Edgar Broughton Band.

BIOGRAPHIE.

 

EDGAR BROUGHTON BAND/Warwick (Angleterre)

 

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Actif entre 1968 et 2010.

Labels:Harvest,NEMS.

Genre:blues-rock,rock psychédélique,hard rock,acid rock.

Site officiel:edgarbroughtonband.co.uk

 

De beaux sujets de sa Majesté.

Du fécond vivier blues britannique de la deuxième moitié des années 60 a émergé l'Edgar Broughton Blues Band, devenu Edgar Broughton Band lors de la conversion de son blues progressif en acid rock : pas le plus connu des groupes, certes, mais un des symboles de cette scène underground sur laquelle il a acquis une solide réputation et qui s'est installé à l'avant-garde de la contre-culture, en suivant sa propre voie, politisée, libre, improvisée, mais dont le blues est le coeur.

L'Edgar Broughton Blues doit son existence à la fratrie Broughton, Robert Edgar, guitariste et chanteur, né en 1947, et Steve, batteur, son cadet de 3 ans. Turbulents, rebelles, les frangins sont virés de l'école publique et rebondissent dès 1966 sur une formation de blues pur jus (The Edgar Broughton Blues Band), à laquelle sont intégrés le jeune bassiste Arthur Grant, 16 ans sous la coiffe, et le guitariste Victor Unitt, passé en coup de vent par les Pretty Things. Le quatuor se fait les dents dans Warwick et ses environs, mais se taille parallèlement une belle renommée.

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Edgar broughton band wasa wasa

Le déclic londonien.

En déménageant dans la capitale londonienne (1968), du côté de Notting Hill Gate, où le psychédélisme bat son plein et où la culture et les idées diffèrent complètement de Warwick, il perd Unitt et se constitue en trio. Il en profite pour tomber le terme blues de son nom.

Blackhill Enterprises (Clash, Ian Dury, Kevin Ayers, Marc Bolan), fondée au début des 60's par Pink Floyd, Peter Jenner et Andrew King, par ailleurs société organisatrice des premiers concerts de Hyde Park, s'intéresse de très près à lui et favorise son passage, fin 1968, chez Harvest Records, créé en 1969 par EMI pour contrer Philips Vertigo et Decca-Deram.

Wasa Wasa pour démarrer.

Un premier single en émane, Evil/Death of an Electric Citizen (juin 1969), encourageant, mais encore très limité techniquement. Cette furieuse première sortie discographique précède d'un mois la publication tonitruante et plus maîtrisée de l'album Wasa Wasa (juillet 1969), sorte de réponse anglaise au pendant américain du stoner, Blue Cheer, à MC5 ou aux Stooges.

Dit dans d'autres termes, Edgar Broughton Band pond un premier LP blues psychédélique lourd et garage, poussé dans ses ultimes retranchements et porté par la voix rugueuse et rageuse du père Edgar. Le trio a les coudées franches artistiquement et ne se prive pas de le démontrer, parfois même jusqu'à l'excès.

Un deuxième album vient agrémenter le catalogue du groupe des frères Broughton : Sing Brother Sing, publié en juin 1970 chez Harvest et qui fait 18 des LP britanniques.

Ce disque, encore psychédélique, plus mature, très proche de Captain Beefheart ou de Zappa, précède deux singles remarqués des anglais : Out Demons Out, adpatation d'un titre des Fugs et Apache Drop Out.

EBB s'achète une conduite.

L'Edgar Broughton Band y affiche une lourdeur très en vogue à l'époque mais sans toutefois atteindre le niveau des spécialistes du genre, Black Sabbath ou Deep Purple. Cette difficulté à s'affirmer sur ce créneau bien achalandé amène la formation de Warwick à s'acheter une conduite en calmant sur les décibels et une muselière, en mettant un frein à son engagement politique.

En février 1971 un troisième opus voit le jour. Eponyme, ce disque surnommé aussi The Meat Album en référence à sa pochette alignant des carcasses de bêtes abattues, marque le passage de trio en quatuor avec l'arrivée de Victor Unitt.

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« A notre époque, le buzz consistait à jouer de la musique gratuitement, en particulier face à une grande foule. Il aura fallu du temps à l'industrie de la musique pour comprendre le pouvoir des concerts gratuits. Regardez les Stones sur la plage de Copacabana : 1 million et demi de personnes, c'est énorme ! ». (Edgar Broughton)

Paradoxalement, si le visuel n'a rien d'engageant, le contenu, essentiellement heavy blues, est tout autre. The Meat Album (Harvest) reste à ce jour une des belles surprises de la discographie d'Edgar Broughton Band. Son classement au Royaume-Uni (28) traduit sa qualité et l'intérêt que le public lui a porté en son temps, même s'il n'a pas rencontré un succès délirant dans les bacs.

La surprise Oora.

On ne peut pas en dire autant de Inside Out (juillet 1972), pas ce que le groupe a fait de mieux, surtout si on le met en parallèle avec son prédécesseur et son suivant Oora (1973/Harvest), ce dernier très en deça de sa cote réelle et certainement un des 3 albums majeurs du groupe.

Très eclectique, Oora témoigne que, si le groupe a manié les décibels avec réussite, il n'en a pas moins, également, fait preuve d'une belle créativité et d'inspiration dans un registre plus assagi.

