Grand Funk Railroad.

BIOGRAPHIE.

 

GRAND FUNK RAILROAD/Flint (Etats-Unis)

 

Grand funk 4

 

Actif entre 1968 et 1977,1980 et 1983,depuis 1996.

Label:Capitol,MCA,Full Moon.

Genre:hard rock,blues-rock.

Site officiel:www.grandfunkrailroad.com

 

Les pères du rock populiste.

Grand Funk Railroad ou Grand Funk a été, sur une période placée entre 1968 et 1976, un des groupes les plus populaires aux Etats-Unis. En France, il jouissait aussi d'une belle cote. De là à dire, un des meilleurs, c'est une autre paire de manches. Sur ce créneau temporel, il produit devant des parterres bondés, écoule des millions de LP dont certains font disques de platine, est réclamé partout. Dans la foulée d'un flower power déclinant, il y a alors une forte demande pour ce type de musique à décibels.

Grand Funk se revendique, en quelque sorte, comme le fondateur du rock populiste auquel les Led Zep, Sabbath et Deep Purple, plus que lui, vont donner ses lettres de noblesse. Le groupe ricain s'est approprié cette noble mission sans jamais en toucher les bénéfices surtout auprès de la presse et des critiques qui ne l'a jamais caressé dans le sens du poil, exception faite de son album de 1973, We're An American Band, sur lequel il serait indélicat de cracher.

Un rock énergique mais peu subtil.

La faute à un manque d'identité manifeste, à une simplicité et une lourdeur trop marquées, dont même Todd Rundgren ou Frank Zappa, producteurs ponctuels, n'ont pas réussi à corriger l'image négative. Grand Funk a sans doute été, avec Blue Cheer, un des groupes les plus lourds, les moins subtils et les plus limités en termes de talent, techniquement et au niveau de l'écriture s'entend.

Son hard rock charnu, énergique, brut, par trop minimaliste mais souvent pompeux, mais aussi sa volonté de toujours se livrer à fond sont tout ce qui lui reste aujourd'hui. Grand Funk avait pour lui de faire les choses sérieusement et d'y croire. Ca au moins, difficile de lui enlever !

En dépit de ce portrait peu flatteur pour ce qui réfère surtout à sa période initiale, celle brouillonne, sans imagination et bruyante, Grand Funk s'est, toute proportion gardée, quelque peu bonifié dans une seconde phase (après 1973 et avec l'arrivée de Craig Frost), au point d'être resté un nom indissociable des 70's, surtout auprès des bikers enhoublonnés. De là se dépouiller de ses attributs de mastodonte, voire de bon bourrin, il y a un pas. Néanmoins, il y a quand même matière à se satisfaire de quelques rares pièces dans son répertoire.

Grand funk 1Un trio à l'immense popularité et...

Grand funk 2... gros vendeur de disques et... 

Grand funk 3...d'une incroyable énergie sur scène.

Grand funk nowLa mouture contemporaine n'a rien perdu de sa superbe.

Parti de Terry Knight & The Pack.

Grand Funk Railroad voit le jour en 1968. Son nom réfère à la compagnie ferroviaire Grand Funk Western Railroad dont une ligne traverse la ville industrielle qui les a vus naître dans le Michigan, Flint. Le groupe s'appuie sur les restes de Terry Knight & The Pack formé par Richard Knapp, le Terry Knight en question, et auquel appartiennent le batteur Don Brewer et le bassiste Mark Farner. Ces deux derniers, en se rapprochant du bassiste de ? & The Mysterians, le dénommé Mel Schacher, donnent le jour à Grand Funk Railroad. Mark Farner passe à la guitare tandis que Terry Knight devient le manager.

C'est sa prestation de juillet 1969 à Atlanta qui va permettre au trio de faire le grand saut et de tomber dans la besace de la maison de disques Capitol Records. Rapidement, un LP est enregistré : On Time, sorti en août de cette année érotique. De cette époque crue et braillarde, ce disque certifié or est certainement sa meilleure trace vinylique, fort de son premier single, Time Machine, de son entraînant Are You Ready ou encore de Heartbreaker.

Très gros vendeur.

Hard rock sans grand intérêt mais habilement promu par une stratégie commerciale efficace, il place Grand Funk parmi les gros vendeurs du moment et lui vaut d'être populaire avant l'heure et adulé par un public encanaillé, de plus en plus favorable à ce type de récréation un peu légère.

