Frijid Pink.

BIOGRAPHIE.

 

FRIJID PINK/Brighton (Michigan-USA)

 

Frijid pink 2

 

Actif entre 1967 et 1975,depuis 2007.

Labels:Parrot,Deram,Lion,Fantasy.

Genre:rock psychédélique,blues-rock,hard rock.

Site Internet:frijidpink.com

 

Un outsider comme on dit.

Entre nous soit dit, si Frijid Pink n'a jamais été un foudre de guerre, il a au moins eu le mérite d'exister, d'être un groupe honnête, un outsider comme on dit. Comme beaucoup d'outsiders, il a contre lui d'avoir été noyé, comme Frost et Rare Earth, dans la masse des outsiders du rock. Fut-il de Detroit, une place musicale plutôt généreuse dans sa dotation au rock, huppée même au regard de la qualité des formations ou artistes qui en émanent : Alice Cooper, Bob Seger, Iggy Pop et les Stooges, MC5, Grand Funk Railroad, Mytch Riders & The Detroit Wheels ou Ted Nuggent, pour ne citer que les plus éminents de la filière hard, genre de prédilection de Frijid Pink.

On connaît surtout ces gars pour, en 1970, s'être à leur tour approprié House Of The Rising Sun auquel Eric Burdon et ses Animals, en 1964, avait préalablement donné ses lettres de noblesse, et faire de ce titre, folk à l'origine, une très honorable version électrique psychédélique.

Le groupe qui a dépucelé la Motor City.

En ce sens, Frijid Pink a le privilège d'être le premier groupe de la Motor City à placer un single dans le top 10, mais aussi le premier de la scène à placer un album dans le Top 20 du Billboard 200. Mieux : à flirter avec le top 10 (11ème).

Si cette adaptation conduite par la guitare distordue de Gary Ray Thompson et la batterie furieuse de Richard Stevers, se classe 7ème dans les charts pop aux Etats-Unis, en Europe, elle connaît un meilleur succès encore, au point de se parer d'or. Pas mal pour un titre ne figurant pas dans les plans de l'encadrement artistique de Frijid Pink et censé n'être qu'un bouche-trou...

Frijid Pink est constitué à Allen Park, dans la banlieue de Detroit à la fin des 60's, où se concentrent les classes moyennes de la ville ainsi que la partie administrative de Ford. Rick Stevers, fils d'un officier de police, réunit, en 1964, un groupe de potes de l'école secondaire de Melvindale High School.

En font partie le bassiste Tom Harris, issu d'une famille venue d'Alabama très ancrée dans la musique et dont l'épouse Judy s'occupera des intérêts du groupe, Billy O'Reilly, chanteur, le guitariste rythmique Tim Machnik, le guitariste Cary Dayton. Scolarisé à Taylor High School, le claviériste Dan Mason est le seul élément extérieur.

Sur les cendres des Detroit Vibrations.

Le batteur met la cave familiale à disposition pour que ceux qui s'appellent d'abord les Detroit Vibrations puissent faire leurs premières gammes en s'appuyant sur un répertoire R & B et des reprises de tubes du moment dont ils guettent l'actualité des sorties pour être les premiers du secteur à les interpréter ; notamment au Chatter Box, night-club de Garden City où les ados du quartier se réunissent pour danser et assister aux légendaires « battles » entre groupes de rock organisées sur Detroit.

Frijid pink 3Un outsider comme on dit.

Frijid pink 1Sur les cendres de Detroit Vibrations.

Frijid pink house of the rising sun 1970Le groupe qui a dépucelé la scène de Detroit.

Frijid pink 45t parrot 11 au billboardHouse of The Rising Sun, 11 au Billboard.

Frijid pink stevers portrait 2Rick Stevers, toujours aux commandes.

Pour avoir enlever 23 de ces concours, le Detroit Vibrations gagne le droit d'animer autant de week-ends. Il a alors la chance de croiser la route d'un ami du propriétaire du Chatter Box, Robin Henry Seymour, un DJ radiophonique local parti animer sur le petit écran, un spectacle de variétés pour ados. Celui-ci les invite plusieurs fois à passer dans Swinging Time, émission dans laquelle sont passées, entre 1965/68 (durée de son existence) d'autres stars de Detroit comme Bob Seger, Marvin Gaye ou les Four Tops.

