 2020, ont sorti chez Alligator un LP baptisé 100 Years Of The Blues, titre qui réfère à leur expérience cumulée équivalente à un siècle au service de la petite note bleue.

Charlie musselwhite harmonica 2Une allégeance au blues jamais démentie.

Charlie musselwhite michael bloomfieldAvec Michael Bloomfield.

Charlie musselwhite jlh et ben harperAvec John Lee Hooker et Ben Harper.

Charlie musselwhite elvin bishopAvec Elvin Bishop...

Charlie musselwhite bisho 100 years of the blues... pour un nouveau LP en 2020.

Charlie musselwhite stand backL'incontournable Stand Back (1967).

Il aura fallu que le guitariste oklahoman et l'harmoniciste mississippien se retrouvent sous le même label pour qu'enfin les chemins des deux artistes, complices de longue date, se croisent enfin en studio.

Sans prétention et prise de tête, pour le seul plaisir de jouer, comme ça se faisait au bon vieux dans les juke joint miteux du South Side.

A cette époque, rares étaient les musiciens blancs (on retiendra surtout Mike Bloomfield, Paul Butterfield, Nick Gravenites et nos deux compères) à se produire dans les barrelhouses bondées d'afro-américains où le débit de boisson se confondait avec le tripot et la maison de passes.

Au final, cette collaboration génère un excellent moment au côté de ces deux briscards, plus verts que jamais, aux carrières impressionnantes, qui ont passé des décennies sur les routes et accumulé des dizaines d'albums.

Cette collaboration ravive les souvenirs des nombreuses fois où, ensemble, ils ont tapé le bœuf en public.

Une norme pour l'harmonica dans le blues.

Pilier d'Alligator, on s'attardera plus particulièrement dans ces lignes à l'immense Monsieur qui a établi la norme pour l'harmonica dans le blues, Charlie Musselwhite, son alter ego, le légendaire et fougueux guitariste faisant l'objet d'une biographie par ailleurs.

Charles Douglas Musselwhite, dit Charlie Musselwhite, est né le 31 janvier 1944 à Kosciusko. Dès sa naissance, l'allégeance de Charlie au blues est toute tracée.

Enfant d'un couple de musiciens, Charles Douglas vient au monde dans le berceau par excellence du blues, le Mississippi, avant, très jeune, de se retrouver à Memphis, essentielle dans le rôle de propagation de l'effervescence du genre et du rythme & blues.

Il débarque ensuite, à 18 ans et à Chicago, quand le blues s'électrifie, puis sur la côte Ouest à San Francisco, terre du psychédélisme et de la contre-culture, où sa musique s'enrichit d'accents sudiste.

Toutes ses influences sont brassées dans son son, puissant, tonique, passionné.

Memphis Charlie.

Il a trois ans quand sa famille déménage à Memphis. C'est dans le Tennessee qu'il apprend à jouer de la guitare et de l'harmonica dès son adolescence (13 ans) et qu'il se trouve influencé par la communauté blues et rock & roll qui œuvre alors dans la ville.

C'est au contact des légendes de Memphis (Fury Lewis, Will Shade, Memphis Willie B, Gus Canon, Johnny Burnette), que le jeune Charles fait ses classes. A cette époque, il passe professionnel et hérite du surnom de Memphis Charlie.

La crise économique frappant Memphis et les petits boulots ne lui permettant pas de vivre décemment, Musselwhite suit l'exemple de nombreux gens du sud et prend la direction de Chicago dans l'espoir de décrocher un emploi plus stable et mieux rétribué.

Nous sommes en 1962 et, à l'instar de ce qu'il a réalisé à Memphis, Charlie intègre le cénacle blues de la ville avant de devenir un régulier des clubs de jazz et de blues de Windy City.

Tandis qu'il est chapeauté, en soirée et le week-end, par les stars du blues de Chicago, les Muddy Waters, Lew Soloff, Buddy Guy, Little Walter, Howlin' Wolf, Junior Wells, Big Walter Horton et Sonny Boy Williamson, il occupe parallèlement un emploi dans un magasin de disque (Jazz Record Mart) ou travaille comme chauffeur.

Rapprocher le blues du rock.

Il noue notamment un lien très étroit avec John Lee Hooker. C'est d'ailleurs ce dernier qui mettra en relation le mississippien et Ben Harper à l'occasion de l'enregistrement de son single Burnin' Hell (1998) et qui a scellé l'entente entre les deux artistes, auteurs de Get Up !, sacré meilleur LP de blues par les Grammy en 2014.

A Chicago, après voir appris de ses légendes du blues, Musselwhite, heureux d'être là, de jouer, n'a pas encore pensé à faire carrière dans le blues mais la rencontre avec Sam Charters, historien du blues et producteur, va infléchir sa décision.

Il monte alors sa propre formation et entreprend le circuit des claques miteux du South Side. Sur ce créneau et dans le secteur, un autre blanc casse la baraque : Paul Butterfield et son groupe, le Paul Butterfield Blues Band.

