Elvin Bishop.

BIOGRAPHIE.

 

ELVIN BISHOP/Glendale (Californie)

 

Elvin bishop

Elvin Bishop (© Douglas Kent Hall)

 

Elvin Leonard Bishop, dit Elvin Bishop.

Né le 21 octobre 1942 à Glendale (Californie),

originaire de Tulsa en Oklahoma.

Actif depuis 1963.

Genre:blues,rock,blues-rock,blues électrique,Chicago Blues,southern rock.

Labels:Blind Pig Records,Alligator Records,Delta groove Music.

Site officiel:www.elvinbishopmusic.com

Elvin Bishop, le bluesman blanc.

Lui, la route il connaît pour avoir énormément bougé. Jeune, Elvin Bishop, natif de Glendale en Californie et élevé dans une ferme de l’Iowa, a déjà beaucoup bourlingué : vers Tulsa sous l’autorité familiale et alors qu’il n’est encore qu’un enfant ;  du côté de Chicago, à 18 ans, quand il est étudiant en physique. Enfin, dès lors que le virus de la musique et du blues notamment l’atteint à son tour et qu’il s’en sert pour en faire son métier, ses différentes implications dans des formations musicales ou la voie qu’il trace seul, l’amènent à sillonner la planète entière.  Dans les festivals internationaux, Elvin Bishop  est un artiste aujourd’hui encore très demandé. A bientôt 73 ans, il n’a pas l’intention de changer quoi que ce soit à une vie si remplie ; il se sent si bien dans ses pompes. Sa Red Dog n’est jamais bien loin…

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Chicago l’épicentre.

La carrière d’Elvin Bishop est étroitement liée à Chicago, la ville du blues par excellence : plus de 100 formations, des clubs affectés au genre de 9 heures du soir à 4/5 heures du matin, tous les jours de la semaine, toute l’année. C’est dans la ville de l’Illinois que tout bascule. Le blues est partout ; impossible de s’en défaire.

Plus particulièrement, elle naît de son rencontre avec Paul Butterfield, d’une part, et avec les bluesmen qu’il a pu toucher du doigt, de l’autre.

Epris d’un blues qu’il a entendu sur les radios dans sa jeunesse en Oklahoma et dont il apprend alors les bases à la guitare, Elvin va progresser au contact de ces derniers.

5 ans au côté de Paul Butterfield.

Au début des 60’s, avant d’intégrer le Paul Butterfield Blues Band, l’Evêque (traduction de Bishop) tape le bœuf avec ses idoles, avec des héros, les siens, qu’il n’a, jusque là, entendu que sur disque, ses figures mythiques comme il le dit. La formation sur le tas, en quelque sorte, avec les meilleurs précepteurs. Comme l’élève est doué, appliqué, à l’écoute et déterminé, ses progrès au contact du gratin blues des tavernes de South Side sont accélérés. L’adolescent blanc qu’il est, connecte avec les anciens, les Muddy Waters, les Hound Dog Taylor, les Howlin’ Wolf, les Little Walter, les James Cotton, et avec les plus jeunes comme Buddy Guy ou Junior Wells. Il profite d’une ouverture dans l’entrebâillement de la porte qui mène au blues pour qu’il y glisse le pied et s’y engouffre.

Paul Butterfield est né à Chicago. Cet étudiant, fils d’un avocat et d’une artiste-peintre, ami de Nick Gravenites, s’intéresse au blues depuis l’âge de 15 ans. Il fréquente également les clubs de blues de la place. Guitariste et harmoniciste, il partage la même passion musicale que Bishop ; ils unissent leur talent respectif à la section rythmique d’Howlin’ Wolf : Jerome Arnold et Sam Lay, respectivement bassiste et batteur, sont black. Le premier groupe multiracial voit le jour : le Paul Butterfield Blues Band en 1963. Elvin Bishop en devient le guitariste, Paul Butterfield estimant l’Evêque bien meilleur que lui à ce poste.

Un an plus tard, fin décembre 1964, Elvin Bishop se voit associer un autre guitariste de légende, Mike Bloomfield. Le Paul Butterfield Blues Band prend du galon en devenant ponctuellement, en 1965, le groupe de soutien de Bob Dylan au Newport Folk Festival. La même année, le groupe sort l’éponyme Paul Butterfield Blues Band aujourd’hui considéré comme un des albums les plus influents de tous les temps et de l’histoire de la musique.