Ce coup de pouce rejaillit sur la popularité de Detroit Vibrations ; Il en profite pour revoir ses ambitions à la hausse et procéder à ses premiers changements, dès 1966. Machnik et Dayton sont écartés, Gary Thompson et Tom Beaudry (Kelly Green à la scène), intègrent la nouvelle mouture que quitte Billy O'Reilly.

Juste avant d'être incorporé pour aller servir au Vietnam, le guitariste Dan Yehely passe également par les Detroit Vibrations. Malheureusement, il meurt au combat.

Le Detroit Vibrations se fait un nom : Frijid Pink.

L'arrivée de Kelly Green et Gary Thompson incite le groupe à franchir un cap au niveau de l'écriture. Reste à trouver le bon compromis entre les penchants rock de ces derniers et les préférences R & B de Stevers et d'Harris. La nouvelle orientation s'accompagne d'un changement de nom. Le nom de Detroit Vibrations s'efface au profit d'une identité plus dans l'air du temps, Frijid Pink.

Frijid Pink apparaît pour la première fois au programme du Harbor Lights en 1967, avant de sillonner ensuite les clubs de la région : The Hullabaloos, The Pumpkin, The Inferno, The Mummp où les Amboy Dukes de Ted Nugent ont un temps établi leurs quartiers.

Du fait de ses racines R & B, le groupe partage alors les scènes avec les références du genre et du moment comme les Falcons, les Contours, les Dynamics, les Parliaments ou les Four Tops.

Frijid Pink ne laisse pas insensibles ceux qu'il côtoie sur les podiums et le manager de Jerry Jaye insiste pour que la formation de Detroit devienne le groupe de soutien de son poulain.

La chose étant impossible du fait de la scolarité de Stevers et Harris, le manager favorise malgré tout le contact avec les studios Pionneer de Detroit. Frijid Pink s'y rend et enregistre la valeur d'un album.

Un pénitencier d'enfer.

Ces sessions sont bouclées par un titre en une prise, destiné à remplir les bandes ; le fameux House Of The Rising Sun (le Pénitencier en français) dont personne ne veut alors.

Les enregistrements remontent jusqu'à Walt McGuire, le boss de London Records, dont Parrot Records est la division américaine. Frijid Pink tient son premier contrat. Les bandes sont ensuite achevées et peaufinées à New York ; elles aboutissent au premier LP du groupe, l'éponyme Frijid Pink (janvier 1970).

Produit par Mike Valvano, le travail réalisé par le quatuor, et placé dans une veine blues-rock psychédélique, est propre, efficace et bien équilibré, sans être pour autant un modèle d'originalité. Frijid Pink s'y révèle très convaincant (Blues Drivin', God Gave Me You, Tell Me Why, House Of The Rising Sun, I'm On My Way) et se donne à fond, comme si sa vie en dépendait.

L'album paraît à la suite du succès de House, dans une pochette dont le rose flashy ne passe pas inaperçu dans les bacs. Frijid Pink, sorti de nulle part, s'offre un statut international, qui, jamais ne rejaillira sur la place de Detroit où il est encore ajourd'hui rarement cité. Il commence à gagner de l'argent, un argent qu'il n'a pas le temps de dépenser à cause d'un emploi du temps chargé l'occupant essentiellement à l'étranger ou hors du Michigan.

Du bon blues-rock psych.

Defrosted vient rapidement après. Il sort à l'été 1970 et implique le line-up de l'album précédent (avec Larry Zelanka apparaissant comme invité pour la deuxième fois). Placé, comme son prédécesseur, dans une filière blues-rock avec quelques influences psychés, il ne réédite pas ses scores. La matière est moins inspirée bien que le disque s'avère encore de bonne qualité.

Frijid Pink doit alors subir les départs du duo de l'écriture Kelly Green et de Gary Thompson dont les chevilles ont beaucoup enflé ces derniers temps, mais bénéficie des arrivées respectives des regrettés Jon Porter (ex Tidal Waves) et de Craig Webb. Le claviériste Zelanka pointe une troisième fois de rang dans une formation qui va s'orienter prendre un virage plus progressif comme le révèle Earth Omen, sorti en 1972 chez Lion records, filiale de MGM.

