Foghat.

BIOGRAPHIE.

FOGHAT/Londres (Angleterre)

 

Foghat 3

 

Actif de 1971 à 1984,de 1986 à aujourd’hui.

Labels:Bearsville,Atlantic,Rhino.

Genre:blues rock,boogie rock,hard rock.

Site officiel:www.foghat.com

Sur les cendres de Savoy Brown.

Les membres londoniens d’origine de Foghat se comptent hélas sur les doigts d’une main aujourd’hui. Du line-up fondateur ou du moins de celui qui a mis l’affaire sur les rails, il ne reste actuellement que le duo de la rythmique, le bassiste Tony Stevens et le batteur Roger Earl. Les deux autres Lonesome Dave, autrement dit Dave Peverett, son guitariste et chanteur, et Rod Price (guitare rythmique et slide), arrivé peu de temps après les débuts officiels ont respectivement quitté notre monde en févier 2000 et en mars 2005 : crabe et arrêt cardiaque.

Foghat résulte des changements de line-up ayant progressivement affecté Savoy Brown. En 1967, Dave Peverett est le premier à intégrer le groupe de blues-rock de Battersea, en qualité de chanteur et de deuxième guitariste. Roger Earl, dans un premier temps, puis Tony Stevens quelques semaines plus tard le rejoignent en 1968. Peverett, Earl et Stevens sont partie prenante du line-up le plus représentatif de Savoy Brown, celui qui va des albums Getting To The Point (Stevens n’y est pas encore) à Looking In en 1970.

Après ce disque, le trio s’engouffre dans Foghat, en récupérant au passage le slide guitariste Rod Price (1970), histoire de transiter du blues rock de Savoy Brown vers un boogie-rock alternant subtilité et ardeur, puisé à la source du blues, scène londonienne dont le quatuor est issu, et du rock des fifties.

Foghat 2

Peverett, Earl, Stevens et Price : tous nourris au blues.

Natif de Dulwich, Dave Peverett est bercé par le rock des Bill Haley, des Chuck Berry et autre Elvis Presley mais aussi influencé par des bluesmen comme Bo Diddley, John Lee Hooker, Muddy Waters, Lightnin’ Hopkins. A 16/17 ans, il se retrouve dans les Nocturnes avec son frère John Malcolm, puis à la tête des Cross Ties Blues Band, qui deviennent le Dave’s Band Lonesome Jax. Le circuit des clubs et des collèges londoniens est alors son quotidien. Après un intermède avec les suisses de The Questions, il passe aux choses sérieuses avec Savoy Brown.

Roger Earl vient de l’ouest de Londres. Batteur de Foghat, Roger est élevé dans un milieu familial propice à un épanouissement dans la

filière musicale. Papa est fan de Jerry Lee Lewis et Colin, le frère, joue du piano, instrument qu’il convoite également mais qui, étant toujours occupé, l’amène à transférer sa passion vers la batterie. Lui, c’est pour Little Richard et son batteur plus particulièrement qu’il en pince. A 15 ans, alors qu’il prend des courts depuis deux ans, il a son premier pack (Black Pearl). Il découvre également les grands bluesmen comme Muddy Waters dont le batteur est un modèle pour lui. Francis Clay est une des influences majeures pour de nombreux batteurs de cette génération des 60’s, pour Charlie Watts des Stones notamment. Roger Earl rejoint Savoy Brown alors qu’il n’a pas encore 20 ans.

Pour Tony Stevens, dit également Tone Stevens, bassiste londonien, les racines sont également blues. Ses faits d’armes reposent essentiellement sur son passé de Savoy Brown dont il est un élément essentiel, pour appartenir à une des plus belles rythmiques de la place et du rock. Les cinq albums auxquels il contribue au sein de ce groupe appartiennent au meilleur répertoire de la scène anglaise de la deuxième moitié des 60’s, celui de la mouture légendaire de Savoy Brown.

Rod Price, nourri au blues et à Danjo Reinhardt, est considéré, dans le milieu de la guitare, comme une pointure. Passé par le même itinéraire des clubs et des pubs londoniens de la fin des sixties que les grands guitaristes d’alors, Price y forge un style qui lui est propre autour de la slide et du blues, hérité des Elmore James, Muddy Waters, Robert Johnson et Bill broonzy, style lui valant d’être cité, dans l’ouvrage de référence Legends Of Guitar, comme jouant de la slide la plus belle et la plus agressive entendue des deux côtés de l’Atlantique. Son expertise de l’instrument lui vaudra de travailler avec le gratin du blues : Champion Jack Dupree, Duster Bennett, Eddie Kirkland, Muddy Waters, John Lee Hooker, Willie Dixon, et Honey Boy Edwards. Avant d’en arriver à Foghat, le parcours de Price relève des passages dans des groupes comme le  Shakey’s Vic’s Big City Blues Band jusqu’en avril 68, comme le Dinaflow Blues et surtout comme le Black Cat Bones, où il prend le relais d’un certain Paul Kossoff, parti créer le légendaire Free. Le magicien de la slide  intègre Foghat fin 70, début 71.

