George Thorogood.

BIOGRAPHIE.

 

 

GEORGE THOROGOOD/ Wilmington (Delaware – USA)

 

George thorogood intro

 

Né le 24 février 1950 à Wilmington.

Actif depuis 1973.

Labels:EMI,Eagle,Rounder,MCA,CMC.

Genre:hard rock,blues-rock,boogie rock,rock and roll.

Site Web officiel:georgethorogood.com

 

Le plaisir et le respect du métier.

Depuis ses 17 ans et ses débuts dans la musique, il n'y a qu'une question qui taraude l'esprit de George Thorogood : où poser ses valises, sortir sa guitare et jouer ? Jouer pour tous ces gens qui ont contribué à faire de lui, la star qu'il est devenue aujourd'hui. Leur rendre la monnaie de leur pièce, en quelque sorte.

A 71 ans et après 45 ans passés dans le rock, son obsession n'a pas varié d'un iota. Chaque fois qu'il foule un nouveau podium au milieu de ses musiciens, le charismatique George se donne à fond pour son public et continue inlassablement à donner du bonheur aux gens.

Visiblement, cette reconnaissance du ventre est très appréciée, aussi il ne surprendra personne que le téléphone de George Thorogood continue constamment à sonner aux quatre coins de la planète pour programmer l'artiste et ses musiciens.

De ces derniers, il exige le meilleur pour donner du plaisir à un public qui, pour beaucoup d'entre lui, se saigne aux quatre veines pour s'offrir le précieux sésame d'accès au concert.

Le rocker ne s'autorise pas la moindre désinvolture, le moindre relâchement, pas plus qu'il ne les permet à ses équipes, sur scène comme en coulisses ; pour lui, être dans un groupe de rock, c'est un privilège et le respect du public passe avant tout.

Il faut donc faire son métier avec la banane aux lèvres et sans calculs, ni retenue. En donner pour un argent de plus en plus difficile à acquérir. C'est le prix à payer pour se maintenir à un haut niveau et continuer à sillonner la surface du globe, sans avoir à sortir les rames à son âge.

George thorogood jeuneInfluencé par les grands bluesmen.

George thorogood jeune 1Un artiste qui, depuis ses débuts...

George thorogood 1...respecte son public.

George thorogood delaware destroyers 77Avec ses Destroyers en 1977...

George thorogood the destroyers...et toujours actifs en 2021.

George thorogood one bourbonOne Bourbon, One Scotch, One Beer.

Goerge thorogood bad to the boneBad To The Bone, album de 1982.

Une belle carrière artistique.

L'intransigeance et la considération sont les marqueurs primordiaux d'un parcours professionnel réussi au cours duquel, depuis 1976, les ventes d'albums sont estimées à 15 millions et le nombre de concerts évalué à plus de 8000 représentations.

D'une musique qu'il pensait simplement à jouer avant d'imaginer en vivre un jour et d'espérer fidéliser un auditoire, le natif du Delaware en a fait un boogie-blues-rock torride, prompt, comme le dit le magazine Rolling Stone, à faire fondre la calotte glaciaire polaire et à inonder la terre.

En une vingtaine d'albums, il a réussi, sans jamais se départir de cet état d'esprit professionnel louable, la gageure de couvrir d'or et de platine presque la moitié de son catalogue.

George Thorogood s'amuse toujours comme un fou en 2021 et prend un plaisir inaltérable à continuer à régaler ses fans avec ce mélange simple, puissant et brut de décoffrage si unique de R&B, de soul, de blues et de rock qui a engendré les Bad To The Bone, sa signature, I Drink Alone, Move It On Over, Who Do You Love et le mémorable One Bourbon, One Scotch, One Beer...

Un effectif impétueux, solide, puissant.

George ThoroGood aurait pu être joueur de base-ball plutôt que guitariste. Avant de basculer dans la musique, il joue dans une équipe semi-professionnelle mineure mais un concert new-yorkais du guitariste de blues John Hammond (1970) le détourne de cette voie sportive, bien qu'il la poursuive parallèlement au début de sa carrière artistique.