La collaboration d’Elvin Bishop avec le Paul Butterfield Blues Band dure jusqu’en 1968. Il prend part à 4 LP : The Paul Butterfield Blues Band (1965), East-West (1966), The Resurrection Of Pigboy Crabshaw (surnom donné à Bishop qui retrouve plus d’espace suite au depart de Bloomfield) en 1967 et In My Own Dream (1968). Rajoutons-y The Original Lost Elektra Sessions, enregistrements datant de 1964 mais publié en 1995.

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De Chicago à San Francisco.

C’est du côté de San Francisco, sous le charme de laquelle Bishop tombe lors d’une tournée avec le Paul Butterfield Blues Band (1967), que naît l’Elvin Bishop Group dès les premiers jours de l’année 1969, orienté funky-blues et organisé autour de musiciens venant tous d’horizons différents : blues, jazz, rock et R & B. Bishop combine ces styles variés dans sa musique à dominante blues et autour de compositions originales. Les san franciscains John Chambers (batteur) et Art Stavro (bassiste) l’accompagnent dans ses débuts sous son nom propre. Chambers, de culture R & B, jazz et rock, a joué avec John Coltrane, les We Five et de grands noms du blues comme Big Mama Thornton ou Joe Turner.

On retrouve Art Stavro aux côtés de Jimmy Witherspoon, d’Albert Collins, de Barry Goldberg et d’Harvey Mandel.  Les pianistes Alberto Gianquinto, proche de Carlos Santana (il figure sur Abraxas) et Stephen Miller (Harvey Mandel, Linn County, John Lee Hooker), ainsi que l’harmoniciste légendaire de Frisco (formé à Chicago) qu’est AppleJack (Blues Power, Bonnie Raitt, Earl King, Jules Broussard, Mike Bloomfield, Barry Goldberg, Nick Gravenites, B.B. King, Harvey Mandel) figurent alors dans l’environnement artistique de l’Evêque et sur les débuts discographiques du Bishop Group.

Finalement tout ce beau monde est très proche, aussi il n’est pas surprenant de voir Elvin Bishop venir contribuer à l’album en public de Mike Bloomfield et d’Al Kooper, The Live Adventures of Bloomfield Abd Kooper enregistré au Fillmore West de San Francisco, du 26 au 28 septembre 1968. Il y signe une excellente prestation sur No More Lonely Nights.

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« La première fois que j’ai rencontré B.B.King, j’étais parcouru de frissons. J’ai été un de ses fans depuis toujours. Jamais je n’aurai imaginé un seul instant le rencontrer. Quand ça s’est fait : Waouh ! Nus sommes restés amis jusqu’à sa mort mais j’étais également très proche d’Albert Collins et d’un autre guitariste dont le nom n’est pas familier pour beaucoup : Luther Tucker. Il était un très grand guitariste ! » (Elvin Bishop)

D’Elvin Bishop Group…

Son premier album est éponyme : The Elvin Bishop Group sort en fin d’année 1969. Les débuts ne sont pourtant pas convaincants, la faute à un artiste encore un peu tendre pour l’écriture (4 originaux pour 5 reprises) et dont le chant n’est visiblement pas la tasse de thé. Sa guitare, pourtant belle, ne suffit pas à rehausser le niveau. Ce premier jet pour Fillmore Records, le label de Bill Graham, est dispensable.

Feel It, paru un an plus tard (novembre 1970/Fillmore Records), est plus blues-rock et soul. Partagé entre originaux (5) et reprises (5), il est légèrement supérieur à son devancier, non pas pour la qualité des compositions de Bishop mais pour le fait qu’il ait laissé le chant à Jo Baker. Elvin Bishop est encore dans les starting-blocks.

…A Elvin Bishop Band.

D’Elvin Bishop Group à Elvin Bishop Band, il n’y a qu’un pas. C’est celui qui mène à son troisième disque solo : Rock My Soul (Epic/1972). Sur le coup, il bénéficie de l’appui à la production de Delaney Bramlett et le résultat est bien meilleur, l’album autrement plus probant.

Elvin bishop juke joint jump struttin my stuff 1975 2010

Consécration chez Capricorn.

