Cream.

BIOGRAPHIE.

 

CREAM/Londres (Angleterre)

 

Cream 1

 

Actif de 1966 à 1968,réunions en 1993 et 2005.

Labels:Atco,Polydor.

Genre:rock psychédélique,blues-rock,acid rock.

Cream : le premier super groupe du rock.

B.B.C. Pour le commun des mortels, cet acronyme réfère, et à juste raison, à la société de radiotélévision britannique, la British Broadcasting Corporation. Mais ce n’est pas le terrain sur lequel je veux vous emmener dans ce papier. Mon B.B.C à moi est rock et derrière ses trois initiales  se cachent  trois musiciens mythiques, fondateurs d’une formation anthologique : Bruce, Baker, Clapton et Cream, premier super-groupe de l’histoire du rock né en 1966. On appelle ça un power-trio.

Peter Edward Baker, dit Ginger Baker, est natif du sud londonien (Lewisham). Né le 19 août 1939, il est le plus âgé de la tierce. Sa passion pour la batterie date de ses 15 ans, quand il est définitivement convaincu qu’il ne sera jamais coureur cycliste professionnel. Touche-à-tout, il s’intéresse à l’art moderne, au jazz, à la sculpture, la peinture, puis, plus tard aux rallyes et même au polo.

Cream bakerGinger Baker, batteur de Cream.

Le couple basse/batterie le plus populaire du rock.

Féru de batterie, il commence son apprentissage sur un kit conçu par lui-même en 1961 et jusqu’en 1966, date à laquelle il peut enfin se payer une Ludwig.

La faute à Jack Bruce qui explose littéralement son kit lors d’une bagarre. Bruce ne tarissait pas d’éloges sur son invention sonnant comme nulle autre.

Alton Redd et Baby Dodds, dans un premier temps, puis Max Roach sont les batteurs de jazz qui l’inspirent et dont Ginger reprend la technique. Durant les 60’s, il sillonne le circuit jazz moderne de Londres mais ne plaît pas car trop fougueux, trop passionné.

Et colérique par-dessus le marché. Baker dérange. Du jazz, il intègre alors la scène R & B (1962) et joue dans le Blues Incorporated d’Alexis Korner, tremplin pour des artistes alors de passage comme Charlie Watts, Long John Baldry, Danny Thompson, Graham Bond, Cyril Davies, Malcolm Cecil ou encore Dick Heckstall-Smith.

Ginger Baker y fait la rencontre de Jack Bruce avec lequel il incorpore, en février 1963, le Graham Bond Organisation, pionnier du british blues boom. Son passage dans ce dernier groupe lui permet de développer une approche effrénée de la batterie qui en fait, pour ses confrères, un des meilleurs spécialistes à son poste de toute l’histoire du rock. Jack et Bruce quittent le GBO en juillet 1966 pour Cream.

Jack Bruce (John Symon Asher Bruce) est décédé en octobre 2014 à 71 ans. Bassiste, harmoniciste, chanteur, cet artiste né à Glasgow a suivi des études de violoncelle, puis une filière jazz dans laquelle il fait ses premiers pas à la contrebasse. Il a 19 ans et est influencé par Charlie Mingus et James Jamerson, quand il intègre à son tour le Blues Incorporated d’Alexis Korner (1962), le groupe formateur du moment avec les Bluesbrakers de John Mayall d’où est issu Eric Clapton, le troisième larron de Cream.

Cream bruceJack Bruce, l'autre élément de la rythmique.

Bruce passe de la contrebasse à la basse électrique dans le même temps qu’il fonde le Graham Bond Organisation avec Baker et Bond. Jack Bruce est un vrai spécialiste de la basse, fluide, souple, novateur, doublé d’un excellent chanteur au timbre déjà très expressif.

Avec Ginger Baker, ils forment aux yeux des connaisseurs du rock, la rythmique la plus explosive du moment.

Et ce malgré les tensions qui animent souvent ces deux Pif et Hercule. Un énième différend amène Bruce à quitter le GBO (fin1965) pour la maison formatrice concurrente des Bluesbrakers. Il y côtoie brièvement Eric Clapton avant de partir pour une pige de quelques singles pour Manfred Mann au début de l’année 1966.

Clapton, The God.