Trois ans après, il forme, au Delaware (Wilmington) où il voit le jour en février 1950, les Delaware Destroyers dont le noyau original est composé de Ron Smith, second guitariste et de la rythmique constituée de Michael Lenn (basse) et Jeff Simon (batterie).

Influencé par John Lee Hooker, Elmore James, Willie Dixon, Chuck Berry, Muddy Waters, Bo Diddley et Howlin' Wolf, Thorogood entraîne l'effectif dont il est le chanteur et le lead guitariste du côté de Boston (1973).

Le binôme devient un des piliers du circuit des clubs de la périphérie de la capitale du Massachusetts, une scène qui vient de basculer du folk revival en un blues féroce.

Un an après, cette incarnation enregistre une démo organisée autour de reprises, alors même qu'elle n'est pas encore liée contractuellement. Le groupe surprend par sa qualité, son impétuosité, sa puissance et sa solidité.

Son interprétation divertissante et trapue des standards de John Lee Hooker, Hank Williams, Eddie Cochran, Chuck Berry et autre Elmore James ne passe pas inaperçue, de Boston à Cambridge.

John Forward, supporter de la première heure.

Un certain John Forward, chauffeur de bus de son état et passionné de musique blues, en est notamment un friand consommateur.

Il rencontre George après un spectacle, lui fait part de la séduction que la musique entendue opère sur lui et mène campagne pour que la formation, à laquelle il vous une admiration sans bornes, décroche un engagement (1975).

Forward, qui a ses entrées chez Rounder Records, une petite étiquette locale, favorise le rapprochement entre les deux parties, en prenant à sa charge l'organisation et le paiement de l'audition. Présent à ces sessions, l'un des pontes du label se montre déconcerté par ce qu'il entend et signe un contrat avec le groupe.

Celui-ci, en guise de remerciements à Forward, lui permet de conserver les enregistrements, mais pour son seul plaisir s'entend.

Un différend s'installe entre Forward et le groupe quand le premier nommé cherche à refourguer, contre espèces sonnantes et trébuchantes, les bandes en question...

Poursuivi devant les tribunaux (1988), l'ancien chauffeur est débouté de sa démarche de revendiquer des droits. N'ayant apporté aucune contribution musicale, ni fait office d'ingénieur ou de directeur artistique dans cette opération, leur supporter de la première heure voit la décision juridique tourner en sa défaveur.

Respectueux de la parole donnée, George Thorogood fait intégrer dans les notes de la pochette du premier album du catalogue, l'éponyme George Thorogood & The Destroyers, un remerciement spécial à John Forward, sans lequel le disque n'aurait pu jamais être.

Pour un coup d'essai, un coup de maître.

Ce disque, constitué dans sa globalité de reprises (seuls Homesick Boy et Delaware Slide sont des originaux), est publié en octobre 1977, année où Billy Blough supplante Michael Lenn à la basse.

Le quatuor (Thorogood, Simon, Smith et Blough) signe un LP aussi primitif, dépouillé et bruyant qu'accrocheur, qui, s'il ne fait pas spécialement dans la subtilité, un peu à l'image des artistes ici repris (Hound Dog Taylor, Elmore James, John Lee Hooker ou Bo Diddley), se satisfait d'être redoutablement efficace et de détruire tout sur son passage.

Madison Blues, Ride On Josephine, Kind Hearted Woman, Delaware Slide et le fameux épigramme dédié à la picole, One Bourbon, One Scotch, One Beer sont les composantes les plus brillantes d'un opus qui, dès sa publication, se pare d'or (100.000 exemplaires).

Pour un coup d'essai, c'est un coup de maître. Aussi, en Novembre 1978, Move It On Over reconduit la formule, certes un peu facile mais profitable à son emprunteur, de fouiller le catalogue des bluesmen et rockeurs d'hier.