C’est toutefois son passage chez Capricorn, le label southern rock de Macon, où il côtoie l’Allman Brothers Band, le Marshall Tucker Band, Wet Willie, Grinderswitch, Cowboy, Lynyrd Skynyrd, qui provoque le vrai déclic pour Elvin Bishop.

Se retrouver au beau milieu du gratin du rock sudiste l’émoustille et le tire vers le haut ; la qualité de son quatrième LP, Let It Flow de mai 1974, s’en ressent, d’autant que les Dickey Betts, Charlie Daniels, Toy Cadwell, Vassar Clements, Paul Hornsby, Johnny Sandlin, Randall Bramblett ou Sly Stone s’invitent au programme. Avec son titre Travelin’ Shoes, titre majeur de l’album, son premier top 100, il prend place parmi ces membres éminents.

Toujours chez Capricorn, Bishop signe coup sur coup deux disques qui, finalement, sont très proches, très ressemblants : Juke Joint Jump en 1975 et Struttin’ My Stuff en 1976. Son apogée discographique se situe là, confortée par ce qui est son plus grand hit à ce jour, Fooled Around And Fell In Love (N°3 au Billboard 100/1976), avec Mickey Thomas au chant, futur chanteur de Jefferson Starship. Avec ce titre, il décroche peut-être le jackpot, mais la suite s’annonce difficile, le retour en studio pénible et pâlichon à l’image de Hometown Boy Makes Good (octobre 1976), à l’écriture timide et peu inspirée.

Le live Raisin’ Hell (juillet 1977) est, par contre, une magnifique opportunité pour lui de rebondir. Enregistré dans la deuxième quinzaine de février 1976, il y livre une très belle performance. Cet intermède lui donne l’occasion de souffler quelque peu dans le rythme fou engagé depuis 1972, et ponctué de 5 albums studio en 5 ans et de 4 depuis son arrivée chez Capricorn en 1974.

Du plaisir, encore du plaisir, toujours du plaisir.

Hog Heaven (1978) redonne des couleurs à l’artiste. C’est le dernier pour Capricorn qui fait faillite en octobre 1979. L’Evêque signe alors pour Line Records, une étiquette allemande sur laquelle il publie, en 1981, l’agréable Is You Is Or Is You Ain't My Baby qui ne se départit pas de ses racines blues et sudistes.

Elvin Bishop passe ensuite l’essentiel de son temps des 80’s et 90’s à arpenter les routes, son seul crédo étant de jouer pour le plaisir. Pour le sien et celui d’un public qui l’aime toujours autant. Parallèlement, il n’en complète pas moins son catalogue d’une dizaine d’albums studio et de quatre live. Dernier en date,  le très apprécié Can't Even Do Wrong Right (5 inédits, 5 reprises), édité en 2014 pour Alligator Records, qui pérennise  la tradition blues de cet artiste resté jusqu’au bout très proche de B.B.King et pour lequel Mickey Thomas vient faire une pige, 45 ans plus tard (Let Your Woman Have Her Way). Elle n’est pas belle l’histoire ? (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S.

LP Studio 4 - 1974

 

Elvin bishop let it flow 2 1974

 

ELVIN BISHOP

LET IT FLOW - 1974  4/5

 

On n’est pas bien chez Capricorn Records, hein, Tintin ? Pas de contre-indication pour en remettre une couche ? La maison de Macon est tenue en haut rang pour avoir drainé dans ses studios le gratin du southern rock, alors on ne va pas se gêner pour en rappeler certaines des plus belles heures, non ?.

Tiens, Elvin Bishop, par exemple. Formé au blues, le guitariste californien, passé par la filière Paul Butterfield Blues Band qu’il fréquente pendant 9 ans, avant de s’engager dans une carrière solo chez Epic d’abord, puis chez Capricorn où il pond l’excellent, entre autres, Let It Flow en 1974. Du lourd de catalogue.

On passera volontiers les détails sur l’artiste connu comme le loup blanc dans le milieu, actif depuis le début des années 60, cinq décennies au cul et encore ce n’est pas fini, puisque l’Evêque comme on le surnomme est toujours sur le pont.

