Fear Itself.

BIOGRAPHIE.

 

FEAR ITSELF/ATLANTA (Géorgie-USA)

 

Fear itself 2

 

Actif entre 1967 et 1969.

Label:Dot Records.

Genre:blues-rock,blues-rock psychédélique,rock psychédélique.

Site Internet:ellenmcilwaine.com

 

La belle surprise d'Atlanta.

Fear Itself, c'est d'abord et surtout Ellen McIlwaine, native du Tennessee et plus spécialement de Nashville. Gosse adoptée alors qu'elle n'a que 6 semaines, elle n'a pas encore 2 ans quand, par la force des choses, elle suit son tuteur, William McIlwaine, un pasteur affecté comme missionnaire dans le Japon d'après guerre, et sa famille.

Fear itself mcillwaineL'élément moteur de fear Itself : Ellen McIllwaine.

Fear itself 1Dans la filière Frisco.

Fear itself lpUn LP éponyme surprenant.

Exposée pendant 15 ans, tant aux sonorités du Soleil Levant qu'elle est bercée par les ondes nippones ou par la radio de l'Armée Américaine diffusant les airs de rythme & blues, du Grand Ole Opry, Ellen, influencée par toutes ces musiques, est assimilée à la World Music, bien avant que le terme ne devienne générique.

Ellen McIllwaine, élément moteur.

Née en 1945, elle reçoit, alors qu'elle n'est alors qu'un enfant, un enseignement du piano et intègre une chorale d'église. C'est à Kobe qu'elle fait ses premières gammes en jouant du Fats Domino ou du Ray Charles. Celui de la guitare acoustique vient plus tard, à 17 ans et alors que la famille est revenue aux Etats-Unis, du côté d'Atlanta. Dans les clubs locaux géorgiens, elle fait ses premières apparitions en public après avoir quitté l'école.

Au cours d'une d'entre elles, elle fait la connaissance de Patrick Sky, auteur-compositeur-interprète new yorkais, dont le carnet d'adresses est bien fourni. Il l'invite à Greenwich et la met en relation avec son manager lequel contribue à lui ouvrir les portes de la scène de Manhattan, l'épicentre de l'activité folk et blues du milieu des 60's.

Elle se produit dans les clubs de Manhattan en ouvrant pour les groupes et artistes phares du moment. Sur cette place trépidante et notamment au Cafe Au Go-Go, elle rencontre des personnalités comme Richie Havens, Laura Nyro, John Lee Hooker, Howlin' Wolf, Taj Mahal, Weather Report, Tom Waits, George Thorogood, Odetta ou Mississippi John Hurt.

Elle ouvre pour certaines d'entre elles : Muddy Waters, Big Joe Williams, Johnny Winter ou Sonny Terry & Brownie McGhee.Ellen retient les conseils que lui donne Randy California sur sa voie à trouver et sur la pratique de la slide dont elle deviendra une experte. Jimi Hendrix, avant de partir pour l'Angleterre devient, un temps, son mentor.

1967, en plein Summer of Love...

Nous sommes en 1966 et Ellen a déjà bien bourlingué avant de retourner sur Atlanta où, un an plus tard, en plein summer of love, elle fonde le groupe Fear Itself, spécialisé dans le blues-rock psychédélique et articulé autour de la voix de sa chanteuse.

Outre le chant, Ellen McIlwaine y assure également l'harmonica, la guitare rythmique et l'orgue. La guitare principale est tenue par Chris Zaloom, la basse par Chris Cook (puis par Paul Album), tandis que la batterie échoit à Bill McCord.

Femme-musicien, leader d'un groupe de mecs, là où d'autres collègues se contentent de chanter ou d'un rôle de faire-valoir, la pluri-disciplinaire et multi-instrumentiste McIlwaine se met une pression telle à vouloir tout assurer qu'elle la communique jusque dans le choix du nom de son groupe : Fear Itself que l'on peut traduire par « peur elle-même ». Elle n'a alors que 22 ans.

Fear itself ellen mcilwaine portrait

« Celui qui m'a le plus influencé, c'est Johnny Winter. On a tous nos accords et nos propres directions, mais celui qui m'a vraiment montré comment faire, c'est lui. » (Ellen McIlwaine)

Dans la filière Frisco du moment.

A la tête d'un quatuor taillé dans le moule des groupes de Frisco comme l'Airplane ou Big Brother & The Holding Company, elle repart, dès 1968, dans la région de New York à des fins d'enregistrement d'un album. Eponyme et réalisé dans les studios Plant de New York, il est le seul collectif de sa carrière.

Sorti en 1969 sur l'étiquette Dot Records et produit par Tom Wilson, il est un excellent disque de blues-rock psychédélique pour lequel Ellen, non contente de porter plusieurs casquettes instrumentales, assure l'essentiel de l'écriture.

Underground River, Bow'd Up, For Suki, Billy Gene et Mossy Dream sont nées sous sa plume tandis qu'elle s'arroge parallèlement deux chansons traditionnelles qu'elle réarrange elle-même (In My Time Of Dying et Lazarus) et qu'elle reprend à son compte Crawling Kingsnake de John Lee Hooker, The Letter (The Box Tops et Joe Cocker) et Born Under A Bad Sign (Booker T. Jones/William Bell).