Hank Williams, Bo Diddley, Elmore James, Chuck Berry, Willie Dixon, Brownie McGhee, James Moore et Homesick James Williamson sont les cibles de ce lot cohérent et encore efficient, qui n'implique plus Ron Smith, démissionnaire (1979) et concerne désormais Uncle Meat Pennington, entré aux percussions. Fin 1979, Move It On Over fait top 40.

Couvert d'or pour la seconde fois de rang (500.000 ventes), George Thorogood jouit d'une notoriété nouvelle qu'il met à profit en publiant, en septembre 1979 (MCA), un disque de transition alimenté par les titres enregistrés alors qu'il n'était pas encore sous contrat et qu'il hésitait encore dans son choix d'avenir (1974). Better Than The Rest fait le lien avec les 80's.

George thorogood portrait

« Nous faisons juste notre travail. Jour après jour, nous branchons, débranchons, rebranchons... Si j'avais gagné tant d'argent que ça, si j'étais Michael Jackson, j'aurais déjà arrêté. Mais les impôts et les charges continuant d'augmenter, je n'ai pas beaucoup le choix. Qui plus est, j'aime ce que je fais et j'y prends toujours autant de plaisir. » (George Thorogood)

Le pic de popularité.

Hank Carter, saxophoniste, intègre alors un effectif que quitte Uncle Meat Pennington. Le quatuor Thorogood, Carter, Blough et Simon publie à la fin de l'année 80, un quatrième opus studio, More Than George Thorogood And The Destroyers, réalisé une dernière fois pour Rounder Records.

En rebondissant auprès d'un label majeur, EMI (1981), le groupe voit sa popularité décupler. Il se retrouve à accompagner la tournée 81 des Rolling Stones (25 septembre au 19 décembre 1981).

La première collaboration avec Emi passe par Bad To The Bone (août 1982), au son lissé par rapport à ce qui précède et plus rock and roll que blues. Ce travail installe George et ses Destroyers à son apogée.

La chanson-titre devient leur plus gros succès, poussée par la diffusion sur MTV d'un vidéo-clip musical. Disque d'or, Bad To The Bone, resté quasiment un an dans les classements du Billboard, présente Ian Stewart, le 6ème Stones, aux claviers.

Maverick (1985) est encore un solide disque de blues-rock, porté par I Drink Alone, N°13 du Hot Mainstream Rock Tracks (Billboard) et répertoriant les chansons les plus rock-radio mainsteam compatibles.

Steve Christmar entre comme second guitariste en 1985. Il est de la 7ème levée discographique, Born To Be Bad, publié en février 1988 chez EMI.

Un boogie-rock efficace.

Présent 24 semaines au Billboard 200 avec un pic à 32, il fait suite à Nadine qui consiste en un réagencement de Better Than The Rest (1979) et à Live, tous deux sortis en 1986, et précède Boogie People (février 1991/EMI), 77ème des classements d'albums américains. L'album ne déroge pas à ce que Thorogood sait faire de mieux, du boogie-rock terre-à-terre, dépouillé, sans fioritures.

Une nouvelle fois, fidèle à ses habitudes, il fait montre d'une redoutable efficacité à décocher quelques flèches chauffées à blanc auxquelles on adhère de bonne grâce et en tapant du pied (If You Don't Start Drinkin' (I'm Gonna Live), Long Distance Lover, Boogie People, Mad Man Blues).

En restant fidèle à sa ligne de conduite mais surtout en ne se renouvelant pas, George Thorogood et sa troupe en deviennent un tantinet redondants. Dans un registre identique, il s'offre, malgré tout, une 2ème place du Hot Mainstream Rock Tracks en août 1993. La chanson est le titre-phare du 9ème LP studio (N°120 du Billboard 200), sorti en juillet de la même année.

5 décennies au service de son art.