Proche de l’Allman Brothers Band avec lequel il partage le Fillmore East en 71, il était écrit que Duane Allman, le rabatteur maison allait l’attirer (1974) dans cette grande communauté familiale qu’était Capricorn où l’esprit était à l’amitié, au partage et à la convivialité.

Let It Flow n’échappe pas au principe mis en place au sein de cette entreprise spéciale, à savoir que tout ce qui raisonne rock sudiste pointe son nez pour l’occasion. Il y a là Johnny Sandlin, celui que l’on peut associer au son du southern rock de cette époque, Charlie Daniels que l’on ne présente plus, Dickey Betts, John Vernazza, slider légendaire, Toy Cadwell du Marshall Tucker Band, Paul Hornsby ex-Hour Glass (Duane Allman), Sly Stone venu en voisin de San Francisco, Vassar Clements dont le violon brille sur tous les grands albums, Randall Bramblett un claviériste de sessions très prisé et j’en passe…

Troisième LP solo de l’Evêque, Let It Flow est une réussite qui contribue indéniablement aux beaux jours de la marque d’une part, mais se place surtout comme le porte-étendard de la carrière du californien avec Juke Joint Jump (75) et Struttin’ My Stuff (75).

Ce disque de bonne humeur a une pêche phénoménale et des moments inoubliables. Il dégage une énergie que l’on ne retrouve plus maintenant. Fishin’, Hey Good Lookin’, Ground Hog, Can’t Go Back, Bourbon Street, Stealin’ Watermelons, I Can’t Hold Myself In Line et le classique Travelin’ Shoes, c’est du grand. Que dis-je ? Du géant. Un très bon disque à mon sens (RAZOR©).

 

1. Sunshine Special.

2. Ground Hog.

3. Honey Babe.

4. Stealin' Watermelons.

5. Travelin' Shoes.

6. Let It Flow.

7. Hey Good Lookin'.

8. Fishin'.

9. Can't Go Back.

10. I Can't Hold Myself in Line.

11. Bourbon Street.

 

Elvin Bishop:guitares,slide guitare,chant.

Johnny Sandlin:guitares,percussions,tambourin.

John Vernazza:guitare acoustique,électrique,slide,choeurs.

Charlie Daniels:violon,guitare acoustique,washboard,choeurs.

Philip Aaberg:piano,clavier,clavinet.

Donny Baldwin:batterie,choeurs.

Dickey Betts:guitare électrique.

Toy Caldwell:steel guitare.

Michael Brooks:basse.

Paul Hornsby:orgue,claviers.

Sly Stone:orgue,claviers.

Vassar Clements:cordes.

Stephen Miller:piano.

Randall Bramblett:saxophone.

Dave Brown:saxophone.

Harold Williams:saxophone.

Bill Meeker:batterie.

Jo Baker:percussion,choeurs.

Debbie Cathey:choeurs.

Gideon Daniels:choeurs.

Jerome Joseph:conga.

Annie Sampson:choeurs.

Mickey Thompson:choeurs.

David Walshaw:percussions,tambourin.

LP Studio 4 (1975) et 5 (1976) - 2010

 

Elvin bishop juke joint jump struttin my stuff 1975 2010

 

ELVIN BISHOP GROUP

JUKE JOINT JUMP (1975)/STRUTTIN’ MY STUFF (1976) – 2010  5/5

 

JUKE JOINT JUMP (1975)

Publié en avril 1975.

Produit par Johnny Sandlin.

Durée:39:14.

Label:Capricorn Records.

Genre:blues,blues-Rock,modern electric blues,southern rock.

 

STRUTTIN’ MY STUFF (1976)

Publié en janvier 1976.

Produit par Bill Szymczyk.

Durée:35:23.

Label:Capricorn Records.

Genre:blues,blues-Rock,modern electric blues,southern rock.

 

Du plaisir sur toute la ligne.

 

Huit albums structurent la période 1969/1978, celle qui ouvre la phase solo et post Paul Butterfield Blues Band de l’Evêque, alias Elvin Bishop. Après, c’est une sorte de traversée du désert qui lui vaut de rentrer dans le rang durant les années 80/90 (5 LP malgré tout), avant de revenir aux affaires au début des années 2000 de manière probante comme en atteste les publications de 2008 (The Blues Roll on) et Red Dog Speaks (2010).