Eric Clapton est le plus jeune du trio, mais pas le moins talentueux. Guitariste et chanteur de blues et de rock, celui que Rolling Stone a placé deuxième meilleur guitariste de tous les temps, connaît une enfance difficile. Balloté entre des grands-parents maternels qui l’élèvent de leur mieux et une mère qui l’abandonne, il apprend la guitare alors qu’il est adolescent, mais sans lui vouer une attention soutenue. Néanmoins, il puise sa base musicale dans le blues de l’Oncle Sam, celui du Delta et des Robert Johnson, Muddy Waters, Howlin’ Wolf, Big Bill Broonzy, Elmore James.

De même que Baker et Bruce, dès 1962, il pointe le bout de son nez dans les clubs de la capitale anglaise, comme le Ealing Club, place initialement jazz qui mute vers le R & B en 1962. L’endroit est resté célèbre pour avoir été le club dans lequel les Rolling Stones se sont retrouvés pour la première fois ensemble.

Les Roosters (Terry Brennan, Robin Mason, Tom McGuinness, Ben Palmer et Eric Clapton) sont le premier groupe de Slowhand, appelé aussi Eric The Mod au regard de ses vêtements évoquant ce mouvement. Il l’intègre en janvier 1963 jusqu’à sa dissolution en août de la même année. Il rebondit du côté de Casey Jones And The Engineers, dès octobre 1963, avant de rejoindre les Yardbirds où les choses sérieuses commencent pour lui.

Clapton contribue à les faire décoller alors que le groupe n’interprète encore que des reprises de R & B. De 1963 à mai 1965, les Yardbirds deviennent une formation culte anglaise. Clapton installe progressivement sa marque de fabrique, influencée par les deux King, Freddie et B.B. et par Buddy Guy. Il quitte les Yardbirds, remplacé par Jimmy Page, pour les Bluesbreakers de John Mayall.

Clapton est alors une figure incontournable de la scène britannique et le Bluesbrakers une référence du R & B de l’endroit. Devenu guitariste réputé, il a alors des envies d’ailleurs (août 1965) et va se fourvoyer quelques mois en Grèce avec un groupe peu crédible, The Glands, avant de reprendre sa place dans l’équipe de John Mayall (octobre 1965), l’expérience s’avérant un véritable flop.

Son statut n’en souffre pas outre mesure. Clapton est considéré comme un Dieu et hérite du surnom de God, renforcé par la sortie à la même période de l’album Beano (BluesBreakers With Eric Clapton/mars 1966), enregistré avec les Bluesbreakers et considéré comme un disque culte du british blues boom. A la publication de ce monument discographique, Eric Clapton n’est déjà plus dans la maison Mayall. Son avenir, il l’envisage avec Bruce et Baker et celui-ci s’appelle Cream.

Cream clapton 3

« Lorsque la rupture de Cream a été évoquée, nous avions un rythme de travail effréné. Nous jouions 6 nuits par semaine et j’ai perdu tellement de poids que je ressemblais  à un mort-vivant. J’étais alors en très mauvaise forme physique. Rajoutez là-dessus une fatigue psychologique énorme. Même dans la meilleure phase de Cream, ça a toujours été très difficile sur ce plan. Ginger et Jack étaient certes plus dynamiques mais toujours dans des situations conflictuelles. 24 heures sur 24. J’ai passé l’essentiel de mon temps et de mon énergie à tenter de canaliser les tensions les opposant. A côté de ça, vous devez continuer à être créatif et à faire de la bonne musique. J’ai demandé à Robert Stigwood, notre manager, de me décharger de ça, mais ces deux gars étaient fous et il n’y avait pas d’alternative visible, d’autant que Stigwood reportait sans arrêt le problème. » (Eric Clapton)

Sur l’impulsion de Baker.

C’est Ginger Baker qui en est l’initiateur depuis qu’il a quitté le Graham Bond Organisation. Le batteur rouquin (d’où son  surnom de Ginger, hérité d’une espèce orangée de ce rhizome) fait alors appel à Eric Clapton, une star depuis son passage chez Papy John. C’est l’homme qu’il lui faut. Ce dernier accepte l’idée de monter un trio qui n’ait pas de meneur attitré mais dont les membres se mettent complètement au service de la musique et de l’écriture. Dans cet esprit, le guitariste souffle à Baker le nom du bassiste Jack Bruce pour faire le troisième. Bruce, le meilleur ennemi du batteur…

Pour la bonne cause, les trois virtuoses remisent leur opposition au placard, unissent leurs destins musicaux pour que ce power trio exceptionnel que la rumeur ambiante situe déjà comme plus grand groupe du monde, ne meure pas dans l’œuf. A l’été 1966, Cream se lance ; un ovni musical sillonne alors le ciel du rock. Il va s’avérer, durant ses deux ans d’existence, comme l’une des formations les plus inventrices du flower-power.