Un LP et puis s'en va.

Le résultat est une belle surprise qui, malheureusement, n'aura pas de suite, Fear Itself disparaît à la suite de cet album remarquable (surtout Lazarus, For Suki, Crawling Kingsnake, Time Of Dying, Billy Gene et Mossy Dream), ayant la douleur de perdre son bassiste Paul Album.

Quant à la jeune Ellen, dès 1970, elle entame une carrière solo, ponctuée de deux albums magnifiques albums, Honkey Tonk Angel en 1972, et We The People, un an plus tard, avant de déménager à Montréal en 1975 où elle vit désormais (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP unique - 1969

 

Fear itself lp

 

FEAR ITSELF

FEAR ITSELF – 1969  4/5

 

Publié en 1969.

Produit par Tom Wilson.

Durée:36:52.

Label:Dot Records.

Genre:blues-rock psychédélique,rock psychédélique,blues-rock.

 

Remède de bonne femme.

 

Arrivée dans le métier peu après le milieu des années 60, Ellen McIlwaine, américaine adoptée, née à Nashville mais influencée par le R & B (Ray Charles et Fat Domino notamment) porte à bout de bras Fear Itself, un beau spécimen de blues-rock d’Atlanta.

Elle chante, écrit, compose, joue de l’harmonica, de la guitare rythmique, de l’orgue. Pour peu, elle tirerait même les corners et les coups francs. Fear Itself est son bébé et c’est elle qui affuble le groupe du nom de Fear Itself, que l’on peut traduire par « peur de soi », eu égard à son trac d’être à la tête, à 22 berges à peine, d’une formation essentiellement masculine.

A cette époque, rares sont les femmes qui se posent en leader d’une unité de couillus. Le plus souvent, elles sont cantonnées à un rôle de chanteuse quand tout va bien ou de choristes quand les mâles ne savent pas trop où les caser. L’univers du rock est machiste, que voulez-vous.

Comme l’indique donc le seul LP éponyme (en écoute intégrale ici) à l’actif de Fear Itself, Ellen McIlwaine porte la culotte, assurant comme un mec et avec beaucoup d’ardeur, le chant et la gratte (et les autres instruments évoqués ci-dessus), et tient plutôt bien sa baraque.

Fear Itself l’album, remède de bonne femme, est un très bel ouvrage de blues-rock psyché, sorti sur Dot Records, pas vraiment un label majeur, et dont le groupe de Miss Ellen est, d’après les dires, un des meilleurs (si ce n’est le meilleur) représentants.

Pour porter son projet, la patronne procède elle-même au recrutement de son personnel : Chris Zaloom guitariste, Steve Cook bassiste (remplacé par Paul Album) et Bill McCord batteur. La seule tâche dont elle se décharge, c’est la supervision de l’entreprise qu’elle confie au sieur Tom Wilson.

Reste qu’en dépit de son investissement total dans l’entreprise et des belles compétences qu’affiche le résultat obtenu, la mayonnaise aurait pu virer, la faute, c’est vraisemblable, au parallèle immanquable qui est fait avec celle qui règne sur le genre, Janis Joplin. La comparaison est inévitable, bien que les chants soient fort différents. Femme, blues, voix, il n’en faut pas plus, fin des années 60, pour oser un rapprochement qui me paraît un peu hâtif.

Construit sur dix titres de blues-rock bruts de décoffrage dont huit originaux bien pensés, signés par qui vous savez (et deux chansons traditionnelles revisitées), Fear Itself, au son underground spécifique, démarre, on-ne-peut-mieux, par un excellent Crawling Snake qui donne l’occasion de constater que la dame, en plus des castagnettes qui pendent entre les jambes velues et d’une bonne technique instrumentale générale, a également du coffre.

En atteste sa vigoureuse entrée en matière à l’harmonica. Madame a de fort jolis poumons. L’Underground River qui suit, traduit une belle interférence entre la prestation vocale d’Ellen et son guitariste ; Lazarus, pour moi le must ici avec le psych Mossy Dreams, ainsi que Billy Gene, For Suki, vraisemblablement inspiré par sa période japonaise, le drôle Bowd’ Up, In My Time Of Dying (quel chant, quelle voix et quel son !) puissant et étiré au-delà des huit minutes pour pouvoir placer le traditionnel solo de batterie voulu par l’époque, et la version arrivée à bon port de la lettre des Box Tops (The Letter) sont les pans convaincants d’un répertoire à verser au crédit d’une artiste dont la brillante polyvalence est avérée, quelle que soit la fonction qu’elle occupe.

Fear Itself, par son entremise, est assurément une belle surprise. Son écoute avive les regrets de ne pas connaître de suite à cette entreprise, Fear Itself déposant les armes très rapidement, suite au décès accidentel de son bassiste (RAZOR©).

 

1. Crawling Kingsnake.
2. Underground River.
3. Bow'd Up (1:41)
4. For Suki.
5. In My Time Of Dying.
6. The Letter.
7. Lazarus.
8. Mossy Dream.
9. Billy Gene.
10. Born Under A Bad Sign.

 

Ellen McIlwaine:chant,harmonica,guitare rythmique,orgue.

Chris Zaloom:lead guitare.

Paul Album:basse.

Bill McCord:batterie.

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