Au fil de cette longue carrière répartie sur plus de quatre décennies, Elvin Bishop ne s’est jamais départi de ses racines blues, et encore moins du  plaisir de jouer. Sous la bannière de l’Elvin Bishop Group qu’il forme en 1968 et pour ce qui concerne les travaux qu’il a réalisés pendant les seventies, mon cœur penche pour les deux LP qu’il a enregistrés l’année 1975, Juke Joint Jump et Struttin’ My Stuff, ce dernier étant publié en 1976.

On a la chance aujourd’hui, et depuis 2010, de les voir réunifier sous un même produit. Remarquez… ces albums de la période Capricorn Records, label indépendant sudiste de Macon qui réunit sous le même toit l’Allman Brothers, le Marshal Tucker Band ou Wet Willie, sont très proches l’un de l’autre, ce que vous constaterez via les 19 titres qu’il recense dans l’ordre d’apparition des deux disques.

A l’époque déjà, il aurait du sortir en double disque. En 80 minutes, la bande à l’Evêque nous transporte dans une chevauchée musicale de très haute volée : il n’est qu’à se projeter sur le country-funk Juke Joint Stump, le blues Calling All Cows, Sure Feels Good, Crawling King Snake, Struttin’ My Stuff, Hey Hey Hey, My Gril, Slick Titty Boom et Fooled Around And Fell In Love (c’est Mike Thomas qui chante sur le LP de 76), pour s’en convaincre.

Cette prestation de blues-rock sudiste génère un plaisir innommable. Ca pue le bonheur de jouer à plein nez, c’est communicatif. Que voulez-vous, c’est dans l’ADN du californien… Va-ton s’en offusquer ? Que nenni, d’autant plus que, c’est là que ça se passe pour le Bishop des 70’s. Il faut donc y être sans tortiller du fion (RAZOR©).  

 

Juke Joint Jump (1975)

1. Juke Joint Jump.

2. Calling All Cows.

3. Rollin' Home.

4. Wide River.

5. Sure Feels Good.

6. Arkansas Line.

7. Hold On.

8. Crawling King Snake.

9. Do Nobody Wrong.

 

Elvin Bishop:chant,guitare électrique et acoustique,slide guitare.

Stephen Stills:chant,guitare électrique et acoustique.

Donny Baldwin:chant,batterie,cloches,timbales,choeurs.

Jo Baker:chant,percussions,choeurs.

Ross Hayashida,June Pointer,Mickey Thomas:chant,choeurs.

John Vernazza:guitare électrique et acoustique,slide guitare,choeurs.

Johnny Sandlin:guitare acoustique et électrique,percussions.

Dickey Betts:guitare.

Philip Aaberg:guitare acoustique,piano,clavinet,orgue,synthétiseurs.

Rick Kellogg:harmonica.

Ross Mason,Michael Brooks:basse.

 

Struttin’ My Stuff (1976)

10. Struttin' My Stuff.

11. Hey, Hey, Hey, Hey.

12. My Girl.

13. I Love the Life I Lead.

14. Fooled Around and Fell in Love.

15. Holler and Shout.

16. Slick Titty Boom.

17. Grab All the Love.

18. Have a Good Time.

19. Joy.

 

Elvin Bishop:chant,guitare acoustique et électrique,slide guitare.

Mickey Thomas:chant,choeurs.

Johnny Sandlin:guitare acoustique et électrique,percussions.  

Johnny "V" Vernazza:guitare acoustique,choeurs.

Stephen Stills:guitare acoustique.

Rick Kellogg:harmonica.

Terry Hanck:saxophone ténor.

Phil Aarberg:piano,clavinet,orgue,synthétiseurs.

Mike Keck:piano,orgue.

Bill Slais:synthétiseurs,choeurs.

Michael Brooks:basse.

Donny Baldwin:batterie,congas,percussions,choeurs.

Jo Baker,June Pointer:choeurs.

DISCOGRAPHIE ERE MODERNE.

LP Studio 19 - 2010

 

Elvin bishop red dog speaks 2010

 

ELVIN BISHOP

RED DOG SPEAKS – 2010  4/5

 

Publié le 15 juin 2010.

Produit par Steve Savage,Elvin Bishop.

Durée:39:49.

Label:Delta Groove Productions.

Genre:blues,blues-rock.