Des débuts timides.

Autour de la basse experte et du chant compétent de Bruce, du jeu de batterie explosif de Baker et de l’inventivité et de la fluidité de la guitare de Clapton, Cream est le premier vrai groupe à réunir des solistes. Cream attire à lui toute une génération de rockers blancs et suscite, dans le mouvement de sa réussite, la vocation d’artistes qui ne jurent plus que par le power-trio (Jimi Hendrix Experience, Beck Bogert Appice, West Bruce & Laing, ZZ Top…).

Après quelques premiers concerts britanniques, dont Windsor 66 qui marque ses débuts scéniques, Cream entre en studio pour enregistrer Fresh Cream (fin 1966). C’est Reaction Records (1966/67) qui décroche le pompon. Le label indépendant britannique de Robert Stigwood, distribué par Polydor et fondé pour l’occasion, n’abrite que deux groupes : Cream et les Who. Fresh Cream, Disraeli Gears pour les premiers, ainsi que A Quick One, pour les seconds, sont faits chez Stigwood.

Fresh Cream, tissé équitablement autour de reprises et d’originaux, s’appuie sur du blues métissé de hard et de touches psychédéliques. La griffe Cream s’installe, mais ce n’est pas encore sur ce LP un peu tendre au niveau sonore que l’on peut évoquer la puissance légendaire de ce groupe. Sur ses gardes, le monde du rock attend pour voir, et ce qu’il va voir, au sortir d’une décevante tournée printanière américaine, relève du maelstrom de décibels.

Et puis vint Disraeli Gears.

Comme si les acteurs se sont soudainement donné le mot pour faire encore plus fort. Plus fort au niveau de l’écriture, plus fort en termes de volume sonore, plus fort en termes de cohésion collective, plus fort dans leurs concerts, plus fort dans leurs improvisations…

Cream disraeli gears

Disraeli Gears et son anthologique Sunshine Of Your Love sort en plein flower-power. Ce virage psychédélique, Cream ne le manque pas. Mieux, les anglais dament le pion à celui qui symbolise le genre aux Etats-Unis : Hendrix. Avec 11 originaux dans la besace et Felix Pappalardi aux manettes, Cream met tout le monde KO et d’accord. Les cadors, ce sont eux. Revers de la médaille et moins surprenant, les tensions refont surface chez ces egos surdimensionnés. Elles ne sont toutefois pas palpables sur l’album Wheels Of Fire, le double hybride live et studio sorti en juillet 1968 et dernier chef d’œuvre du trio avec ses titres très aboutis comme Crossroads ou White Room, devenus des classiques du répertoire de Clapton. Cream est alors au sommet de son art, mais, au bout de deux ans, est déjà proche de la fin.

En off, toute le monde a conscience que les bonnes paroles du début sur les équilibres souhaités ne sont plus concrétisées ; Cream fonde droit dans le mur, ses concerts ne sont plus que prétexte à exhibition des talents individuels.

Plombé par les égos et les drogues.

Le couperet tombe en novembre 1968, après des concerts d’adieu à Londres et à New York, au grand dam des amoureux du rock et des fans du groupe. L’effet Cream ne se dément pourtant pas puisque Goodbye, son dernier LP, posthume pour être publié en mars 1969, prend place en tête des classements d’albums britanniques et au second rang de celui américain. Du jamais vu durant le vivant du groupe, malgré un disque moyen. Au final, Cream vend 15 millions de vinyles.

De ce groupe légendaire, on retiendra surtout le jeu passionné et inspiré de Clapton, l’intensité et la férocité de celui de Ginger Baker, initiateur du solo de batterie dans le rock et la transposition de la sensibilité jazz au hard rock de la basse placée entre les mains du regretté Jack Bruce. On passera donc leurs divisions (bagarres entre Bruce et Baker, statut de star de Clapton, divergences artistiques) et leurs frasques (abus de drogues dures) au second plan au regard de ce que Cream a apporté au rock.

L’après Cream.