Charters le persuade d'enregistrer quelque chose mais de le faire sur un autre label que celui de Butterfield, artiste Elektra. Il s'exécute mais chez Vanguard Records, qui, en avril 1966, sort sous la houlette de Charters, une série de trois albums destinés à faire découvrir le blues de Chicago au grand public (Chicago/The Blues/Today).

Charlie musselwhite portrait

« Pour durer dans ce métier, il faut beaucoup de chance mais aussi être entouré d'excellents musiciens. Et il faut se méfier de l'alcool et des drogues parce qu'ils foutent très vite une carrière en l'air. Il faut surtout suivre ce que te dicte ton cœur, jouer en tenant compte de tes émotions, de tes sensations. » (Charlie Musselwhite)

Musselwhite, invité par le Big Walter Horton's Blues Harp Band, apparaît sous Memphis Charlie sur le volume 3 de cette série de 3 disques (Big Walter Horton's Blues Harp Band With Memphis Charlie).

Dans la foulée, Vanguard signe l'harmoniciste, à la tête du Musselwhite's Southside Band, et Sam Charters se retrouve à la production du premier véritable album du natif de Kosciusko : Stand Back ! Here Comes Charley Musselwhite's Southside Band (1967).

Dans le groupe qu'il réunit pour l'occasion, on retrouve le guitariste Harvey Mandel et le claviériste Barry Goldberg, des jeunes loups influencés par le rock, tandis que la rythmique s'appuie sur l'expérience de Bob Anderson (basse) et Fred Below (batterie), musiciens très populaires sur la place de Chicago.

Stand Back ! Here Comes Charley Musselwhite's Southside Band, qui rapproche le blues du rock 'n' roll, fait beaucoup pour la notoriété de son auteur et interprète.

La critique, comme le public, lui réserve un excellent accueil. Musselwhite prend place dans le club des grands bluesmen. Sa carrière est du même coup lancée.

Pilier de la scène blues de Frisco.

Musselwhite déménage alors de Chicago pour la baie de Frisco, où tout se passe alors dans le rock. Son album est alors régulièrement à l'affiche des radios underground de San Francisco.

Sur cet échiquier californien, Musselwhite devient un des piliers de la scène blues locale. Deux autres pointures du genre et chicagoans comme lui l'imitent et s'installent également en Californie, Paul Butterfield et Michael Bloomfield.

John Lee Hooker en fait de même au milieu des 60's, venu chercher à Frisco les vertus alors offertes par la Californie musicale du moment. Ce dernier, en jouant et enregistrant avec des musiciens de rock, relance du même coup sa carrière.

Hooker, installé à Oakland et Musselwhite, à Berkeley, sont voisins mais également proches dans leur relation personnelle, le premier nommé devenant, au début des 80's, le témoin de mariage du second.

Musselwhite signe deux autres LP pour Vanguard, Stone Blues (1968), dans la lignée de Stand Back ! (et aussi bon) et l'excellent Tennessee Woman (1969). Entre ces deux disques incontournables s'intercale le décevant Louisiana Fog (Cherry Red Records/1968), trop inégal et fourre-tout.

Alligator pour se relancer.

Jusqu'à la fin des 70's, le catalogue de Musselwhite s'éparpille sur différents labels : Paramount-ABC/MCA (Memphis-1970), Arhoolie (Takin' My Time et Goin' Back Down South en 1971 et 1974), Capitol (Leave The Blues To Us-1975), Tomato (The Cream avec John Lee Hooker en 1977), Crystal Clear (Times Gettin' Tougher Than Though/1978) et Kicking Mule (The Harmonica According To Charlie Musselwhite/1979). Cette instabilité découle de ses problèmes avec l'alcool.

La carrière de Charlie prend une autre tournure après qu'il ait cessé de toucher à la boisson (1987) et quand il passe chez Alligator. Sur ce label, Musselwhite signe, durant les 90's, trois LP qui restent à ce jour les plus vendeurs de son catalogue : Ace Of Harps (1990), Signature (1991) et In My Time (1993) pour lequel il est nominé aux Grammy Awards.

Tout en alimentant régulièrement sa discographie personnelle, ce dernier, durant les décennies suivantes et bien que son allégeance au blues reste très forte, expérimente un peu tous les styles et les publics.

Un Charlie touche-à-tout.

Ainsi, il fusionne sa technique avec la musique de certains de ses confrères comme INXS (album X/1990) ou Tom Waits (Mule Variations/1999), avec celle d'une fan de la première heure comme Bonnie Raitt (Longing In Their Hearts/1994), d'un ami de longue date comme John Lee Hooker (The Healer/1989) ou d'artistes atypiques comme les percussionnistes japonais de Kodo (Mondo Head/2002).

Comme évoqué en préambule, Musselwhite forme également un duo avec Ben Harper (Get Up/2013 est meilleur album de blues en 2014), adoubé par John Lee Hooker et récidive même avec No Mercy In This Land (mars 2018/Anti), derrière lequel le tandem enchaîne par une tournée mondiale à guichets fermés.