 

Le Bishop 2010 est un très bon millésime.

 

Quand l’Evêque (Elvin Bishop) parle de blues, on l’écoute avec respect. Depuis près d’un demi-siècle, il est dans ses bons papiers et il en connaît les moindres faits et gestes, en a cerné tous les contours. Mais quand c’est au tour de Red Dog de s’exprimer, non seulement l’oreille est plus attentive qu’à l’accoutumée, mais, en plus, on la boucle.

Red Dog, c’est la Gibson rouge cerise ES 345 1959, troquée  avec Louis Meyers (musicien de Little Walter) contre sa Telecaster mal en point, un soir de concert plus arrosé que de coutume aux « Martinis polonais », au Big John, dans le Chicago vitaminé au blues des années 60.

Depuis, entre l’Evêque et son Chien Rouge, une fidélité indestructible s’est installée. Toujours obéissante aux ordres de son maître, Red Dog a accompagné toute la carrière d’Elvin, lui offrant au passage le hit à gemme sudiste Struttin My Stuff et le tube Fooled Around And Fell In Love dans les années 70. La complicité qui unit le californien à son plus fidèle compagnon a un son très significatif. L’un ne fonctionne pas sans l’autre et c’est comme ça depuis des lustres.

Dès lors que l’on évoque la musique du diable, rarement le nom de cet artiste de 70 ans n’est cité, passé par les mains expertes de Little Smokey Smothers, souvent éclipsé par les talents des pointures avec lesquelles il a collaboré, les Hendrix, Paul Butterfield, Mike Bloomfield, B.B King, Allman Brothers ou encore  Clapton. Pourtant, dieu sait s’il a contribué à populariser le blues, plus particulièrement le blues-rock, et à le faire évoluer au fil du temps. La faute à une voix qui avait du mal à passer peut-être…

Compagnon de route des premières heures chicagoanes de Paul Butterfield, l’enfant du pays, grand chanteur et harmoniciste, Elvin Bishop fonde, en 1963,  avec ce dernier, le Paul Butterfield Blues Band (les black Jérôme Arnold et Sam Lay tiennent respectivement la basse et la batterie), premier quatuor de blues multiracial que rejoint rapidement un des plus grands guitaristes de tous les temps, Michael  Bloomfield.

Bishop se fond dans ce line-up d’exception qui devient le premier backing band de Dylan, avant The Band et qui compte parmi les plus éminents que le blues-rock ait connus. Son parcours le conduit ensuite, dès 1968 et son déménagement sur San Francisco, vers un groupe qu’il monte de toutes pièces et qu’il baptise sobrement The Elvin Bishop Group.

Sa carrière en solitaire prend naissance en 1969, recense  8 LP pour les années 70 et un live, réalisés tantôt pour Epic, tantôt pour Capricorn Records. Il faut toutefois attendre 1974 et Let It Flow, mais surtout 1975 avec Juke Joint Jump et Struttin’ My Stuff (1975)  pour voir Bishop enfin décoller et devenir populaire.

La gloire étant éphémère, Elvin Bishop rentre dans le rang au début des années 80, décennie qu’il consacre à sillonner le monde dans des tournées, plutôt que de tenter quoi que ce soit côté studio. Alligator Records lui redonne l’occasion de s’exprimer (1988) et Bishop en profite pour revenir à ce qu’il sait faire de mieux : mélanger le rock, le blues et la country.

Son come-back se ponctue en 2000 d’un excellent album réalisé live, avec son mentor, Little Smokey Smothers, celui qui a pris sous son aile le jeune Bishop de Chicago. L’Evêque est alors bien dans ses tiags, heureux et fier d’en être arrivé  là, jusqu’à ce que le destin ne le frappe de plein fouet, avec la perte de son ex-épouse et de sa fille, sauvagement assassinées en Californie.

Sa peine apaisée, il relève la tête en 2005 avec  Getting My Groove Back (Blind Pig Records), qui illustre parfaitement pourquoi Elvin Bishop est aujourd’hui devenu l’artiste respecté, après avoir été un des maillons forts de l’explosion du blues-rock des années 60/70. Depuis, trois albums  dont la belle vitrine pour le blues qu’est The Blues Rolls On (Delta Groove/2008), sont venus compléter un catalogue personnel de grande qualité et agrémenter une carrière irréprochable, quoi que parfois  frustrante.