L’après Cream de Jack Bruce se continue dans diverses expérimentations jazz avec John MCLaughlin, Tony Williams ou Carla Bley, dans des collaborations avec Lou Reed (Berlin/1973), Frank Zappa (Apostrophe/1974), puis dans un parcours solo ; Ginger Baker, avant de prendre la direction de l’Afrique suit Eric Clapton dans un autre projet de super groupe, Blind Faith avec Steve Winwood, puis fonde le Ginger Baker’s Air force (1970).

Eric Clapton fonde Blind Faith (1969). La nouvelle de la création de cette formation suscite un élan d’excitation phénoménal auprès des fans, mais le soufflé retombe vite, ni Winwood, ni Clapton ne veulent d’un Cream 2. Clapton se tourne alors avers Delaney & Bonnie, puis vers Derek & The Dominos (Layla) avant de lancer sa carrière en solo.

Eric Clapton, Ginger Baker et Jack Bruce, malgré un cancer du foie diagnostiqué en 2003, se retrouvent pour une série de concerts en mai 2005 au Royal Albert Hall londonien et en octobre de la même année au Madison Square Garden new yorkais. Les espoirs de revoir Cream se reformer s’éteignent définitivement avec la mort de son bassiste mythique le 25 octobre 2015. (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio 1 - 1966

 

Cream fresh cream

 

CREAM

FRESH CREAM – 1966  3,5/5

 

Publié le 9 décembre 1966.

Produit par Robert Stigwood.

Durée:38:10 (U.K),34:30 (U.S.A).

Label:Reaction (U.K),Atco (U.S.A).

Genre:blues-rock,rock psychédélique,hard rock.

 

Le mythe s’installe.

 

Le premier LP du premier super groupe de l’histoire du rock, aussi légendaire qu’éphémère, installe le mythe en douceur. Sans tambours, ni trompettes. Entre originaux au nombre de 5 et reprises pour une proportion égale, Fresh Cream (en écoute intégrale ici), envoyé en éclaireur, a pour vocation de montrer de quel bois Cream, concentré de virtuosités individuelles, peut se chauffer. Publié en fin d’année 1966, l’album offre une vision de la potentialité du trio.

Les reprises que Cream s’approprie pour l’occurrence ont ce petit quelque chose en plus qui n’appartient qu’aux grands. I’m So Glad ou Rollin’ And Tumblin’ sont sublimées par le traitement revitalisant que leur réserve nos trois experts, par la griffe qu’ils y apposent. Elles rivalisent de qualité avec des titres alors partis pour être des classiques du répertoire : Cat’s Squirrel, N.S.U., I Feel Free figurant sur la version originale US, mais pas sur celle anglaise, Spoonful absent de l’offre américaine mais présent dans la tracklist destinée au Royaume-Uni.

Eric Clapton, alors loin d’être le guitare-héros qu’il est devenu par la suite, donne sa pleine mesure dans un style rarement entendu jusque là. Inventif, inspiré, techniquement exceptionnel, il est épaulé par une rythmique qui filera des complexes à des générations entières de bassistes et de batteurs, et qui suscitera aussi les vocations d’autres.

Le registre est british blues, métissé de hard ; le son très 60’s avec un penchant psychédélique. C’est efficace certes, mais il ne traduit pas encore toute la puissance caractéristique du trio et que bon nombre de musiciens à sa suite ont cherché à calquer sur un format identique.    

Cet album est quelque peu en retrait, en termes de puissance, par rapport à la production qui suivra. En dépit d’une 101ème place parmi les meilleurs disques de tous les temps, on lui préférera Disraeli Gears, sorti l’année suivante et considéré depuis des lustres comme la petite merveille de ce trio d’anthologie (RAZOR©).

 

1. N.S.U.

2. Sleepy Time Time.

3. Dreaming.

4. Sweet Wine.

5. Spoonful.

6. Cat's Squirrel (instrumental).

7. Four Until Late.

8. Rollin' and Tumblin'.

9. I'm So Glad.

10. Toad (Instrumental).

 

Eric Clapton:guitare,chant.

Jack Bruce:basse,harmonica,chant.

Ginger Baker:batterie,percussions,chant.

LP Studio 2 - 1967

 

Cream disraeli gears

 

CREAM

DISRAELI GEARS – 1967  4/5

 

Publié le 10 novembre 1967.

Produit par Felix Pappalardi.

Durée:33:37.

Label:Reaction,Atco,Polydor.

Genre:rock psychédélique,blues-rock,hard rock.