L'album rouge, Grand Funk (1969), deuxième pan discographique, s'inscrit dans un registre aussi lourdingue et rudimentaire, mais assoit cependant un peu plus la notoriété des gars du Michigan. Même combat : ce maelström musical dénué de toute sophistication se pare de platine. Grand Funk est élevé au rang de super star au bout de 2 albums et après quelques mois d'existence. C'est à n'y rien comprendre au regard du côté primaire de sa musique.

Au sommet de sa gloire.

L'épique single Closer To Home (automne 1970) connaît un succès modeste en atteignant la 22ème position des charts US mais devient un pilier du répertoire relayé par les ondes et plébiscité par les fans ; il contribue grandement à la réussite du troisième opus (15 juin 1970), auquel il donne son nom. Un mois après sa publication sur le sol américain, Closer To Home intègre le Top 10 des LP. Multi-platine, il précède le premier disque en public du groupe : le double Live Album (novembre 1970), aussi énergique musicalement que techniquement cacophonique.

Le phénomène Grand Funk ne s'essouffle pas et Survival (avril 71) ainsi que E Pluribus Funk (novembre 71) continuent à engranger les métaux prestigieux. Les 4ème et 5ème LP studio font respectivement 6 et 5 du Billboard 200. Grand Funk est au sommet de sa gloire.

Le virage Frost.

En 1972, le trio s'étoffe et passe en quatuor avec l'arrivée de Craig Frost, claviériste et nouveau contributeur à l'écriture. Le style musical de Grand Funk, plus pop/rock et R & B, s'en trouve transformé et cela s'en ressent dès l'album Phoenix (septembre 72), bien que la qualité de celui-ci soit encore discutable malgré son statut (disque d'or).

En s'éloignant de son rock brut de décoffrage, Grand Funk perd une partie des supporters purs et durs du groupe, mais gagne en contrepartie une autre clientèle. Todd Rundgren s'intéresse alors à lui et son apport à la production bonifie aussitôt le catalogue de la clique à Farner autant qu'il la professionnalise. La preuve par We're An American Band (15 juillet 1973), l'album qui fait l'unanimité auprès de la critique et du public.

Shinin' On (mars 1974), son suivant et par ailleurs 8ème levée studio, toujours produit par Rundgren, jouit également d'une bonne réputation. Bien que nettement moins bon, le N°9 All The Girls In The World Beware (décembre 1974), sur lequel Jimmy Ienner (Dirty Dancing) succède aux manettes à Rundgren, fait encore top 10 du Billboard, porté par les singles Some Kind Of Wonderful et Bad Time, respectivement 3ème et 4ème des classements.

Grand funk farner portrait

« Juste après la sortie de Good Singin' Good Playin' avec Zappa, le groupe s'est séparé. Don Brewer, en retard à une répétition, fait irruption dans la pièce et nous annonce qu'il doit trouver quelque chose de plus stable pour sa vie personnelle. Nous avons immédiatement compris que Grand Funk, c'était fini. J'ai pris le téléphone et j'ai fait le tour de mes connaissances. Nous étions en 1976 et nous nous sommes retrouvés plus tard. » (Mark Farner)

Premières tensions.

Alors à l'apogée de sa popularité, Grand Funk connaît ses premiers couacs, avec son éditeur notamment, qui exige contractuellement de lui deux LP supplémentaires. Les musiciens y parent en sortant un double LP enregistré en tournée et avec des titres éculés : Caught In The Act (août 1975). Mais ce subterfuge ne convainc pas Capitol, lequel réclame un ultime disque studio avant de mettre fin à leur partenariat.

Born To Die (janvier 1976) est celui-ci. Véritable curiosité du catalogue pour son côté underground, il est certainement le plus sombre de toute la discographie des américains. Il marque la fin de la collaboration avec Capitol Records et précède une première séparation de Grand Funk.

L'épisode Zappa.

Elle ne dure pas bien longtemps puisque dans l'année (1976), le groupe fait un retour surprenant avec Frank Zappa dans ses valises, ce dernier ayant accepté de produire Good Singin' Good Playin' (août 1976/MCA), 11ème et dernier album studio des 70's. Zappa pousse la pige jusqu'à faire briller sa guitare sur Out To Get You et à contribuer aux choeurs. 52ème du Billboard, l'expérience plaît au moustachu de Baltimore qui les exhorte à insister en ce sens. En vain. Good Singin' Good Playin' n'est pas sorti que Grand Funk se disloque.