Frijid pink judy harris

« Notre vie n'a pas toujours été facile. Beaucoup pensent qu'évoluer dans le show business et contribuer à sa grandeur est facile. Ils se trompent car cette vie demande beaucoup de sacrifices. Personnellement, ça m'a coûté mon mariage. Il y a toujours un prix à payer et ce n'est pas toujours qu'une histoire d'argent. » (Judy Harris)

Et ce rock progressif bien lourd au son gros commac n'est pas pour déplaire. C'est de la belle ouvrage : les musiciens poussent dans leurs retranchements sans ne jamais surjouer. Spooky Tooth ou Uriah Heep ne sont pas très éloignés de ce Frijid Pink là. Même sans titre-phare, l'album a bonne presse auprès des fans malgré le menfoutisme dont fait preuve le label pour le promouvoir.

Cette incarnation de Frijid Pink perd la moitié de ses éléments avant d'aborder le quatrième album studio. Jon Porter et Tom Harris sortent, Jo Baker et Larry Popolizio entrent et sont de All Pink Inside (Fantasy/1975), dernier LP du catalogue. Rick Stevers est désormais le seul survivant du line-up d'origine.

Une mouture est réunie autour du batteur ; elle recense le bassiste Terry Stafford, le chanteur et guitariste Bob Gilbert et le claviériste Ray Knapp. Frijid Pink disparaît à la fin des 70's. Rick Stevers le relance en 2006 ; 10 ans plus tard, il est toujours à la tête de Frijid Pink (avec Ricky Houcke, Chuck Mangus, Brent Austin et Rick Zeithaml) et un nouvel album, Made In Detroit (2014) est venu compléter sa discographie (RAZOR©).


 

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 1 - 1970

 

Frijid pink lp 70

 

FRIJID PINK

FRIJID PINK – 1970  4/5

 

Publié en janvier 190.

Produit par Michael Valvano.

Durée:39:46.

Label:Parrot Records.

Genre:acid rock,rock psychédélique,blues-rock,hard rock.

 

Le paradoxe Frijid Pink.

 

La scène de Detroit a révélé de beaux spécimens. Frijid Pink est certainement l'un des plus méconnus d'entre eux. Etouffé par Iggy Pop et ses Stooges, Ted Nugent et ses Amboy Dukes, MC5, il a touché pourtant le gros lot avant eux pour avoir fait de House Of The Rising Sun une version électrique et distordue au moins aussi efficace que celle des Animals d'Eric Burdon.

Celle-ci a le mérite d'entrer dans les charts US, le Billboard pour ne pas le nommer, et d'y figurer à une honorable 11ème place. Ainsi Frijid Pink est le premier de cette scène de la Motor City à briller dans les chiffres. Le groupe est également le premier de cette place à faire entrer son album initial dans les classements. Cela on ne peut le discuter. Là où ça prête à sourire, c'est que ce privilège n'a que peu contribué à populariser Frijid Pink sur ses terres.

L'éponyme Frijid Pink (en écoute intégrale ici) est cet opus d'ouverture de catalogue. Sorti en janvier 1970, il déroule 9 titres dont le fameux House Of The Rising Sun. Mais ce serait mal le considérer que de réduire ce jet de départ à ce seul succès. Il y a derrière ce premier travail un lot de chansons de qualité à l'image de God Gave Me You, I'm On My Way, I Want To Be Your Lover, Crying Shame, Drivin' Blues et le final Boozin' Blues.

L'écriture émane surtout de Gary Ray Thompson et de Tom Beaudry, alias Kelly Green mais le producteur Michael Valvano met la main à la pâte le cas échéant comme c'est le cas de l'efficace Cryin' Shame.

Dans la foulée de son énorme single, l'album contribue à assoir la notoriété de Frijid Pink. Sa vie change alors du tout au tout, même si aujourd'hui encore, Frijid Pink est rarement cité comme groupe influent de la place de Detroit (RAZOR©)

 

1. God Gave Me You.

2. Crying Shame.

3. I'm On My Way.

4. Drivin' Blues.

5. Tell Me Why.

6. End Of The Line.

7. House of The Rising Sun.

8. I Want To Be Your Lover.

9. Boozin' Blues.

 

Kelly Green:chant.

Gary Ray Thompson:guitare.

Tom Harris:basse.

Richard Stevers:batterie.

Larry Zelanka:claviers (musicien additionnel)

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