Foghat dave pewerett

Bearsville était derrière nous et nous derrière eux. Cette entreprise a travaillé dur pour nous. Nous avions une réputation de bon groupe de live. Pendant des années, nous avons ouvert pour tout le monde…Jethro Tull, J.Geils Band. Nous étions le plus grand groupe d’ouverture. C’est paradoxal, mais l’ère du disco a été nos meilleures années. Foghat était comme un contre-mouvement, une contre-culture. » (Dave Peverett)

Bearsville enlève le lot.

La belle popularité dont jouit le Savoy Brown de l’époque Peverett/Earl/Stevens ne laisse pas insensible le milieu du rock qui, dès l’annonce de la formation de Foghat, saute sur l’occasion pour attirer à lui le trio complété de Price. C’est le label américain Bearsville Records, nouvellement créé par Albert Grossman (Peter Paul & Mary, Dylan, The Band), qui décroche cette tête d’affiche du moment. Distribué par Warner Bros au Royaume-Uni jusqu’en 1979, l’étiquette yankee compte dans ses rangs des artistes comme Paul Butterfield, Jesse Winchester et Todd Rundgren.

De Todd Rundgren, il en est question sur le premier LP de Foghat, puisque le fondateur de Nazz prend part à son processus d’enregistrement, bien que ce soit Dave Edmunds qui assure l’essentiel de la production de ce disque initial. Album éponyme, il se classe au rang 127 des classements de LP américains, porté par son excellente reprise du classique de Willie Dixon, I Just Want To Make Love To You.

Or et platine à gogo.

En mars 1973, Foghat sort un deuxième éponyme. Enfin presque, car si aucun titre n’apparaît sur la pochette, il faut le deviner. Une fois le rébus à deux images résolu, le disque révèle s’appeler Rock (pour la pierre) And Roll (pour le rouleau à pâtisserie servant à abaisser la pâte du gâteau de la couverture). Foghat en est alors à chercher son style, puis à le peaufiner. Résultat : Rock And Roll est disque d’or.

Energized (1974) est le numéro 3 pour lequel Tom Dawes est reconduit à la production, mais malgré le succès de l’album (34 dans les charts), Foghat, devenu ambitieux, va s’en séparer pour les enregistrements qui suivent et qui aboutissent à Rock And Roll Outlaws (1974) ; Nick Jameson saute dans la brèche, mais ne contribue pas à faire décoller Foghat.

Foghat fool in the city 1975

Le pic artistique de Foghat.

Il y prend part doublement dès le cinquième jet (à la basse et à la prod’), Fool For The City (1975), qui fait franchir un niveau supplémentaire à ce groupe alors considéré comme moyen et trop simple. Disque de platine, Fool For The City tombe à pic pour relancer une formation au bord du renoncement.

Jameson n’est pas au rendez-vous du sixième pli du catalogue, préférant s’engager dans une carrière pour son compte. D’ouvreur pour le gratin du rock (Jethro Tull, J.Geils Band), sa nouvelle envergure le fait à son tour accéder au haut des affiches et jouer devant des foules conséquentes. Suit Night Shift (1976), avec Dan Hartman à la production et un énorme bassiste, Craig Mac Gregor.

Le son change mais le fan n’y perd pas au change tant la matière est ignifugée et le jeu des acteurs d’une grande maturité. Très bel album qui se place au 33ème rang chez les ricains.

Pour boucler la boucle, il faut un live. C’est chose faite en 1977. L’incandescent Foghat Live, produit par Jameson, devient double disque de platine. Foghat entre dans une nouvelle dimension. Il est désormais à la table des meilleurs.

Fin en eau de boudin.

Eddie Cramer produit le septième opus studio, Stone Blue (1978) qui marque le summum artistique de Foghat. Il évolue alors dans un boogie de déménageurs ce que confirme le titre du dernier travail discographique de la décennie : Boogie Motel, en 1979. Ce disque, en retrait par rapport à ses devanciers immédiats, traduit une certaine tension au sein de Foghat ; Tight Shoes (1980) ne fait pas beaucoup mieux.

Foghat glisse inexorablement vers un déclin qu’il ne parvient pas à juguler, jusqu’à mettre un terme à son existence en 1984. Les fans purs et durs lui ont alors déjà tourné le dos depuis un moment (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 1 - 1972

 

Foghat foghat 1972

 

FOGHAT

FOGHAT – 1972  3,5/5

 

Publié en juillet 1972.

Produit par Dave Edmunds.

Durée:38:05.

Label:Bearsville.

Genre:blues rock,hard rock,blues.