Reformations.

Il se reforme en 1980 grâce à Farner et Brewer mais sans Frost et Schacher. Aux claviers, Lance Duncan prend le relais du premier nommé tandis que la basse passe entre les mains de Dennis Ballinger. L'album live Grand Funk Lives (1981) complète le catalogue 5 ans après Good Singin' Good Playin', mais le come-back ne se traduit pas pas une grande performance dans les charts (N°149).

Repassé en trio (Farner, Brewer et Bellinger), Grand Funk publie, dans l'indifférence générale, un ultime LP studio au début de l'année 1983, What's Funk, avant de s'éteindre jusqu'à la fin des 90's.

Le trio d'origine renaît alors de ses cendres et se lance dans une tournée internationale qui le voit renouer avec sa popularité passée en s'appuyant sur le style lourd qui fit son aura. Depuis, Grand Funk fait sans Mark Farner mais avec d'autres musiciens comme Max Carl (38 Special), Bruce Kulick (Kiss) ou Tim Cashion (Robert Palmer, Bob Seger & The Silver Bullet Band). Mark Farner, quant à lui, poursuit une carrière en solitaire articulée autour des succès du groupe (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S.

LP Studio 7 - 1973

 

Grand funk we re an american band

 

GRAND FUNK

WE’RE AN AMERICAN BAND – 1973 3,5/5

 

Publié le 15 juillet 1973.

Produit par Todd Rundgren.

Durée:39:48.

Label:Capitol.

Genre:hard rock,blues-rock.

 

Pour la note, c’est vous qui voyez.

 

Grand Funk Railroad ou Grand Funk, c’est selon, représentait pour moi, et dans les années 70, tout ce que je détestais dans la musique d’alors. Jusqu’à We’re An American Band (en écoute intégrale ici) de 73, j’ai vu tous les albums défiler sous mon nez que j’ai systématiquement repoussés au motif de trop de lourdeur, d’une trop grande déferlante de décibels et d'un manque de subtilité manifeste. Du genre du gros rouge qui tâche, vous voyez le parallèle ? Mais ça plaisait aux ricains et aux tatoués locaux, alors…

J’ai, depuis, appris à apprivoiser ce son fracassant et pesant qui avait le don de faire sortir mon paternel de ses gonds, mais j’ai encore de gros efforts à fournir pour me mettre ce groupe dans la poche. Entre nous, faut pas rêver…

Les rares fois que cette formation du Michigan a atterri sur ma platine, c’était toujours très court et trop bruyant. Mon père se faisait fort de venir tempérer les ardeurs de ce qu’il qualifiait de singes hurleurs, en m’exhortant à baisser le volume et à mettre ces sauvages peu fréquentables en sourdine. J’ai rarement renouvelé l’expérience, pas par craintes de représailles du géniteur, mais par manque d’intérêt manifeste pour leurs travaux.

Je ne m’y suis intéressé que beaucoup plus tard, grâce à Internet, n’ayant possédé qu’un seul de leurs disques : le live de 70, qui a achevé de me détourner d’eux. Comme, et c’est de notoriété publique, GFR a aligné une série de bouses insignifiantes - on ne doit pas être loin d’un grand chelem scato -, je n’ai jamais cherché à renouveler l’expérience. Il en a été quasiment ainsi de leur émergence en 1968 jusqu’à leur première séparation en 1977.

Le seul disque ayant échappé à mon total désintérêt pour ce groupe, c’est We’re An American Band qui est le seul à justifier, non pas de la popularité de Grand Funk – ça c’était acquis depuis belle lurette -, mais d’une vraie qualité. Elle est, à mon sens, ponctuelle et unique. L’arbre qui pousse de travers, tu ne le redresses jamais, mais il peut donner de belles fleurs…

A force de jouer sur le fait que le rock, c’est le peuple, et de le mettre en application en dépit du bon sens, pourvu que ça bruite et que ça dézingue, Grand Funk s’est mis les critiques à dos. Pour moi, le heavy avait alors d’autres points de chute beaucoup plus crédibles : Led Zep, Deep Purple et Black Sabbath entre autres. Mais, à la base, je n’étais pas heavy, j’étais plutôt client de quasiment tout ce qui respirait american west-coast et southern rock.

Pour ce qui est de We’re An American Band, la raison pour laquelle j’ai daigné faire une entorse à mon aversion pour Grand Funk Railroad, tient aux bonnes critiques que j’ai pu en lire, aux retours favorables que j’ai pu avoir. Par pure curiosité, par scepticisme.

