Clear Blue Sky.

BIOGRAPHIE.

 

CLEAR BLUE SKY/Acton (Londres – Angleterre)

 

Clear blue sky 2

 

Groupe actif entre 1969 et 1975,reformé depuis les années 2000.

Label:Vertigo Records.

Genre:rock,blues-rock,rock progressif,hard rock.

Site officiel:www.clearbluesky.co.uk

 

Du talent et de l'énergie !

Dans la deuxième moitié des années 60, Londres opère une véritable mutation musicale. Dans le sillage de power-trios précurseurs, comme l'anglais Cream ou l'américain Jimi Hendrix Experience, le rock devient plus puissant, plus lourd, plus amplifié et distordu, plus agressif, plus progressif et complexe aussi. Dès la fin de la décennie et le début des 70's, on parle alors de hard rock, nourri par les mouvements blues-rock, rock psychédélique et rock garage.

Sur le terreau britannique, seule une poignée émergera au point d'appartenir depuis au clan des monstres sacrés du genre : Led Zeppelin, Black Sabbath et Deep Purple.

Derrière eux, beaucoup doivent se satisfaire de jouer les seconds couteaux (Uriah Heep, Foghat, Humble Pie, Nazareth, Taste, Jethro Tull, Status Quo, Thin Lizzy, UFO...) et se contentent de faire de très belles carrières.

Et puis, il y a tous ces autres qui n'ont aujourd'hui que les yeux pour pleurer, dont les promesses alors entretenues sont aussitôt tuées dans l'oeuf, faute de moyens, de promos, de temps ou de talent, tout simplement.

On doit aux maisons de disques contemporaines et à leurs chasseurs de trésors discographiques d'en réhabiliter les plus méritants. Le juvénile Clear Blue Sky est un de ceux à avoir bénéficié d'un regain d'intérêt de leur part. C'est vrai qu'il ne manquait pas de talent et de pêche..

Clear blue sky 1Du talent et de l'énergie !

Clear blue sky portraitTrop jeunes et livrés à eux-mêmes: dommage.

Clear blue sky lp 1Un LP éponyme (71) lourd, prog et passionné.

Clear blue sky john simmsJohn Simms...

Clear blue sky suite...toujours en activité aujourd'hui.

Né Jug Blues et dans le Chicago anglais.

C'est entre Kensington et Ealing, à moins d'une dizaine de kilomètres à l'Ouest de Londres, que l'on pointe le cadre des débuts de ces musiciens. A Acton, très exactement. C'est là, sur les bancs du lycée régional que le guitariste et chanteur John Simms et le batteur Ken White, des copains de la première heure, rencontrent Mark Sheather, bassiste.

Dans les sous-sols de l'Ealing Club voisin où, dans les pas du père du blues britannique Alexis Korner, le R & B londonien a établi ses quartiers au début des 60's, le trio assiste régulièrement aux concerts proposés et qui voient défiler les plus grands noms des années 60 : Keith Richards, Mick Jagger, Brian Jones, Jack Bruce, Ginger Baker, Charlie Watts, Long John Baldry, Graham Bond, Rod Stewart, Paul Jones, Dick Heckstall-Smith, Manfred Mann, Eric Burdon ou le mississippien Howlin' Wolf.

Ces artistes et ce milieu très actif du blues, sorte de Chicago anglais, suscitent en Simms, White et Sheather l'envie de faire comme eux et, dans cette optique, fondent un premier groupe, Jug Blues, qui répète régulièrement au Priory Youth Center d'Acton.

Premiers pas chez Vertigo.

On lui prête une tournée en Allemagne et quelques piges sur le circuit des collèges et clubs de la place, avant de changer son nom en Matuse, pour les besoins d'un concours de talents organisé par le Marquee, au bout duquel l'objectif est de décrocher une démo. Le groupe, comme beaucoup d'autres, tourne en s'appuyant sur répertoire de reprises de R & B, mais commence aussi à écrire ses premières chansons.

Repéré par le bassiste de jazz et manager de Donovan, Ashley Kozak, la formation d'Acton franchit un cap à son contact. Ce dernier la façonne à son image, fait jouer ses relations pour lui obtenir des concerts plus huppés et surtout pour lui permettre d'obtenir un contrat d'enregistrement.

Ce partenariat se fait avec Vertigo, après que Patrick Campbell-Lyons, un des grands producteurs du moment ait réussi à attirer le trio dans les mailles de son filet.

Le label a alors une politique résolument en faveur des jeunes groupes rock créatifs quel qu'en soit le genre. Dans son écurie, Vertigo compte aussi Black Sabbath, Rod Stewart, Juicy Lucy ou Colosseum.