Victor Unitt n'est pas de Bandages (NEMS Records/juillet 1976), sixième levée d'EBB ; il est remplacé par John Thomas, lui-même suppléé par Terry Cottam, une fois Bandages bouclé, lequel 10 mois après sa sortie, marque le chant du cygne du groupe.

En 1976, l'Edgar Broughton Band est mis sous l'éteignoir. Une brève rupture s'en suit jusqu'en 1978 et un retour discret en studio pour un 7ème LP, Parlez-vous English ? (Infinity). Le groupe est à nouveau réuni depuis 2006 (RAZOR©)

 

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S.

LP Studio 1 - 1969

 

Edgar broughton band wasa wasa

 

EDGAR BROUGHTON BAND

WASA WASA – 1969  4/5

 

Publié en juillet 1969.

Produit par Peter Jenner.

Durée:45:28.

Label:Harvest.

Genre:acid rock,rock psychédélique.

 

Quelle purée !

 

De beaux allumés, ces oiseaux ; ça travaille dur sous la coiffe de ces trois sujets incontrôlables, semeurs de troubles, provocateurs hirsutes, marchant en dehors des clous et aux substances prohibées, qui ne concèdent rien, ni à personne, agressifs, militants nanar, auxquels les organisateurs de festivals ferment souvent leurs portes et que les groupes partageant leur affiche craignent comme la peste.

Edgar Broughton Band se revendique de la veine underground, celle de Cap’tain Cœur de Bœuf (Captain Beefheart pour les non-initiés), si tant est qu’il puisse être répertoriable, et fait tâche dans le milieu musical ambiant.

Un an après leur naissance du côté de Warwick (GB-1968), les Broughton Bros, Rob et Steve, ainsi qu’Art Grant larguent, via Harvest Records, antenne d’E.M.I, une première bombe qui va laisser des traces et des bleus : Wasa Wasa (1969).

Avant de l’enfourner dans le lecteur ou de le poser sur la platine, c'est selon, profitez-bien une dernière fois du silence de votre environnement, car une fois appuyé sur la touche Play, ça envoie une de ces purées boueuses, torturées, obscures et violentes comme j’en ai rarement entendu en 69.

Passés par le blues, ils décochent d’entrée un scud psychédélique broyé façon EBB, saturé de guitares de la pire espèce, le bien nommé Death Of An Electric Citizen. Sept autres missiles aussi méchants les uns que les autres enchaînent derrière.

Le sillon est blues, psyché et prog. C’est chaud patate, ça rudoie, c’est halluciné, brutal, démoniaque, frénétique, mais ça n’émeut pas outre mesure ces fils de Satan qui en ricanent même (Evil). A côté d’eux, les Mothers passent pour des enfants de chœur. Au final, c’est pas mal, mais vous savez quoi ? QU’EST-CE-QUE CA FAIT DU BIEN QUAND CA S’ARRETE !!!! (RAZOR©)

 

1. Death of an Electric Citizen.
2. American Boy Soldier.
3. Why Can't Somebody Love Me.
4. Neptune.
5. Evil.
6. Crying.
7. Love in the Rain.
8. Dawn Crept Away.

 

Robert "Edgar" Broughton:chant,guitare.

Steve Broughton:batterie.

Arthur Grant:basse.

LP Studio 5 - 1973

 

Edgar broughton band oora 1973

 

EDGAR BROUGHTON BAND

OORA – 1973  3,5/5

 

Publié en mai 1973.

Produit par Edgar Broughton Band.

Durée:40:07.

Label:Harvest.

Genre:rock psychédélique,rock progressif, rock.

 

Etrange atmosphère.

 

Quand on évoque l'Edgar Broughton Band, c'est souvent pour faire le parallèle avec des groupes comme les Doors, des artistes comme Captain Beefheart, Frank Zappa ou Arthur Brown. Pas ici, pas dans cet album, Oora, le cinquième de la discographie des anglais. Les références psychédéliques à ces derniers ont quasiment disparu, les chansons sont moins brutes de décoffrage, plus lissées, avec des éléments de pop et de folk en sus que les albums précédents n'avaient pas.

De ce fait, l'ambiance si caractéristique à Edgar Broughton Band fait défaut sur Oora ; il n'en demeure pas moins que le décor, étrange certes, est très agréable et inspiré. Les ambiances sont variées mais l'ensemble ne marque pas les points espérés, ce qui est particulièrement dommage du fait que le groupe est présentement autrement plus affûté techniquement que sur Wasa Wasa la référence EBB dans les cœurs des fans.

Publié chez harvest en 1973, Oora, plus mélodique et plus doux, tranche nettement avec son prédécesseur Inside Out. Roccococooler, Eviction, Exhibits From A New Museum/Green Lights n'ont pas à souffrir la comparaison avec les meilleurs titres du groupe de la première heure. Ce sont les pièces maîtresses de ce répertoire (RAZOR©).

 

1. Hurricane/Rock 'n' Roller.

2. Roccococooler.

3. Eviction.

4. Oh You Crazy Boy !

5. Things On My Mind.

6. Exhibits From A New Museum/Green Lights.

7. Face From A Window/Pretty/Hi-Jack Boogie/Slow Done.

8. Capers.

 

David Bedford:synthétiseur,piano.

Madeline Bell:choeurs.

Edgar Broughton:guitare,chant.

Steve Broughton:batterie,percussion,chant.

Arthur Grant:basse,chant.

Liza Strike:choeurs.

Maggie Thomas:choeurs.

Doris Troy:choeurs.

Victor Unitt:guitare,chant.

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