Même si j’ai toujours le poil qui se hérisse à leur écoute, il serait faux derche de ma part de ne pas reconnaître à ces gros biceps bordéliques un professionnalisme nouveau sur cet album. Cette approche ô combien surprenante suffit à canaliser et remettre de l’ordre dans leur jeu, ainsi qu’à transformer leurs singeries cacophoniques en quelque chose d’un peu plus consommable.

C’est leur septième album. Dire qu’ils sont supposés avoir été énormes dans la première partie des 70’s. Je veux bien ; mais avec quoi ? Les six précédents LP ont, pour certains d’entre eux, le mérite d’être couverts d’or et de platine, mais contre eux le fossoyeur Terry Knight, producteur plus enclin à se frotter les mains pour avoir monté de toutes pièces et popularisé la supercherie Grand Funk, qu’à avoir essayé d’apporter une plus-value au brouhaha musical ambiant. La prod’, c’est un métier et quand c’est Todd Rundgren (ou Zappa, un peu plus tard) qui s’y colle, ça change la donne. C’est le cas ici.

C’est nettement meilleur au point que ça n’en est même pas comparable. Comme quoi la remise en cause installée au sein du groupe a eu du bon. Certaines choses ont été rééquilibrées qui éloignent du sempiternel statut de bourrins le trio fondateur Farner/Brewer/Schacher. En redéfinissant sa musique, Grand Funk Railroad redevient un tantinet civilisé. Partout où ça râpe, ça accroche, où ça frotte, où ça gratte, Rundgren lisse. Il a des visées commerciales en tête à savoir renforcer leur notoriété mais avec, cette fois-ci, quelque chose qui tienne la route. Avec de vrais arguments.

Les références sont là, soyons beau joueur, même si ça m’écorche la gueule de l’admettre parce je ne copine pas, ni n’ai jamais copiné et ne copinerai jamais avec ce rock de mauvais déménageurs, ce rock minimaliste, boueux, pire fangeux, dénué de toute intelligence et accessible essentiellement à un parterre de dégénérés, nourris à la bière et à la castagne. Un ersatz de rock qui a snobé le rock. Non merci, pas pour moi, plutôt la mort que la souillure. Quand ça pète, faut que ça soit propre, même si tu fais de bruit.

Ok, le contenu est exceptionnellement dans les clous. C’était l’occasion toute trouvée pour en faire un événement et faire en sorte que le flacon soit à la hauteur d’une ivresse toute relative. La pochette a beau être recouverte de feuilles d’or et le vinyle pressé dans un jaune transparent plutôt dégueu, l’objet en question, qu’un pote a fait circuler jusqu’à moi pour défendre la cause du binôme groupe/LP et tenter d’édulcorer ou d’infléchir mon jugement assez radical-négatif, ne casse pas trois pattes à un canard. Visuellement, c’est même assez pitos. A moins de gratter les couches d’or…

C’est dans les studios de Miami que la musique de Grand Funk, qui a fait tomber le Railroad final, a repris des couleurs et sous la tutelle de Rundgren. Avec ce dernier, tu peux faire péter les watts, ça reste audible, surtout quand la technique de ses acteurs ne s’est pas bonifiée comme ça, du jour au lendemain et par l’opération du Saint-Esprit. Grand Funk n’a jamais été un modèle d’originalité, de subtilité et encore moins de virtuosité, ça se saurait.

En ce sens, l’arrivée de Craig Frost est un bienfait pour Grand Funk. Le claviériste éloigne le groupe de son créneau hard rock lourdingue pour l’emmener dans une voie plus funk. Avec Rundgren aux manettes, la formation gagne en cohérence. Son travail est plus abouti. Point barre. Ne me demandez pas l’impossible, je n’ai pas assez de respect pour ce groupe avec lequel j’ai déjà passé trop de temps présentement. Entre 3 et 4/5, c’est vous qui voyez (RAZOR©).

 

1. We're an American Band.

2. Stop Lookin' Back.

3. Creepin'.

4. Black Licorice.

5. The Railroad.

6. Ain't Got Nobody.

7. Walk Like a Man.

8. Loneliest Rider.

 

Mark Farner:chant,guitares,congas,piano électrique sur 3,harmonica.

Don Brewer:batterie,percussions,chant.

Mel Schacher:basse.

Craig Frost:claviers.

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