 

Pas fufute, mais réussi.

 

Foghat est arrivé dans le métier par une porte susceptible de lui aménager un avenier radieux, si l’on se réfère à ce bon album éponyme de 1972 marquant l’entrée au catalogue de ces rosbeefs qui installent leur Q. G. chez l’Oncle Sam.

Formé en 1970 et composé de Dave Peverett (guitare et chant), de Roger Earl (batterie, percus) et Tony Stevens (basse), puis, un peu plus tard, de Rod Price (guitare), Foghat a souvent été voué aux gémonies par la critique du moment et mis dans le même sac que Grand Funk Railroad, au motif d’abêtir le rock. Faut quand même pas pousser, pour arriver au niveau crasse des gars du Michigan, fallait se lever de bonne heure.

Foghat pratiquait une musique simple, pas fufute, dépourvue d’arrangements sophistiqués, qui amena à sa classification dans un rock assez basique, mais de là à jeter le bébé avec l’eau du bain, pas d’accord. Encore moins de les assimiler au pire des représentants du heavy metal qu’il m’ait été donné d’entendre dans les années 70.

Jusqu’à la fin de cette décennie marquée, dans sa deuxième partie, par l’arrivée du disco et du punk, Foghat, bien que limité, a continué à travailler d’arrache-pied pour hausser son niveau et rendre la copie la plus propre possible.  Il en a fallu de l’huile de coude pour en arriver à l’excellent Fool In The City (1975) qui concrétise tous leurs efforts consentis.

Il n’est pas pour autant question de crier au génie. Foghat n’a pas changé la face du hard rock. Bons acteurs de live (son live de 1977 tient très la route), les angloricains n’ont pas un catalogue à faire se pâmer le rockeur en général. Les espoirs placés en ces jeunes hommes sont restés quasiment sans lendemains.

Hormis le coup d’éclat de Fool In The City (et Night Shift/1976), ce LP initial, qui a contre lui la jeunesse, le tâtonnement et le manque de maturité, échappe à l’impitoyable constat d’échec qui caractérise leur parcours des 70’s.    

L’album Foghat (en écoute intégrale ici) se fait pour Bearsville Records (Paul Butterfield, Todd Rundgren, Jesse Winchester…), le label de l’état new yorkais d’Albert Grossman, dit l’Ours, aussi nounours dans le quotidien que grizzly dès qu’il revêt son costume d’homme d’affaires ; le manager de Dylan est  l’homme qui les flaire et les prend sous son aile, persuadé de détenir là une grande formation en devenir, une des meilleures de boogie hard rock. Il faut dire que le passé sous Savoy Brown de trois des quatre membres de Foghat laisse augurer d’un futur prometteur.

Inspirée du blues et du rock ricain, la musique de Foghat navigue, sur l’ensemble de son parcours, entre quelques (rares) bribes de subtilité et des vagues plus torrides. Ici, on en est encore à une ambiance blues rock assez gentillette, mais ça passe.

Partagé entre moments bluesy, dont le joyau est la reprise de Willie Dickson I Just Want To Make Love To You, et passages plus rocks (Maybelline, Highway Killing Me ou Fool’s Hall Of  Fame), cet album éponyme moyen + installe néanmoins ce qui sera la patte Foghat qui, pour l’anecdote, ne savait pas encore la veille de la fin de ces enregistrements qu’il allait s’appeler Foghat.

Belle rythmique, guitare et slide gourmandes, chant convaincant mais hélas mal restitué techniquement, originaux prometteurs (Trouble Trouble notamment), Foghat suscite effectivement de beaux espoirs. Le démarrage est bon, la suite le sera moins (RAZOR©).

 

1. I Just Want To Make Love To You.

2. Trouble Trouble.

3. Leavin' Again (Again).

4. Fool's Hall Of Fame.

5. Sara Lee.

6. Highway (Killing Me).

7. Maybelline.

8. A Hole To Hide In.

9. Gotta Get To Know You.

 

Dave Peverett:chant,guitare.

Rod Price:guitare.

Tony Stevens:basse.

Roger Earl:batterie.

LP Studio 5 - 1975

 

Foghat fool in the city 1975

 

FOGHAT

FOOL FOR THE CITY – 1975  5/5 

 

Publié le 15 septembre 1975.

Produit par Nick Jameson.

Durée:35:37.

Label:Bearsville.

Genre:hard rock,blues-rock.

 

Foghat envoie du lourd.

 

Il faut attendre 1975 pour qu’enfin, dirais-je, un disque de Foghat me branche vraiment. Hormis l’album d’ouverture, ses trois suivants m’ont jusque là laissés sur ma faim et ce qui suit, durant les seventies, me fait autant d’effet qu’un cataplasme sur une jambe de bois.