 

Un statut quelque peu usurpé.

 

N’en déplaise aux inconditionnels de Cream, Disraeli Gears (en écoute intégrale ici), réécouté aujourd’hui, fait vraiment daté de chez daté. Le son est à la limite d’être crade par moments et, en de rares occasions certes, il est très désagréable à se farcir entre les esgourdes. Il y a des fois où réveiller les morts ne se passe pas toujours bien. J’aimais beaucoup ce disque que j’ai considéré comme beaucoup comme culte dans l’euphorie de la Creammania ambiante. Je lui trouve désormais certaines failles qui m’avaient échappées.

Repassé au crible 48 ans plus tard, j’avoue en pincer différemment et surtout être désagréablement surpris par l’inégalité des titres qui le composent, je veux parler notamment de la tierce 3 à 5 du disque.

Disraeli Gears démarre sur les chapeaux de roue avec deux morceaux énormes, Strange Brew et l’inénarrable Sunshine Of Your Love, mais derrière et c’est plus flagrant aujourd’hui qu’hier, débarrassé de l’aveuglement qui sied au fanatisme, il déroule trois chansons loin d’être des foudres de guerre (World Of Pain, Dance The Night Away et le soporifique Blue Condition).

Tales Of Brave Ulysses reprend les choses par le bon bout ce que ne dément pas Swlabr, acronyme de She Walks Like A Bearded Rainbow, que l’on peut traduire par Elle Marche Comme Un Arc-en-Ciel Barbu. We’re Going Wrong appartient également au lot des excellents morceaux de l’album porté par la voix de Jack Bruce, son auteur et soutenu par la guitare psyché de Clapton et les roulements de batterie d’un baker frappant les fûts avec des maillets.

Les convaincants Outside Woman Blues et Take It Back précèdent une surprenante et drôlatique sortie a Cappela (Mother’s Lament). Ayant depuis écouté en boucle son suivant Wheels Of Fire, j’ai plus d’affinités avec ce dernier qu’avec Disraeli Gears. Ce qui ne remet en rien en cause le statut mythique de ce disque placé au carrefour du blues, du psychédélisme et de la pop anglaise.    

Malgré un jugement depuis tempéré, ce disque est une œuvre indispensable au regard de la trace historique qu’il a laissé au rock. Mais bon, si je devais le juger en 2015, je ne lui accorderais pas la note maximale que je lui ai toujours accordé (RAZOR©).

 

1. Strange Brew.
2. Sunshine Of Your Love.
3. World Of Pain.
4. Dance The Night Away.
5. Blue Condition.
6. Tales Of Brave Ulysses.
7. Swlabr.
8. We're Going Wrong.
9. Outside Woman Blues.
10. Take It Back.
11. Mother's Lament.


Eric Clapton:guitare,chant.

Jack Bruce:chant,harmonica,basse,piano.

Ginger Baker:batterie,chant.

LP Hybride Studio 3/ Live 1 - 1968

 

Cream wheels of fire

 

CREAM

WHEELS OF FIRE – 1968  5/5

 

Publié en juillet 1968.

Produit par Felix Pappalardi.

Durée:84:23.

Label:Polydor (U.K),Atco (U.S.A).

Genre:rock psychédélique,blues-rock.

 

Le Cream parfait.

 

Sans aucun doute dans mon esprit, le meilleur de Cream se situe ici. Dans ce double album hybride parfait pour moi, moitié studio, moitié live qui répond au nom de Wheels Of Fire (en écoute intégrale ici) et sorti en juillet 1968.

Ce troisième volet du catalogue de Cream affiche le meilleur des deux facettes du power-trio. On en prend pour 36 minutes de studio, pour 44 de live.

Bruce dote la partie initiale de 4 titres sur 9, tous cosignés avec Pete Brown : White Room, As You Said, Politician et Deserted Cities Of The Heart. Ginger Baker assure 3 morceaux avec Mike Taylor (Passing The Time, Pressed Rat And Warthog, Those Were The Days) ; deux reprises complètent la partie studio : Sitting on Top of the World d’Howlin’ Wolf et Born Under A Bad Sign de Booker T. Jones et William Bell.