Jusqu'à la fin des 90's, la route et les tournées l'accapare tandis que les opus Live : Let's Work Together (1995/EMI), Rockin' My Life Away (1997/Capitol) et Half A Boy, Half A Man (avril 199/CMC) viennent enrichir le catalogue.

Hélas, sa motivation à donner le meilleur de lui-même peine à masquer un essoufflement et une perte de popularité. Les compilations deviennent alors les substituts aux albums de l'ère moderne.

Quelques travaux sont encore dignes d'intérêt, comme Ride 'Til I Die (2003), The Hard Stuff (2006) et The Dirty Dozen (2009) avant que la réédition intégrale d l'exceptionnel Live In Boston de 1982 (2010) ne le ramène sous les projecteurs.

Le 14 mars 2020, George Thorogood est intronisé au Mississippi Music Project Hall Of Fame (Biloxi) et se voit décerner le MMP Music Award pour son engagement envers l'industrie de la musique. Il y aura quand même consacré 5 décennies... autrement dit, toute une vie (RAZOR©2021).

MON CHOIX DISCOGRAPHIQUE.

LP Studio 2 - 1978

 

George thorogood and the destroyers move it on over 78

 

GEORGE THOROGOOD & THE DESTROYERS

MOVE IT ON OVER – 1978  5/5

 

Publié en 1978.

Produit par George Thorogood, Ken Irwin.

Durée:39:27.

Label:Rounder Records.

Genre:blues-rock,boogie blues,rock & roll,hard rock,blues életrique.

 

Réglé comme du papier à musique.

 

A mon sens, on tient avec Move It On Over, un des meilleurs albums de George Thorogood et ses Destructeurs, si ce n'est le meilleur. Sorti en 1978, le deuxième LP de son catalogue fait suite à un opus éponyme qui a magnifiquement marché et que le succès a paré d'or.

Satisfait des retombées commerciales, le label, Rounder, lâche les baskets à son protégé et ne cherche pas à se payer sur la bête. L'artiste n'a aucune obligation de résultats et peut même s'offrir le privilège de faire ce que bon lui semble pour sélectionner la matière destinée à alimenter Move It On Over.

Sustenté aux légendes du blues et du rock and roll (Hank Williams, Bo Diddley, Elmore James, Willie Dixon, T.J Red Arnall, Brownie McGee, Slim Harpo, Chuck Berry...), George verrait d'un bon œil un petit hommage à ses influences et pousser les limites d'un line-up redéfini par rapport au disque précédent.

La deuxième guitare de Ron Smith s'efface et de quatuor, le groupe, les fameux Destroyers, devient tierce.

La rythmique est conservée : Jeff Simon conserve la batterie tandis que Billy Blough pointe toujours à la basse. Uncle Meat Pennington (tambourin et maracas) est également crédité mais son influence est moindre.

Cerise sur le gâteau, George a également le loisir de co-produire les reprises qu'il enregistre quasiment dans les conditions du live de studio.

Il résulte de cette prestation un ensemble de titres sans surprises mais efficaces, carrés, simples, maîtrisés à merveille par un collectif qui se connaît sur le bout des ongles et qui les a depuis longtemps apprivoisés sur la route.

A peine plus raffiné que son prédécesseur, Move It On Over installe ici le Thorogood que l'on connaît, que l'on aime toujours après 5 décennies consacrées au blues, au rock et au boogie. Écoutez cet album, il n'a pas pris une ride... (RAZOR©2021)

 

1. Move It On Over.

2. Who Do You Love ?

3. The Sky Is Crying.

4. Cocaine Blues.

5. It Wasn't Me.

6. That Same Thing.

7. So Much Trouble.

8. I'm Just Your Good Thing.

9. Baby, Please Set A Date.

10. New Hawaian Boogie.

 

George Thorogood:guitare,chant.

Jeff Simon:batterie.

Bill Blough:basse.

Uncle Meat Pennington:maracas,tambourin.

  • 1 vote. Moyenne 5 sur 5.

Commentaires