Le dernier album en date s’appelle Red Dog Speaks (en écoute intégrale ici), publié en 2010 qui voit un artiste continuer  sur sa lancée et prendre énormément de plaisir à repiquer au truc. Comme pour le vin, l’artiste se bonifie avec les années, au point que la technique est maintenant ultra rodée, la slide hyper maîtrisée. L’artiste est désormais une mécanique parfaitement huilée qui s’offre le luxe de jouer les hâbleurs drôles comme c’est le cas dans l’ode d’introduction, Red Dog Speaks, dans laquelle il situe l’histoire concernant sa relation avec son inséparable Gibson et dans Blues Cruise.

Il ne chante pas vraiment, car la voix n’est toujours pas son élément fort, et laisse la parole à une slide, qui elle, sait de quoi elle parle, qui ordonne le tempo à suivre. L’ambiance est à la fête et au plaisir. Pour ne pas la plomber avec son organe vocal, Roy Gaines, Ed Earley et John Nemeth lui prêtent leur concours.

Hormis  Many Rivers To Cross (malgré un Nemeth incroyable au chant) qui ne m’accroche pas vraiment, le répertoire  sélectionné est un territoire de Delta Blues très efficacement et lourdement visité (5 titres sont des originaux). Les amateurs de blues ne s’en offusqueront pas, détenant là ce qui pourrait être (on ne sait pas ce que la vie nous réserve) le plus beau travail en solo d’un artiste qui, a attendu d’être septuagénaire,  pour sonner avec une telle force. 

Personne ne s’en étonnera à la révélation du soutien qui l’accompagne (le pianiste et guitariste Bob Welsch Jr., le chanteur et harmoniciste John Nemeth, le guitariste Tommy Castro, la bassiste Ruth Davies et le batteur June Core qui figurent sur la plupart des pistes, Bobby Cochran qui a battu pour Tom Fogerty , John Lee Hooker et les Edwin Hawkins Singers…) et à l’énoncé de la présence d’invités reconnus dans le milieu comme le guitariste norvégien Chris « Kid »Andersen, Ronnie Baker Brooks, pilier du blues des clubs de Chicago et fils du grand Loonie Brooks, le non moins célèbre Roy Gaines, Sir Reginald Dural, éminent spécialiste de la Washboard ou encore l’accordéoniste Buckwheat Zydeco…  

Dans ce contexte prestigieux, divertissant et festif, le funky torride Fat & Sassy, enchaîné à un Barbecue Boogie aux accents de la Nouvelle-Orléans, un Doo-Wop Medley très années 50, Get Your Hand Out Of My Pocket (Otis Spann), classique du Chicago Blues, Blues Cruise, le gospélisé His Eye Is On The Sparrow (avec un ancien de la maison Bishop, le saxophoniste Terry Hanck), Clean Livin’, la ballade soul colorée de country Midnight Hour Blues, sont de parfaites illustrations de la saine turbulence qui anime cet album imprégné d’un blues rugueux et authentique comme je n’en avais plus entendu depuis longtemps.

Bluesmen en herbe, bleusailles de la musique, et tous les autres qui ont enfermé l’Evêque un peu trop hâtivement dans le confessionnal, soyez de ce grand album de blues. Tu peux être fier de toi Smokey… (RAZOR©).

 

1. Red Dog Speaks.

2. Neighbor Neighbor.

3. Fat & Sassy.

4. Barbecue Boogie.

5. Many Rivers To Cross.

6. Blues Cruise.

7. Doo-Wop Medley.

8. Get Your Hand Out Of My Pocket.

9. His Eye Is On The Sparrow.

10. Clean Livin'.

11. Midnight Hour Blues.

 

Elvin Bishop:guitare,chant,slide guitare.

Bob Welsch:piano,guitare.

Ruth Davies:basse.

June Core:batterie.

Bobby Cochran:batterie.

John Nemeth:chant,harmonica.

Tommy Castro:guitare.

Chris Andersen:guitare.

Ronnie Baker Brooks,guitare.

Sir Reginald Dural:planche à laver.

Roy Gaines:guitare.

Buckwheat Zydeco :accordéon.

Ed Earley:trombone.

Terry Hanck:saxophone sur 9.

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