Quel potentiel !

Pour lancer ces jeunes gens ambitieux, originaux et talentueux, déterminés et débordant d'énergie, le nom de Clear Blue Sky est préféré et entériné. Il fait montre d'un style unique, expérimental et lourd. Son potentiel est alors jugé énorme.

A l'été 1970, Clear Blue Sky, en dépit de sa jeunesse (18 ans) et de son inexpérience, est prêt pour entrer en studio et enregistrer un disque.

Celui-ci, éponyme, paraît en janvier 1971 et consiste en une sorte de live de studio, afin de capter au mieux toute la vitalité dont le groupe est coutumier.

L'enregistrement se fait alors que Led Zep est occupé, dans une pièce attenante aux studios d'Island, à travailler sur les sessions de son volume 2. Du Led Zep', Clear Blue Sky en a dans la soute. Du Status Quo ou du Blue Cheer (à un degré moindre) aussi.

Le groupe développe un gros son et une belle puissance instrumentale autour de l'équation guitare/basse/batterie. Il utilise beaucoup la distorsion dans une technique qui lui est propre. De temps à autre, des chants s'invitent dans cet univers livré à l'expérimentation et où l'improvisation tient toute sa place.

Un jeu d'orgue assez subtil (un organiste ayant travaillé avec Tom Jones, dit-on) accompagne une musique tissée essentiellement autour de la guitare de Simms et de la rythmique de White et Sheather.

Jon Field de Jade Warrior, originaire d'Acton et groupe Vertigo, vient rajouter son très beau jeu de flûte. Ce dernier apparaît sur Tubular Bells (1973) de Mike Oldfield.

Du blues-metal psychédélique néo-prog.

Lourd et prog, passionné et jamais inintéressant, l'album en question est un exemple visionnaire de ce que l'on peut qualifier de blues-metal psychédélique néo-prog. Coté visuel, il est enrobé dans une pochette dessinée par Roger Dean, l'illustrateur légendaire des LP de Yes, Gentle Giant, Uriah Heep et Greenslade.

Clear Blue Sky figure, la même année, sur deux compilations éditées par le label Vertigo et compilées par Patrick Campbell-Lyons, avec les artistes les plus représentatifs de cette nouvelle vague, à savoir Vertigo Heads Together – Round One (Jade Warrior, Sunbird, Magna Carta, Nirvana, Tudor Lodge...) ou avec des artistes plus confirmés à l'image de The Vertigo Trip (Black Sabbath, Ian Matthews, Warhorse, May Blitz, Graham Bond, Gravy Train, Beggars Opera, Gentle Giant, Keith Tippett Group).

Clear blue sky patrick campbell lyons

« L'album Clear Blue Sky est aujourd'hui un classique de l'époque, un bel exemple de rock progressif musclé qui coupe l'herbe sous le pied de ceux qui pensent que le trio était trop jeune et inexpérimenté quand l'album a été enregistré. » (Patrick Campbell-Lyons)

Trop jeune et livré à lui-même.

En dépit de ce coup de pouce et de belles tournées sur le circuit londonien et européen, Clear Blue Sky ne perce pas derrière, faute de moyens et d'un encadrement plus marqué.

Trop jeune pour prendre en main son destin, Clear Blue Sky rencontre de gros problèmes qui l'amène à ne plus apparaître régulièrement en public. Mark Sheather quitte le groupe pour ne pas mettre à mal son couple. Kraznet Montpellier le remplace, mais John Simms décide de le dissoudre en 1975.

Clear Blue Sky ne refera parler de lui que dans les années 90 quand Saturn Records sort Destiny (1990), une collection d'enregistrements réalisés entre 1971 et 1975. Une troisième compilation Vertigo sort cette même année : Vertigo Classics and Rarities 1969/1973 (volume 1) qui réunit le gratin maison du moment comme May Blitz, Black sabbath, Freedom, Juicy Lucy,Colosseum, Rod Stewart ou Warhorse.

La fin du siécle et le nouveau millénaire...

Elargi à 5 têtes, Clear Blue Sky publie six ans plus tard, l'album concept Cosmic Crusader (1996). John Simms, son épouse Maxine, Kaznet Montpellier, Ken White et Adam Lewis en constituent le line-up.