Dans cette partie studio, les titres rivalisent de réussite même si l’extraordinaire White Room a ce petit supplément d’âme qui fait la différence. Passing The Time est un petit bijou trippy qui me plaît bien tout comme Politician et son riff assassin, un classique du répertoire de Clapton, le blues Sitting On The Top Of The World, le merveilleux et atypique As You Said ainsi que le brillant Those Were The Days qui met en avant toute la science du chant du regretté Bruce et le tonique Deserted Cities of the Heart final proche de rivaliser avec White Room. Cette phase studio est très aboutie, très inventive et supérieure à Disraeli Gears.

Que dire alors du contingent live ici collecté ? Exceptionnel, d’autant que les acteurs donnent libre cours à ce qui fait la légendaire explosivité de Cream et que les enregistrements studios ne restituent pas complètement.

Comment ne pas être secoué par le niveau de prestation d’un ardent Crossroads  ou par les 17 minutes du Spoonful de Willie Dixon, ne pas être surpris par le Toad à rallonges de Baker ou tout simplement séduit par l’inédit de Jack Bruce, Traintime et son solo d’harmonica ?

Cream est à son meilleur et c’est là qu’il faut être avant Disraeli Gears. Ici on a le meilleur de Cream puissance 10 et on prend un panard du diable (RAZOR©).

 

Studio

1. White Room.

2. Sitting on Top of the World.

3. Passing the Time.

4. As You Said.

5. Pressed Rat and Warthog.

6. Politician.

7. Those Were the Days.

8. Born Under a Bad Sign.

9. Deserted Cities of the Heart.

 

Live.

10. Crossroads.

11. Spoonful.

12. Traintime.

13. Toad.

 

Jack Bruce:chant,basse,violoncelle,harmonica,guitare acoustique.

Eric Clapton:guitare,chant sur 10,chœurs.

Ginger Baker:batterie,percussions,cloches,glockenspiel.

Felix Pappalardi:alto,instruments à vent,cloches,orgue.

LP Studio 4 - 1969

 

Cream goodbye

 

CREAM

GOODBYE – 1969  3/5

 

Publié le 5 février 1969.

Produit par Felix Pappalardi.

Durée:30:09.

Label:Polydor (U.K),Atco (U.S.A).

Genre:hard rock.

 

Adieu manqué.

 

Goodbye (en écoute intégrale ici), quatrième pli discographique de Cream, est un album posthume. Entendez par là que, quand il est publié le 5 février 1969, le power-trio britannique est dissous depuis novembre 1968. Polydor en assure la distribution européenne et Atco en fait de même de l’autre côté de l’Atlantique.

Trois titres live et trois studios, un album concis (30 minutes), Cream reprend pour Goodbye, une formule hybride déjà éprouvée dans le précédent  Wheels Of Fire à la différence près que la qualité de la matière ici présente est loin de valoir la collecte de Wheels Of Fire, le meilleur et surtout le plus abouti des disques de Cream. Disque d’adieu comme son nom l’indique, il ne fait pas regretter la séparation de ses auteurs.  

Le torchon brûle entre Baker et Bruce, Clapton a d’autres desseins en tête, alors la maison de disques insiste pour publier le der des ders (1969), sachant que le power-trio n’a plus d’avenir. Leur mort est déjà annoncée d’où l’ultime tentative de faire fructifier le nom. A procédé douteux, disque précipité et sous contrainte commerciale, peu travaillé et de ce fait moyen. Ce disque ne reste pas gravé dans les annales du rock. Encore moins dans mon esprit.

Chacun y est allé d’un titre, comme pour dire : « J’y étais ! ». Même Clapton qui pourtant était aux abonnés absents de l’écriture du LP qui précède. Hormis Badge (avec Pappalardi et Georges Harrison, alias L’Angelo Misterioso) et I’m So Glad, je ne vois pas grand chose digne d’intérêt sur ce disque ; par ailleurs, les trois derniers titres Doing That Scrapyard, What A Bringdown et Anyone For Tennis sont particulièrement décevants. Très peu pour moi ce Goodbye (RAZOR©).

 

1. I'm So Glad.

2. Politician.

3. Sitting on Top of the World.

4. Badge.

5. Doing That Scrapyard Thing.

6. What a Bringdown.

7. Anyone For Tennis.

 

Jack Bruce:basse,orgue sur 5/6,piano,chant.

Eric Clapton:guitare,chant.

Ginger Baker:batterie,percussions,chant.

Felix Pappalardi:piano,Mellotron,basse sur 6.

George Harrison (L'Angelo Misterioso):guitare rythmique,choeurs sur 4.

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