Revenu chez Alligator en 2010 pour les besoins de The Well (une première depuis In My Time en 93), on retrouve Musselwhite à son meilleur niveau. Il tourne ensuite avec Hot Tuna, puis avec Cindy Lauper, avant de publier deux live (Juke Joint Chapel/2012 et It Ain't Lyin'/2015 pour Henrietta). Le récent 100 Years Of The Blues referme une discographie forte de (grosso modo) d'une quarantaine de pièces.

Quand on sait que la période que Charlie préfère, c'est celle à venir où son blues sera toujours meilleur qu'hier et moins bien que demain, on a deux certitudes : que l'artiste est un perfectionniste et que sa fin de carrière n'est pas prête d'être programmée. A votre âge, chapeau Mr Musselwhite ! (RAZOR©2021)

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio 1 - 1967

 

Charlie musselwhite stand back

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

CHARLIE MUSSELWHITE

STAND BACK ! HERE COMES CHARLEY MUSSELWHITE'S SOUTHSIDE BAND – 1967  4,5/5

 

Publié en 1967.

Produit par Samuel Charters,Barry Goldberg.

Durée:45:48.

Label:Vanguard Records.

Genre:Chicago Blues.

 

Disque fondateur du blues moderne.

 

L'année de la naissance de Kurt Cobain (ouais !!!) et de David Guetta (hou !!!), de la mort de John Coltrane et d'Otis Redding (snif, snif) et de la victoire de Sandy Shaw au douzième Concours Eurovision de la chanson avec Puppet On A String (on s'en tape), l'année de l'amour et des plus grandes distinctions discographiques accrochées au veston d'un rock qui évolue alors sous acide, autrement dit l'année 1967, n'a pas accordé à Stand Back ! Here Comes Charley Musselwhite's South Side Band de Charlie Musselwhite la place qui lui revient.

La faute à une scène musicale concentrée essentiellement sur la Californie, siège de l'idéologie hippie, et surtout incroyablement riche en œuvres vinyliques anthologiques. Se faire une place dans ce décor est quasiment mission impossible, d'autant plus que le marché du disque est inondé comme jamais.

Pourtant, cet harmoniciste blanc exceptionnel et original, né dans le Mississippi, formé à l'école du Chicago Blues, comme son concurrent direct Paul Butterfield, les premiers à se différencier du blues black, va, à 22 ans, placer son premier LP parmi les classiques du genre.

Stand Back ! contribue à l'installer parmi les très grands du blues, à lui attirer les faveurs de ses pairs noirs les plus illustres, ses maîtres (Muddy Waters, Howlin' Wolf, John Lee Hooker) et à l'immortaliser à tout jamais dans ce cénacle prestigieux.

Devenu, au fil des décennies, un artiste majeur dans sa catégorie de prédilection, Musselwhite compte aujourd'hui à son palmarès près d'une trentaine de disques (dont Continental Drifter que je vous conseille) et de multiples collaborations avec ce que le blues et le rock affichent de plus sémillant : Eddie Vedder, John Lee Hooker, Bonnie Raitt, Tom Waits, INXS ou encore Gov't Mule.

Ce pionnier du blues blanc a gagné aujourd'hui le respect de toute la profession. Orfèvre de l'harmonica qu'il pratique avec beaucoup d'originalité et de dextérité, doté d'une voix pas forcément faite pour chanter le blues (mais il s'en sort honorablement), le Musselwhite de Stand Back draine dans son sillage tous les désenchantés de la contre-culture hippie qui perd alors progressivement de son ampleur et de sa crédibilité.

Son installation à San Francisco fait le reste auprès de ce panel. Il devient un incontournable de cette scène. Cerise sur le gâteau, Charlie Musselwhite, du haut de ses 22 printemps, réunit autour de lui un line-up de derrière les fagots : le futur et extraordinaire guitariste de Canned Heat, Harvey Mandel, le claviériste Barry Goldberg qui créera l'Electric Flag avec Mike Bloomfield et une section rythmique mortelle constituée de Bob Anderson, bassiste, et de Fred Below, batteur et musicien de session attitré de la maison Chess Records.

Ne reste plus qu'à écouter le travail. Alors là, mes petits loups, vous ouvrez les fenêtres du salon en grand, vous augmentez le son pour que les voisins puissent en profiter aussi, vous vous vautrez sur le canapé histoire de bien montrer quelles sont vos intentions dans l'heure qui suit, non sans avoir détourné quelques bibines bien fraîches au passage, et vous laissez faire.

Si rien ne se passe, c'est que vous n'êtes pas Musselwhite compatible, auquel cas je ne peux rien faire pour vous. Mais j'en doute... 4,5 (RAZOR©).

 

1. Baby Will You Please Help Me.

2. No More Lonely Nights.

3. Cha Cha The Blues.

4. Christo Redemptor.

5. Help Me.

6. Chicken Shack.

7. Strange Land.

8. 39th And Indiana.

9. My Baby.

10. Early In The Morning.

11. 4 P.M.

12. Sad Day.

 

Bob Anderson:basse.

Fred Below:batterie.

Barry Goldberg:orgue,guitare,piano,claviers.

Harvey Mandel:guitare.

Charlie Musselwhite:harmonica,chant,guitare.

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