Après Out Of The Blue (2000) avec des titres inédits datant de la période pré-Vertigo et quatre chansons en live, Mirror Of The Stars (2001), Clear Blue Sky publie, en 2007, Gateway To The Seventh Dimension, bel album de rock progressif sur lequel la guitare de John Simms flamboie comme jamais et un cosmique Don't Mention Rock And Roll (2013) défiant la classification du rock, progressif, psychédélique, blues, heavy en mélangeant tous les genres.

Son avenir s'annonce plutôt prometteur et ambitieux, même après un silence bien trop long et inexpliqué au regard de son énorme talent (RAZOR©).

 

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 1 - 1971

 

Clear blue sky lp 1

 

CLEAR BLUE SKY

CLEAR BLUE SKY – 1971  3,5/5

 

Publié en janvier 1971.

Produit par Patrick Campbell-Lyons.

Durée:39:11.

Label:Vertigo Records.

Genre:hard rock,rock progressif.

 

Si jeunesse savait...

 

Sorti sous étiquette Vertigo en janvier 1971, l’album éponyme de Clear Blue Sky (en écoute intégrale ici), leur seule production des années 70 en fait, a les qualités et les défauts de la jeunesse de ses auteurs, des ados plutôt fougueux et déterminés à montrer de quel bois ils se chauffent dans le cadre musical qu’ils affectionnent : le heavy-rock.

A vouloir occuper coûte que coûte un terrain déserté par les power-trios et devenir aussi grosse que le beef Cream ou le bison Jimi Hendrix Experience, cette grenouille banlieusarde londonienne tend à brûler les étapes pour arriver à ses fins.

Le guitariste John Simms, le batteur Ken White et le bassiste Mark Sheather, ces trois jeunes hard rockers impétueux et impatients en question, osent pourtant un rock courageux, nimbé de psychédélisme et d’orientation prog, mais hélas un peu brouillon par moments. Si jeunesse savait…

Ashley Kozak, l’homme derrière Donovan, séduit par tant de témérité et d’enthousiasme, leur obtient un contrat qui débouche sur la réalisation de ce qui est notre album du jour.

Si les compositions se révèlent globalement correctes, le résultat s’avère désordonné, manquant d’homogénéité. Clear Blue Sky a le défaut de vouloir s’embrouiller la tâche. Pourquoi faire simple, quand on peut faire compliquer ?

A l’image d’une première face accaparée par un Journey To The Inside Of The Sun, suite de trois pièces de plus de 18 minutes (Sweet Leaf, The Rocket Ride et I’m Coming Home) qui part rapidement en sucette, s’éternisant dans des soli « m’as-tu vu » et dans la passabilité, les apprentis se prennent souvent les pieds dans le tapis, malgré de la fraîcheur, de la lourdeur et de la spontanéité, en dépit d’une ambition non feinte et d’envie de tout fracasser. C’est là qu’on s’aperçoit que 18 minutes peuvent être parfois très longues…

Mieux encadrés, plus patients, plus affûtés, nos teenagers auraient certainement livré une meilleure copie, celle-ci s’avérant naïve et sortant peut-être un peu trop vite pour des musiciens encore immatures. Cette inexpérience leur est trop préjudiciable pour pouvoir apprécier à sa juste valeur une équipe qui en a sous le pied, c’est incontestable, et un LP, mal produit, amputé d’une face.

De là à dire que ce disque est un véritable bijou comme j’ai pu le lire, désolé je ne partage pas. Qu’il soit une curiosité de l’époque et un exemple de hardiesse, un modèle de tonicité, ou un spécimen d’originalité émanant de gamins culottés, j’adhère, mais pas plus.

Le potentiel est là, mais s’exprime encore très mal à ce niveau de leur carrière. Des groupes comme ça, et je ne fais en aucun cas leur procès, j’en ai vu des tonnes sur les podiums régionaux de l’hexagone du moment.

Pour moi, ils arrivent trop tôt malgré une face B qui a de la gueule. You Mystify (7:45), Tool Of My Trade, Heaven et Birdcatcher tempèrent à peine mon impression initiale. C’est en forgeant que l’on devient forgeron…

Si Clear Blue Sky l’avait appris à ses dépens, il ne fait pas l’ombre d’un doute que l’issue du groupe aurait été autre. Donc, ça reste une curiosité vers laquelle je ne vous pousse pas. Je botte en touche, c’est vous qui voyez (RAZOR©).

 

Face 1.

1. Journey to the Inside of the Sun(Sweet Leaf,The Rocket Ride,I’m Coming Home).

 

Face 2.

2. You Mystify.

3. Tool of My Trade.

4. My Heaven.

5. Birdcatcher.

 

John Simms:guitare,chant.

Ken White:batterie.

Mark Sheather:basse.

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