Depuis 1972, j’attends de voir ces jeunes british en lesquels ont été placés de gros espoirs. Mais comme Sœur Anne, je ne vois pas grand-chose venir. Au regard de leur parcours qui précède Fool For The City (en écoute intégrale ici), force est de constater que le bilan est très mitigé. Le chat est maigre comme on dit par chez nous.

Après de bons débuts dans la profession avec l’éponyme de 1972 (du bon blues-rock), Rock And Roll (1973), Energized et Rock And Roll Outlaws de 1974 ne confirment en aucun cas les promesses. C’est le temps des interrogations, Fool For The City tombe comme un cheveu dans la soupe pour les faire taire, en se parant d’une distinction platine.

Cohérent, impétueux, respirant la confiance, plus mature, chichement doté avec le meilleur titre du groupe, Slow Ride, avec la version funky de Terraplane Blues de Robert Johnson, avec l’acoustique Take It Or Leave It du duo Jameson/Peverett, le soigné morceau titre, avec des pistes certes moins huppées mais nettement plus bandantes que ce que le groupe nous a précédemment proposé, ce LP est la plus belle réalisation des anglais de Foghat. On prend sans discuter cet album à la pochette complètement barge (RAZOR©).

 

1. Fool for the City.

2. My Babe.

3. Slow Ride.

4. Terraplane Blues.

5. Save Your Loving (For Me).

6. Drive Me Home.

7. Take It or Leave It.

 

Lonesome Dave Peverett:chant,guitare.

Rod "The Bottle" Price:guitare,slide guitare,steel guitare,chant.

Roger Earl:batterie,percussions.

Nick Jameson:basse,claviers,guitare,chant.

DISCOGRAPHIE ERE MODERNE.

LP Studio 17 - 2016

 

Foghat under the influence

 

FOGHAT

UNDER THE INFLUENCE – 2016  3,5/5

 

Publié en Juin 2016.

Produit par Tom Hambridge.

Durée:53:41.

Label:Foghat Records.

Genre:blues-rock,hard rock,hard blues.

 

Foghat toujours au niveau.

 

Foghat est toujours bon pied, bon œil et ceux qui pourraient croire que le soufflé est retombé depuis longtemps à force de nous servir le même plat au fil des 5 décennies passées dans le rock, en seront pour leurs frais. Non seulement Foghat tourne toujours et déplace les foules mais il enregistre encore et toujours.

Un 17ème album studio, Under The Influence, vient de tomber dans l'escarcelle d'un groupe marqué par les tragédies après les pertes successives de Dave Peverett (2000) et de Rod Price (2005). Il appartient désormais à Roger Earl de pérenniser l'affaire et de maintenir Foghat à un niveau respectable, ce à quoi il s'emploie parfaitement, le dernier jet du groupe, six ans après Last Train Home, tenant largement la route.

Les auteurs de Fool For The City et Slow Ride se composent dorénavant de Earl, seul membre d'origine, de l'ex Molly Hatchet Brian Bassett (Foghat depuis 1999), du fidèle bassiste Craig MacGregor (40 ans de Foghat), ainsi que du chanteur et guitariste Charlie Huhn, un ancien de la maison Ted Nugen et d'Humble Pie (depuis 2000).

Le Foghat de Under The Influence propose un hard rock, hard blues dans l'air du temps et ne cherche pas à refaire du Foghat des 70's. Sans prise de tête. L'offre est moderne et a de quoi séduire les irréductibles de la première haure comme les nouveaux auditeurs du groupe. Jeff Howell est également très impliqué dans Foghat depuis les problèmes récurrents de santé de MacGregor.

Si Under The Influence ne se positionne pas aux côtés de la référence Foof For The City, il n'en demeure pas moins un volet crédible de la discographie de Foghat ; ce disque génère beaucoup de plaisir à l'écouter et notamment les nouvaux morceaux que sont la chanson-titre, Knock It Off, Hot Mama, Heart Gone Cold, mais également la surprenante adaptation de Heard It Through The Grapewine ou la version étirée (8 minutes) de leur Slow Ride. A noter aussi deux belles reprises de Savoy Brown (She's Got A Ring In His Nose et Made Up My Mind), par lequel Earl est passé (RAZOR©).

 

1. Under The Influence.

2. Knock It Off.

3. Ghost.

4. She's Got A Ring In His Nose.

5. Upside Of Lonely.

6. Heard It Through The Grapewine.

7. Made Up My Mine.

8. Hot Mama.

9. Heart Gone Cold.

10. Honey Do List.

11. All Because Of You.

12. Slow Ride.

 

Bryan Bassett:lead guitare,slide guitare,choeurs.

Roger Earl:batterie,chant.

Jeff Howell:basse,choeurs.

Charlie Huhn:chant,guitare.

Craig MacGregor:basse.

Scott Holt:chant sur 5/10/11.

Dana Fuchs:chant sur 6/10.

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